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24/06/2009

Etapes

congres-versailles.jpgLe discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès était-il creux comme le prétend Laurent Fabius ? J’ai presque envie de dire qu’importe tellement ce jugement de valeur a peu d’impact et met une fois encore le PS en situation de réagir avant de réfléchir.

Il était évident que Sarkozy allait faire du Sarkozy et que son discours allait une fois de plus relever du propos électoral, mais en attendant ça marche puisque les électeurs sont au rendez-vous de l’UMP. Alors le président de la République peut rebondir sur l’actualité comme à propos de la burqa ce débat lancé aujourd’hui on ne sait trop pourquoi par notre ami André Gerin mais que Sarko saisît au bond non sans malice. Il peut lancer des idées dont on ne sait pas si elles prendront corps mais qui résonnent dans les esprits comme le lancement d’un emprunt national pour affronter la crise ou le paiement d’un an de salaire et de formation pour tout licencié économique.

La question reste de savoir s’il sera entendu des français qui pour se faire une idée sur ce discours auraient peut-être besoin de quelques éclairages politiques accompagnés de propositions solides. Car, au fond, les français n’ont aujourd’hui que « l’offre politique » que leur propose Sarkozy et cela lui donne de l’avance. Il est vrai que lorsque Ségolène Royal réunit quelques pointures, comme elle l’a fait récemment à Paris, pour analyser la crise et ouvrir des pistes pour en sortir, c’est le silence total dans les média. Mais c’est aussi malheureusement le black out au PS. Dommage ! Et pourtant il faudra bien à un moment ou à un autre se relever les manches pour construire ce projet qui réveillera la gauche et qu’amis et militants attendent avec une impatience qui en devient lancinante. Un projet qu’il serait plus efficace de préparer ensemble plutôt que chacun dans son coin en s’occupant ensuite de celui ou celle qui le portera. Après tout on peut toujours faire un rêve et même penser que ce processus se mette en route avant le prochain discours d’étape de Nicolas Sarkozy.

Philippe Dibilio

Photo: DR

27/05/2009

Bingo

BingoBongo.jpg« Merci Omar, pour tes avis et tes conseils ».

Deux ans ont passé depuis cet amical échange franco-africain du 6 mai 2007, juste avant la fermeture des bureaux de vote tel que nous l’a rapporté le président du Gabon. Deux ans déjà. Deux ans seulement.

Mais Omar est malade. Son fils aussi qui se fait soigner en France. Alors, un peu de compassion, que diable.

« Merci Omar ».

« À ton service Nicolas ».

Omar, l’inamovible, a pratiqué tous les présidents français et celui-ci, il le pratiquait déjà lorsqu’il n’était encore que le maire de Neuilly. Omar, bienfaiteur des campagnes électorales françaises plus que des campagnes africaines, a su faire fructifier ses investissements. Son patrimoine immobilier croit infiniment plus vite que l’expansion économique du Gabon aux réserves d’or noir pourtant conséquentes.

Vie privée, vie publique. Afrique brûlée. Ronde des amis qui randonnent de sommets d’État en sommet d’État. Ronde des ONG dans les marigots, les Sahels, les bidonvilles et les camps.

En douce France, l’herbe est verte, les boubous exotiques et les affaires franco-africaines feutrées. La justice soupèse. Une petite juge, Françoise Desset, au vu du fléau - celui de sa balance – avait estimé qu’une enquête préliminaire pour « Biens Mal Acquis » (BMA) par les sieurs Omar Bongo Ondimba, Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville et Theodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale pouvait légitimement être ouverte.

Une première. L’affaire ferait grand bruit. Mais le parquet veillait. Un parquet flottant car il n’y a rien de plus désagréable que ces lames qui font du bruit. Le nôtre ne grince pas. Bien ciré, sur lui les critiques et les affaires glissent. Dommage qu’il ne nous laisse pas entendre les pas de danse des banques relevées par l’enquête préliminaire. Il ne nous reste plus qu’à imaginer leurs entrechats pour faire face à leurs obligations sur le non-blanchissement. Étonnant corps de ballet : BNP, Société Générale, Crédit du Nord… Banque de France même, par laquelle auraient transité d’importants virements destinés au fils du président de la Guinée- Équatoriale.

Bingo Bongo ! Le parquet s’oppose.

