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19/01/2010

Le lapin du Chabot

Lapin chabot.jpgArlette Chabot maitresse des débats politiques de la chaine de service public ( ?) accusant Vincent Peillon via sa rédactrice en chef d’utiliser des méthodes de voyou tout en étant soutenue par Etienne Mougeotte dont on connaît les éditos sarkoviétiques au Figaro, l’ultra libéralisme radiophonique et le coup de sifflet rageur de fin de récré, reconnaissez que cela a de l’allure !...

Si, comme le commente Marianne2, le faux-bond de Peillon peut paraître peu glorieux, il permet au moins d’interpeller sur le style de « faire valoir » du pouvoir en place que France 2 pratique avec force et continuité au service de Nicolas Sarkozy, que celui-ci soit l’actuel président ou l’encore simple candidat. Il faut se souvenir des bises complices échangées entre Nicolas et Arlette à l’issue du débat pour les présidentielles de mai 2007 devant une Ségolène Royal qui n’avait eu droit qu’à la main froide de madame Chabot

Vous me rétorquerez peut-être le « Chabot humiliée par Sarkozy » qui inonda les médias en septembre dernier. Paradoxal ? Pas tant que cela. On peut aussi y voir l’habileté des communicants élyséens et considérer « l’engueulade de Washington » comme une façon maligne de donner des lettres d’indépendance à celle qui de plus en plus apparait comme au service d’un penser conforme au pouvoir.

Si vous n’êtes pas convaincu que France 2 fabrique « des émissions clés en mains pour ministres en mauvaise posture » comme l’affirme Marianne, réexaminez le fil de ce que d’aucuns appellent débat du 14 janvier dernier. Vous y découvrirez tous les produits et gestes qui font la bonne brosse à reluire pour ministre avec écran de fumée : la famille forcément chère au cœur de Besson, le Maroc de son enfance, ses blessures si intimes et ses plaies ouvertes, son antiracisme forcément viscéral. Ce n’était plus une biographie, c’était une hagiographie.

Qui a piégé qui ? J’aimerais que ce soit Peillon piégeant France 2 et Chabot en refusant de leur servir de faire valoir. Un faire valoir bien entendu dépourvu du quart d’heure d’auto encensoir réservé à saint Besson. J’entends déjà certains me faisant remarquer que le documentaire (?) sur Jospin qui faisait suite n’a pas pris non plus davantage de distance par rapport à son sujet ni émis davantage de contradictions. Dont acte. Et à verser au dossier à charge.

Nul doute que la soirée « spéciale » Nicolas Sarkozy le 25 janvier sur TF1 nous montrera enfin une vraie télévision d’information : Laurence Ferrari et Jean-Pierre Pernaud, ces insolents, font déjà frémir notre omni-président créateur d’évènements. Les Français durant deux heures et demie, yeux dans les yeux avec le président, à six semaines des élections vont se régaler.

Comme le disait Chomsky « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures ». C’est aussi un moyen direct de désintégration selon ce cher Camus que l’on veut panthéoniser…

Jean-Paul Schmitt

17/01/2010

Oh, brother

400px-patrick_balkany.jpgLe pote, le frère, le complice et ami de Nicolas, Patrick Balkany vient de faire don au pays de ses petits secrets. Au lit avec Bardot, en voyage avec Sarko, presque violé par Shirley Mac Laine, en vacances avec le président, la vie tumultueuse de l’homme qui avait annoncé aux Français le retour au bercail de Cécilia et même communiqué sur le malaise vagal présidentiel, est donc depuis cette semaine plus qu’un témoin. C’est un écrivain. De quoi remplir de fierté ce département des Hauts-de-Seine si attaqué et décrié.

Victime de l’acharnement médiatique et de la terreur des juges pour, il le dit lui-même, quelques broutilles, Patrick Balkany se réhabilite lui-même tout en nous racontant sa première poignée de main avec Sarko, la tendre protection amicale de Nicolas quand tout allait mal, « la joie de vivre inaltérable » d’Isabelle.

