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07/10/2008

L’assourdissant silence

Logo PS.jpgAh l’assourdissant silence des Socialistes !
Que le thème est porteur. Comme cela vole bien dans l’air du temps - cet air qui décoiffe les petits et chapeaute les puissants.
Nous aimons nous flageller ? La belle affaire ! Il y a dans les medias et sur nos blogs de quoi mettre nos sangs dans tous les sens.
Que je sache, les élections ont eu lieu. Et nous sommes en démocratie que diable. Nous avons voté, majoritairement, à la présidentielle, pour Nicolas Sarkozy : certains franchement, mais beaucoup de nos belles âmes progressistes ont permis son arrivée au pouvoir en savonnant les planches de leurs propres tréteaux. Peut-être est-ce cela que nous voulons fustiger…
Il paraît qu’il faut que les Socialistes proposent… Pour le peu qu’en rapportent les médias, cela semble aider considérablement ce cher Nicolas à mettre sur le marché des litres et des litres de Canada dry. Mais je crois savoir que les Socialistes(*) ont mis en fûts un nouveau nectar en cours de maturation ; laissons-le prendre ses degrés d’alcool pour la prochaine foire nationale ou européenne où la concurrence sera rude. Pas la foire de Reims : le vin n’est pas à maturité et les producteurs ne se sont pas encore mis en coopérative. Pour continuer à filer la mauvaise métaphore : quand le vin est tiré il faut le boire ! Et celui, amer, du caviste Nicolas est surabondant sur le marché aujourd’hui.
Quant aux idées… Elles existent, mais sans le pouvoir, c’est au mieux la spécialité des docteurs derviches tourneurs producteurs de miel de synapses. On en a besoin, comme on a besoin de l’avis et de la participation des habitants de la cité. Mais sans la possibilité de les passer dans l’action, c’est stérile.
Au fait, j’oubliais : il existe pourtant bien des lieux où le pouvoir, pragmatique, fait passer les idées progressistes dans les faits en faisant de l’économie un levier pour le bien-être des gens. Par exemple, et pour être un peu chauvin, à Lyon, au Grand Lyon et à la région Rhône-Alpes.
Et si les Socialistes s’inspiraient de cela pour mener le combat national ? Banco !
Des vers de mirliton me remontent (comme disait mon grand-père après un bon plat de patates au lard). Vite fait sur le gaz et pour vous éviter silices et fouets, une rengaine façon Balasco :


Où sont donc les Socialistes ?
Où est donc leur beau projet ?
Tirez pas sur ces pianistes,
Cacophoneurs enragés.
Leur mue se fait à bon train
N’en déplaise au gouverneur
Rond de sons, gavé de grains
Qui s’amuse à l’embrouilleur.

Jean-Paul SCHMITT
---
(*)Je mets à chaque fois une majuscule à Socialistes. Le style est certes un peu plus pompeux, mais c’est un nom propre. Et puis, pour ne rien vous cacher et au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je les aime bien.

01/10/2008

Dommage

Sarkozy NB-Fond blanc.jpgSi l’on en croît les observateurs devant l’ONU puis à Toulon, Nicolas Sarkozy aurait tenu des discours de gauche. C’est vrai si l’on s’en tient à la formule d’Edouard Balladur qui, dans un livre écrit en 1991 prédisait : «  Si le monde devait connaître une crise monétaire alors renaîtraient les tentations étatiques qui font l’essentiel du socialisme ». C’est vrai aussi si l’on considère que la gauche, aurait pu, sinon dû, tenir ce discours. Mais la gauche est aphone en ce moment où « les socialistes parlent aux socialistes » pour ne rien dire sur le fond. Car , alors que nous sommes dans une période « hors vote », ce qui est assez rare, les socialistes ont inventé le leur comme pour mieux se complaire dans ces moments ou l’on tient des propos réducteurs , fussent-ils à usage interne. A cette étape du calendrier politique où il eut été important de créer de l’inédit dans le réel, les formations de gauche piétinent dans le bonheur de leurs querelles intérieures. Aux discours de Sarko ils rétorquent qu’il s’agît de gesticulations verbales sans effets. Mais où sont leurs mots à eux pour affronter la crise.

