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06/11/2009

L’élève Obama

obama.jpgDéception. Bilan mitigé. Aura en berne …. N’allez pas croire que tout ceci concerne Nicolas Sarkozy arrivé à mi-mandat. Non, ces jugements qui percent dans les éditos sanctionnent les premiers huit mois de Barack Obama et réunies en véritables « Conseils de classe » les rédactions rédigent le bulletin de ce piètre élève.

Reprenant le site PolitiFacts, le Monde utilise le nouveau « Obamètre » qui, paraît-il, mesure l’avancée des choses. Si vous allez faire un petit tour sur ce fameux « The Obameter : tracking Barack Obama’s Camparign » vous serez tout d’abord surpris par les encarts publicitaires de l’Eglise de Scientologie et vous constaterez que sur 515 promesses, 49 ont été tenues, 7 trahies, 14 au point mort et 128 en cours de discussion parlementaire. Pour en savoir plus il suffit de se reporter au site ou bien au Monde daté du 3 novembre.

Soyons au clair entre-nous. Obama n’a pas le rayonnement de Nicolas Sarkozy dans le monde ou autour de la méditerranée. Pas de comparaison possible entre l’un qui détruit les paradis fiscaux, tacles les patrons ripoux et est en osmose avec la classe ouvrière et l’autre qui est à genoux devant Wall Street, est incapable d’endiguer le chômage et qui a les miches face aux lobbies.

Pour s’en sortir Obama, au mercato d’hiver, devrait faire venir Besson pour une courte pige et en trois coups de cuiller à pot le « traître » remettrait dans l’axe l’électorat démocrate qui, comme les Français, veut débattre d’identité nationale. Cela étant, deux points noirs subsistent dans la politique diplomatique du président américain. Il s’agit de Cuba et de la Corée. Si Sarkozy acceptait de céder pendant quelques mois Jack Lang à Obama, je suis convaincu que les choses iraient mieux en novembre 2010 pour le second bulletin de l’élève Obama.

Lyon, le 6 novembre 2009.

03/11/2009

Canal historique

A lire le texte totalement « imbitable » qu’il signe dans Vox Rhône –Alpes on est sur d’une chose ce n’est pas lui, Michel Mercier, qui l’a écrit. Cette prose technocratique ne ressemble pas du tout à notre Michel Mercier qui certes sait manier la langue de bois mais toujours dans un langage accessible. Mais c’est là le privilège d’un ministre il ne manque pas de plumes dans son entourage aussi pour aborder la question de l’aménagement du territoire il les laisse agir. Car si ce sujet relève en partie de son portefeuille Mercier s’y attelle à sa façon et d’abord sur le terrain. En politique averti qu’il est il sait très bien que l’essentiel réside dans la capacité à réunir des troupes et les déplacements d’Etat peuvent aussi servir à ça. Comme il l’avait très bien rappelé sur le plateau de l’émission 10 questions à… sur TLM Michel Mercier et d’abord un centriste qui puise sa conviction dans les écrits d’Emmanuel Mounier, cette pensée et ce choix politique il les a chevillés au corps. Alors son maroquin il l’utilise aussi à sillonner le pays pour y nouer des contacts et faire revivre le grand courant centriste.

Cette entreprise, relayée ailleurs par des hommes comme Jean Arthuis, il l’a commencé dans le Rhône lorsque Jean Luc Da Passano a fondé une association visant à regrouper les centristes « canal historique » dans notre département. Mugette Dini, sénatrice du Rhône, en avait pris la présidence avant d’en devenir l’ambassadrice au plan national. Et leur affaire avance, sans bruit et à petits pas, mais elle avance.

Il faut dire qu ‘au moment où, d’une part, Nicolas Sarkozy est, c’est peu dire, moins flamboyant et que d’autre part François Bayrou penche trop à gauche pour son électorat il y a une fenêtre de tir pour cette initiative. La stratégie du président de la République visant à rassembler toutes les composantes de la droite dès le premier tour si elle lui a permis de gagner la présidentielle ne sera peut-être pas la meilleure pour les élections à venir et sûrement pas pour les cantonales de 2011. Déjà pour les régionales de l’an prochain dans le Rhône la volonté hégémonique de l’UMP sur la liste de la majorité nationale et le désordre qu’entraînera la candidature Bégag au Modem laisseront orphelins nombre d’électeurs centristes. Ce qui constituera un réservoir de voix pour les cantonales indispensable à un Michel Mercier qui ne veut pas perdre la main sur le département tout en plaçant des hommes et des femmes en capacité de devenir « conseillers territoriaux » dans la perspective de la réforme en cours. Alors l’offre de Mercier reprend tout son sens et, qui sait, le centrisme « canal historique » renaîtra-t-il une fois encore de ses cendres.