Cet exercice littéraire inattendu est, vous l’avez compris, une façon pour Balkany de se « Libérer de cette caricature-carcan » qui le frappe, d’exprimer une « sensibilité » et une « tendresse » jusqu’ici dissimulées car, nous dit cet homme fort du 92, « même les grands gueules pleurent sous le masque ».

Je sais bien qu’en ce dimanche il ne sera pas très facile de vous procurer un bon bouquin à dévorer mais, dès demain lundi, vous pourrez vous précipiter chez votre libraire. Entre le monde noir, abject et interlope de Ellroy, ce sinistre égoutier qui scrute le mal dans les moindres recoins de l’Amérique et cette leçon de vie de Patrick Balkany, il n’y a bien entendu pas photo. L’homme qui murmure aux oreilles du président est désormais un écrivain. Pourquoi s’en plaindre.

Lyon, le 17 janvier 2010.

Photo: DR

13/01/2010

Anticipation

SR Culture.jpgQue n’a-t-on pas raillé Ségolène Royal après sa soirée au Zénith et le fameux fra-ter-nité et quel silence des média lorsque Nicolas Sarkozy reprend la formule lors de ses vœux au pays. Ce qui chez Ségo était tourné en dérision devient dans la bouche de Sarko un propos ordinaire. Fantastiques média dont l’indépendance s’arrête à la porte de l’Elysée et qui ne vont pas, ne serait ce qu’égratigner, un Président en pleine déconfiture dans l’opinion. Avec 32% seulement de satisfaits de sa politique il est en totale chute libre mais c’est là le sort d’un homme qui à force de gesticuler dans tous les sens perd tout le monde en route. Et s’il reparle de fraternité c’est que l’opinion lui renvoie l’image de sa politique totalement anti-fraternelle ce qu’avait bien compris Ségolène avant lui. Car la politique sarkozienne cultive la haine et l’affrontement ; haine de l’autre, du migrant comme de l’immigré ; haine du concurrent comme de l’adversaire. Dès lors il n’est pas étonnant qu’une partie de l’opinion aspire à la fraternité.

Mais il n’est pas que sur ce sujet que Ségolène Royal anticipe, c’est aussi le cas dans la composition de ses listes en vue des élections régionales en Poitou-Charentes. On y notera la présence de deux syndicalistes l’un de chez Heulliez entreprise pour le sauvetage de laquelle elle s’est particulièrement impliquée, l’autre de l’équipementier Fabris. Rien d’extraordinaire si l’on se réfère à l’histoire de la gauche et à ses liens avec le mouvement syndical. Véritable révolution à l’heure où le monde du travail n’a plus droit de cité dans les circuits institutionnels. Il n’est de ce point de vue qu’à se reporter à la liste socialiste du Rhône pour mesurer la différence, une liste que même l’arrivée au deuxième tour de candidats issus des partenaires ne comptera toujours pas de représentants du monde du travail en activité. A l’heure où le chômage reste la principale préoccupation des français, où les derniers conflits sociaux portent essentiellement sur le sauvetage d’emplois cette défection interroge. Le rassemblement nécessaire pour battre la droite en 2012 ne se fera pas sans une vraie sensibilisation des actifs de ce pays. Et l’on ne pourra pas longtemps les oublier dans la représentation politique. Apparemment Ségolène a anticipé la question la première.

Philippe Dibilio

08/01/2010

Fin d’une illusion

philippe_seguin-d2.jpgAvec la participation de Philippe Séguin sonne la fin définitive de cette illusion qui perdurait, on ne sait trop pourquoi, dans la vie politique française, je veux parler du gaullisme. Même s’il n’aimait pas que l’on puisse le qualifier de droite, Philippe Séguin était avant tout un « baby Chirac » mais probablement homme à s’amuser du fait que certains commentateurs parlent de « séguinisme ».

Quand on connaît la trajectoire de Fillon et Guaino, le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Séguin, c’est bien entendu de réaffirmer que le « Séguinisme » n’existait pas.