Interrogé par « le Figaro » Michel Sapin spécialiste des questions financières hier auprès de Ségolène Royal aujourd’hui proche de Delanoë ou d’Aubry car je n’arrive plus à suivre. Michel Sapin donc, déclare qu’il n’y a chez Sarkozy qu’illusions. Certes, mais à la question que proposez vous il répond qu’il ne fallait pas faire le bouclier fiscal. Bien sûr, mais quelles propositions insiste le journaliste. Nous en avons faites à l’Assemblée Nationale en particuliers sur la suppression des parachutes dorés. Dommage qu’elles n’aient pas fait l’objet d’une campagne publique et qu’il faille le pousser dans ses retranchements pour qu’il en parle comme si pour les dirigeants du PS l’essentiel était ailleurs. Alors on peut se demander et le peuple dans tout ça ? Et bien il approuve Sarkozy, selon un sondage commandé par LCI : 90% des personnes sont favorables au renforcement de la réglementation bancaire et 80% à l’encadrement de la rémunération des patrons avec une approbation plus forte parmi les électeurs de gauche. Comment expliquer cet engouement sinon par le silence ravageur de la gauche en général et du PS en particuliers. En se cantonnant dans le seul discours anti-sarkoziste primaire le PS s’enferme sur le même terrain que celui du PC ou de Besancenot, c’est à dire une opposition comme Sarkozy les aime : stérilement tribunitienne.

Il serait donc temps de se sortir de ce piège et de travailler sur les causes de ce retour de la prégnance de l’idéologie de droite. Et peut-être prêter attention à ce conseil d’un neveu de Freud, Bernays, au gouvernement américain soucieux de faire approuver son entrée dans la guerre en 1917: « si l’on veut convaincre quelqu'un il ne faut pas s’adresser à sa conscience mais à son inconscient ». Il inventait là le marketing un outil que Sarkozy a transposé dans le champ politique avec les résultats que l’on sait, en s’appuyant notamment sur les média. Ces outils de communication que Gilles Deleuze appellera dès 1990 « les sociétés de technologies et de contrôle » et dont il dira que le marketing est le principal dispositif. Tout cela a été étudié, pensé, débattu, mais pas dans les partis de gauche disait récemment le philosophe Bernard Stiegler. Il serait peut-être temps d’ouvrir cette discussion. Alors, peut être la gauche française commencera-t-elle à construire un idéal réalisable à l’image de l’ « évolution révolutionnaire » que prônait Jaurès. Car, à un moment ou à un autre il faudra bien répondre à ce besoin de rêve et de solutions concrètes qu’attendent nos concitoyens. Pour cela il faut arrêter de céder à l’instant et prendre le temps de définir un point réel sur lequel tenir coûte que coûte. Elever « l’impuissance à l’impossible » selon le formule de Lacan. Ce pourrait être l’objet d’un congrès, ce ne sera pas le cas pour celui de novembre (PS), pas plus de celui de décembre (PC). Dommage.

Philippe Dibilio

Lyon, le 1er octobre 2008.

18/09/2008

Dans le besoin

Bamby.gifDepuis hier après midi 17h et des poussières, Marseille est donc la ville retenue pour être Capitale Européenne de la Culture en 2013. La proclamation du résultat était tout juste faite au Musée d’Orsay que le Maire de Marseille était déjà, quant à lui, rue de Valois pour délivrer avec la Ministre de la culture sa joie communicative. Premier enseignement, Jean-Claude Gaudin est un rapide.