Jean-Paul Schmitt

25/05/2009

Le courage

30-1-170.jpgAu moment où la revue "Philosophie magazine" titre sa "une", "Le courage aujourd'hui. les héros sont parmi nous", un professeur de cette même discipline était, quant à lui, traduit devant un tribunal pour avoir crié, en pleine gare de Marseille, à des policiers qui effectuaient un contrôle d'identité, "Sarkozy je te vois". Nul ne sait encore si ce professeur de Philo sera condamné à ces 100 euros que certains aimeraient lui coller. En tout état de cause, avoir de tels comportements en public, citer simplement le nom du chef de l'Etat, est à priori et au minimum un acte de défiance dans la France d'aujourd'hui, pourquoi pas demain le signe d'un premier flirt avec le terrorisme. Pour revenir à la "une" de Philosophie magazine, ce professeur marseillais a de tout évidence fait acte de courage, c'est un héro parmi nous. Acte de bravoure ou pure folie c'est selon. Il n'empêche que ce "Sarkozy, je te vois" est un tapage injurieux, le tarif pouvant aller jusqu'à 450 euros. S'il s'agissait d'un outrage, la note serait plus salée puisque avoisinant les 7500 euros et à ce prix là un pofesseur est loin d'avoir les moyens de s'offrir une telle incartade.

Pour parler de quelque chose de plus sympathique, demain, Libération nous offre un cahier spécial sur le légendaire "Bed in" de John Lennon et Yoko Ono. Il s'agissait alors pour les deux tourtereaux du rock de rester une semaine au lit afin de faire passer un message de paix et d'amour. Alors que les supporters de DSK sont tous en train de s'intérroger sur comment réinstaller leur champion aux avant-postes de la vie politique sachant que le boss du FMI est un peu prisonnier de sa fonction et du calendrier, pourquoi ne pas proposer une évènement du type "In bed with DSK" ?. Une idée à creuser.

Lyon, le 25 mai 2009.

23/05/2009

Prenez-le !

claude_allegre.jpgIl parait que dans la perspective de voir Claude Allegre rejoindre le gouvernement lors du remaniement en juillet c'est presque la panique dans les rangs de la majorité. A l'idée de voir débarquer l'ami de Jospin, qui plus est à un poste important dont la rumeur dit qu'il pourrait ressembler à un MITI français, on ne compte plus les réactions négatives. La simple idée de le savoir peut être demain membre de la future garde rapprochée de Sarkozy commence à pomper l'air des plus dévots de l'UMP.

Rassurez-vous Messieurs de la majorité, Allègre est tout sauf de gauche. Prenez-le ! Il est dispo ! Dans cette affaire, le seul qui risque d'en pâtir c'est Bernard Kouchner. Le Doc peut légitimement se dire que la période faste est sur le point de toucher à sa fin. Complètement démonétisé, Kouchner représente désormais moins que lui même un simple Ministre d'ouverture votant maintenant UMP. L'arrivée d'Allègre dans ce magasin de porcelaine risque de briser les dernières potiches et c'est tant mieux.

Alors un effort. Arrêtez vos simagrées et prenez Allègre dans votre futur gouvernement. Ca ne peut que nous faire plaisir.

Lyon, le 23 mai 2009.

20/05/2009

Posture

36330a-francois_bayrou_denonce_l_abus_de_pouvoir.jpgLe livre de François Bayrou, « Abus de pouvoir », est un livre politique et comme tous ceux du genre il dénonce beaucoup et propose peu ; encore que ! Il faut, en effet, lui reconnaître quelques mérites.

Tout d’abord l’homme se trouve là une posture, celle d’un défenseur des valeurs humanistes qui frise parfois l’analyse de classe comme on aurait dit dans les années 70. Certes il n’est pas question pour moi d’être naïf ; en s’appropriant le créneau des fondements de la république : liberté, égalité, fraternité le président du Modem se cherche une base suffisamment large pour poursuivre son seul objectif avoué : la présidentielle de 2012. Mais il faut lui reconnaître qu’il le fait avec un certain talent. Car, contrairement à beaucoup de commentaires qu’il a suscité son ouvrage n’est pas un pamphlet anti-sarkoziste primaire.

Il réussit, en effet, à brosser un portrait pertinent du locataire de l’Elysée et surtout de mettre en perspective ses intentions profondes et les objectifs qu’il se donne pour le pays. Et il argumente autour de la proposition selon laquelle : « le président de la république a un plan. Il conduit la France là où elle a toujours refusé d’aller. L’abandon du modèle républicain, le culte de l’argent, le choix d’une société d’inégalités, le renoncement à ce qui faisait la force et l’originalité de la France dans le monde. » Et pour cela, selon Bayrou, Nicolas Sarkozy a  eu pour inspiration le mouvement néoconservateur américain version Bush qui a décidé de bâtir sa victoire sur le noyau dur de son électorat, la droite dure religieuse américaine, la droite qui soutenait la guerre en Irak. Modèle que les américains ont aujourd’hui rejeté. Et pour s’attacher le noyau dur de la droite française Sarkozy va jusqu’à le reconstituer en suscitant des polémiques pour opposer les français sur tous les sujets potentiellement explosifs.

