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05/02/2010

Le scalp du beauf

blog+-freche-gros.jpgIl aura donc fallu attendre quelques semaines pour que la flèche désormais historique de Frêche destinée à Fabius fasse parler d'elle. Cette petite phrase lourdingue prononcée dans l'indifférence générale avant les vacances de Noël par le beauf-en-chef du Languedoc-Roussillon mettra en vérité plusieurs semaines pour atteindre sa cible et enfin pouvoir être exploitée par une Martine Aubry chauffée à blanc et sous influence, une première socialiste certaine de pouvoir tirer profit de cette affaire aux contours plus artificiels que l'on pourrait le croire.

A quelques semaines du premier tour des régionales et alors que le marigot est en ébullition, rien n'est pourtant réglé et le temps ne semble pas travailler pour Solférino. Comme le disait jadis Robert Lamoureux "Le canard est toujours vivant", autrement dit Frêche est loin d'être mort. Mieux ou pire selon l'option choisie, le coups de poker de la première secrétaire pourrait s'avérer d'ici quelques temps à haut risque quand on constate le désordre qui s'est désormais installé localement.

Conseillée par ses nouveaux amis Bartolone, Hamon ou Montebourg, Martine Aubry pourrait rapidement se mordre les doigts en ayant succombée aux sirènes d'une garde rapprochée supposée être le garant de notre âme. On verra bien d'ici quelques jours quel sera le sort de la solution "canal historique" imaginée par les as de solférino mais il n'est pas encore certain que le scalp du beauf devienne une prise de guerre et que l'avenir de la première secrétaire se situe ailleurs qu'à Lille.

Lyon, le 5 février 2010.

Photo: DR

13/10/2009

Un homme qu’on livre aux chiens.

Lynchage.jpgIl y a des lynchages – fussent-ils médiatiques – qui fleurent leur parfum d’excrément à cent lieues.

C’est le cas de celui qui vise actuellement Frédéric Mitterrand. D’abord accusé de pédophilie par la fille de l’homme du « détail », une accusation appuyée sans tarder par quelques bonnes âmes de droite, pieuses et confites genre Boutin et quelques beaux esprits (?) de gauche genre Hamon ou Hammadi (voire Valls ou Montebourg qu’on connaissait plus avisés) ; accusé ensuite de tourisme sexuel, expression qui dans l’esprit de la plupart des Français s’amalgame à la pédophilie tant il est vrai que la prostitution dans certains pays est liée à la misère et implique souvent des enfants ; accusé maintenant de soutien à de jeunes violeurs réunionnais dont l’un est le fils de son ancienne maquilleuse et son filleul…

Qu’on ne se méprenne pas, f.Mitterrand (comme certains, j’écrivais déjà l’initiale de son prénom avec une minuscule, histoire d’éviter toute confusion) n’est pas quelqu’un que j’apprécie particulièrement. Je trouve son style oratoire un peu pompeux, sa façon télévisuelle imitée de Zitrone, davantage adaptée au cirage de pompes princières qu’à la défense et à la promotion de la culture française. Sa nomination à la Villa Médicis tout comme celle de ministre de la culture ne m’ont pas paru géniales.

Mais en la matière, et comme l’écrit Eric Fottorino dans son article « Chasse à l’homme » dans le Monde de la semaine passée, il faut revenir aux faits avérés : le livre de F.Mitterrand était connu ; il n’a pas violé ; son homosexualité est respectable ; s’il n’a pas menti sur l’âge de ses jeunes amants prostitués, le lynchage médiatique dont il est victime est une tache sur tous ceux qui, au nom d’intérêts mesquins, hurlent avec les loups en s’appuyant sur un tas de faux secrets et en jouant sur ce qu’il y a de plus bas chez l’homme.

Venant de Marine Le Pen, rien de surprenant, il suffit de se souvenir de la fable de La Fontaine, « Les animaux malades de la peste », pour se rendre compte que loups, renards et autres rois des animaux se mettent toujours d’accord pour faire de l’âne qui avoue, un bouc émissaire.

Venant de Hamon, Hammadi et autres, c’est assez triste. Un porte parole qui ne porte que sa parole propre, un jeune loup en mal de reconnaissance qui se fait les dents et de déjà vieux batteurs d’estrade et de médias auraient dû, pour le moins, se renseigner avant de jouer les Lucky Luke. Heureusement il y a eu Delanoë (et toi mon cher Jean-Yves, la semaine passée sur ton blog) pour demander un peu de décence.

Les lapideurs devraient méditer sur la fonction de bouc émissaire bien théorisée par René Girard : l’accusation sur laquelle ils embraient sans réfléchir souligne la crise morale qu’une société traverse et qu’elle espère régler en sacrifiant un bouc émissaire qui n’en demandait pas tant. Et pour qu’on l’on puisse croire à sa responsabilité, on l’accuse toujours de transgresser des interdits fondamentaux. Ici, la pédophilie, le tourisme sexuel et pourquoi pas le viol quitte à convoquer à la barre un lointain filleul ou la défense de Polanski. Il faut pour que cela fonctionne, des interdits suffisamment puissants pour dégager une force explicative automatique : plus question de penser par soi-même ; plus question d’investiguer au préalable ; haro sur le baudet !