Séguin, lui, par contre, existait et si on ne peut être qu’attristé pas sa disparition nous aussi constater qu’une parenthèse se ferme. Une période où certaines personnalités de la droite française pouvaient incarner une « sensibilité sociale », une volonté républicaine clairement affirmée et revendiquée et le goût de l’intérêt public.

Philippe Séguin disparaissant, le paysage est définitivement dégagé pour laisser la place nette aux clones de Sarkozy et à tel ou tel chou-chou du Président, à un Copé carnassier ou à l’esbroufe d’un Villepin gonflé d’orgueil. On m’objectera que Philippe Séguin n’était pas le dernier des gaullistes puisque Chirac et Pasqua sont encore de ce monde. Même si nous devons souhaiter une longue vie à ces deux-là, constatons tout d’abord que ce duo fondateur du RPR n’est plus dans ce monde politique qu’il pâturait depuis des décennies mais surtout que leur certificat de gaullisme n’est que de complaisance.

Séguin s’en allant, un point de non retour est atteint par la droite française et ne me dites pas que les Sarkozy Copé, Chatel, Bertrand ou autres Fillon peuvent se prévaloir de l’héritage de Séguin et du gaullisme même si, dans les jours qui s’annoncent, ils s’efforceront tous de nous faire croire le contraire.

Lyon, le 8 janvier 2010.

Photo: DR

06/01/2010

Sacré Caesar

Jules Caesar Sarko.jpgSacré Jules César et son calendrier appelé depuis, julien ! On lui doit – deux ans avant la fondation de Lugdunum par ce brave Munatius Plancus – que le 1er janvier soit pour la première fois le premier jour de la nouvelle année. Un jour consacré alors à Janus, Dieu des portes et des commencements. Je me dis in petto, pour la porte qu’il faudrait qu’il prenne : « Ave Sarkozius, cela commence à bien faire »… Jusqu’alors, le sacré Jules qui était également Grand Pontife, fixait à ce titre le premier jour de chaque nouvelle année. Pourvu que Sarkofex Maximus ne prenne pas l’idée de faire pareil, histoire de marquer son règne ou de redresser les sondages.

Au Moyen-Âge, la nouvelle année débutait à Pâques et donc cela bougeait tout le temps. Beaucoup plus que la manière dont la modernité pénètre de nos jours encore au Vatican. Et voilà qu’un pape, Grégoire, le 13ème du nom, en 1582, instaure un calendrier qui fait commencer l’année le 1er janvier. Un Grégoire qui peut créer des choses plus intelligentes que la béatification d’un prédécesseur un peu trop conciliant avec le nazisme, cela vaut la peine d’être noté. Comme le premier de l’an est l’occasion des bonnes résolutions, il serait bien que la sainteté qui siège aujourd’hui au Vatican prenne, lui aussi, de bonnes résolutions pour l’année nouvelle. Comme, par exemple, conseiller l’usage du préservatif en Afrique pour lutter contre le sida ou autoriser le mariage de ces pauvres prêtres obligés de convoler en noces secrètes si la vie de couple les tente ou encore accueillir à communion les divorcés remariés qui le souhaitent.

Les Romains de ce brave Jules sacrifiaient à la déesse Strenna, il paraît que le mot étrennes dérive de là. J’avoue préférer les étrennes aux bonnes résolutions, même si en échange je dois accepter l’horrible calendrier de mon facteur ou celui des pompiers de mon village. Au moins c’est un bon moment de convivialité. Plus encore que leurs affreux calendriers, je déteste ces cartes de vœux aux sapins couverts de crème chantilly et aux Santa Claus coca cola qui se trémoussent façon Walt Disney sur un air sirupeux de merry Christmas. Ils engorgent ma boite de courriel parce que des copains sont trop paresseux pour m’écrire un petit mot personnel. Si les cartes de visite qu’on échangeait à la fin du 18ème siècle avaient pareil mauvais goût, je comprends pourquoi les conventionnels de 1791 les ont supprimées en même temps que le premier de l’an. Un député qui devait ressembler à Emmanuelli allant jusqu’à déclarer lors d’une séance de la Convention : « Citoyens, assez d’hypocrisie ! Tout le monde sait que le Jour de l’An est un jour de fausses démonstrations, de frivoles cliquetis de joues, de fatigantes et avilissantes courbettes… ».