De plus François Bayrou décortique, comme l’avait fait dans un livre également Ségolène Royal, la méthode et les astuces de Sarko pour arriver à ses fins. Ce livre, en fait, tape juste et il n’est pas étonnant qu’il ait déclenché l’ire des roquets du président comme celle des leaders de gauche d’ailleurs. Il est à ce propos dommage que ce soit un centriste qui occupe ce créneau qui s’apparente parfois à du Besancenot, l’esprit de responsabilité en plus. Me voilà pas converti au Modem pour autant d’autant que connaissant bien certains de ses acteurs locaux je ne sui pas persuadé qu’ils se retrouvent dans ce texte, mais je reconnais à son président une capacité à porter un regard éclairé sur l’état de la France et à proposer quelques pistes pour en sortir. Ce chapitre final n’est pas le plus étayé mais il pose les bases d’un rassemblement pour demain dont la gauche aurait tort de se moquer. Bayrou, en effet, n’écrit pas les premières lignes d’un programme commun mais trace les contours d’un rassemblement qui pourrait bien être celui du deuxième tour de 2012.

Philippe Dibilio

11/05/2009

Réalistes

Tout va décidemment bien pour Alain Marleix le charcutier-traiteur du gouvernement. Il vient de transmettre sa copie à son ami Yves Guena qui devrait confirmer, en tant que sage parmi les sages, que la découpe de la carte électorale est parfaite. Parfaite car la gauche devrait avec certitude y perdre quelques plumes, au bas mot une douzaine de circonscriptions. Bruno Le Roux, le député socialiste de Seine-Saint-Denis estime même qu’en fonction de ce nouveau tripatouillage il faudrait que l’opposition obtienne 51,2% pour espérer l’emporter en sièges. En attendant le plan de découpe de Marleix est invisible puisque il a été transmis à Guena de façon confidentielle afin que le sage puisse, je cite, « travailler en dehors de toute pression ».

Parmi des dizaines, une circonscription devrait quitter le giron de la gauche, c’est celle d’Arcachon, perdue par l’UMP lors d’une législative partielle il y a quelques mois. Après le charcutage de Marleix elle devrait revenir dans l’escarcelle UMPiste en couvrant le pourtour de ce bassin si cher à Nicolas Sarkozy. Bénéficiaire de l’opération le Secrétaire d’Etat aux Sports Bernard Laporte qui pourrait ainsi se recaser dans le cas de figure où le conte de fée gouvernemental prendrait fin. Histoire de se mettre en jambes, Laporte serait désigné candidat aux régionales sur la liste que pourrait conduire Xavier Darcos l’an prochain.

Laporte justement était au Stade de France samedi soir, niché dans la pénombre, laissant ainsi dans la lumière sa Ministre de tutelle trôner à côté d’un Nicolas Sarkozy contraint et forcé de venir assister à la finale bretonne de la coupe. Le Président est donc passé par Saint-Denis samedi mais, comme tout le monde l’a remarqué, il s’est abstenu de descendre sur la pelouse avant le coup d’envoi afin, comme l’exige pourtant la tradition, de se faire présenter les équipes.

Réaliste le Président !

PS: Demain, dans le cadre de la campagne des européennes aura lieu un meeting en présence des candidats de la liste de Sud-Est

Europeennes Meeting 12 mai 2009.jpg

05/05/2009

Cinco de mayo

1er mai lyon.jpgLe mois de mai est joli dans nos mémoires.

Mois de Marie pour d’anciens enfants de choeur et petites filles aux bas blancs. Adolescents chanteurs de mai ivres de printemps et courant les campagnes pour troquer leur goualante contre quelques piécettes ou un bout de saucisson et du vin. Mois de soulèvement pour les naïfs amoureux de ces plages de liberté que nous cherchions sous les pavés. Mois de défilés et de muguets cueillis sous les hêtres en bottes parfumées. Mois d’avènement aux liesses populaires colorées de roses rouges, place de la Bastille. Mois aux ponts multiples qui réjouissent les salariés au grand dam de leur patron. Mois de transition avant les grandes chaleurs qui suffoquent. Mois de dangers aussi, parfois comme ce Tres de Mayo de Goya aux couleurs de nuit.

