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23/02/2010

Bonne idée

TF16B_B_BonneIdee.jpgL’idée pouvait paraître bonne et même courageuse de la part d’un gouvernement libéral mais elle ne vécût que le temps que vivent les roses. Le gouvernement, en effet, se proposait de noter les entreprises en trois catégories quant à leur action pour lutter contre le stress des salariés. Rouge pour les mauvais élèves qui n’ont rien entrepris et même pas répondu au questionnaire du gouvernement, orange pour celles qui ont tenu quelques réunions ou engagés quelques discussions avec les salariés et vert pour les bons élèves qui ont signé un accord de fond ou de méthode. Bref du plus pur esprit sarkozyste dont le mérite est la valeur cardinale. Mais au demeurant il est plus facile de noter les ministres que les entreprises, encore que, car pour le moment les bulletins n’ont pas été communiqués.

Car cette initiative de Xavier Darcos a immédiatement soulevé un tollé de la part du patronat et y compris de certains syndicats mais bon il y a toujours eu des « jaunes ». Le Medef est monté sur ses grands chevaux dénonçant ce « name and shame » (nommer et faire honte) qu’il veut ne réserver qu’aux cas extrêmes, France Telecom par exemple ? Et face à ce froncement de sourcil de la farouche Laurence Parisot le gouvernement a retiré son texte illico, au moins on sait qui commande dans le monde de l’entreprise. A moins que dans la liste rouge n’ait figuré trop de participants à la soirée du Fouquet’s.

Cet exemple montre bien comment les mesure que Sarkozy voulaient fortes pour ciseler sa rupture tombent à plat sinon à l’eau les unes après les autres. Abandonné par l’opinion, il a encore perdu trois points ce week-end, Nicolas Sarkozy n’impose plus rien ni à sa majorité ni à son gouvernement. Aussi il doit vraiment trouver le métier de président de moins en moins ludique et penser que le jouet qu’il avait gagné a perdu tout son charme. Alors il doit regarder s’il n’y a pas en magasin quelque chose de plus amusant et valorisant à faire, gagner de l’argent, beaucoup d’argent, par exemple. D’ici que pour cela il nous abandonne en 2012 il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas…enc ore. Mais l’idée n’apparaît pas comme aussi mauvaise.

Philippe Dibilio

17/09/2009

Le téléphone pleure

telephone.gifDidier Lombard, le PDG de France Telecom, ce patron qui parle de la vague de suicides qui touche son entreprise comme d’un effet « de mode » semble avoir une obsession : « Le retour à la normale ». La normale pour ce Monsieur Lombard c’est, je cite, convaincre les salariés « de bouger » et de subir « une certaine pression ». Pas de place chez France Telecom pour des gens incapables de « subir » semble vouloir nous dire Lombard.
En attendant la fin de cette « mode » qui frappe sa boite, Lombard veut bien faire quelques concessions afin que tout rentre dans l’ordre. Numéro vert, hotline, psychologues, suspension momentanée des mutations, voilà les remèdes de notre PDG qui semble avoir hâte d’en finir avec ce sale moment afin de stopper « l’effet de contagion ».
Lombard, contraint et forcé, fait donc une pause et avec son air de chien battu tente même de nous dire que son malheur de PDG est presque aussi grand que celui de ce technicien retrouvé suicidé qui, dans une ultime lettre, remettait en cause certaines méthodes mise en œuvre par l’entreprise.
Didier Lombard a une bonne tête, par ailleurs très probablement bien faite. C’est certainement un époux parfait, un grand-père épatant, un patron qui se consacre sans compter à son entreprise. Mais à soixante-sept ans, le PDG de France Telecom devrait songer immédiatement à faire valoir ses droits à la retraite étant donné cette formule inacceptable relative à la « mode » du suicide. Je suis surpris que personne n’exige son départ sans délais. Au terme de son point presse avec Darcos, le maintien de Didier Lombard à la tête de France Telecom étant devenu obscène, c’est désormais la première décision à prendre pour que s’effectue ce lent et long retour vers « la normale » pour cette entreprise qui se voulait jadis « l’opérateur de référence ».

Lyon, le 17 septembre 2009.

29/01/2009

Le tee-shirt républicain

darcos (1).jpgSoulagé, Xavier Darcos  a enfin trouvé un remède efficace pour supprimer les différences visibles de niveau social ou de fortune à l’école. Un de ces bons remèdes d’autrefois, trop vite abandonnés au profit des pilules Nike et autres fashion’s medicine

Malin, il a su éviter la blouse. Trop rétro. Depuis 2003, ce sujet de l’uniforme scolaire lui tient à cœur et l’obsède. En septembre dernier, enfin, en visite dans une école du Bronx, il a trouvé la solution : le tee-shirt.