Gageons qu’aucun de ceux qui présenteront leurs hommages respectueux à Nicolas Sarkozy dans les salons de l’Élysée à l’occasion de ce nouvel an revenu en grâce dès 1797 n’aura la moindre once d’hypocrisie ni ne ressentira le moindre avilissement en faisant ce jour prochain des courbettes au prince qui nous gouverne.

Nous sommes – paraît-il – en République, que diable !

Jean-Paul Schmitt

31/12/2009

2007 en vrac

Sortie de l’Iphone d’Apple - Michel Platini devient président de l’UEFA - Retour sur scène de Michel Polnareff - Election de Nicolas Sarkozy - Mort de Michel Serrault - Visite de Mouammar Kadhafi à Paris - Disparition de Raymond Barre - « Life in Cartoon Motion » de Mika est la meilleure vente française …..

Lannemezan, le 31 décembre 2009.

Lire la suite

28/12/2009

2004 en vrac

Loi Perben II - Le PS obtient la présidence de 21 régions – Nicolas Sarkozy ministre de l’économie et président de l’UMP – Tsunami en Asie du Sud-Est – Décès de Ray Charles – Réélection de George W. Bush face à John Kerry – Succès des choristes – Disparition de Claude Nougaro …

Lannemezan, le 28 décembre 2009.

18/12/2009

Pigasse Président ?

14905457:jpeg_preview_medium.jpgIl y a une ou deux semaines de cela, Matthieu Pigasse, faisait l’objet d’un portrait dans « Le Point » qui, avouons-le, rendait le personnage plutôt sympathique. Repreneur des « Inrockuptibles » et néanmoins Directeur Général de la banque Lazard, on nous disait que le rachat de l’hebdo était destiné à servir de marche-pied à Pigasse pour rentrer dans la course à l’Elysée. Ancien de Bercy sous Fabius, proche de DSK, inspirateur des Gracques, pas fâché avec Royal, Matthieu Pigasse est tout à la fois l’ami des banquiers et le conseiller du bolivien Morales. Notre homme pèse paraît-il 15 millions de dollars mais distille à propos de notre président une formule qui ne souffre pas d’ambiguïté : « Nicolas Sarkozy est battable en 2012 à conditions d’être combattu. »

Personnage respecté mais étrange, Pigasse a au moins deux qualités. Il nous dit que « La vieille génération du PS incarne le passé » et écoute Antony and the Johnsons. Je ne sais pas si ses goûts musicaux qui semblent pourtant sûrs lui seront d’une grande utilité pour la castagne qui se prépare au sein du PS, mais il conviendrait que le banquier, s’il souhaite toujours d’ici un an figurer dans la compétition des primaires, se prépare sérieusement à cette échéance.

A ce propos, un de ses rivaux, Pierre Moscovici donnait, toujours dans ce numéros du « Point » quelques bons conseils à Pigasse. « Il faut qu’il commence modestement » conseillait Mosco. « Je ne prétends pas pouvoir diriger Lazard » poursuivait-il en concluant par un définitif, « Lui ne peut pas sérieusement penser être candidat à la présidentielle ».

Que Pigasse se rassure. S’il est certain que Moscovici ne peut avoir la moindre qualité pour diriger Lazard, il n’en a pas d’avantage pour être président de la république. Je suggère d’ailleurs à Pigasse d’envoyer à Moscovici quelques enregistrements d’Iggy Pop ou des Ramones. Le député de Montbéliard constatera ainsi que sur le terrain du rock and roll il a également quelques énormes lacunes.

Lyon, le 18 décembre 2009.

08/12/2009

Boomerang

Sarkozy.jpgEn cette fin d’année et au milieu de son mandat on ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy soit en pleine forme politique, quant à l’UMP c’est encore pire. L’hyper–président s’est sensiblement calmé et ses rodomontades n’effraient ni ne séduisent plus grand monde. Il est vrai qu’à vouloir tout régler soi même et à sauter sur tout ce qui bouge on s’épuise et on lasse et Sarko paye aujourd’hui la note pas seulement dans les sondages.