Philippe Dibilio

02/11/2009

Odeurs et bruits

Chirac.jpgIl vient de le dire. Sarkozy n'est pas du genre à commenter les décisions de la justice à fortiori quand elles concernent son prédécesseur à l’Elysée, un certain Jacques Chirac. Fonction présidentielle oblige que l’on ne s’attende donc pas à ce que le président abaisse ainsi la République. Quand il s’agit d’un ancien premier ministre du même Jacques Chirac, la chose est de nature différente ce d’autant que Villepin n’était jamais qu’un coupable traduit devant un tribunal. Avec Jacques Chirac c’est bien entendu différent.

Affaire Clearstream, Balladur coincé aux entournures dans quelques affaires, Pasqua aux prises avec des malheurs judiciaires, Chirac sommé de s’expliquer devant la justice, cela commence à sentir mauvais quand on approche son nez des égouts du RPR. Il n’est bien entendu pas question pour le Président de la république de commenter de telles affaires qui concernent ce parti chiraco-gaulliste vague prédécesseur de l’UMP. D’ailleurs, on peut se demander si le même Sarkozy a été membre du RPR, certains prétendant même que l’actuel locataire de l’Elysée aurait été ministre du dit Jacques Chirac chose qui demanderait à être établie.

Reste à savoir si dans le renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle le parquet va faire appel. S’il le faisait tout ceci se plaiderait devant la chambre de l’instruction dont l’avocat général, nous rappelait Libération de samedi, n’est autre que l’ancien conseiller judiciaire de Jacques Chirac.

Un peu de bruit en perspective et peut être quelques odeurs. Allez savoir ?

Lyon, le 2 octobre 2009.

21/10/2009

Cagnotte

CAGNOTTE2.jpgC’est finalement une idée du député socialiste Gaëtan Gorce qui va peut être permettre à Nicolas Sarkozy de se sortir de la polémique autour de la candidature de son fils à la présidence de l’EPAD. Vite reprise par le porte parole du gouvernement, Luc Chatel, la proposition consiste à ce que les représentants de l’Etat dans cet organisme public ne prennent pas part au vote. Ainsi, Jean Sarkozy sera élu (ou pas) par ses pairs et le soupçon d’une intervention de l’Elysée s’éloignera.

Une idée au demeurant intelligente qui en revanche met le représentant de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris au sein de l’EPAD dans une situation délicate. En effet, dans cette configuration il y aura 9 votants : 4 élus de droite, 4 élus de gauche et le représentant de la CCI. S’il ne votait pas avec la droite, ce qui est peu probable, Jean Sarkozy ne serait pas élu même en cas d’abstention car il perdrait au 3ème tour au bénéfice de l’age. Certes la présence en face de lui d’un candidat communiste, le maire de Nanterre, ne facilitera pas un vote de l’élu consulaire contre le fils de. On peut quand même imaginer les pressions que va subir ce brave homme avec un effet crescendo jusqu’au 4 décembre.

Quand au fond de cette affaire on peut entendre que l’age de Jean Sarkozy ne peut faire figure d’argument, quant à sa capacité à gérer l’EPAD je ne sais plus qui a très justement dit que l’organisme avait un directeur général et une équipe administrative suffisamment compétente pour assurer la continuité. Et puis on sait à Lyon depuis le cas de Thomas Collomb l’injustice qu’il y a lorsque l’on pénalise un fils au nom du père.

De mon point de vue le problème n’est pas là il se situe dans le fait que Jean Sarkozy élu il aura une influence majeure sur les décisions nécessaires au développement du quartier de la Défense et une capacité de pressions en tout genre sur les intervenants économiques et financiers. Et sur ce terrain on ne peut pas ne pas faire le lien entre le père et le fils, entre l’EPAD et l’Elysée. Or comme on peut l’imaginer le père sera candidat en 2012 et l’on a vu se constituer des cagnottes de campagne avec des outils moins performants. D’ailleurs ce n’est peut être pas un hasard si l’idée de désigner Jean Sarkozy pour ce poste vient du couple Balkany, des experts en la matière.

