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19/10/2010

Ramassée

rama-yade.jpgLes défenseurs du sarkozyme, en ces temps difficiles pour le pouvoir, sont de plus en plus rares au somme de l'Etat : Frédéric Lefebvre, preuve vivante qu'on peut partir de rien pour arriver nulle part, Dominique Paillé, persuadé que derrière chaque journaliste se cache un bolchévique sanguinaire, et Xavier Bertrand, camelot patte-pelu d'un roi nu, ont cessé d'être audibles, si on peut croire qu'ils l'aient été un jour, exception faite bien sûr des électeurs fascistes inquiets de leur dérive droitière.

A l'occasion de l'émission "A vous de juger", présentée par la suave Arlette Chabot, flanquée du sémillant Nicolas Beytout, journaliste qui partage sa vie entre la rédaction des Echos et le comité d'éthique du MEDEF - nous voilà rassurés pour la moralisation du capitalisme et du journalisme réunis !- et Alain Duhamel, dernier journaliste vivant avec Jean Daniel à avoir chroniqué tous les présidents de la Veme République, le sarkozysme a envoyé Rama Yade au front défendre les retraites, l'identité nationale, le bessonisme, la brasse coulée et l'athlétisme en salle.

Mac-Mahon, s'il était encore en vie et Danièle Gilbert, si elle était encore à l'antenne, seraient en droit de déposer plainte pour plagiat, tant la kyrielle de banalités creuses et de conneries cyclopéennes déversées par Rama Yade atteignit un niveau inédit à la télévision depuis Jean-Pierre Raffarin en campagne référendaire, lui ouvrant ainsi séance tenante la route fleurie du Guinness Book des records et par voie de conséquence, celle de l'Académie Française, si Héléne Carrère d'Encausse, ce jeune bourgeon libertaire, daigne casser sa pipe immortelle un jour.

Subsidiairement en auto-promotion de sa Lettre à la jeunesse qui rendra nécessairement jaloux, de là où ils sont, Pierre-Mendès France et Albert Camus, Rama Yade est venue expliquer combien le sarkozysme, et bien, c'était les "Bisounours", "l'île aux enfants", "Oui-Oui et les lapins roses", "Mary Poppins"... L'occasion d'entrevoir le monde potemkinisé de Rama Yade : l'UMP incarne vous l'aurez compris, la défense des libertés, des droits de l'homme, et, n'ayons pas peur des mots, de la femme, le sens du dialogue, le compromis tandis que le vilain, le méchant PS incite la jeunesse à casser et que dans le même temps Europe Écologie deale du cannabis bio à la sortie des collèges.

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02/04/2010

Un, deux, trois Estrosi

estrosi 2.jpgAlors que leur Président de champion plonge dans les sondages, que la grogne gagne les députés et que certaines personnalités umpistes font la trogne, la garde rapprochée du Sarkozysme tente de se mettre en ordre de bataille. Face au remuant Copé, c'est directement par le biais d'un Conseiller Elyséen, Olivier Biancarelli, que s'organisent les quelques troupes encore totalement acquises au président le tout sous le regard affectueux de Xavier Bertrand et de Frédéric Lefebvre. Regrettant la faiblesse politique du gouvernement à l'occasion d'un briefing destiné à remonter le moral de quelques députés, Xavier Bertrand aurait dit, tout en le regrettant, "on ne peut pas cloner Christian", entendez par là Christian Estrosi. Rendez-vous compte ces types sont tellement dans la mouise qu'ils seraient disposés en le clonant, à nous fourguer trois ou quatre Estrosi dans le gouvernement histoire de rendre l'aéropage de Fillon plus politique. Imaginez ce gouvernement dont ils rêvent et qui comprendrait, à l'instar des clones du Commandant Sylvestre dans les guignols de l'Info, une demi-douzaine d'Estrosi. Quand on nous dit que le Sarkozysme est malade, je n'osais imaginer que cela puisse l'être autant.

Lyon, le 2 avril 2010.