Comme si ses trucs ne prenaient plus. Il en est ainsi du sulfureux débat sur l’identité nationale qui ne fait ni oublier les échecs de Sarko face à la crise ni la stratégie de basse politique qu’il y a derrière ce débat créé de toute pièce par un ministre d’ouverture qui, comme tous les traîtres, en fait toujours plus pour se justifier. Mais les ennuis du président ne s’arrêtent pas là, resté leader de l’UMP il n’arrive plus à faire fonctionner la machine abandonné par un Xavier Bertrand qui vit son poste comme une punition et même un Frédérique Lefebvre devenu atone vexé de ne pas avoir été ministre. Et puis les réformes ont parfois des effets collatéraux. Celle du Parlement, par exemple, permet aujourd’hui aux groupes UMP des deux chambres une marge d’émancipation. Et l’on voit le Sénat contrecarrer les plans du gouvernement concernant la suppression de la taxe professionnelle ou la réforme des collectivités avec en leader de la fronde un ancien premier ministre toujours vice président de l’UMP.

Pas étonnant dans ces conditions que les têtes d’affiches ne se bousculent pas pour conduire les listes aux régionales. D’autant que lorsqu’il y a un volontaire, comme dans le Rhône, bien qu’adoubé par la fédération et les parlementaires il est récusé par Sarkozy. Lequel s’est d’ailleurs engagé dans une tactique discutable en voulant des listes regroupant toutes les formations qui le soutiennent dès le premier tour. Cela ne lui donnera pas un score mirobolant pour autant et il manquera de réserves au second. Un raisonnement qui vaut, selon moi, aussi pour les verts. Cette tactique, en effet, peut convenir pour l’élection présidentielle car il y là un homme ou une femme face à l’électorat national. Pour une élection décentralisée la donne est différente et l’UMP risque de s’en rendre compte à ses dépends en recevant le résultat comme un boomerang.

Philippe Dibilio

Photo: DR

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[Edit JYS]: Le collectif de défense de l’IVG à Lyon organise une Soirée-débat le 10 décembre 2009, à 18H30 Au Centre Culturel et de la Vie Associative de Villeurbanne, 234 Cours Emile Zola, 69100 Villeurbanne. (Métro Flachet).

07/12/2009

Fillon titulaire

FILLON NB.gifIl paraît que François Fillon est de retour ou plutôt prié de revenir pour "dépassioner" le débat sur l'identité nationale. Il a donc été expédié en fin de semaine dernière devant le public trié de l'institut Montaigne de Claude Bebear pour déminer le terrain des grandes manoeuvres de Sarkozy. Il a ainsi souhaité, leur a-t-il dit, faire valoir sa "contribution personnelle" à ce grand débat et donc expliqué qu'il parlait "en citoyen" apportant ainsi ses réponses "pour ce qu'elles valent, parmi 65 millions d'autres". Mon oeil !

Qu'un Premier ministre dans ce pays explique que les minarets doivent, suite à un référendum suisse, "s'inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans notre environnement urbain et social" ne choque plus et passe même pour un propos équilibré à la limite du progressisme alors que cette question des minarets est artificielle. Qu'en conre partie, le même Fillon, ne dénonce pas avec la plus extrême sévérité les propos du maire UMP de Gussainville ne semble pas émouvoir.

Qu'un Fillon explique, pour sauver le fêmon et son patron, que ceux qui refusent le "débat" sur l'identité nationale laissent la parole aux "tenants du repli naturel" et aux "nostalgiques qui sont prêts à emboucher le clairon de Paul Déroulède et de Vichy" ne heurte manifestement pas grand monde.

Que le "Chef" du gouvernement, saisissant ainsi l'opportunité pour exister, convoque De Gaulle, Jeanne d'Arc, Henri IV, Richelieu, Clemenceau et Philippe Auguste est risible de la part d'un sarthois amateur de course automobilie néanmoins collaborateur d'un président qui en son temps s'était autorisé à prendre en otage Jean Jaurès.