Philippe Dibilio

Photo:DR

15/10/2009

Vivement dimanche

david douillet.jpgDepuis quelques jours, il y en a un qui doit bien mieux respirer, c’est Frédo, le neveu de l’autre, devenu ministre de la culture. On lui lâche enfin la grappe depuis que Jean, le fils d’un autre, lui a piqué la vedette. Nouvelle patate chaude de la majorité Jean à beau avoir été expédié chez le coiffeur par son père et fermement invité à passer chez le Optic 2000 de Neuilly, cela ne va pas très fort en terre Umpiste suite à ces vagues scandaleuses qui viennent abîmer des plages de sable chaud de leur eldorado. On l’a vu hier, le porte parole du gouvernement était à cran pour répondre aux questions des journalistes après le conseil des ministres ce d’autant qu’en annonçant que les cigarettes allaient être commercialisées sur internet, « Les Echos » avaient semé un peu plus la zizanie. Frédo, Jean, Marlboro, les Etats-majors Sarkozystes avaient paraît-il toute la journée un peu le blues n’espérant plus rien si ce n’est que le temps s’accélère pour que l’on passe à autre chose. En fait tout ce beau monde qui phosphorait jusqu’à point d’heure, n’attend plus qu’une chose, la victoire de Douillet dans la législative partielle de dimanche. Il ne manque en effet plus que 6 points pour que le judoka chiraquien Sarko-compatible n’accède au rang de député. Six points ce n’est pas grand-chose se dit-on à l’UMP, le problème c’est que le champion n’a plus de réserves de voix et que dimanche dernier 70% des électeurs sont restés devant la télé pour voir « Vivement dimanche ». Du coup la possibilité que la circonscription passe de droite à gauche n’est pas chose impossible contrairement à ce que les médias moulinent depuis quelques jours.

Faisant le pari (en ligne) que les électeurs de l’Essonne sont tout sauf des idiots, je me dis moi aussi « Vivement dimanche ». Avouez que lundi matin si l’on constatait que cette chaîne de la scoumoune n’était pas rompue, nous pourrions constater qu’après Frédo, Jean, Marlboro, Douillet viendrait compléter cette réjouissante série avant que dès la fin de la prochaine semaine on nous annonce peut-être encore mieux.

Lyon, le 15 octobre 2009

Photo: DR

13/10/2009

Un homme qu’on livre aux chiens.

Lynchage.jpgIl y a des lynchages – fussent-ils médiatiques – qui fleurent leur parfum d’excrément à cent lieues.

C’est le cas de celui qui vise actuellement Frédéric Mitterrand. D’abord accusé de pédophilie par la fille de l’homme du « détail », une accusation appuyée sans tarder par quelques bonnes âmes de droite, pieuses et confites genre Boutin et quelques beaux esprits (?) de gauche genre Hamon ou Hammadi (voire Valls ou Montebourg qu’on connaissait plus avisés) ; accusé ensuite de tourisme sexuel, expression qui dans l’esprit de la plupart des Français s’amalgame à la pédophilie tant il est vrai que la prostitution dans certains pays est liée à la misère et implique souvent des enfants ; accusé maintenant de soutien à de jeunes violeurs réunionnais dont l’un est le fils de son ancienne maquilleuse et son filleul…

Qu’on ne se méprenne pas, f.Mitterrand (comme certains, j’écrivais déjà l’initiale de son prénom avec une minuscule, histoire d’éviter toute confusion) n’est pas quelqu’un que j’apprécie particulièrement. Je trouve son style oratoire un peu pompeux, sa façon télévisuelle imitée de Zitrone, davantage adaptée au cirage de pompes princières qu’à la défense et à la promotion de la culture française. Sa nomination à la Villa Médicis tout comme celle de ministre de la culture ne m’ont pas paru géniales.

Mais en la matière, et comme l’écrit Eric Fottorino dans son article « Chasse à l’homme » dans le Monde de la semaine passée, il faut revenir aux faits avérés : le livre de F.Mitterrand était connu ; il n’a pas violé ; son homosexualité est respectable ; s’il n’a pas menti sur l’âge de ses jeunes amants prostitués, le lynchage médiatique dont il est victime est une tache sur tous ceux qui, au nom d’intérêts mesquins, hurlent avec les loups en s’appuyant sur un tas de faux secrets et en jouant sur ce qu’il y a de plus bas chez l’homme.