03/02/2010

Honorable légion

Légion sanglante.jpgLa France et son éminent président prennent pleinement la mesure de l’honorabilité des élites chinoises. Grâce en soit rendue à l’UMP, désormais parti frère de celui de Mao, depuis que Xavier Bertrand a signé en octobre 2009 un manifeste d’accord avec le PCC. Il est d’ailleurs question de rééditer en bleu le petit livre qui fit la joie des « mao » de tous poils de ma jeunesse.

À Pékin, dans la suite d’un processus bien rodé, Alain Bauer, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, conseiller officieux en matière de sécurité et d’anti-terrorisme de l’illustre révolutionnaire de la commune de Neuilly, ex rocardien et pote à Valls, vient de décorer de la légion d’honneur l’honorable He Bingsong, criminologue de son état.

Déjà habitués à ce que l’insigne ruban rouge, synonyme d’honneur ou de bravoure, orne la boutonnière de nombre de chanteurs et de sportifs, vous me direz peut-être qu’il vaut mieux l’accrocher au veston d’un criminologue qu’à celui d’un criminel comme Vladimir Poutine décoré en 2006. Sauf que le dénommé He Bingsong est aussi celui qui justifiait il y a peu la condamnation à mort d’Akmal Shaik, ce Britannique souffrant de troubles psychologiques arrêté en Chine pour trafic de stupéfiants et exécuté depuis. La « patrie des droits de l’homme » décore ce faisant un partisan chinois de la peine de mort qui vient juste de contribuer par ses affirmations à une exécution capitale.

Que ceux qui se nourrissaient encore de quelques illusions quant au cynisme de nos gouvernants sans complexes, apprécient et jeunent en signe de deuil. Ils se referont au moins des amis chez les Britanniques qui s’étaient émus du sort réservé en décembre dernier à leur compatriote. J’entends déjà fuser les habituels « incorrigible droit-de-l’hommiste naïf !».

Si on peut concevoir qu’un dialogue ininterrompu soit mené avec les États qui bafouent les droits des humains, des honneurs aussi indignement rendus à leurs élites sont inacceptables. Pourquoi ne pas honorer les résistants des droits de l’homme dans ce pays ? Parce qu’ils sont en prison ? Parce que cela mettrait en péril nos relations économiques ? Parce que des « agitateurs » menacent le parti frère ? Alors si, au nom de la réal politique, on refuse de donner la légion d’honneur à des avocats des droits civiques comme Chen Guangcheng, à des résistants comme Hu Jia, à des écrivains comme Liu Xiaobo tous emprisonnés, pourquoi la donner à des He Bingsong en 2010 ou, comme en 2007, à des Long Xinmin, ce haut responsable de la censure ?

Honneur, vous avez dit honneur ? Les temps électoraux viendront où l’image d’un petit timonier sera affichée sur nos dazibao municipaux. Souvenons-nous de lui rendre les honneurs. Les occasions ne sont pas légion.

Jean-Paul Schmitt

08/01/2010

Fin d’une illusion

philippe_seguin-d2.jpgAvec la participation de Philippe Séguin sonne la fin définitive de cette illusion qui perdurait, on ne sait trop pourquoi, dans la vie politique française, je veux parler du gaullisme. Même s’il n’aimait pas que l’on puisse le qualifier de droite, Philippe Séguin était avant tout un « baby Chirac » mais probablement homme à s’amuser du fait que certains commentateurs parlent de « séguinisme ».

Quand on connaît la trajectoire de Fillon et Guaino, le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Séguin, c’est bien entendu de réaffirmer que le « Séguinisme » n’existait pas.

Séguin, lui, par contre, existait et si on ne peut être qu’attristé pas sa disparition nous aussi constater qu’une parenthèse se ferme. Une période où certaines personnalités de la droite française pouvaient incarner une « sensibilité sociale », une volonté républicaine clairement affirmée et revendiquée et le goût de l’intérêt public.