Nul n'est dupe du discours contorsioniste d'un Fillon qui était sur le banc depuis le début de la saison et que son coach ne titularise que quand il est dans la scoumoune. Fillon a indiqué devant l'Institut Montaigne que "l'identité nationale peut être frondeuse et j'accepte du même coup l'humour et même la raillerie". Voilà qui est fait Monsieur le Premier ministre.

Lyon, le 7 décembre 2009.

Photo: DR

04/12/2009

Coup tordu

071G_Collomb%20det-2.jpgParfois la presse lyonnaise a de curieux mœurs. On se souvient par exemple de « Lyon Capitale » mettant il y a quelques années la bobine de son repreneur à la « Une », un luxe que même les patrons successifs du Figaro n’auraient jamais accepté de s’offrir. Dans le numéro trois du « Coup de grâce », l’innovation est de nature différente puisque Guillaume Tanhia, le boss de la revue, titre en couverture, « Collomb, le petit Sarkozy de province », cette accroche aguicheuse renvoyant à trois maigrelettes colonnes en page vingt-deux sur un total de près de 150.

Passons donc sur ce procédé qui disqualifie une charge d’autant plus gratuite que le même Guillaume Tanhia se croit obligé de nous infliger quelques arguments plutôt « cheaps » dans un feuillet plus hargneux que « classieux ».

Pré-Marxiste, notre éditorialiste dénonce le fait « d’offrir des bâtiments publics prestigieux aux grands groupes financiers ». Populiste, notre nouvelle conscience patrimoniale s’indigne de ne pas filer 120 millions à l’Hôtel-Dieu alors que le stade de Décines va engendrer 150 millions en aménagements publics. Lyrique, le directeur de conscience du « Coup de grâce » nous invite à nous remémorer « La générosité des milliers de lyonnais qi firent des dons pour l’édification et le fonctionnement de l’Hôtel-Dieu ». Plutôt que de draguer le passant avec son titre de couverture renvoyant à sa mauvaise humeur déguisée en édito, Guillaume Tanhia aurait mieux fait de travailler et de proposer à ses lecteurs un véritable dossier documenté et donc utile sur l’avenir de l’Hôtel-Dieu. Sans rancune.

Lyon, le 4 décembre 2009.

02/12/2009

Consommation

Consommation.jpgJe ne suis pas un grand économiste et je ne m’en porte pas plus mal, au contraire, lorsque je vois la brasse coulée que nous fait sur ce sujet notre ancienne nageuse de ministre de l’Economie justement. Elle que, de surcroît, ses pairs ont élue meilleure d’Europe à ce poste. Après nous avoir annoncé il y a six mois que la crise était derrière nous la voilà qui vient à Lyon, au moment où le chômage reprend son ascension, déclarer solennellement que ce n’est pas la peine d’investir dans les secteurs à forte main d’œuvre, là où les chinois sont imbattables mais miser au contraire sur un fort contenu en recherche et développement qui peut permettre de l’innovation et une forte valeur ajoutée. Comprennes qui pourra! Le bon sens voudrait que pour créer de l’emploi aujourd’hui il faille aider l’industrie dès maintenant mais voilà qui est trop simple pour un économiste et plus encore un ministre. Cette position hasardeuse montre bien que pour l’équipe Sarkozy l’essentiel a été réalisé avec le sauvetage des banques qui retrouvent allégrement leurs profits et leurs travers, les rémunérations de leurs traders et bientôt le retour des stocks options et des parachutes dorés. Sarko voulait moraliser le capitalisme il a seulement relancé la machine sur les mêmes bases. Pourtant les faits sont têtus. Les chiffres de la croissance, en effet, montrent que si le PIB a progressé de juillet à septembre c’est grâce à l’industrie manufacturière et au secteur automobile en particulier. Pourquoi ? Parce que ce secteur a bénéficié des bonus sur les petits modèles et de la prime à la casse. C’est à dire grâce aux rares injections faites au bénéfice de la consommation. Car tel est bien le constat, c’est par le redémarrage de la consommation que la croissance reprend aussi faibles qu’aient pu être les moyens injectés par l’Etat notamment au travers de certaine prestations sociales. Lorsque la gauche proposait d’utiliser ce levier pour faire face à la crise Sarko et ses boys levaient les bras au ciel et pourtant c’est bien dans ce sens qu’il faut aller et ce n’est pas trop tard.