Venant de Marine Le Pen, rien de surprenant, il suffit de se souvenir de la fable de La Fontaine, « Les animaux malades de la peste », pour se rendre compte que loups, renards et autres rois des animaux se mettent toujours d’accord pour faire de l’âne qui avoue, un bouc émissaire.

Venant de Hamon, Hammadi et autres, c’est assez triste. Un porte parole qui ne porte que sa parole propre, un jeune loup en mal de reconnaissance qui se fait les dents et de déjà vieux batteurs d’estrade et de médias auraient dû, pour le moins, se renseigner avant de jouer les Lucky Luke. Heureusement il y a eu Delanoë (et toi mon cher Jean-Yves, la semaine passée sur ton blog) pour demander un peu de décence.

Les lapideurs devraient méditer sur la fonction de bouc émissaire bien théorisée par René Girard : l’accusation sur laquelle ils embraient sans réfléchir souligne la crise morale qu’une société traverse et qu’elle espère régler en sacrifiant un bouc émissaire qui n’en demandait pas tant. Et pour qu’on l’on puisse croire à sa responsabilité, on l’accuse toujours de transgresser des interdits fondamentaux. Ici, la pédophilie, le tourisme sexuel et pourquoi pas le viol quitte à convoquer à la barre un lointain filleul ou la défense de Polanski. Il faut pour que cela fonctionne, des interdits suffisamment puissants pour dégager une force explicative automatique : plus question de penser par soi-même ; plus question d’investiguer au préalable ; haro sur le baudet !

Jean-Paul Schmitt

08/10/2009

Hortesson et Beffeux

eric-besson.jpgOn se souvient, il y a quelques semaines, ayant invité les télévisions à venir l’interroger à New-York, Nicolas Sarkozy avait expliqué que l’heure de savoir s’il devait se représenter pour un second mandat était loin d’être venue. Pire la chose paraissait incongrue à notre président tant les tâches l’attendant pour l’avenir de la planète et du pays étaient immenses.

Hier, dans le Figaro, c’était donc « à titre personnel » que Claude Guéant, le faisant-fonction de premier ministre auprès du Président, exprimait son désir de deuxième mandat. Ça tombe bien car les grands préparatifs pour le renouvellement du mandat sont d’ores et déjà lancés. Côté logistique politique, la messe est dite, et c’est autour d’un périmètre qui va de l’UMP à de Villiers que s’organise la majorité. Coté thématiques, il ne faut pas être grand clerc pour s’apercevoir qu’avec l’immigration et la sécurité on prépare la tambouille. Adieu déficit public. Ciao chômage et misère. Bye-bye la crise. Pour Sarkozy il s’agit de reprendre les standards, ceux qui ne déçoivent jamais.

Il va y avoir du sang et des larmes, de la peur et du stress dans l’électorat. Pour mettre en musique cette symphonie pathétique, deux chefs sont pressentis. Hortefeux et Besson qui travaillent actuellement tous les deux leur image. D’ailleurs le second bénéficie depuis quelques jours d’une couverture médiatique hors du commun. Il faut dire que commence à suinter l’idée que l’un de ces deux cerbères présidentiels devrait être le futur premier ministre capable de conduire à la victoire Nicolas Sarkozy pour un deuxième mandat.

En attendant « Le traitre » multiplie les exactions. Il nettoie la jungle, veut expédier les Afghans à domicile. Besson le félon, l’homme qui a éclaté de rire la dernière fois qu’il s’est brûlé est sur orbite. L’homme qui en deux ans est devenu Ministre et n°3 de l’UMP a-t-il pour autant une tronche de locataire de Matignon ? Allez-savoir ! De toute façon c’est Sarkozy qui décide.

Lyon, le 8 octobre 2009.

 

Taisez-vous !

Porte parole de la direction du Parti Socialiste, il est clair que Benoît Hamon n’avait pas à mêler notre Parti aux propos de Marine Le Pen relatifs à un livre de Frédéric Mitterrand paru il y a maintenant quatre ans. Si on écoute bien un de ses amis, Razzy Hamadi, quant à lui Secrétaire National en charge du service public (!), les commentaires livrés par le Porte parole se justifient par le simple fait de ne pas « Laisser ce terrain au Front National ». Martine Aubry doit faire taire ces deux-là.

