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26/08/2009

V comme « Villes moches»

V.jpg

« Il paraît que Tokyo est la plus belle des villes moches du monde » écrit Florent Chavouet dans l’introduction de son récit graphique intitulé « Tokyo Sanpo ». Personnellement je n’ai jamais mis les pieds dans la capitale japonaise et si vous êtes comme moi, offrez-vous ce bouquin qui retrace le séjour de l’auteur de juin à décembre 2006. Vignettes, crayonnés, esquisses, plans se succèdent tout au long des 200 pages de ce recueil qui pose un regard tantôt acide, tantôt tendre sur Tokyo et les japonais. C’est en fait le portrait de tout un petit monde parcouru par Florent Chavouet qui émane de cet album de voyage découpé selon les quartiers de la ville et par des interludes le plus souvent au plus proche du quotidien. Ici nulle étude sociologique tout est affaire de touches personnelles et de ces petits détails qui font souvent le charme de la vie. Dans « Tokyo Sanpo » on trouve tout. La chaise pliante acquise sur place étant donné l’absence de bancs publics, le vélo, le stylo acheté dans le BHV local, les sachets de pâtes, les dizaines de personnages rencontrés, du « Salaryman Strict » avec son pantalon de costume remonté bien haut au « Lycéen qui se la pète ». Des centaines de dessins qui tutoient le réalisme et la caricature, des notes le plus souvent pleines d’humour qui peuvent faire croire un instant au lecteur que Tokyo n’a presque plus de secret pour lui.

Tokyo Sanpo.jpgEspérons que comme les Editions Philippe Picquier d’autres éditeurs vont expédier ce Florent Chavouet parcourir le monde pour nous rapporter d’autres carnets de New York, Cuba, Buenos Aires, Dakar ou Melbourne.

> « Tokyo Sanpo », Editions Philippe Picquier, 24 euros.

Lannemezan, le 26 août 2009.

23/03/2009

Mea culpa

ROBIN.jpgLa semaine passée, plus exactement le 13 mars, j’essayais de vous convaincre de vous procurer, pour le dévorer, l’excellent bouquin de Régine Robin intitulé « Mégapolis » paru chez Stock.

Histoire probablement de faire le malin, craignant que ce livre ne passe inaperçu et donc finisse mal sans que vous n’ayez le temps de réagir, je m’aventurais à évoquer le sinistre pilon qui est malheureusement le destin de nombre d’ouvrages souvent remarquables.

Régine Robin, l’auteure de « Mégapolis » s’est autorisée, à juste raison, à m’envoyer un mail pour me dire que son livre connaissait un beau succès critique et qu’il était donc loin du pilon.

Autant vous dire que je ne peux que me réjouir du fait que ce livre trouve en France son public.

Une fois dit que ma formule, pour le moins malheureuse, sur le pilon est à oublier, je veux encore une fois vous recommander « Mégapolis », féliciter les éditions Stock de l’avoir publié et remercier Régine Robin d’avoir mis les points sur les « I ».

Régine Robin, « Mégapolis, les derniers pas du flâneur », Stock, 2009 – 25 euros

A noter que « Berlin chantiers » autre ouvrage de Régine Robin vient d’être réédité chez Stock

Lyon, le 23 mars 2009

Photo:DR

 

13/03/2009

Mégapolis

megapolis1.gifCe n’est pas le bon air de la Ruhr qui me conduit à vous dire aujourd’hui quelques mots de l’un de ces bouquins sur les villes dont le destin est malheureusement de passer inaperçu avant de filer en douce au pilon. Celui-ci s’appelle « Mégapolis » et est écrit par une sociologue dont je ne connaissais pas le travail avant de tomber par un heureux hasard sur son dernier opus. Auteure d’une vingtaine d’ouvrages dont certains sont manifestement réservés à nos seuls cousins de la « belle province », ce « Mégapolis » est une formidable balade dans les grandes mégalopoles, New York, Londres, Los Angeles, Buenos-Aires et quelques autres. Loin des bouquins savants et parfois pénibles, celui de Régine Robin est avant tout la déambulation d’une amoureuse des villes, une flânerie, rassurez-vous cultivée, au-travers de ce que nos grandes conurbations produisent de pire comme de meilleur. De David Bradford, simple taxi de Brooklin au Tokyo d’Ozu, de Los Angeles, « une ville où même les pieuvres se suicident » en passant par le périphérique londonien, ce livre fourmille de détails et d’impression personnelles mais aussi, souvent par la bande d’analyses plus que conséquentes.