Deuxième enseignement, et il devrait interroger les uns et les autres, on vient d’inventer pour l’occasion une nouvelle génération de concours. Il faut dire que même quand Danone et Cadbury organisent des concours un minimum d’encadrement des critères est obligatoire. Tel n’est semble-t-il pas le cas pour ce qui concerne le choix d’une Capitale Européenne de la Culture. D’ailleurs en lisant la presse hier matin on pouvait légitimement s’interroger sur ce qui fondait le choix de Marseille plutôt que celui de Bordeaux, Toulouse ou Lyon. Il semblerait que le critère mis en avant, mais jamais revendiqué tout au long du parcours, est assez simple. C’est la ville la plus « dans le besoin » qui devait l’emporter. Que les autres s’écartent. Que Juppé, Cohen et Collomb passent leur chemin, il s’agissait de donner un coup de pouce à un Gaudin à la tête d’une cité qui, si on en croit le jury, n’avait pas les moyens de mener à bien son projet. Choisir la ville qui en a le plus besoin ne me pause à priori aucun problème. Encore fallait-il l’afficher. Le troisième enseignement est, vous vous en doutez, beaucoup plus intéressant. Avec sa fausse candeur Madame Albanel nous livre l’essentiel du problème. En déclarant que le projet de Marseille « correspond à un Engagement de l’Etat » le doute s’insinue. Robert Scott, président du jury, en précisant que le choix de la ville de Marseille avait été fait «  à condition que l’Etat apporte les aides de financement prévues dans le dossier » il confirme notre interrogation et un contexte louche.

En vérité, Marseille est une ville que nous aimons et nous ne serons pas les derniers à nous rendre de temps à autre dans la capitale phocéenne pour assister aux manifestations programmées mais par pitié que jury et autorités gouvernementales ne se compliquent pas la vie pour nous expliquer ce qui fonde leur choix. Marseille est une ville qui méritait le titre mais n’avait pas nécessairement les moyens de se l’offrir. Parce que ce choix est compatible avec ceux de l’Etat, Marseille est depuis hier désignée Capitale Européenne. Qui plus est avec un Maire qui va aussi vite nous sommes tous certains que ce choix est le bon. Ce ne sont pas Juppé, Cohen et Collomb qui vont me contre-dire.

Lyon, le 18 septembre 2008.

16/09/2008

Scoop

Par les moyens dignes des plus grands de l'investigation journalistique nous sommes en mesure de vous divulger la maquette des futurs tableaux d'honneur, fruits de la pensée fécondée de Xavier DARCOS notre Ministre de l'Education nationale.

 

Tab d'honneur Darcos 1 VF.jpg

 

Tab d'honneur Darcos 2 verso VF1.jpg
DR

Lyon, le 16 septembre 2008.

14/09/2008

Hold up

Il paraît que Nicolas Sarkozy ne décolère pas depuis qu’il a découvert les nouveaux programmes de France Télévisions et en particulier ceux de la deuxième chaîne. Vous l’avez compris, même s’il revendique une haute qualité de la part de notre télévision publique, le Président de la République, en constatant l’arrivée d’animateurs comme Julien Courbet, sait bien que c’est la chaîne de son ami Martin Bouygues qui risque de pâtir de la nouvelle orientation de la deux.

Remarquez, même si c’est pour de mauvaises raisons, on ne peut qu’être effrayé comme le Président par la contre-offensive de De Carolis, l’homme qui jadis faisait murmurer Bernadette Chirac dans ses oreilles.

La dernière campagne de publicité de France Télévisions dont l’objectif est paraît-il de rajeunir l’image de la chaîne, ne peut que laisser pensif.

France 2 - 19h 20h Access Prime time.jpg

Plus qu’à des « Men in black » ou à des « Blues brothers » nos quatre animateurs nous font penser aux personnages de « Reservoir Dog ». En quelques sortes à des assassins du service public qui s’apprêtent à régler leur compte après leur hold up raté de France Télévision.

Lyon, le 14 septembre 2008.

05/09/2008

Pilon

1669035178.jpgJosé-Maria Aznar vient de donner des consignes précises à ses avocats. Au cas où les rumeurs indiquant qu’il pourrait être le père du futur bébé de Rachida Dati continuaient à se propager, il intenterait illico une action en justice. Je le dis haut et fort, José-Maria Aznar n’est en rien concerné par toute cette histoire. Fermez le ban.

Il faut dire qu’en utilisant une formule particulièrement malheureuse, sur sa « vie privée compliquée » Rachida Dati risque fort de se voir attribuer mille et un prétendants. Que voulez-vous on ne peut squeezer l’imaginaire de nos congénères.