Philippe Séguin disparaissant, le paysage est définitivement dégagé pour laisser la place nette aux clones de Sarkozy et à tel ou tel chou-chou du Président, à un Copé carnassier ou à l’esbroufe d’un Villepin gonflé d’orgueil. On m’objectera que Philippe Séguin n’était pas le dernier des gaullistes puisque Chirac et Pasqua sont encore de ce monde. Même si nous devons souhaiter une longue vie à ces deux-là, constatons tout d’abord que ce duo fondateur du RPR n’est plus dans ce monde politique qu’il pâturait depuis des décennies mais surtout que leur certificat de gaullisme n’est que de complaisance.

Séguin s’en allant, un point de non retour est atteint par la droite française et ne me dites pas que les Sarkozy Copé, Chatel, Bertrand ou autres Fillon peuvent se prévaloir de l’héritage de Séguin et du gaullisme même si, dans les jours qui s’annoncent, ils s’efforceront tous de nous faire croire le contraire.

Lyon, le 8 janvier 2010.

Photo: DR

08/12/2009

Boomerang

Sarkozy.jpgEn cette fin d’année et au milieu de son mandat on ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy soit en pleine forme politique, quant à l’UMP c’est encore pire. L’hyper–président s’est sensiblement calmé et ses rodomontades n’effraient ni ne séduisent plus grand monde. Il est vrai qu’à vouloir tout régler soi même et à sauter sur tout ce qui bouge on s’épuise et on lasse et Sarko paye aujourd’hui la note pas seulement dans les sondages.

Comme si ses trucs ne prenaient plus. Il en est ainsi du sulfureux débat sur l’identité nationale qui ne fait ni oublier les échecs de Sarko face à la crise ni la stratégie de basse politique qu’il y a derrière ce débat créé de toute pièce par un ministre d’ouverture qui, comme tous les traîtres, en fait toujours plus pour se justifier. Mais les ennuis du président ne s’arrêtent pas là, resté leader de l’UMP il n’arrive plus à faire fonctionner la machine abandonné par un Xavier Bertrand qui vit son poste comme une punition et même un Frédérique Lefebvre devenu atone vexé de ne pas avoir été ministre. Et puis les réformes ont parfois des effets collatéraux. Celle du Parlement, par exemple, permet aujourd’hui aux groupes UMP des deux chambres une marge d’émancipation. Et l’on voit le Sénat contrecarrer les plans du gouvernement concernant la suppression de la taxe professionnelle ou la réforme des collectivités avec en leader de la fronde un ancien premier ministre toujours vice président de l’UMP.

Pas étonnant dans ces conditions que les têtes d’affiches ne se bousculent pas pour conduire les listes aux régionales. D’autant que lorsqu’il y a un volontaire, comme dans le Rhône, bien qu’adoubé par la fédération et les parlementaires il est récusé par Sarkozy. Lequel s’est d’ailleurs engagé dans une tactique discutable en voulant des listes regroupant toutes les formations qui le soutiennent dès le premier tour. Cela ne lui donnera pas un score mirobolant pour autant et il manquera de réserves au second. Un raisonnement qui vaut, selon moi, aussi pour les verts. Cette tactique, en effet, peut convenir pour l’élection présidentielle car il y là un homme ou une femme face à l’électorat national. Pour une élection décentralisée la donne est différente et l’UMP risque de s’en rendre compte à ses dépends en recevant le résultat comme un boomerang.

Philippe Dibilio

Photo: DR

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[Edit JYS]: Le collectif de défense de l’IVG à Lyon organise une Soirée-débat le 10 décembre 2009, à 18H30 Au Centre Culturel et de la Vie Associative de Villeurbanne, 234 Cours Emile Zola, 69100 Villeurbanne. (Métro Flachet).

12/05/2009

Punition

cravache.jpgSarkozy et son gouvernement auraient-ils décidé de punir Lyon et son agglomération ? La question mérite d’être posée au regard de quelques faits récents.

Il y a eu, tout d’abord, le revirement inacceptable de la ministre de l’intérieur sur le projet de caserne de gendarmerie à Sathonay Camp. Un projet travaillé et pour lequel le Grand Lyon a engagé financement et travaux, de voirie en particuliers. Un projet bouclé par un groupement d’entreprises qui y a investi des sommes respectables et du travail de préparation au détriment d’autres marchés et qui se retrouve maintenant le bec dans l’eau.