Photo:DR

22/09/2009

Une solitude active

nouveau Site Desirs d'avenir.jpgLe terrain avait été bien préparé, toute la semaine dernière la presse, dans une unanimité suspecte, n’en avait que pour la solitude de Ségolène Royal. Et de broder sur le départ de ses proches et de certains adhérents de Désirs d’Avenir. Et pour ne pas lâcher le filon de la vie privée, on pointait l’incursion de son compagnon dans son action politique. Pensez donc un homme nouveau qui ne fait pas parti du sérail ; si maintenant tout le monde peut faire de politique où va-t-on ? Et puis le monsieur est intervenu dans le relooking du site internet, c’est son métier mais tout de même. D’ailleurs il est bien évidemment raté ce nouveau site et pour s’en convaincre on convoque les internautes dont on sait qu’ils représentent le meilleur ou le pire de l’expression démocratique. En l’occurrence le pire était le bien venu. Enfin l’Express est allé jusqu’à se lancer dans une rocambolesque histoire de facture adressée à Pierre Bergé ce qui aurait amené le célèbre mécène à s’éloigner à son tour. C’est totalement faux et démenti par l’ intéressé qui, au contraire a affiché une solidarité sans faille à Ségolène.

Ce tir de barrage est une nouvelle fois intervenu à la veille d’une initiative de l’ex et toujours candidate à l’élection présidentielle : la deuxième édition de la fête de la Fraternité. La pratique est connue mais elle est systématiquement réservée à Ségolène Royal. Pourtant la fête a eu lieu et dans sa solitude au milieu de 3000 personnes la femme seule a, une fois de plus tenu des propos que l’on aimerait voir repris ailleurs mais pour les connaître il faudra aller sur le site de Désirs d’Avenir car la presse elle n’a pas dû les entendre. Le seul passage retenu aura été celui concernant la naissance d’un mouvement de dépassement du PS. Position stratégique de la présidente de Poitou-Charente que l’on peut comprendre quand on voit l’attitude de son propre parti à son égard.

De cette semaine d’acharnement je retiendrai deux choses : Ségolène est toujours là, debout et combative ; d’autre part elle fait toujours peur, en particuliers à Nicolas Sarkozy. Aux leaders socialistes qui dénoncent avec raison l’emprise du président sur les média et son don de les manipuler je dirai simplement ceci. Si Ségolène reste la cible favorite c’est qu’elle représente pour lui le principal danger. En effet elle est la seule déjà positionnée dans la course à 2012, elle a derrière elle l’acquis d’une présence au deuxième tour et le score qui va avec et elle est toujours là debout combattante avec un discours sans cesse étouffé mais beaucoup plus solide que les zig zag de la politique d’un Sarkozy qui ne se gêne pas de puiser dans les idées de Ségo et de la gauche pour nourrir sa démagogie.

Alors que les choses soient dites elle est pour la gauche la meilleure candidate pour 2012. Ce ne sont pas ceux qu’elle a devancé en interne la fois précédente qui peuvent prétendre revenir en deuxième semaine : Fabius est grillé quant à DSK son pantouflage dans la finance offert par Sarko ne le met pas en meilleure situation pour parler au nom de la France qui souffre. Il reste les quadra qui n’en sont plus car tous tournent autour des cinquante ans et plus et talonnent ainsi Ségolène en terme d’âge, aucun n’a aujourd’hui la stature. Aussi la logique voudrait que tirant les leçons des fourberies de 2007 chacun s’inscrive dans un débat loyal et enrichissant avec elle pour aller ensuite au combat ensemble.

Voilà une situation qui créerait une meilleure dynamique pour affronter la politique du pouvoir en place et faire éclore des propositions gagnantes. Sortir de ce schéma c’est faire cadeau de la victoire à la droite, c’est une analyse de bon sens que le peuple de gauche risque de faire plus vite que les appareils.

Philippe Dibilio

Illustration: DR. Impression écran.