Grâce au tee-shirt au logo de leur établissement scolaire, les élèves pourront porter haut le rêve d’un avenir radieux, plein d’égalité républicaine. Adieu marques et modes ! Au placard voiles, turbans, croix pectorales ou autres kippas !

Xavier Darcos trouve des vertus à l’uniforme qui, dans certains établissements « où il y a une très grande mixité sociale, de très grandes diversités d’origine présenterait beaucoup d’avantages ». Mais bon, amis réfractaires, inutile de s’affoler, son entourage dit que « l’on n’imposera rien, mais si un directeur d’établissement se porte volontaire… »

Quoique, à bien y réfléchir, l’uniforme obligatoire pourrait aussi, s’il était porté en dehors de heures de cours, y compris la nuit, favoriser la relance du petit commerce : on vendrait des pyjamas et des chemises de nuit au logo des écoles et, pour ceux qui dorment nus, les tatoueurs auraient de belles heures de travail devant eux, sous réserve de respecter évidemment un des modèles reconnus par le rectorat.

L’obligation du port continu de ces tee-shirt de rêve présenterait également un autre avantage : les 5000 agents que Xavier Darcos va engager en emplois aidés pour prévenir les familles de l’absence de leurs enfants à l’école pourraient beaucoup plus facilement repérer les écoliers buissonnants.

À propos, quel sera l’uniforme de ces surveillants d’absence ?

Que notre Ministre se rassure, je parie qu’il y aura du monde avec tee-shirt et badges lors des manifestations du 29 janvier. Il y aura même des drapeaux, de la musique, des porte-voix, des fumigènes… et des uniformes. Ceux des CRS. Il pourrait d’ailleurs suggérer aux ex-RG qui abusent du costume civil d’adopter eux aussi des tee-shirt « I love SDIG ».

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 29 janvier 2009

 

 

08:58 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : xavier darcos | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/01/2009

Lettre ouverte

meirieu.jpgPhilippe Meirieu, professeur à l’Université de Lyon 2 vient de prendre la plume pour écrire une lettre ouverte à Xavier Darcos. La version intégrale de ce texte est disponible sur le site de Philippe Meirieu, www.meirieu.com

"Monsieur le Ministre,

Je suis, comme professeur, comme citoyen et comme socialiste, profondément attaché à l’Ẻducation nationale et au projet républicain de notre école. C’est pourquoi je crois que votre politique est particulièrement dangereuse. Elle sacrifie l’avenir de notre pays à des équilibres financiers à court terme dont on a vu, avec l’octroi par l’Etat de plusieurs millions d’euros de garantie aux systèmes financiers, à quel point ils n’étaient qu’un prétexte.

Votre politique est dangereuse parce qu’elle ignore toujours les coûts sociaux de ses choix : coût de l’échec scolaire et de la désespérance de jeunes qui y sont assignés à résidence, coût des conflits et des gaspillages provoqués par la concurrence organisée entre l’Etat et les collectivités territoriales entre les parents et l’école, entre les établissements, voire entre les enseignants eux-mêmes.

Votre politique est dangereuse parce qu’en externalisant le traitement des difficultés d’apprentissage vers une multitude de structures de soutien ou vers les secteurs pharmaceutique et médical, elle vide inexorablement la classe de sa substance. Au lieu de travailler à mobiliser tous les élèves sur les savoirs, on se résigne au darwinisme scolaire, sous prétexte qu’à côté, il existe assez de déversoirs pour récupérer les inadaptés ! En réalité, notre système scolaire tout entier n’est plus qu’une usine à gaz totalement incompréhensible pour les familles populaires. Tandis que les enseignants deviennent des « guichets de service » pour les familles plus fortunées.

Votre politique est dangereuse parce qu’en faisant des enseignants du primaire les boucs émissaires de l’échec scolaire, vous exonérez la Nation du sursaut éducatif qui s’impose en matière d’éducation familiale et de réflexion sur les médias, comme dans la lutte contre les inégalités sociales.

Votre politique est dangereuse parce qu’en supprimant les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres, vous atomisez la formation des enseignants et oubliez que transmettre des savoirs exigeants à des élèves concrets est un métier de plus en plus difficile et qui s’apprend. En privant les jeunes professeurs d’une vraie formation pédagogique par alternance, vous les condamnez à osciller entre la dépression (pour eux) et la répression (pour les élèves).