Puis est tombée l’annonce de la participation financière de l’état aux transports de l’agglomération : 28 millions pour le Sytral contre 21 milliards pour Paris, soit environ 1000 fois moins et de toute façon un montant en baisse par rapport aux prévisions. Deux dossiers qui interrogent sur la validité du « plan de relance » du gouvernement qui passe ainsi à coté de chantiers prêt à partir.

On peut en tout cas s’interroger sur de telles décisions, Lyon serait-il devenu un territoire oublié du gouvernement ou bien veut-on punir cette ville qui s’est installée à gauche ? Il serait à ce propos intéressant de savoir ce qu’en pense François Noël Buffet, parlementaire en charge du suivi de l’application du plan de relance en Rhône-Alpes, à moins qu’il ne se sente plus concerné en matière de transports maintenant que les travaux du métro à Oullins sont engagés. Certes il n’y aurait rien d’extraordinaire à tout cela lorsque l’on regarde la pratique politicienne d’un Sarkozy toujours à l’affût d’un petit coup tordu pour déstabiliser son opposition. Sans aller jusqu’à penser que le Philippe Cochet soit derrière la manœuvre car il se dit que depuis l’épisode de la mayonnaise qu’il a monté autour des deux œufs lancés sur la caravane UMP lors de son passage place Bellecour sa côte a sensiblement baissée auprès d’un Xavier Bertrand qu’il a engagé dans cette manip médiatique dont le secrétaire général du parti sarkozyste a eu du mal à se sortir.

Mais l’on ne peut exclure que cette volonté de nuire à l’agglomération ne cache l’idée de gêner Gérard Collomb dans la réalisation de son mandat et ce en vue des prochaines échéances. C’est en tout cas bien à la mesure d’une opposition locale qui peine à se trouver un angle d’attaque et qui ne joue en fait que de son pouvoir de nuisance comme elle le fait déjà à propos du Grand Stade à Décines.

Philippe Dibilio

16/04/2009

Conseils

pierre_assouline.jpgIl y a quelques semaines de cela, Pierre Assouline nous proposait un pétillant billet dans Le Monde 2 (n°268 du 4 avril) intitulé « Effet collatéral ». Il s’agissait pour l’écrivain et journaliste d’évoquer ces livres qui connaissent un destin merveilleux par le seul fait de rentrer dans l’actualité de façon imprévue oubien de se retrouver entre les mains d’une personnalité. A l’appui de sa démonstration Assouline nous parlait des « Hauts de Hurlevent » ouvrage dont les ventes sont subitement dopées suite au succès de « Fascination », la saga de Stephenie Meyer. Du côté des personnalités susceptibles de faire exploser les ventes, Obama est de loin le plus efficace puisqu’il suffit d’un cliché du Président lisant un bouquin pour qu’un essai ou une biographie assurent des droits d’auteur à vie à un écrivain. Même si notre chauvinisme doit en prendre un coup, il convient d’admettre qu’avec Sarkozy il n’en va pas de même. Notre Président reste loin d’être un booster car même cette pauvre Princesse de Clèves pourfendue par la parole présidentielle ne décolle pas d’un pouce.

Amis éditeurs, sachant que les temps sont difficiles, voici donc quelques suggestions, lestées d’une bonne dose de street-marketing, qui devraient donner du tonus à vos ventes sachant, à condition d’être parfaitement choisie, qu’une personnalité, pour des investissements parfois mineurs peut vous éviter de dépenser les budgets publicitaires les plus lourds. A l’instar de ce que Run DMC avait fait jadis pour Adidas ou Lady Diana pour le sac « Lady Dior », voici mes conseils très opérationnels susceptibles de vous sortir de la mouise.