Dans ce mai où les dates célèbres abondent, le 5 tient sa place :

> 5 mai 2009, la France est UMP, l’opposition est malade et sans pouvoir ; à Nîmes, le président de la république - dixit Barnier -« va donner le ton et présenter le projet » de l’UMP pour les élections européennes. Devant les affiches qui plagient Obama avec un « Quand l’Europe veut, l’Europe peut », les licenciés chantent l’Internationale pour oublier…
> 5 mai 2002, la gauche est KO debout. Hormis Lutte Ouvrière qui refuse de donner consigne, on vient de voter Chirac au deuxième tour de l’élection présidentielle ; à défaut d’un projet d’union nationale, la France aura Raffarin comme cocher…
> 5mai 1930, Gandhi le désobéissant est arrêté dans la nuit ; le non-violent déclare que son poing peut bien être brisé, le sel qu’il tient ne sera pas rendu volontairement. Il aura bientôt raison du colonisateur …
> 5 mai 1821, Napoléon meurt à saint Hélène. Un jour prochain, celui qu’Hugo appellera Napoléon le Petit lui succédera. L’histoire bégaye…
> 5 mai 1789 (juillet est proche), ouverture des états généraux dans l’hôtel des Menus Plaisirs à Versailles ; on conviendra que cette date marque le début de la Révolution française…

    Choix arbitraire et de mauvaise foi de cinco de mayo, quand la grippe sévit pour nous faire oublier la crise ? Oui. Cinq fois oui.

    C’est le mai, le beau mai. C’est le joli mois de mai.

    Jean-Paul Schmitt

    24/04/2009

    24 avril

    peter-gabriel854_MainPicture.jpgComme chaque 24 avril, la journée d’aujourd’hui est consacrée de part le monde à rendre hommage aux victimes du génocide des arméniens. Alors que grâce à l’action de franges de plus en plus élargies d’intellectuels et démocrates turcs la question de la reconnaissance du génocide des arméniens s’impose dans le débat public on mesure l’importance des manifestations qui visent à exiger une telle reconnaissance et la dénonciation de la négation.

    Pour des raisons stratégiques, en apportant son soutien sans réserve à l’actuel gouvernement turc, le Président Obama semble avoir fait le choix, comme ses prédécesseurs, de passer par perte et profit le génocide de 1915. En recommandant que l’Europe fasse de l’intégration de la Turquie au sein de l’Union une question prioritaire, Obama n’est en rien, contrairement à ce que pensent Sarkozy et Villiers, en dehors de son rôle mais le nouveau Président américain aurait été particulièrement inspiré d’assortir son point de vue de quelques conditions liées à la démocratie, à la condition de la femme, à la place des minorités mais aussi, car c’est incontournable, à la reconnaissance du génocide des arméniens.

    Comme chaque année, je m’efforce de faire valoir le point de vue de certains « Grands anciens » comme Jean Jaurès ou Justin Godard pour démontrer que cette « question arménienne » doit continuer à s’imposer y compris quand les grands de ce monde ne souhaitent pas l’inviter.

    Assez récemment, le bi-mensuel « France-Arménie » se faisait l’écho des propos de Peter Gabriel quant à la reconnaissance du génocide. Voici l’essentiel d’une déclaration tout à fait en adéquation avec l’ensemble des combats menés jusqu’ici par l’ancien leader de Genesis.

    « Lorsque j’ai composé la musique pour La Dernière tentation du Christ, j’ai découvert l’un des instruments les plus émouvants : le doudouk arménien. Je suis ensuite allé en Arménie à l’occasion de l’anniversaire du joueur de doudouk Djivan Kasparyan. Nous avons visité le Mémorial du Génocide consacré à plus d’un million d’Arméniens morts en 1915 » […] « Les Turcs nient le Génocide arménien et la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne l’ont pas reconnu mais j’espère qu’ils vont le faire. Il faut en parler afin que les Turcs acceptent les évènements du passé pour se libérer et avancer ».

    Peter Gabriel

    Lyon, le 24 avril 2009.

    Photo: DR

    22/04/2009

    Décomplexés

    president-republique1.jpg?w=197&h=159Nicolas Sarkozy avait inauguré ce style pendant la campagne présidentielle durant laquelle il est apparu comme un ultra-libéral décomplexé. Ce qui ne l’empêche pas aujourd’hui d’agir comme un interventionniste d’Etat tout aussi décomplexé. Car au fond tout désormais en politique est dans la manière.