17/09/2009

Le téléphone pleure

telephone.gifDidier Lombard, le PDG de France Telecom, ce patron qui parle de la vague de suicides qui touche son entreprise comme d’un effet « de mode » semble avoir une obsession : « Le retour à la normale ». La normale pour ce Monsieur Lombard c’est, je cite, convaincre les salariés « de bouger » et de subir « une certaine pression ». Pas de place chez France Telecom pour des gens incapables de « subir » semble vouloir nous dire Lombard.
En attendant la fin de cette « mode » qui frappe sa boite, Lombard veut bien faire quelques concessions afin que tout rentre dans l’ordre. Numéro vert, hotline, psychologues, suspension momentanée des mutations, voilà les remèdes de notre PDG qui semble avoir hâte d’en finir avec ce sale moment afin de stopper « l’effet de contagion ».
Lombard, contraint et forcé, fait donc une pause et avec son air de chien battu tente même de nous dire que son malheur de PDG est presque aussi grand que celui de ce technicien retrouvé suicidé qui, dans une ultime lettre, remettait en cause certaines méthodes mise en œuvre par l’entreprise.
Didier Lombard a une bonne tête, par ailleurs très probablement bien faite. C’est certainement un époux parfait, un grand-père épatant, un patron qui se consacre sans compter à son entreprise. Mais à soixante-sept ans, le PDG de France Telecom devrait songer immédiatement à faire valoir ses droits à la retraite étant donné cette formule inacceptable relative à la « mode » du suicide. Je suis surpris que personne n’exige son départ sans délais. Au terme de son point presse avec Darcos, le maintien de Didier Lombard à la tête de France Telecom étant devenu obscène, c’est désormais la première décision à prendre pour que s’effectue ce lent et long retour vers « la normale » pour cette entreprise qui se voulait jadis « l’opérateur de référence ».

Lyon, le 17 septembre 2009.

16/09/2009

Camdessus, CROM à tout faire de Sarkozy.

Camdessus au contrôle.jpgEn mai dernier, je maugréais contre Parisot et Bébéar. La patronne du MEDEF, suite à une demande du gouvernement – ou à une de ses innombrables opérations de communication – venait de lui confier une mission de salubrité publique : « Veiller à ce que les dirigeants mandataires sociaux mettant en œuvre un plan social de grande ampleur ou recourant massivement au chômage partiel reconsidèrent l’ensemble de leur rémunération ». Bigre !

Claude Bébéar, un gagneur, un connaisseur. Incontestable. La première couche n’est pas encore sèche que l’on étale déjà la seconde.

Voici Michel Camdessus officiellement investi d’une mission d’analyse des rémunérations au sein des banques ayant reçu une aide publique en fonds propres : le CROM, Contrôleur des Rémunérations des Opérateurs de Marché, est né.

Alléluia ! Nous serons sauvés par l’ancien directeur général du FMI. Un vrai libéral, au sens économique et surtout financier du terme. La politique que le FMI a menée sous son règne a eu les effets paradisiaques que l’on connaît pour les peuples. Ceux de l’Argentine, du Mexique, de la Thaïlande, ou d’Indonésie, pour ne citer que ceux-là, s’en souviennent rendant grâce.

Confiance à celui qui déclarait « la libéralisation financière a mauvaise réputation, mais elle demeure le but final correct ». À défaut d’être totalement crédible en matière sociale, c’est un connaisseur en matière d’équilibre budgétaire et comptable. C’est lui que Nicolas Sarkozy avait mis à la tête de la société de refinancement créée dans le cadre de son plan d’aide au secteur financier.

C’était déjà à lui qu’en mai 2004, Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’économie et des finances, avait demandé des propositions sur « ce qui est bon pour la France ». Ce fameux rapport Camdessus dont il déclarait faire « son livre de chevet ». Un rapport regorgeant de recommandations si joliment libérales et si gentiment noyées dans une sémantique humaniste - l’homme est aussi membre du conseil pontifical Justice et paix. Un rapport qui estimait alors, entre autres, que le contrat de travail à durée indéterminée empêchait les entreprises « de se séparer du salarié qui ne leur convient plus » ; que le salaire minimum semblait « avoir joué contre l’emploi des personnes non qualifiées » ; que la fonction publique n’était pas assez « agilisée » ; fustigeant les 35 heures et estimant que « les Français ne travaillaient pas assez », étaient trop assistés…

Un livre de chevet pour le candidat Sarkozy selon les propres dires du futur président et aussi une manne pour le MEDEF. Voici donc Michel Camdessus officiellement nommé CROM. Mais sans pouvoir de sanction. Ouf !…

Jean-Paul Schmitt

15/09/2009

Retour sur un dérapage

hortefeux.jpgJ’ai lu ce week-end, dans les colonnes du « Dauphiné-Libéré Dimanche » un billet bien tourné au sujet du dérapage de Brice Hortefeux. Le journaliste y soulignait non sans à-propos combien la parade du ministre impliquant sa formule (quand il n’y en a qu’un ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose problème) non pas aux arabes mais aux auvergnats était tout aussi blessante pour ces derniers.