Croiser avec Régine Robin dans Paris, Los Angeles ou Londres ce n’est pas uniquement bénéficier de la compagnie d’un guide fiable et curieux, c’est aussi, et même surtout pénétrer dans un imaginaire cinématographique tout en relisant certaines pages des littératures d’aujourd’hui. En progressant dans « Megapolis » on rencontre l’inspecteur Bosch de Michael Connely, les photographies de Dennis Hopper, l’architecte Rem Koolhaas et son plaidoyer pour Dubaï sans oublier quelques plans de « My beautiful Laundrette », Borges, Spike Lee ou Walter Benjamin.

Ces formidables balades aux quatre coins de la planète des villes sont aussi truffées de souvenirs fugaces, de chambres d’hôtels, de bouches de métro, de néons hideux et de bouts de trottoirs. John Lennon, Marilyn Monroe, Sunset boulevard par le bus n° 2, l’épicerie d’Auggie à Brooklin, la statue de Carlos Gardel, squattent, parfois pour une poignée de lignes des itinéraires souvent bénis des dieux du cinéma. Un régal !

  • Régine Robin, « Mégapolis, les derniers pas du flâneur », Stock, 2009 – 25 euros.

Photo:DR

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Le festival Artischaud dont on connaît tout à la fois la qualité artistique et le combat pour "la libre diffusion de la musique" organise une "édition primeur" de l'évènement ce soir et demain. En voici la programmation tout en sachant qu'il convient de venir avec sa clef USB

  • Ce soir, au CCO, scène Slam ouverte, "Rap conscient" avec les stéphanois du Collectif Mary Read et Guarapita (Ska).
  • Demain, au Sixième Continent, Delagarma annoncé comme un groupe "post folk world" (?) et Galerne (world)

Renseignements sur artischaud.org

artschaud.jpg

Lyon, le 13 mars 2009

Photo:DR

 

03/12/2008

L’air du temps

broadway.jpgS’il est un sujet qui grimpe au hit parade de l’actualité politique et institutionnelle c’est bien celui de la « métropolisation ». Derrière ce terme barbare se cache l’idée de faire émerger en France un certain nombre de métropoles et de leur trouver une place au sein du millefeuille de nos assemblées locales. Une volonté qui relève aussi de la nécessité si l’on veut se mettre à niveau de ce qui se passe en Europe et dans le monde. Il est peu dire que la métropole lyonnaise à construire est concernée par cette perspective, il s’agît même d’une question vitale si, comme le souhaite Gérard Collomb, l’agglomération lyonnaise veut entrer dans le Top 15 des grandes villes mondiales. Et l’actualité dans ce domaine ce sont les travaux de la commission Balladur sur l’organisation des collectivités territoriales. Il est intéressant à ce propos de relever l’approche de Dominique Perben, qui participe à la –dite commission, et qu’il a exprimé lors d’un déjeuner avec des journalistes lyonnais. Il nous informe qu’avec ses collègues il planche sur « la création de communautés métropolitaines élues au suffrage universel et reprenant les compétences des communautés d’agglomération, des conseils généraux et certaines des Régions ». Voilà bien une définition institutionnelle qui correspond à l’attente lyonnaise. Certes il s’agît d’une piste de travail qui ne fera pas l’unanimité mais au moment où la métropolisation est dans l’air du temps il serait utile de ne pas l’ignorer et d’aider à son émergence. Car les vents contraires ne manqueront pas ; à commencer par ceux qui soufflent depuis l’Elysée. Devant le congrès des maires , en effet, Nicolas Sarkozy a plaidé contre l’élection des communautés de communes au suffrage universel. Mais comme avec lui le revirement n’est jamais bien loin on peut penser que la piste de la commission Balladur n’est pas forcement bouchée et, au-delà des clivages politiques, il serait intelligent de la remonter.