D’ailleurs une autre rumeur, cette fois d’origine marocaine, indique que c’est le Président de la République Française (himself) qui serait le papa de ce futur bébé. Je le dis tout aussi haut et fort, ce n’est pas parce que Rachida Dati à « une vie privée compliquée » que le président est concerné par toute cette affaire. Fermons une dernière fois le ban.

Le site Yahoo vient de prendre heureusement les choses en main en posant la question essentielle, « Qui est le père de l’enfant de Rachida Dati ? ». Je vous laisse y découvrir les suggestions moqueuses des internautes, mais l’essentiel n’est pas là.

En vérité, la seule interrogation qui vaille est de savoir si la maison Dior est outillée en matière de « ligne grossesse » car les Français n’apprécieraient pas que notre ministre de la justice puisse être conduite à s’habiller aux « 3 suisses » ou chez « Vert baudet ». Concernant la garde robe du chérubin, nous pouvons être confiants. La ligne « baby Dior » avec ses bavoirs brodés, ses pyjamas et grenouillères systématiquement griffés avec le « logo sur le devant » pourra convenir. Elle n’est pas belle la vie ?

Lyon, le 5 septembre 2008.

04/09/2008

Remake

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Lyon, le 4 septembre 2008.

24/08/2008

X comme XXL

923101409.jpgRappelez-vous, il y a un peu plus d’un été de cela, le jogging présidentiel était quasi télévisé en direct sur LCI. Fort de Brégançon, Neuilly / Ile-de-la-jatte, vacances états-uniennes, New York City, le tee-shirt « NYPD » gorgé de sueur crevait l’écran. Fillon et Kouchner à la ramasse derrière leur chef vivaient le martyr. Depuis rideau. On n’évoque même plus les exploits quotidiens de notre Président et la transpiration Sarkozyenne ne nous fait plus vivre par procuration le dynamisme Elyséen nouveau. Changement de cap, changement de com, changement d’épouse, le tee-shirt n’a plus le même sens en cet an II du mandat.
Si hier ce vêtement basique de la tenue présidentielle hors les murs du Palais exprimait la modernité et le dynamisme, bref la rupture, aujourd’hui le tee-shirt est toujours l’objet d’une grande précaution mais à des fins nouvelles. Deux entreprises lyonnaises et avignonnaises en savent quelque chose. En ayant mis sur le marché des tee-shirts qui détournent le nom du Président pour le transformer en autant de slogans qui chatouillent manifestement Nicolas Sarkozy, les deux entrepreneurs sont actuellement en attente d’un jugement du tribunal d’Albertville. En maquillant le « O » de Sarko en cible, ces lucratives rébellions risquent de coûter gros à leurs auteurs car il convient sous Sarkozy, contrairement à ce qui se pratiquait du temps de ses deux prédécesseurs, de ne pas gratouiller l’honneur présidentiel sous peine de le voir se transformer en partie civile. Comme quoi notre Président XXL n’a pas l’esprit aussi « Large » que cela.

Lyon, le 24 août 2008.

08:11 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nicolas sarkozy, sarkozy, président, tee-shirts | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/07/2008

F comme Falcon

669118261.jpgConcernant ses vacances, je ne sais pas ce que Nicolas Sarkozy nous réserve cette année mais s’il fallait désigner un symbole capable de représenter les escapades présidentielles et les couacs ministériels au terme de cette première année de mandat, le Falcon, ce jet privé mythique, si cher aux stars, aux people, bref aux « grands » de ce monde conviendrait à merveille.

Tout commence bien entendu le 7 mai 2007 alors que le pote Bolloré offre son Falcon 900 EX à celui qui a été élu président la veille. Direction Malte avec Cécilia, la famille et les amis, pour passer deux jours sur le Paloma, le yacht du milliardaire et voyagiste ami. Re-belotte à Noël 2007, cette fois-ci avec Carla Bruni, pour quelques jours à Louxor largement médiatisés par la presse magazine. Souvenez-vous du fils de Carla sur les épaules de Sarko.