Car sur le fond c’est le fait de stigmatiser une communauté qui pose problème, une communauté quelle quel soit. Cela montre  bien que l’ami de Nicolas Sarkozy ne sait pas comment se dépêtrer de ce dérapage bien réel. Et ce n’est pas parce que la victime de ces propos se veut consentante que les faits ne sont pas là.

Il était, en effet, pathétique de voir et d’entendre sur les média le jeune militant UMP concerné répéter qu’Hortefeux ne faisait que plaisanter. Décidément on a chacun ses plaisanteries. Je ne suis pas sûr, pour poursuivre le raisonnement du journaliste du Dauphiné- Libéré, que les électeurs de la région Auvergne devant laquelle va se présenter le ministre à l’occasion de Régionales rigolent beaucoup de ce « bon mot », ils risquent plutôt de bouder le vote UMP et ce ne serait que justice.

En attendant nous avons eu droit tout le week-end aux contorsions des médias qui ont essayé de  dégonfler les faits en limitant la portée de la phrase en question. Ils ont pu prendre appui sur la solidarité gouvernementale qui s’est exprimée jusque par la bouche de Nora Berra. Seul Azouz Begag y est allé de son excès habituel en nous racontant à la télévision, geste à l’appui, qu’Hortefeux l’avait accueilli au conseil des ministres en lui signifiant qu’il l’égorgerait volontiers. Mais Azouz est tellement mythomane que j’en reste prudent, il est difficile de penser que l’ambiance du conseil ne soit pareille à celle d’un bar mal famé.

En attendant le buzz est retombé et le ministre des cultes ni ne s’excuse  ni ne démissionne mais il ira rompre le jeûne à Paris, ce qui est tout simplement sa place. Un geste qui a d’ailleurs valeur d’aveu car ce ne sont pas les auvergnats qui en finissent avec le ramadam. Brice Hortefeux se sort donc sans trop de dégâts de ce faux pas qui n’a pas vraiment ému les associations anti-racistes, la LICRA, pourtant sourcilleuse sur ces questions, ayant même déclaré dès vendredi l’incident clos.

Philippe Dibilio

Photo: DR

09/09/2009

Subliminal soutien à Bongo

Subliminal Kouchner.jpgÀ peine Ali Bongo était-il devenu le vraisemblable président du Gabon et avant même la déclaration officielle des résultats, Paris rabâchait déjà son cantique. Le même toujours. Celui des jours noirs, qu’on chante autour des pseudo catafalques de la Françafrique. Prévisible, Kouchner barytone qu’il « condamne très fermement les atteintes à l’ordre public ». Normal. Des ressortissants français risquent d’être en danger.
Crânement et avec un effet du plus beau grégorien, les voûtes des Affaires Étrangères vibrent d’un « la France n’a pas eu de candidat, n’a défendu personne et n’est pas intervenue, jamais, jamais, jamais… Nous avons respecté complètement la neutralité nécessaire, c’est un pays souverain ».
Point d’orgue !

Silence. Méditation.

La France n’a pas eu de candidat. D’ailleurs, le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les relations avec les pays africains, (le Monde du 30 août 2009), ne disait rien d’autre quand il affirmait : « Au Gabon, la France n’a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c’est Ali Bongo. Or je suis un ami écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l’électeur comprendra »…

Subliminal quand tu nous tiens.
Subliminales, les interventions de l’État français : les mécanismes commerciaux et les enjeux financiers, y compris ceux des sociétés nationales suffisent à l’efficacité.
Subliminal, le pétrole (53% du PIB, 79% des recettes d’exportation du pays) : Total ne contrôle que 30% de sa production.
Subliminales, les ressources minières, manganèse en tête, exploité par Comilog : le Français Eramet, n’en contrôle que 66% aux côtés de l’État (attention, les Indiens et les Chinois guettent).
Subliminale l’exploitation des bois tropicaux dominée par le groupe français Rougier.
Subliminale la réception d’Ali Bongo par Nicolas Sarkozy et Claude Guéant en 2008 : à ne pas confondre avec un adoubement du fils prodigue.

Le père d’Ali, feu Omar Bongo, « ami fidèle de la France » selon Nicolas Sarkozy et grand dispensateur de mannes électorales devant l’Eternel ne disait-il pas : « La France sans le Gabon, c’est comme une voiture sans essence et le Gabon sans la France, c’est comme une voiture sans chauffeur » ?

