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12/04/2007

Le manifeste de l'envie

medium_Manifeste-des-100---Le-Poin.jpgJusqu'ici, on connaissait les appels de personnalités destinés à mobiliser la population autour d'une cause ou d'une revendication. On connaissait aussi les manifestes capables d'avancer ou d'exiger des droits nouveaux ou des propositions d'action. Qu'il s'agisse de mettre en avant les droits démocratiques dans des casernes françaises dans les années soixante-dix (Appel des 100) ou un combat pour l'avortement libre (Manifeste du Nouvel observateur), dans chaque cas, le mouvement se cristallisait autour d'un texte qui se voulait fort, fondateur et rassembleur..

L'hebdomadaire "Le Point", en mettant en place "Le manifeste de l'envie", c'est-à-dire celui de 100 jeunes de 30 à 40 ans porteurs de "100 idées pour une France ouverte, unie et en mouvement", Le Point donc, révolutionne le genre en publiant un manifeste qui est la simple addition des courtes contributions de signataires qui, en vérité, ne signent rien d'autre que leur propre production, faute d'avoir un texte collectif à parapher. Chaque contributeur est en réalité signataire du centième du Manifeste de l'envie. Vous voyez donc que ce truc est vraiment nouveau puisque les jeunes en question se retrouvent conjointement signataires, avec d'autres qu'ils ne connaissent pas, d'un Manifeste qui n'existe pas. Trop fort Le Point.

En vérité, la paternité de ce Manifeste de type nouveau ne revient pas totalement au Point mais pour une bonne partie à Arnaud Lagardère et à quelques uns de ses amis qui veulent voir émerger "un modèle social régénéré" en donnant la parole à des jeunes qui sont "dans la société qui travaille" (sic!) et qui "constituent l'avenir du pays" (re-sic!) pour aider à construire "une France humaniste, unie et conquérante" ce qui, vous l'avouerez ne mange pas trop de pain.

Parmi ces manifestants, je compte quelques très chers amis et loin de moi l'idée de dénigrer le propos des autres tant cette accumulation d'envies doit être considérée comme sympathique. Cela étant, si notre centaine de jeunes constitue "manifestement" pour Le Point le rassemblement des meilleurs élèves de la classe France, je suis certain que ceux qui se trouvent au premier rang, juste sous le nez du professeur, représentent l'excellence.

Au pied de l'estrade, en tête de liste, page trois, on trouve donc l'élève Mathieu Laine. Vous ne pouvez pas le rater Mathieu, c'est lui qui lève la main bien haut en hurlant à Lagardère "Mssieur! Mssieur! Moi Mssieur!". Avec Mathieu on reconnaît illico la fougue de l'avocat qui attaque de suite par crainte de ne pouvoir écluser dans un petit feuillet la totalité de ses lubies libérales et réactionnaires pour faire plaisir au Professeur. Quelles sont donc les envies de Mathieu? Elles sont simples comme un licenciement, aussi évidentes qu'une délocalisation, fraîches comme une reconduite à la frontière sur le coup de six heures du matin, jouissives comme la destruction en place publique d'un container de codes du travail. Pour Mathieu il faut, je cite, "supprimer l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les successions et l'ISF, créer un impôt unique dont le taux maximal serait plafonné à 30%". Dans sa juvénile quête de libéralisme notre avocat commis d'office rêve "d'un assouplissement du droit du travail" et pourquoi pas du "retour de ceux qui ont fui le modèle social français" qui, après la concrétisation de telles envies ne manqueraient pas de se réinstaller dans un pays qui conjugue "bon vin", "savoir vivre" et "fiscalité dynamisante".

Si vous voulez lire les autres "envies" de notre jeunesse sélectionnée par Le Point, reportez-vous sans attendre au numéro 1803 de l'hebdomadaire mais, attention, n'oubliez pas de parcourir la conclusion de l'économiste Christian de Boissieu qui nous dit au détour de la première colonne que, "la France manque d'entrepreneurs Schumpétériens". Je propose au Point d'élaborer sans attendre un Manifeste Schumpétérien. Je vois d'ici notre ami Mathieu Laine s'installer déjà au premier rang.

Lyon, le 12 avril 2007

06/03/2007

Débat d’idées ?

medium_lepen.jpgLibération de ce matin, pages rebonds. La Tribune de Claude Lanzmann n’y va pas par quatre chemins : « j’accuse Raymond Barre d’être un antisémite. »

Ne rentrons pas dans « le détail », si j’ose dire, des derniers propos de l’ancien Premier Ministre qui ne sont, en vérité, pas nouveaux dans sa bouche. Raymond Barre est un récidiviste.

Dans sa tribune, Claude Lauzmann aborde la question Gollnisch ou plutôt cite ce que Raymond Barre avait dit du leader lyonnais du Front National sur France Culture.

Ecoutons donc Raymond Barre : «  Moi, je suis quelqu’un qui considère que les gens peuvent avoir leur opinion, c’est leur opinion. » Raymond Barre à cet égard exprime un point de vue largement répandu à droite à savoir que le négationnisme relève de la vie des idées.

D’ailleurs d’autres que Raymond Barre ne sont pas loin de penser que le racisme et l’antisémitisme sont également l’expression d’une opinion, voire même d’une pensée. Laissons Raymond Barre et attardons-nous sur la dernière sortie de Sarkozy. Que dit le Ministre de l’intérieur en exercice ?

Que les élus locaux doivent aider Le Pen dans la collecte de signatures pour que toutes les opinions figurent dans cette élection présidentielle y compris celles du FN. Parler ainsi c’est bien considérer que ce que dit Le Pen est l’expression d’une pensée légitime dans un débat d’idées se situant dans l’exercice de la démocratie. 

Je suggère à Claude Lanzmann de laisser tomber maintenant Raymond Barre et de s’intéresser à Sarkozy car ce qui est scandaleux avec Sarkozy c’est que son message démocrassouillard et démagogique est uniquement sous-tendu par des considérations tactiques et opportunistes.

Pour Sarkozy ce qui compte avant tout c’est éviter coûte que coûte la colère des électeurs du FN en cas de disqualification de Le Pen dès avant le 1er tour.

D’ailleurs, lorsque Nicolas Sarkozy associe avec obstination le nom de Besancenot à cette opération pleine d’arrière pensée, son souci majeur est bien de montrer aux français qu’il s’agirait d’un simple geste visant à assurer la qualification de tous sans jamais évoquer sur le fond la véritable nature de Le Pen.

N’en déplaise à Sarkozy quand Besancenot parle, il s’agit bien d’idées, d’opinions et de propositions. Parfois quand Le Pen et Gollnish s’expriment il s’agit de délits.

A Le Pen de se trouver lui-même ses signatures. A Raymond Barre de se taire. A Sarkozy de s’expliquer.

Lyon le 6 mars 2007

 

16:20 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Sarkozy, Le, Pen, FN, UMP, Besancenot, Le Pen | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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