Autre Falcon, autre aventure, celle du Ministre Estrosi qui prétextant un agenda chargé décide de louer à la société Dassault Falcon Service, en échange de la somme rondelette de 138 000 euros, un avion privé plutôt que de voyager en classe affaire sur la ligne régulière d’Air France. La rumeur le dit mais n’est guère vérifiable, on parle aussi des allers-retours Villacoublay-Figari du ministre Kouchner en Falcon 50 (voir www.impots-utiles.com)

Mais revenons à Sarkozy. Il faut croire que la question de l’aviation est particulièrement importante pour notre président. On dit que le chef de l’Etat est très à cran et chatouilleux sur le sujet. C’est ainsi qu’à son retour du sommet de Lisbonne il convoque le staff présidentiel afin de changer le parc de zingues de la république car, arrivant quelques jours avant sur le tarmac de l’aéroport portugais, notre président s’était senti « petit » en constatant que son Falcon 900 avait l’air ridicule aux côtés des gros porteurs des autres délégations. Sachant qu’un Air Bus avoisine les 100 millions d’euros, c'est-à-dire le prix de presque trois Falcons, la République devra faire quelques efforts pour que notre Président puisse planer.

Cela étant, le pire est peut-être devant nous, car en s’offrant un A380 pour son usage privé, le prince Saoudien Walid Ibn est entrain de mettre la barre assez haute sachant que le prix catalogue de l’aéronef est de 320 millions d’euros. On dit que le milliardaire russe et patron du Chelsea F.C., Roman Abramovich serait également tenté.

En attendant, sur ses deniers, l’armée vient d’acheter un Airbus d’occase à Air Caraïbes afin d’offrir une sorte de « Air Force One » à notre Président. Cet avion viendra rejoindre la Flotte présidentielle constituée de six Falcon et sept Airbus. Ca plane pour lui.

Lyon, le 26 juillet 2008

24/07/2008

E comme expulsion

369751466.jpgIl l’écrit lui-même d’entrée. Il avait promis à sa femme de consacrer seulement trois ou quatre jours pour écrire son livre. Madame Génestar, vous aviez raison. Vu ce que votre époux avait à dire, trois ou quatre jours suffisaient.

Le mari de Madame Génestar, au cas où vous l’auriez oublié, est Alain Alain Génestar, ex responsable de la rédaction de Paris-Match viré par son boss Lagardère pour avoir heurté le nouveau Président de la République. Objet de la colère présidentielle, la publication à la une d’une photo de Cécilia Sarkozy avec celui qui était alors « son ami ». Le mari légitime se rebiffe et voilà Génestar à la porte. Commence alors pour le journaliste jusqu’ici docile une nouvelle vie, celle de rebelle sans cause.

Il faut dire que rien ne prédestinait Génestar à mener une carrière de dissident. Pensez-donc après douze ans à la tête du J.D.D. puis quelques autres à Paris-Match, Génestar fonctionnait bien au sein du groupe Hachette Filipacchi Médias et paf, Arnaud le flingue sur ordre.

Cela faisait donc vingt ans que Génestar effectuait le travail qui lui était demandé. Il veillait chaque semaine à illustrer la comédie des pouvoirs, à nous entretenir, entre deux coups de lèche à la droite, de la vie des peoples, à nous compter par le menu historiettes sentimentales de la Principauté de Monaco. Toujours prompt à sur-enchérir sur "Gala" et "Voici", Génestar payait les photos, faisait ses fameuses « doubles » et livrait l’ensemble dans un emballage soigné, la couve.

Habitué pendant de longues années à se mettre à genoux dès que le pouvoir tapait du pied, Génestar menait une vie radieuse de jour-na-liste et comme sucrerie hebdomadaire il écrivait dans un instant magique son édito.

Le samedi 3 mai 2008, il terminait son livre entamé le 26 avril. 147 pages sans intérêt. Une quatrième de couverture pour dire au lecteur qu’il n’est pas un de ces héros du journalisme, encore moins une victime, pas d’avantage un martyr. Même pas un fou.

Le bouquin qui raconte une malheureuse tranche de vie d’un type sans avis coûte 10 euros. Il est publié par Grasset et s’intitule « Expulsion ». Comme le dit son auteur, ce livre devrait « servir à quelque chose ». Très franchement, je cherche encore.

Lyon, le 24 juillet 2008.