Monsieur le Ministre, vous avez engagé beaucoup de réformes sans véritable travail en amont avec l’ensemble de vos interlocuteurs : enseignants, cadres éducatifs, parents, élèves, collectivités territoriales. La seule ligne de force qui s’en dégage est un recul sans précédent des ambitions du service public d’éducation. Beaucoup d’enseignants sont en colère, d’autres sont complètement découragés. Il ne suffit plus de vous récrier pour les apaiser. Il faut vraiment et radicalement changer de politique".

Lyon, le 9 janvier 2009

24/12/2008

L’étincelle

[Ce matin, Philippe Dibilio n'avait pas l'humeur à faire des cadeaux, il a préferé réagir à l'actualité. Voici son billet. JYS]

DSC04177.JPGUn mot en cette fin d’année qui s’approche sur ce mouvement étudiant qui secoue l’Europe et pas seulement la France. S’il s’interrompt pendant les vacances il reprendra sans aucun doute à la rentrée malgré les reculades du gouvernement car ce qui apparaît comme étant en jeu dépasse largement les revendications quantitatives certes légitimes et qu’il convient de satisfaire. En Grèce les manifestants agissent avec le sentiment d’être la première génération dont le niveau de vie sera inférieur à celui de leurs parents et les diplômés se nomment eux même « la génération des 700 euros », le salaire moyen auquel ils peuvent prétendre et qui les place au dessous d’un niveau de vie décent. En Espagne ils ont réveillé les craintes sur le « processus de Bologne » cette réforme européenne signée dans la ville italienne en 1999. Une réforme visant à moderniser et internationaliser l’enseignement supérieur et qui débouche sur une privatisation des universités accoucheuse de mercantilisme. D’où la crainte de la disparition des filières lettres faute de rentabilité sur le marché du travail, de la disparition des bourses et du règne des « masters ». En Italie les jeunes ne montent pas à l’assaut d’une autorité abstraite, ne s’en prennent pas à leurs aînés en tant que tel mais à l’héritage qu’ils vont leur laisser : « Nous ne paierons pas votre crise » proclamait une banderole à Milan. Une génération qui souffre parce qu’en bute avec son avenir et qui ne supporte plus les politiques à deux vitesses : coupe sombres pour l’école au moment où le gouvernement sauve les banques et les grandes entreprises en difficulté. Un panorama somme toute équivalent à ce qui se passe en France. Il est donc grand temps de prendre cette situation au sérieux et de ne pas se contenter d’un soutien moral à un mouvement qui touche du doigt les problèmes structurels de notre société et qui veut les affronter sans concessions. Il y a sûrement beaucoup à apprendre en engageant le débat sur le fond avec ces étudiants et lycéens qui, une fois encore, pourraient bien allumer l’étincelle de la révolte.

Philippe Dibilio

Lyon, le 24 décembre 2008.

Photo: DR

16/09/2008

Scoop

Par les moyens dignes des plus grands de l'investigation journalistique nous sommes en mesure de vous divulger la maquette des futurs tableaux d'honneur, fruits de la pensée fécondée de Xavier DARCOS notre Ministre de l'Education nationale.

 

Tab d'honneur Darcos 1 VF.jpg

 

Tab d'honneur Darcos 2 verso VF1.jpg
DR

Lyon, le 16 septembre 2008.

06/09/2008

Voyage au bout de l’ennui

1388882055.jpgPhilippe Vecchi, dans sa rubrique de « L’Obs Télé » de la semaine, nous rapporte des propos qui pour ma part m’étaient passés au dessus de la tête. Il s’agit de ceux de Carla Bruni (Sarkozy) parus dans VSD. L’épouse présidentielle y parlait de Louis-Ferdinand Céline même si c’est une drôle d’idée que de parler de Céline dans VSD. Bref, Carla Bruni indiquait que Céline « était dans la poésie » et comparable à Houellebecq, car ces deux là donnent «  dans le romantisme et la douceur » au point d’aboutir à quelque chose de « presque intolérable de beauté ».

Puisque notre actuel Ministre de l’Education, Xavier Darcos, s’imagine de temps à autre successeur de François Fillon, je lui suggère, la lèche n’étant pas inutile en pareille situation, de formuler à partir des propos de Madame Bruni un sujet pour le Bac de français.

Si pris de honte Darcos hésitait à se lancer dans une telle opération, il pourrait toujours se rabattre sur ceux de Bernadette Chirac qui, grâce au concours de Patrick de Carolis avait écrit dans son ouvrage « Conversation » (disponible en livre de poche), « Aimer, c’est forcement être optimiste ». Inviter nos élèves de Terminales philo à commenter la pensée de l’ex-première dame de France aurait également de la gueule.

Lyon, le 6 septembre 2008.

 
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