Prenez les socialistes, deux noms s’imposent. Martine Aubry avec l’opuscule de Arthur Schopenhauer, « l’Art d’avoir toujours raison » (Mille-et-une-nuits, 2,5 euros) et Benoît Hamon pour « Convaincre en moins de deux minutes » de Nicolas Boothman (Marabout, 6,90 euros) sont les totems qui manquent à l’évidence à ces deux éditeurs.

A droite, comment se passer d’un Président comme le notre qui, photographié avec « Le petit traité de manipulation à l’usage des gens honnêtes » de Joule et Beauvois rendrait les choses beaucoup plus simples pour les éditions PUG (19 euros). Le chouchou, le miel incarné et président de l’UMP, Xavier Bertrand doit devenir le vecteur de communication de l’éditeur « Vie sociale » qui avec son « Comment se faire des amis » de Dale Carnegie cartonne déjà.

Cela étant, à bien y réfléchir, « tout est sous contrôle » de Hugh Laurie, le célèbre interprète de Docteur House (21 euros) pourrait également convenir. Aux Editions Sonatine d’y réfléchir.

Et Bayrou, me direz-vous. C’est juste. Le leader de l’extrême centre à géométrie variable est détenteur d’un potentiel exceptionnel que même ses derniers amis n’arrivent pas à reconnaître. Les Editions Flammarion qui connaissent fort bien leur business devraient se pencher sur le cas du béarnais qui pourrait ainsi relancer les ventes de « On ne pense qu’à ça » (19,90 euros)

Il n’y a pas, loin s’en faut, que la politique dans la vie. Les vedettes du sport peuvent devenir des officiers traitants de la littérature à très haut rendement même si, comme pour le Président, l’idée de les associer à la lecture peut s’avérer suspecte à certains consommateurs. Compte tenu de cette difficulté, le dernier ouvrage de Harlan Coben pourrait convenir aussi bien avec Ribery que Anelka car « Sans un mot » est un titre totalement accrocheur (Belfond, 21,50 euros).

Enfin, un petit regard circulaire sur notre élite artistique s’impose tout de même. Avec Julien Doré, Fayard devrait miser gagnant pour doper « Grandir » le livre de Claude Halmos qui s’efforce de faire comprendre les étapes de la construction de l’enfant (20,90 euros) et, au final, je recommande sans réserve aux Editions Actes Sud de se rapprocher des agents de Mylène Farmer, seule artistique capable de donner un bon coup de fouet aux ventes de « La Princesse des glaces » de Lamula Läckberg (21 euros).

Hautes-Pyrénées, le 16 avril 2009

 

08/04/2009

De la perception à la réalité

bv000138.thumb.jpgDans une interview au « Progrès » le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, s’insurge contre les séquestrations de dirigeants d’entreprise comme ce fût le cas ces dernières semaines. « La violence n’a jamais été une réponse, même si les décisions reçues par les salariés sont perçues comme violentes » déclare-t-il doctement.

Et oui lorsqu’un salarié apprend son licenciement il n’a pas à se sentir agressé en particuliers dans cette période de crise où la perspective de retrouver un emploi est mince. Lorsqu’il se trouvera face à l’assiette vide, ou presque, de ses enfants tout au plus sera-t-il autorisé par Xavier Bertrand à percevoir une pointe de violence. En revanche, poursuit le leader UMP : « séquestrer quelqu’un, le séparer de sa famille car il exerce une activité professionnelle, est impensable. Il n’y a pas que le climat social il y a aussi le pacte social. » Mais c’est justement parce que le pacte social n’a pas été respecté que les ouvriers de Caterpilar, par exemple, en sont venu à cette forme d’action extrême qu’est la rétention de dirigeants. Que demandaient-t-ils d’autre que la présence de leurs patrons à la table de négociation ces salariés en colère ? Car c’est une pratique permanente qui s’instaure et qui veut que les décisions de licenciement se prennent en petit comité et sont annoncées de la manière la plus cavalière par voie de presse ou par texto.