Philippe Dibilio.

01/12/2009

C’est la danse des taxés !

Canards.jpgDe leurs voix éraillées ils chantent l’antienne sarkozyste du moment sur les collectivités territoriales mal gérées. Avant-veille d’élection au goût de fin de banquet si peu républicain. Accents poujadistes.

À l’instar de Lefèbvre, ils vomissent la même goualante. Sans retenue. Oublieux de leurs turpitudes et des transferts de compétence sans transferts de moyens adéquats. Oublieux des promesses faites. Ivres de com’, ils s’amusent à décerner des Satanas d’or, d’argent ou de bronze. Sans entendre que c’est la danse des Canards qui leur sert d’hymne national.
« C’est la danse des canards – qui en sortant de la mare – se secouent le bas des reins – et font coin-coin »
Passons sur les canards, l’à-peu-près serait trop facile, et regardons un peu la mare de lisier dont ils sortent : presque 20 taxes nouvelles créées depuis 2007 par le jars qui nous mène :

Et une taxe pour le RSA (entre 1 et 2 milliards), coin-coin !
Et une taxe sur les assurances et les mutuelles (1 milliard), coin-coin !
Et une taxe sur l'intéressement et la participation (400 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les stock-options (250 millions), coin-coin !
Et un p’tit coup de franchises médicales (850 millions), coin-coin !
Et une augmentation des cotisations retraite (150 millions), coin-coin !
Et une taxe sur la publicité des chaînes privées (incalculable), coin-coin !
Et une taxe sur les compagnies pétrolières (150 millions), coin-coin !
Et une taxe pour financer la prime à la cuve (100 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les ordinateurs (50 millions), coin-coin !
Et une taxe pour copie privée des disques durs externes et clés USB (167 millions), coin-coin !
Et une taxe sur le poisson (80 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les huiles moteurs (44 € par tonne de lubrifiant), coin-coin !
Et une taxe sur les imprimés publicitaires (incalculable), coin-coin !
Et une hausse de la redevance télévision (20 millions), coin-coin !
Et une taxe sur la téléphonie et internet (80 millions minimum), coin-coin!
Et une taxe sur les grosses cylindrées (malus auto annualisé : 160 € par an par auto), coin-coin !

Sans compter les coin-coin du chèque transport qui n’a pas encore de plan de financement, la future taxe carbone, Hadopi...

Quand ils ne chantent pas, ils parlent doctement d’identité française. Ils y glissent quelques à-peu-près sur l’immigration. Espérant que le peuple s’amuse et oublie le chômage qui enfle et la République qui coule.

Jean-Paul Schmitt

26/11/2009

Où sont les femmes ?

dominique-strauss-khan.jpg?w=450&h=675Hier soir, Dominique Strauss-Kahn était l’invité vedette du « Grand Journal » sur Canal+ cette émission au cours de laquelle Ségolène Royal annonce, en direct, la mise à pied de ses anciens amis. Hier, Libération profitait donc de l’occasion pour nous parler de celui que Joffrin appelait « l’Imam caché » en nous livrant une batterie de sondages supposés nous en dire plus sur « le candidat incognito du PS ». A l’aide du baromètre Via Voice, Libé répondait, sous la forme de pourcentages d’opinions favorables, à la question « A qui Strauss-Kahn plait-il le plus ? ». Avec 66%, les cadres et professions intellectuelles figuraient en tête talonnés par les électeurs de l’UMP, les plus de 65 ans, les électeurs verts puis ceux du PS, les retraités, les hommes et enfin les jeunes qui approchaient les 54%. Au-delà de ce bon score aux contours gériatriques plutôt affirmés, j’imagine que DSK a été surpris de ne pas trouver parmi ses soutiens les plus sûrs « la moitié du ciel », en l’occurrence les femmes.