    Ce nouveau statut permet en tout cas aux électrons libres d’occuper le terrain au détriment des formations politiques engluées dans les jeux d’appareil ou d’obéissance au chef. Les derniers jours nous ont montré en effet, combien la parole libre était à la mode. Dernier exemple en date un Dominique de Villepin qui nous annonce une situation révolutionnaire dans le pays. Voilà un sacré contre pied de la part de ce gaulliste affiché. Pourtant il le fait de manière si décomplexée que ça le rendrait presque crédible.

    Ségolène Royal de son coté nous a quasiment habituée à des propos autant libérés que décalés. Dommage quand même que sa deuxième demande de pardon estompe la première autrement plus forte. Quant à François Bayrou lui aussi il affiche des positions bien « gauchistes » au regard de l’histoire de la famille centriste dont il est l’héritier. Et pendant ce temps là leurs formations politiques respectives, sauf peut-être pour Bayrou que ses troupes suivent, sont empêtrées dans des propos politiques tellement traditionnels qu’ils en deviennent ringards.

    Ainsi l’UMP dont la seule vocation est de relayer les frasques du président de la République avec plus ou moins de goût et même plutôt moins que plus. Coté PS on n’est pas mieux loti car à vouloir composer entre tous, y compris un DSK qui affirme que les états n’ont pas encore assez donné aux banques pour « nettoyer » le crédit des produits toxiques qu’elles ont elles même crées, on ne dégage plus qu’un discours aseptisé. Bref, il faudra peut-être s’y faire l’heure est au discours décomplexé et ce sont ceux qui le portent qui se retrouveront demain sur le devant de la scène pour l’élection présidentielle.

    Philippe Dibilio

    11/04/2009

    Nous ne vous disons pas merci

    anniversaire.jpgAujourd’hui c’est mon anniversaire. Cinquante-huit-ans au compteur, cinquante-huit bougies à souffler. Rassurez-vous je n’en fais pas une affaire étant considéré depuis huit ans déjà comme un vieux, pardon un sénior, par les gens de marketing. Profitant de l’occasion, je voudrais vous parler aujourd’hui des vieux ou plutôt des plus vieux que moi c'est-à-dire de ceux qui, inoxydables, continuent de représenter la base la plus solide de Nicolas Sarkozy. Lors de l’élection présidentielle ils étaient déjà ceux qui avaient assuré la victoire de Sarkozy. 75% des soixante-cinq ans et plus avaient voté pour le Président de l’UMP contre 25% pour la candidate socialiste. En d’autres termes si les électeurs plus vieux que moi étaient restés à la maison, Sarkozy serait également demeuré dans la sienne puisque pour les électeurs de 18 à 64 ans le vote Royal était majoritaire.

    Je sais bien que Sarkozy s’était engagé à revaloriser les retraites, à lutter contre l’insécurité, à redorer le blason de la France et en parlant d’identité nationale il avait visé juste. Après l’élection, certains observateurs expliquaient que les frasques matrimoniaux du champion élyséen, souvenez-vous de Cécilia et de la vie tourmentée de Carla, risquaient de vacciner les électeurs les plus âgés. Rien de tel. Les plus de soixante-cinq ans demeurent accro. Ils plébiscitent le Président. Ils sont les derniers à croire à ces balivernes comme « Travailler plus, pour gagner plus », insensibles à la montée du chômage et de la précarité. Ils souhaitent que les Français triment encore plus, détestent les fonctionnaires, etc…

    Pourtant la politique mis en œuvre par le gouvernement ne devrait pas remplir de confiance les personnes âgées. L’accès au soin se réduit. Le pouvoir d’achat des retraités est en carafe. Même le sort parfois peu enviable de leurs petits enfants ne préoccupe les anciens. Bref, plus ça va mal, plus les anciens trouvent ça bien.

    A toutes ces taties Danielle et ces tonton Marcel, à ces mamies Nova, je veux le dire tout net, nous ne vous disons pas merci.

    Lyon, le 11 avril 2009

    Photo:DR

     

    06/03/2009

    Suisse Air

    johnny.jpgAprès moultes hésitations entre la Belgique et Monaco, on s’en souvient, Johnny Hallyday avait décidé de s’installer en Suisse afin de gonfler ses poumons du bon air helvète. Fort de la victoire présidentielle de Nicolas Sarkozy certains imaginaient tout de même que, pris de remord, notre rocker pourrait rapatrier famille et boite à coucou sur le territoire national. Déception. L’affreux Jojo du Sarkozysme confirmait que son avenir était à Gstaad.