Philippe Dibilio

Lyon, le 3 décembre 2008

photo/ DR

13/10/2008

Nos cités vont craquer

Grand ensemble.jpgEn fin de semaine passée, j’étais à Brest pour les journées annuelles des Communautés Urbaines de France. Vous ne le savez peut-être pas mais les Communautés Urbaines rassemblent plus d’un Français sur dix et la création, le 1er janvier prochain, de tels instruments de coopération à Toulouse et Nice va renforcer le poids d’agglomérations qui portent des politiques aussi décisives que les transports collectifs, le logement, le développement économique et bien d’autres encore comme l’urbanisation ou le soutien à la recherche. Bref, la place des Communautés Urbaines est telle que l’Etat a toujours reconnu leur importance majeure pour le pays, tellement importante que pour la première fois, aucun Ministre n’a fait le voyage de Brest pour venir expliquer aux élus et techniciens rassemblés dans la cité océane de quoi l’avenir serait fait. Il faut dire, qu’à voir la maltraitance que le gouvernement réserve aux Communautés Urbaines on ne peut que comprendre la politique de la chaise vide pratiquée par nos ministres.
Les Communautés Urbaines sont non seulement toujours en attente des remboursements des pertes fiscales provoquées par la politique du gouvernement depuis quelques années mais, en organisant l’affaiblissement financier des intercommunalités urbaines, ce « modèle pour le développement » dont parlait jadis Sarkozy, l’Etat est en passe d’utiliser nos agglomérations comme une simple variable d’ajustement dans la crise des finances publiques de la France. En pratiquant ainsi, l’Etat non seulement bouscule l’équilibre financier des agglomérations mais pire porte des coups à l’un des meilleurs moteurs de l’investissement local dans un environnement économique et financier semé d’embûches et de risques.
Dans ce contexte, on comprend peut-être mieux pourquoi les Ministres n’étaient pas volontaires pour se précipiter à Brest vendredi dernier. Aujourd’hui, alors qu’il en va non seulement de l’avenir du pays mais aussi de ses collectivités locales, l’Etat doit maintenir en valeur les remboursements de fiscalité aux collectivités. Il doit aussi initier une réforme de la fiscalité locale en concertation avec ces mêmes collectivités. Il doit enfin, tout en respectant ses engagements, admettre de rétablir des liens de confiance avec les collectivités locales et singulièrement les agglomérations.
En début de semaine dernière, les maires des grandes villes de France quant à eux lançaient un cri de colère en apprenant la « réforme » de la dotation de solidarité urbaine (DSU) par un gouvernement qui légifère en vase clos et qui en la circonstance va priver 238 communes de crédits pour leurs quartiers. C’était donc une sale semaine pour nos communes et agglomérations mais malheureusement probablement pas la dernière.

Lyon, le 13 octobre 2008.

22/08/2008

V comme villes

2009737600.jpgBien des livres évoqués lors de cet abécédaire de l’été sont le fruit de lectures antérieures. Côté polars c’est le cas de David Peace et Hannelore Cayre. Au rayon musique les bouquins sur Nick Drake, Tiken Jah Fakoly ou Robert Johnson n’échappent pas à cette règle. Réalité identique pour l’énorme « Histoire universelle de la destruction des livres » ou le roman de Gaelle Nohant.
 