03/07/2008

Le chef a dit

decarolis.jpgDe Carolis, le PDG de France Télévisions, devrait se tenir tranquille. Sarkozy l’a dit. Concernant les programmes, « on peut mieux faire ». Au lieu d’accepter un profil plus bas, notre PDG, dans un élan rebelle que l’on ne lui connaissait pas jusqu’ici, a répondu du tac au tac, « Personne ne m’imposera à moi et à mes équipes de faire les émissions et les programmes que nous n’avons pas décidés ».
Au même titre que Sarkozy est chef de la police, chef des armées, chef de l’Europe, le Président est aussi chef de la télévision donc le chef des programmes. Il conviendrait donc que Carolis saisisse bien la situation. En vérité, tout porte à croire que Carolis est sur un siège éjectable et que le principal intéressé en a pris acte. Le futur ex Président de France Télévision devrait donc avoir d’ici quelques mois un peu de temps à consacrer aux éventuelles mémoires de Bernadette Chirac ou mieux à celles du Général Bruno Cuche désormais ancien chef d’état-major de l’armée de terre, lui aussi poussé vers la sortie.
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01/07/2008

Taillé pour l’aventure ?

683176173.jpgNicolas Sarkozy qui s’apprête, au nom de la France, à présider l’Europe pendant six mois est-il taillé pour cette aventure ?
On peut en douter sachant que bagout et gesticulations ne font guère illusion du côté de Bruxelles. C’est un Président qui a renoncé aux engagements de son prédécesseur concernant la stabilité des finances publiques qui va se présenter devant nos partenaires. Un Président qui a froissé nombre de pays sur le dossier pour l’union de la méditerranée et qui doit désormais se résoudre à faire un profil plus bas. Un Président qui dénonce Bruxelles devant les marins pêcheurs et les agriculteurs, qui s’en prend à l’Europe quand il s’agit de parler emploi et flambée des prix, bref un homme qui chevauche souvent la ligne jaune de la démagogie plus souvent qu’à son tour.
Dans un contexte économique particulièrement tendu, Sarkozy peut-il donc être l’artisan de « La grande Présidence » qu’il promettait aux Français lors de la campagne Présidentielle française, il n’y a guère plus d’un an. On peut en douter tant l’homme jugé parfois comme imprévisible et agité irrite nombre de dirigeants européens.
Sauf à mettre en avant les questions soulevées par les populations européennes, à savoir l’économie, le social et l’environnement, on se demande légitimement quelle sera la portée de la présidence française le 31 décembre 2008.
S’il veut offrir à l’Europe une « Grande Présidence », Sarkozy doit proposer aux Etats membres un nouveau souffle, un grand engagement pour le changement climatique, une réponse commune à la crise énergétique, des perspectives réelles en matière d’emploi, de droits sociaux et de directive-cadre sur les services publics non sans traiter convenablement les tensions issues du référendum irlandais.
Comme le dit Martin Schulz, le président des socialistes européens, Nicolas Sarkozy est aussi attendu au tournant sur l’Europe sociale, un sujet qui ne semble pas concerner une présidence française avant tout axée sur la politique d’immigration. Retour de l’inflation, augmentation des prix, change euro-dollar, les européens n’accepteront enfin jamais que Sarkozy préside l’Europe avec comme unique logique de s’en servir pour résoudre l’équation française. On peut donc légitimement s’interroger sur le fait que Nicolas Sarkozy n’est tout compte fait guère taillé pour cette aventure. A lui de nous convaincre du contraire.

Lyon, le 1er juillet 2008.