    Cette semaine notre contribuable suisse vient de refaire un come-back bruyant dans l’actualité. Hallyday proteste maintenant contre le régime fiscal qui lui est imposé dans la confédération tout en précisant « je suis d’accord de payer des impôts, mais il y a une limite ». Comme argument Hallyday indique au journal Le Matin, « Avec ce que j’ai payé dans ma vie, j’aurai pu faire vivre plusieurs familles pendant des générations ». En attendant le pauvre Hallyday est taxé de 900 000 francs suisses par an ce qui manifestement le peine mais dans le même temps il vient de réaffirmer son souhait de demeurer en Suisse car en France, nous dit-il « on ne peut plus exprimer ce qu’on pense. C’est terrible. On est taxé sur ses opinions. Pour un pays qui proclame liberté, égalité, fraternité, ça me surprend. Mais elle est où la liberté, là ? » Sarkozy devrait apprécier !

    Qu’un chanteur belge, qui gagne quelques fortunes en France finisse par atterrir en Suisse tout en demeurant insatisfait pose problème. Afin de sortir par le haut de cette difficulté je propose que Johnny se tourne le plus rapidement possible vers Charles Aznavour. Le chanteur français, résidant lui aussi Helvète, vient d’être nommé ambassadeur d’Arménie auprès de la Suisse.

    Je suis certain que sur ce coup là, Aznavour peut intervenir auprès de la République d’Arménie pour que Jojo devienne résidant du côté de Erevan et, côté air pur, pour peut qu’il installe son chalet au bord du lac Sevan, Aznavour peut garantir à Hallyday une paix royale et de l’air pur. Quant à la taxation des résidants étrangers en Arménie, c'est à lui de voir....

    Lyon, le 6 mars 2009

    Photo:DR

    05/03/2009

    rebelle

    lang.jpgL’affaire est assez « amusante », expédié en mission par Nicolas Sarkozy pour aller dire bonjour au Cuba des frères Castro, Jack Lang n’a jamais été critiqué par la direction du Parti Socialiste. Si l’on écoute quelques-uns des amis de l’ancien Ministre de la culture, la chose est considérée même comme normale tant Lang serait un spécialiste de l’Amérique Latine. De là à penser que cet honneur fait à Jack ne pourrait que rejaillir sur le Parti tout entier, il n’y a qu’un pas qu’Elisabeth Guigou s’est tout de même efforcée de ne pas faire. Je disais « amusant » parce que au moment où Lang recevait sa bénédiction, Pierre Mauroy était quant à lui critiqué pour sa participation au Comité Balladur. La chose est cocasse mais c’est ainsi aujourd’hui au sein du Parti Socialiste.

    Rebelle né, Lang est désormais l’homme qui dit « Non » parfois d’ailleurs en disant « Oui ». Rappelez-vous, c’est ce même Lang qui, seul, avait voté avec la droite la fameuse réforme Constitutionnelle histoire de donner un de ces petits coups de pouce qui ne s’oublient pas. Lang en fin de carrière ne cesse donc de faire don de son corps à la France.

    De temps à autre, pour se justifier, il argumente, un peu à retardement, mais il argumente quand même. C’est actuellement le cas avec un petit opuscule destiné à faire valoir sa pensée stratégique dans le domaine constitutionnel. Au même titre que Jack est un spécialiste de l’Amérique du Sud qui fait donc le voyage de la Havane, Lang nous précise que c’est le Professeur de Droit qui a été conduit à dire « Oui ».

    Cela étant le Jack est parfois « borderline ». Dans une réunion qui s’est tenue à Blois (cela ne s’invente pas) et organisée par le « Comité pour l’Histoire », Jack a encore dit « Non » mais cette fois ci en pérorant sur le génocide des arméniens.

    Au nom « de la liberté de penser » et « de poser des questions, de penser mal » Jack Lang a tenu des propos qui provoquent, on s’en doute, des vagues. Qu’à donc dit le neo-rebelle ?

    « J’ai voté la première résolution de l’Assemblée nationale sur la reconnaissance, entre guillemets, peut-on dire, car il faut là aussi que les historiens fassent leur œuvre » expliquait le 11 octobre 2008 Jack Lang mais « Je ne sais pas si je réagirais de la même manière aujourd’hui, mais en tout cas je l’ai voté. Et à l’époque, j’étais président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, donc je suis doublement coupable, si j’ose dire, député et président de la commission des Affaires étrangères ».

    J’imagine que Benoit Hamon, si prompt quand il s’agit de dénoncer le royalisme, doit être sur le point de peaufiner son communiqué officiel.

    Cela étant, ne croyez pas que Jack Lang est devenu ma tête de Turc. C’est juste un rebelle et même les rebelles finissent parfois mal.