Jean-Paul Schmitt

16/08/2009

Q comme « Quadras »

690368916.jpg

D’ici quelques jours, courants, clubs, côteries, écuries nichées au sein du PS vont se réunir avant de converger, fin août, vers la traditionnelle rentrée Universitaire de La Rochelle. Sous l’autorité de la Rectrice désormais tournée vers son unique tâche, « changer de cap », l’Université des socialistes va faire l’actualité. Plus exactement ce sont les fameux « quadras » qui seront au centre de l’agitation, Manuel Valls ayant vocation à en être le héro après le remontage de bretelles de Juillet. Il faut dire que la ridicule lettre de remontrance expédiée par Martine Aubry sera désormais portée par Valls comme une véritable médaille. De quoi d’ailleurs irriter un autre quadra, l’ex enfant terrible démonétisé, Arnaud Montebourg qui, après avoir soutenu Aubry lors du Congrès de Reims, révise ses gammes pour nous rejouer sa petite musique. Valls, Montebourg, Peillon, le troisième de ces quadras, sur le point de phosphorer à l’ombre des pins parasols de la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, surveillera les deux autres comme le lait sur le feu mais sur un mode moins agité. Le quatrième, Benoit Hamon est probablement parmi ces quatre celui qui ne manque pas d’air. Rappelez-vous, il n’avait trouvé rien d’autre à déclarer, suite à la lettre d’Aubry au pétillant Valls que « parfois Manuel, lui aussi, a franchi la ligne jaune », un comble de la part d’un socialiste qui avait, contre le point de vue majoritaire de son Parti, voté « Non » au référendum européen.

Valls aux portes du conseil de discipline, Montebourg en jeune révolté, Peillon dont les postures sont plus variables que géométriques, Hamon en donneur de leçons, permettez-moi d’exprimer quelques réserves sur ces médiatiques quadras qui, au gré des vents, semblent avant tout préoccupés par la gestion de ce qui peut porter leur destin personnel.

Vous me direz que, à considérer l’impunité réservée aux anciens, on ne peut qu’être indulgent à l’égard du bouillant Maire d’Evry sachant que Martine Aubry ne semble pas avoir les mêmes exigences à l’encontre de quelques hiérarques décatis. C’est ainsi que Jack Lang, émissaire de Sarkozy à Cuba ou Rocard représentant du Président auprès des pingouins polaires semblent bénéficier de la mansuétude de la pionne socialiste.

Il est vraiment temps de préparer un saut de génération et d’inviter les trentenaires à monter en première ligne, après tout, aller à l’Université c’est encore de leur âge.

Lyon, le 16 août 2009.

24/11/2008

Et après

martine-aubry.jpgParaît-il, Martine Aubry est sur le point d’achever sa traversée du désert entamée dès sa défaite aux législatives. Ce commentaire entendu pendant le weekend n’est pas totalement inexact au sens ou la Maire de Lille est désormais au devant de la scène. En gagnant de quelques poignées de voix, parfois suspectes, cette élection au poste de Première Secrétaire Nationale du PS, Martine Aubry peut donc effectivement s’installer sur un balcon royal, le plus convoité dans la galaxie socialiste, et après ?

A la traversée du désert va succéder probablement celle d’une zone des tempêtes tant l’équipage des marins d’eau douce qui soutient la nouvelle Première Secrétaire est hétéroclite et avant tout cimenté par son sectarisme à l’égard de Ségolène Royal et une démagogie qu’il nomme « socialisme de gauche ». A la tête d’une majorité (?) dont nul ne sait en vérité si elle est si confortable que cela, Martine Aubry, pour exister et donner des gages à ses amis continuera à aboyer contre le gouvernement et en appeler à l’unité des socialistes tout en prenant grand soin de faire à Lille le contraire de ce qu’elle dira à Paris. Côté rénovation les militant(e)s socialistes pourront toujours circuler car il n’y aura pas grand chose à voir.

Prenant acte que la dynamique politique est définitivement de son côté, Ségolène Royal aurait tort de replonger dans ce marigot socialiste au risque de lui trouver une ressemblance avec le Bayou et la Floride. Qu’elle laisse Jospin, Fabius, Delanoë, Rocard, Hollande et autres Montebourg gérer, à l’occasion avec Benoît Hamon, un Parti socialiste présidé par Martine Aubry qui s’abîmera sur les premiers rochers. Rien ne sert donc de s’agiter. Que Ségolène Royal continue de tracer sa route. A condition de rénover pour deux, de poursuivre la réflexion politique et de se doter d’un fonctionnement réellement démocratique, les premières bases politiques jetées par la motion E devraient avoir un avenir utile au sein du PS ne serait-ce que pour accueillir dans les prochaines semaines les premiers militant(e)s déçus du 21 novembre, lassés des péroraisons de Martine Aubry et de ses nouveaux amis. Le temps viendra alors de se retrousser les manches pour organiser ces fameuses primaires destinées à désigner celle ou celui qui sera candidat aux présidentielles contre Sarkozy.

Lyon, le 24 novembre 2008.

 
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