Jean-Paul Schmitt

30/07/2009

G comme « Guillon »

G 1.jpgStéphane Guillon est sans conteste un des hommes de l’année. Avec sa sortie sympathiquement intempestive sur DSK, le chroniqueur de France Inter s’est taillé une réputation encore plus sulfureuse qu’il n’osait l’imaginer le rendant ainsi quasi indéboulonnable. Il faut dire que le Président de la République a fait savoir à qui voulait l’entendre que l’animateur était une véritable plaie. De quoi nous rendre définitivement sympathique un type qui fait pourtant tout pour ne pas l’être.

Canal Plus éditions publie cette année dans la collection de poche « Points » « Stéphane Guillon aggrave son cas » une sorte de florilège des chroniques revues et corrigées pour l’occasion. Ce petit bouquin subdivisé en chapitres comme « Les mauvais coucheurs », « Les protégés », « Les nazes » ou « Les enfants de star » s’avère une compilation hygiénique et jubilatoire qui, à la différence des chroniques que nous écoutons parfois l’oreille distraite, démontre que Guillon écrit bien. En guise de séance de rattrapage voici quelques-unes des exécutions capitales de celui qui empêche parfois Nicolas Sarkozy de dormir.



  • « Stéphane Guillon aggrave son cas », Canal Plus éditions, Points Poche, 6,50 euros.

Lyon, le 30 juillet 2009.

NB: Stéphane Guillon sera à la Bourse du travail le vendredi 27 novembre 2009. Renseignements sur www.lesdernierscouches.com

04/07/2009

Nostalgie

Nous le savons tous depuis que le Nouvel Observateur de la semaine vient de mettre la main à la pâte, le nouveau Nicolas Sarkozy est arrivé. Exit le "bling bling", le Fouquet's, les résidences estivales américaines, Rolex et gourmettes. Notre président n'est plus le même, "nouvel âge de la démocratie" (sic!) oblige.

Avant que ne s'estompe dans nos pauvres mémoires le Sarkozy ancien, voici le fameux "clip qui déchire" largement relayé et plébiscité sur le net. Séquence nostalgie.



Lyon, le 4 juillet 2009.

02/07/2009

Train-train

32736a-distribution_de_billets_de_500_euros.jpgIl n’est probablement pas trop tard pour rendre hommage et justice au député René Dosière qui chaque année, inlassablement, scrute les comptes de la présidence de la république sachant que le tout récent Congrès de Versailles vient de relancer la polémique sur le train de vie Elyséen. Sur un autre plan la facture concernant la virée antillaise de Nicolas Sarkozy mériterait également quelques explications. Le ratio nombre d’heures passées/coût devant nous interroger.

Soyons clairs, que le Président dispose de moyens adaptés à son activité est chose normale mais il n’en demeure pas moins qu’une bonne dose de transparence mérite d’être administrée à la comptabilité présidentielle. C’est le sens de l’interpellation de René Dosière et on ne peut avec lui que s’interroger sur des méthodes comptables qui se résument à bien peu de choses. Le fait, par exemple, que sous la rubrique « dépenses courantes » on retrouve sans les identifier les dépenses de réception, de nourriture, de téléphone et courrier, les fluides ou les fournitures administratives et informatiques pose problème.

Pour les personnels ce n’est pas mieux. Le nombre de personnes travaillant pour l’Elysée demeurant mystérieux.

D’ici quelques jours la « Garden Party » du 14 juillet va encore mettre en évidence le flou artistique des dépenses présidentielles sachant que le nombre d’invités à 67,45 euros l’unité est passé l’année dernière de 5 500 à 7 050.

Sur de pareils sujets, le risque est toujours grand de sombrer dans une contestation populiste et donc peu ragoûtante. Raison de plus, au lieu d’écarter d’un revers de manche les arguments du député socialiste de l’Aisne, que l’Elysée adopte des méthodes qui sont celles exigées en matière de comptabilité publique. Si dans la dernière période le budget de l’Etat a progressé de 2,8%, l’augmentation de près de 19% de celui de l’Elysée nécessite la transparence. Le député Dosière le rappelle chaque année et il serait également temps que la représentation nationale s’intéresse aux coûteux déplacements du chef de l’Etat. Le chiffre de 2,5 millions d’euros avancé pour celui du 12 mai à Nancy laissant rêveur.

Lyon, le 2 juillet 2009.

 
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