    Lyon, le 5 mars 2009

    Photo:DR

    25/02/2009

    Edifiant

    PIECE.jpgElle est assez édifiante la page « débat » de « Tribune de Lyon » de cette semaine qui pose la question : «  Donner un tiers des bénéfices aux salariés, est ce possible ?

    Ils sont trois à y répondre : un économiste, le secrétaire départemental de la CGT et le patron régional du MEDEF. Et leur réponse unanime se résume en un mot : démagogie. « Dans l’absolu, c’est une idée sympathique, mais il s’agît d’une vaste plaisanterie, tout à fait démagogique » affirme Pierre Dockès, l’économiste, qui ajoute : « cela signifierait une transformation profonde de la société et une sortie du mode libéral ». Sarkozy à la gauche de Besancenot en quelque sorte. « C’est une annonce qui paraît pleine de bon sens et qui passe bien à la télévision mais qui ne sera pas concrétisée » dit Pierre Coquan de la CGT qui poursuit « je préférerais que le travail soit rémunéré correctement, qu’il y ait une augmentation de salaires ». « Je dois dire que je suis à la fois surpris et déçu par le propos de Nicolas Sarkozy » poursuit Patrick Martin du MEDEF qui trouve lui aussi tout ça « assez démagogique » et qui conclut « mais à mon avis personne n’y croit, sinon la bourse se serait effondrée tout de suite après l’allocution du président ».

    Cette belle unanimité corrobore parfaitement la chute de Sarkozy dans les sondages au lendemain de son passage à la TV tout comme le silence radio des leaders de la droite qui se sont bien gardés de relayer cette idée fumeuse. Il est vrai qu’ à force d’avancer en zig-zag, au gré des idées les plus farfelues de ses conseils en communication l’inénarrable président va finir par mécontenter tout le monde à commencer par son propre camp. De ce point de vue les déclarations persistantes de Laurence Parisot le mettant en cause ainsi que le gouvernement sont significatives.

    En fait Nicolas Sarkozy n’a jamais vraiment connu d’état de grâce et commence à entrer en état de disgrâce, il est temps qu’à gauche on l’affronte sans complexe ni retenue, à la manière de Ségolène Royal. L’ex-candidate socialiste qui a beaucoup analysée sa campagne présidentielle progresse, en effet, dans sa présence médiatique et cela est bon pour la gauche. Dès lors il serait dommage que certains, comme l’écrit Daniel Navrot dans « Prospective Rône-Alpes » s’emploient déjà à « déroyaliser le courant Royal » de peur que le système leur échappe.

    Philippe Dibilio

    lyon, le 25 fevrier 2009

    Photo:DR

    14/02/2009

    Incubagion

    PIL.jpg"Contagion" est le mot de la semaine. Depuis le retour, probablement perdant, du secrétaire Jego du confessionnal de Matignon, on craint la contagion. Rappelez-vous « contagion » était également le maître-mot qui expliquait, il y a plusieurs semaines, les deux pas en arrière de Sarkozy quant à la réforme des lycées avec en arrière-fond les manifestations d’Athènes.

    Si j’en crois le Petit Robert, la contagion c’est « la transmission d’une maladie à une personne bien portante ». Force est donc de constater qu’en ce qui concerne les DOM-TOM, comme pour hier notre jeunesse lycéenne, il ne peut s’agir de « contagion » car la transmission de la contestation ne se fait pas d’un corps qui serait contaminé vers des corps sains. En effet aujourd’hui la situation en Guadeloupe n’est en rien, ni pire, ni meilleure que celle des deux autres millions de nos compatriotes qui vivent par exemple à la Martinique ou en Guyane. Même constatation concernant la jeunesse scolarisée, son désenchantement en Sarkoland pouvait, comme le pensait le Président, provoquer des effets comparables à ce qui se passait alors en Grèce.

    D’ailleurs, peut-être est-il plus correct au lieu d’évoquer « la contagion » de parler « d’incubation » ? Reportons-nous à nouveau vers le Petit Robert. « L’incubation », nous dit l’ami fidèle de nos difficultés en orthographe, c’est « Le temps qui s’écoule entre l’époque de la contagion et l’apparition des symptômes d’une maladie ». Convenons-en, en lisant cette définition, tout porte à croire que l’on approche non seulement la réalité des DOM-TOM mais aussi celle de l’ensemble du pays. A lire l’indiscrétion parue dans le Canard Enchaîné, le Président de la République, semble partager cette analyse. Que dit Sarkozy à propos du mouvement des chercheurs et universitaires ? « Dans le climat social actuel, on ne peut pas se permettre le luxe d’un mouvement chercheurs-étudiants. Il faut donc composer et vite ! » aurait lancé Sarkozy à Valérie Pécresse rajoutant, « les chercheurs avec leurs manifs ont coûté cher à Raffarin ».

