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02/06/2009

Bayrou, l’ambidextre

Bayrou coucou.jpgLa démarche est habituelle en période électorale : « je m’adresse à vos électeurs, mais votre parti ne m’intéresse pas » (si ce n’est pour en dire au passage un petit de peu de mal).

La formule a déjà servi et sert toujours aux candidats de tous bords. Cette fois-ci, c’est François le Béarnais qui nous la sert dans Libé du 26 mai dernier.

Comme tout le monde le sait, son ambition est avant tout française. C’est son droit. C’est respectable. Ce n’est pas tout à fait ma tasse de thé, même si certains de ses amis lyonnais me sont sympathiques. Quand il traite PS et UMP de gangs d’hypocrites - ce que lui et ses amis ne sauraient être, bien entendu - il est tentant de lui répondre, formule contre formule, comme Martin Schultz, le président du groupe socialiste : « François Bayrou parle comme Karl Marx en exil lorsqu’il est à la maison, mais à Bruxelles, il est avec les sauvages néo-libéraux ». Mais, foin des bons mots, voyons les actes.

Le groupe avec lequel votent les 11 et désormais 6 députés Modem à Bruxelles est l’ALDE (Alliance of Liberals and Democrats for Europ). Il compte un bon nombre d’ultra-libéraux et 75 des 99 membres sont inscrits à l’ELDR, véritable parti libéral européen pour lequel la liberté du marché prime. Malgré la ligne fluctuante des votes du Modem et au-delà des affirmations générales du Béarnais, dont une des perles roses est « l’Europe doit se faire autour d’un projet de société, pas d’un marché », voyons ce qu’il en est en réalité au Parlement européen.

Quel est ce projet de société ? Celui où règnent la concurrence sans frein et le dumping social? Il ont voté contre les amendements socialistes qui voulaient limiter la concurrence fiscale déloyale et installer un salaire minimum en Europe. Celui du nivellement par le bas des droits sociaux ? Ils ont voté pour les amendements ou les projets qui baissent les charges patronales sur les salaires. Celui où les services publics sont livrés à la seule rentabilité de court terme ? Ils ont voté contre l’adoption d’une directive cadre qui garantissait la pérennité de leur mission d’intérêt général. Ils ont voté avec l’UMP contre l’exclusion explicite de ces services des règles de concurrence « pure et parfaite ».

Et demain, qui croire ? Quand les Socialistes affirment que des normes sociales et environnementales doivent être introduites dans les règles d’échanges externes, le Modem, lui, y va carrément d’un « les produits qui entrent en Europe doivent être soumis aux mêmes règles que ceux que nous fabriquons chez nous » !… C’est presque du Besancenot dans le texte. Et tant pis si cela tue les échanges avec les pays en développement. De toute façon, François ne s’est jamais engagé à quitter les ultra-libéraux de l’ALDE. Alors…

François, barre à bâbord et feu de tribord, c’est un coup à chavirer !

Jean-Paul Schmitt

14/04/2009

L’abeille et l’archiVert.

Cohn Bendit abeille.jpg« Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre ».

Daniel Cohn-Bendit, tête de liste des Verts aux prochaines élections européennes, recycle l’image dans son dernier livre « Que faire ? ».

Il attribue la métaphore à Einstein. C’est paraît-il sujet à caution et il n’est pas sûr que le cher Albert à la langue bien pendue ait effectivement affirmé cela...

Voyons les arguments en faveur de la thèse.

Il n’y aurait donc plus de miel à vendre dans nos échoppes ?

Mais, fussent-ils quelque peu ours, les humains ne vivent pas que de cette pitance sucrée dont ils surent tôt faire de l’hydromel pour oublier leur dure condition.

Les humains disparaîtraient ?

Les Inuits – éminents humains aux traditions fortes et froides - n’ont que faire de la pollinisation.

Peu importe ces arguties me direz-vous. Avec raison.

Certes, les abeilles permettent la reproduction de plus de vingt mille espèces de plantes. Difficile aux bêtes et, partant, aux hommes de se nourrir si une telle reproduction s’arrêtait. La disparition de la petite bestiole qui était sur terre bien avant nous causerait un très grave déséquilibre de la chaîne de la vie. Mais, comme le dit fort justement Dany le Vert, la métaphore d’Einstein nous entraîne au-delà des alertes que les abeilles nous lancent par apiculteurs et chercheurs interposés.

Mettre en réseau les intelligences est une pollinisation aussi incommensurable qu’essentielle. La dissémination du savoir peut allier les chercheurs, les artisans, les ingénieurs et faire que des initiatives individuelles fabriquent du collectif. Encore que, comme le dit Edgar Morin, tout ce qui est compartimenté résiste à la pollinisation ; les idées se répandent comme des pollens, mais ne germent que sur des terrains fertiles.

Jean-Paul Schmitt

 
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