11/12/2007

Malaises

6100d30ca9c7c9ed298e63127a714029.jpgRama Yade était tout d’abord « dérangée » par le fait que Kadhafi arrive en visite officielle dans notre pays le jours anniversaire de l’adoption, en 1948, de la déclaration universelle des droits de l’homme. Enivrée par son courage et particulièrement en verve sur ce sujet elle avait même ajouté que « la France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort ». Enfin au sommet de sa forme la ministre indiquait que la France n’état pas « un paillasson ».
Après une petite heure d’entretien à l’Elysée, Rama Yade était remise dans l’axe puisque elle expliquait qu’elle n’avait « absolument aucune hostilité vis-à-vis d’une visite du colonel Kadhafi, à partir du moment où il a renoncé à tout programme militaire nucléaire ». « Dans ces conditions, il vaut mieux parler avec lui plutôt que de le marginaliser ou de le rejeter aux confins du terrorisme », a-t-elle déclaré. Mais, a-t-elle souligné, « cette visite ne doit pas être considérée comme un chèque en blanc, on doit être sur nos gardes ».
Le malaise de Kouchner n’aura duré aussi que quelques heures puisque le doc, au moment ou Rama Yade commençait à se la jouer profil bas, déclarait quant à lui que ce voyage était « un épiphénomène » et que l’essentiel résidait dans cette « alchimie fine » (sic !) qu’est la diplomatie française. Au final, le bon docteur Kouchner se trouvait un nécessaire et importantissime dîner à Bruxelles pour éviter d’être pris en photo avec le colonel.
Ce qu’il y a d’épatant avec Sarkozy, c’est qu’il s’occupe de tout.
Il soigne même ses ministres quand ils ont des malaises et ça, ce n’est pas banal.
 
Lyon, le 11 décembre 2007.

02/12/2007

Springsteen est sourd mais pas muet

ed5384e8576bda4479e28794706ec6f3.gifIl y a quelques semaines, le Président était à Washington pour rendre visite à George W. Bush puis parler devant le Congrès évoquant son amérique, celle d'Elvis et de John Wayne. Depuis  Rama Yade, Bockel et quelques autres s'evertuent à expliquer sur nos antennes que Nicolas Sarkozy s'adressait alors au seul peuple américain comme si Bush était subitement devenu un personnage subsidiaire.

Il faut croire que le message para-Elyséen n'a pas convaincu tout le monde outre altantique à commencer par Bruce Springsteen. C'est ainsi que le boss déclare cette semaine à Telerama, "avec les dernières élections, la France s'est rapprochée de l'Amérique que je dénonce. Comme dit la chanson de Jarvis Cocker que j'adore "Cunts are still running the world" (*). 

Manifestement le boss est devenu sourd, il n'a pas entendu le nouveau message de la France, au moins celui que Rama Yade mouline depuis le retour d'amérique de Nicolas.

Lyon, le 2 décembre 2007.

(*): que l'on pourrait traduire par "les connards dirigent toujours le monde".

19/10/2007

La caissière du supermarché est bien barrée

medium_Caddie.jpgCe matin dans le Figaro, Nicolas Barré dans un éditorial intitulé « aux grévistes » fait sa petite leçon de morale aux cheminots en leur expliquant notamment qu’il y a plus malheureux qu’eux. Argument favori de la droite depuis quelques semaines, Barré nous parle de « La caissière de supermarché (qui) manipule chaque jour à sa caisse deux tonnes de produits ! ». Je ne sais pas si vous l’avez relevé mais la caissière d’hyper est devenue, bien malgré elle, la caution de la droite pour détruire les régimes spéciaux des agents de la SNCF et de la RATP.
Horaires partiels et fractionnés, salaires particulièrement bas, stress, tâches répétitives la caissière de l’hyper est effectivement une victime non consentante d’un système qui la broie. Puisque ce Monsieur Barré semble tant s’intéresser aujourd’hui au sort de ces milliers de femmes qui triment dans des conditions scandaleuses et pour trois-francs-six-sous chez ses amis Leclerc et Mulliez, je suggère à notre belle âme du Figaro, au nom de la pénibilité du travail, d’exiger de ses amis Sarkozy, Fillon et Bertrand un régime spécial de retraite pour les caissières de nos supermarchés. Au point où il en est, il doit imposer aussi une revalorisation de leurs revenus et la fin de ces mi-temps fractionnés qui détruisent leur vie familiale. Aujourd’hui le camarade Barré vient de rejoindre le combat qui vise à redonner une dignité aux caissières des supermarchés. C’est donc un grand jour pour les travailleurs de ce pays.
C’est la lutte finale groupons-nous et demain... (air connu).

Lyon, le 19 octobre 2007.

 
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