    La France incube donc mais le Docteur Sarkozy, pour lutter contre cette sourde maladie, n’a qu’un remède, administrer des médiateurs au pays.

    Ils sont aujourd’hui si nombreux qu’ils pourraient prétendre à former un syndicat. Présents à chaque fois qu’un front s’ouvre, les médiateurs, sur ordre, s’occupent de la Guadeloupe, de la réforme des lycées, de la recherche. Mais qu’est-ce qu’un médiateur ? C’est, nous dit toujours « Little Bob », « une personne qui s’entremet pour faciliter un accord ». Si vous voyez pointer à l’horizon un accord concernant les DOM-TOM, la recherche ou les lycées, merci tout de même de prévenir le Président, qui sur l’ensemble de ces questions n’en mène pas large au point d’ordonner hier la création d’un Conseil interministériel de l'Outre-mer.

    Lyon, le 14 février 2009

    Photo:DR

    11/02/2009

    Grand Frère veille

    Frère bauer (1).jpgCrime de lèche majesté dans la douce France du bon roi Nicolas : aux ordres de son suzerain, Dame Pecresse vient de doter l’enseignement supérieur d’une chaire de criminologie. L’étude du crime n’est certes pas encore en Sorbonne, mais rassurez vous, enseignants et chercheurs, le salut arrive : un premier poste est créé.

    Dès après laudes, la voix de frère Alain Bauer va désormais résonner au chapitre du CNAM. L’ex Grand Maître du Grand Orient, adoubé par le monarque et ami d’icelui est aussi un ex-rocardien qui oncques n’aima Jospin et le fit savoir. Il rejoint la cohorte des sinistres séduits. Pour moi, c’est aussi un vilain qui refusa sa voix à Dame Ségolène, pourtant royale et qui, là encore, le fit savoir, enragé qu’il était de n’avoir pas été reçu à temps en audience par la belle qui querellait son ami et maître. De toute façon, le ban et l’arrière-ban savaient déjà à qui il allait faire allégeance tant il était souvent en cour Beauvau où siége le lieutenant chargé de haute police. Il est bardé de contrats que la société qu’il dirige passe avec moult villes en France et en Navarre : surtout des contrats locaux de sécurité qu’il remplit naguère pour des collectivités de senestre. De nos jours, l’homme est sans conteste de dextre, conseiller officieux du super lieutenant de police et Grand Observateur de la Délinquance. Comme le dit si bien Christophe Carèche, l’échevin senestre de Paris « Il a construit une carrière à la limite du politico-public, de l’élu et du fonctionnaire, sans avoir jamais été ni l’un ni l’autre ; c’est une figure unique, assez curieuse ».

    Par grâce du roi, voilà frère Bauer titulaire d’une toute nouvelle chaire sans avoir à passer le barrage de la commission des magistères qui doit évaluer les apports scientifiques du candidat. À la trappe, l’évaluation. Une fois de plus, le roi est inconséquent. N’avait-il pas dit - certes un peu rapidement - que les enseignants chercheurs ne sont pas assez évalués ?

    Ceci étant, voir quelqu’un trouver un poste à vie en ces temps de crise, voilà qui prouve s’il en était besoin, le vrai penchant social de la cour. Circulez manants.

    Et puis, notre frère Alain est méritant qui, en décembre dernier, remettait à MAM notre Grande Inquisitrice, 26 propositions pour améliorer le contrôle de fichiers de basse police. Quoi qu’à y regarder de plus près, ses préconisations sur « l’apparence » des suspects et sur le fichage des mineurs dès 13 ans ne fassent pas l’unanimité ; comme celle de recenser des mineurs pour « des activités susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique », recommandation baueresque à la formulation si vague qu’elle permet en fait le fichage préventif des frères mineurs. Cela ne vous rappelle rien ?

    Bon, j’arrête d’être mauvaise langue, le pilori me guette si la basse police lit ce libelle.

    Et puis, nous sommes bien gardés puisque MAM vient de décider, suite au rapport de frère Bauer la création d’un « service d’audit et de contrôle interne des fichiers » de la police et de la maréchaussée. Frère Alain va pouvoir prospérer sur la peur durant de nombreuses années.

    Grand Frère Nicolas veille… Et Petit Alain gagne.

    Jean-Paul Schmitt

     
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