Apparemment Xavier Bertrand ne perçoit pas ces méthodes comme violentes. Après tout pour lui un salarié n’est rien d’autre qu’une force de travail que l’on achète quand on en a besoin et seulement dans ce cas. Mais au fond il a raison Bertrand, il ne fait que nous rappeler les fondements du capitalisme. Un capitalisme qu’il serait bien vain de vouloir moraliser et qui demandera beaucoup d’abnégation à ceux qui voudront seulement le réglementer.

Philippe Dibilio

30/01/2009

L'armée de l'ombre

besson.jpgMercredi dernier sortait sur nos écrans "Espions", un film de Nicolas Saada ayant pour vedette Guillaume Canet. En guise d'accroche de la campagne de promotion du film figurait cette formule, "chaque année, des centaines d'anonymes sont recrutés par les services secrets pour effectuer une mission".

Samedi dernier sortait de la manche de Nicolas Sarkozy la nouvelle superprodruction de l'UMP, "le chouchou et le traître", avec dans les rôles titres Xavier Bertrand et Eric Besson. Nul n'a tenté le moindre rapprochement entre ces deux informations. Mise à part quelques protestations rapidement étouffées de députés UMP particulièrement bougons, la nomination du transfuge Besson à la direction du Parti Présidentiel semble être passée comme une lettre à la poste.

En vérité, régulièrement, des dizaines d'anonymes socialistes sont recrutés par les services spéciaux du PS pour effectuer des missions à l'intérieur des lignes ennemies. Parmi ceux là, celui que l'on nomme le transfuge est assez représentatif du phénomène. Prototype du parfait anonyme, élevé par Jean-Marie Messier puis entraîné par Lionel Jospin jusqu'au jour de son exfiltration, Eric Besson est à placer au rang des grands aventuriers du mouvement ouvrier comme les Trepper et autres Valtin.

Aujourd'hui avec ses réseaux, Besson contrôle les Affaires étrangères, la pauvreté, la politique de la ville, l'immigration, les marchés bourssiers. D'autres moins exposés que lui déterminent les voies et moyens de la croissance et même de temps à autre les réformes institutionnelles.

Grâce à l'ensemble de ces camarades à qui l'histoire rendra un jour justice, le pouvoir Sarkozyste, quasi fantôche, est presque sous contrôle idéologique et la gauche est en passe de devenir hégémonique sur le plan des idées. Il suffit de constater les appels du Président pour la refonte du capitalisme, la liquidation des énarques, la promotion de la classe ouvrière, la chasse aux nantis et autres banquiers pour s'en convaincre. Désormais Jaurès et Blum triomphent et, sous peu, Max Gallo devrait devenir Secrétaire perpétuel de l'académie française.

Depuis que je vous parle, des dizaines de ces anonymes viennent de rejoindre l'UMP et des centaines d'agents dormants n'attendent qu'un signe d'Eric Besson pour investir toutes les superstructures de l'appareil Umpiste. Leur combat est l'aurore de nos victoires. Par le don de son corps à la gauche nous pouvons dire qu'Eric Besson nous démontre que l'orient est rouge et qu'il va faire beau demain. Il n'était pas inutile de resituer le rôle de cette armée de l'ombre dans le mouvement général qui est en marche.

Lyon, le 30 janvier 2009

(Je sais que certains ne vont pas me croire mais la publication de ce billet le jour de la Sainte Martine est totalement fortuit)