Grâce à ce sondage il est donc prouvé que la légende est fausse, autrement dit que DSK n’est pas un homme à femmes. Pour l’instant Strauss qui retrouve une côte d’amour proche de celle qu’il avait au moment de quitter le gouvernement Jospin a donc du pain sur la planche sachant qu’il est dans notre pays plus d’électrices que d’électeurs.

Lyon, le 26 novembre 2009.

Photo: DR

12/11/2009

Qui suis-je ? Qui suis-je ?

Besson.jpgEn ces temps où - comme à chaque veille d’échéance électorale, comme à chaque creux dans les sondages - la droite et son maître de chant entonnent des antiennes sur l’identité nationale et les accolent aux refrains parlant d’immigration, une nausée me prend. Non pas que le sujet soit inintéressant, mais parce qu’il est toujours abordé cyniquement dans des moments soigneusement choisis par ces mêmes surfeurs sur vagues xénophobes. Parce qu’il est toujours biaisé par des jeux tacticiens où les débatteurs déguisent leurs adversaires en lutteurs de foire : à ma droite, le catcheur aux pieds dans la glaise et la terre et à ma gauche, l’angélique laxiste naïf rêveur d’universel.

Non, le sujet est trop grave pour le confier d’emblée à ces spécialistes des coups tordus. Oui, comme le disait récemment Gérard Collomb dans Libération du 4 novembre, « Défendre l’identité française ne saurait se réduire à convoquer l’histoire. C’est le présent qu’il faut bâtir, c’est l’avenir qu’il faut inventer ».

Mais le propos ne saurait s’arrêter là. Il est autrement plus vaste et le convoquer comme le font Besson et Sarkozy pour qui le sujet est un gri-gri électoral est assez indigne. Pour ne pas entrer trop dans la liste fourre-tout des définitions de l’omni-président-je-sais-tout-et-moi-je-vous-comprends-et-j’ai-été-élu-pour-çà, je citerai en vrac « La France, ce n’est pas une race, pas une ethnie. La France c’est tous les hommes qui l’aiment, qui sont prêts à défendre ses idées, ses valeurs. » (discours de Caen). Un peu court, Monsieur : la France est définie apophatiquement, c’est dire que rien n’en est dit, tout reste flou, tout est affaire de point de vue personnel et individuel non exprimé, mais « C’est tous les hommes qui aiment » ce je ne sais quoi ainsi exprimé, ce flou à tout le moins personnel et inexprimé, et « qui sont prêts à défendre ses idées et ses valeurs » ! Beau lyrisme creux. Et la belle affaire si on me rétorque le mot magique, imparable, de « patriotisme » que seuls sauraient comprendre ceux qui se battent et meurent pour une idée qui relève du sacré et de la recherche de transcendance si chevillée au cœur des hommes : je ne serai pas plus avancé quant à la gouvernance de notre société. Une société qui crève du manque de confiance dans l’avenir et dans ses dirigeants. Une société que ces dirigeants se sont ingéniés à découper en tranches de bons et de pas bons, de travailleurs valeureux et d’assistés, à dresser envieux « ceux qui se lèvent tôt le matin » contre « ces fonctionnaires à l’abri et trop nombreux », « ceux qui aiment la France » contre «ceux qui ne l’aiment pas et doivent la quitter », ceux visés par les racines chrétiennes du discours de Latran contre les laïcards de tous poils.

Je suis un peu comme Martin Hirsch, je ne me sens pas vraiment concerné par ce débat et comme lui je constate que dans ce pays « il y a des débats où l’on s’adresse à ses électeurs … moi je parle à des gens ». Je préfèrerais moi aussi un débat sur l’identité européenne ou sur le modèle européen.

Tiens, à propos d’identité, voici un extrait de l’un des poèmes de Mahmoud Darwich

Les étoiles n’avaient qu’un rôle :

M’apprendre à lire.

J’ai une langue dans le ciel

Et sur terre, j’ai une langue

Qui suis-je ? Qui suis-je ?

Jean-Paul Schmitt

 
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