photo:DR

19/10/2007

La caissière du supermarché est bien barrée

medium_Caddie.jpgCe matin dans le Figaro, Nicolas Barré dans un éditorial intitulé « aux grévistes » fait sa petite leçon de morale aux cheminots en leur expliquant notamment qu’il y a plus malheureux qu’eux. Argument favori de la droite depuis quelques semaines, Barré nous parle de « La caissière de supermarché (qui) manipule chaque jour à sa caisse deux tonnes de produits ! ». Je ne sais pas si vous l’avez relevé mais la caissière d’hyper est devenue, bien malgré elle, la caution de la droite pour détruire les régimes spéciaux des agents de la SNCF et de la RATP.
Horaires partiels et fractionnés, salaires particulièrement bas, stress, tâches répétitives la caissière de l’hyper est effectivement une victime non consentante d’un système qui la broie. Puisque ce Monsieur Barré semble tant s’intéresser aujourd’hui au sort de ces milliers de femmes qui triment dans des conditions scandaleuses et pour trois-francs-six-sous chez ses amis Leclerc et Mulliez, je suggère à notre belle âme du Figaro, au nom de la pénibilité du travail, d’exiger de ses amis Sarkozy, Fillon et Bertrand un régime spécial de retraite pour les caissières de nos supermarchés. Au point où il en est, il doit imposer aussi une revalorisation de leurs revenus et la fin de ces mi-temps fractionnés qui détruisent leur vie familiale. Aujourd’hui le camarade Barré vient de rejoindre le combat qui vise à redonner une dignité aux caissières des supermarchés. C’est donc un grand jour pour les travailleurs de ce pays.
C’est la lutte finale groupons-nous et demain... (air connu).

Lyon, le 19 octobre 2007.

03/08/2007

G comme Grippe aviaire (la cape de Vargas)

medium_G_2.jpgDe temps à autre, un cygne tourne de l'œil et les élevages de poulets et canards sont mis en sûreté, les concours agricoles expulsent tout ce qui relève de la plume, quelques scientifiques donnent de la voix et au bout de quelques semaines tout retourne "à la normale" en attendant qu'un autre volatile rende l'âme.

Depuis sa résurgence à la fin de 2003, la pandémie a fait près de 180 morts, principalement en Asie. Voilà pour le tableau d'ambiance mais à propos de cette grippe aviaire je voudrais dire quelques mots à propos de Fred Vargas que chacun connaît comme auteur de polars, moins comme historienne et archéologue et de ce fait comme conceptrice d'une cape réutilisable anti-H5N1 en matière plastique qui recouvre le corps.

Après une période d'indifférence frisant la suffisance, Xavier Bertrand qui était ministre de la santé du dernier gouvernement Villepin avait indiqué dans un entretien à Libération qu'un prototype de la cape de Fred Vargas était en test au Laboratoire des Essais. Cette invention de l'archéologue mise au point avec le Professeur Derenne, chef de service de pneumologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière a l'immense mérite d'être simple, accessible à tous car peu coûteuse et utile en cas d'épidémie car elle permettrait à chacun d'aller et venir dans un contexte de crise et de risques majeurs.

Ce qui est sympathique avec Vargas est que la passion est réelle et l'engagement total. Ecoutons-la.

"Tant mieux s'ils reprennent mon idée, mais j'aimerais éviter que les industriels se fassent un maximum d'argent. Et je voudrais qu'au contraire cela serve aux plus pauvres. Car dans toutes les épidémies, ce sont eux qui trinquent"/…/"J'ai commencé à me poser des questions, comme ça, un peu par hasard. J'ai bien vu qu'on nous racontait des histoires avec ces centaines de millions de masques stockés. Des masques certes utiles, mais qui ne protègent pas de tous les types de contamination car la grippe se transmet par des petites gouttelettes qui peuvent après avoir été expectorées, se déposer un peu partout comme des feuilles qui volent."/…/"Ces gouttelettes peuvent se déposer sur les habits, les cheveux, les mains. Il suffit ensuite de se frotter les yeux pour être infecté."/…/"Avec Derenne, on a travaillé sur la circulation des gouttelettes, peu à peu est née cette idée d'une grande cape, de la tête aux pieds, qui protégerait à 100%"/…/"La question centrale c'est la respiration. C'est pour cela que je n'ai pas retenu une combinaison fermée. C'était trop compliqué, or il fallait quelque chose de simple à construire". (Propos repris de http://www.influenzah5n1.fr/index.php?action=forum)

Si vous vous intéressez à la grippe aviaire et à ces questions de pandémies, le blog de Jean-Marie Le Guen, député socialiste de Paris et Président de la Mission Parlementaire sur la grippe aviaire ainsi que ceux de deux de nos médecins les plus médiatisés son très utiles à consulter: http://martinwinckler.com et www.christianlehmann.net.

 
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