En vérité après un saut de puce à Erevan, une semaine tranquille à Djerba et ce court séjour à Londres, l’essentiel de mes lectures estivales viennent d’être consacrées à la documentation transmise par le Grand Lyon et qui concerne la stratégie de développement de la métropole lyonnaise. Passer d’un rapport à un compte-rendu puis, via un autre rapport, à une série d’opuscules et brochures, est mon quotidien de l’été. Parmi ces lectures studieuses j’ai relu l’excellent ouvrage de Jean Haëntjens paru en début d’année aux Editions de l’aube et intitulé « Le pouvoir des villes, ou l’art de rendre désirable de développement durable ».
 
Pour Haëntjens, la ville, les villes, sont la carte gagnante de demain et l’on ne mesure pas suffisamment le potentiel représenté par nos grandes cités et agglomérations pour construire notre futur commun. Vous êtes probablement nombreux à vous laisser convaincre par un tel propos c’est pourquoi en marge de la lecture ce livre je vous engage à consulter sur www.laligneclaire.fr les trois courtes contributions livrées par cet auteur dans le cadre de l’élaboration de celle proposée par Gérard Collomb, Jean-Noël Guerini et Vincent Feltesse au sein du Parti socialiste.
 
De façon très directe, Haëntjens, partant des travaux de Braudel et de quelques autres, indique la place centrale des villes dans l’innovation et l’inventivité en particulier quand la nécessité d’un changement de modèle s’impose. Reprenant la célèbre expression de Fernand Braudel « des villes lièvres » et de « l’Etat tortue » afin d’illustrer une constante qui vise à montrer que si les Etats ont la puissance, les villes détiennent souvent quant à elles la créativité, Haëntjens aborde aussi la capacité des villes à réinventer la démocratie mais aussi à constituer « Les chevaux légers du développement durable ».
 
Nos villes et nos réseaux urbains s’ils concentrent la croissance et la richesse, tout comme la pauvreté d’ailleurs, constituent en vérité de véritables modes d’organisation tout à la fois en crise mais aussi d’authentiques laboratoires. Nos villes sont donc devenues des lieux d’innovation, de développement plus économe sans attendre dans la plupart des cas les grenelles de l’environnement. Seules les villes peuvent convaincre nos concitoyens d’être plus respectueux de l’environnement, d’accompagner leurs aspirations naissantes pour un développement durable, d’être économe de l’espace, de l’énergie, mais aussi d’établir d’autres rapports à la nature.
  • Jean Haëntjens, « Le pouvoir des villes », Editions de l’aube, 18,80 euros.
Londres, le 22 août 2008

13/02/2007

La coopération Lyon-Erevan

medium_Erevan.jpgUn petit mot rapide depuis l’aéroport de Saint-Exupéry. J’embarque dans trois quarts d’heures pour Erevan. Si cela s’avère possible, je compte vous envoyer quelques billets depuis la capitale de la République d’Arménie. Pour patienter voici quelques éléments d’un programme plutôt chargé.

Demain, rendez-vous avec l’Attaché de Coopération de l’ambassade puis déjeuner avec Monsieur Smessow le nouvel ambassadeur de France en Arménie.

Jeudi, assemblée générale du lycée professionnel de Erevan, établissement à qui les villes de Lyon et Villeurbanne apportent un grand soutien avec la SEPR (Société d'Enseignement Professionnel du Rhône), le Conseil Général de l’Isère ainsi que celui du Rhône. Vendredi rendez-vous à l’Université  française d’Arménie avec le recteur Monsieur Rousset et Monsieur Markarian, directeur exécutif de l’Union des entrepreneurs. A ces rendez-vous incontournables, selon un programme organisé par la Mairie de Erevan, je dois aussi participer à une réunion de travail concernant le futur jardin de Lyon que nos deux villes vont aménager. Une autre visant à finaliser la participation de l’Arménie à la prochaine foire de Lyon est prévue au cours de ces trois jours. Une visite à la Fédération arménienne d’échecs, championne du monde par équipe, sera organisée suite à l’échange intervenu il y a quelques semaines avec le Lyon Olympique Echec.

Si l’objectif de la mission concerne également certaines manifestations qui s’intègrent dans l’année de l’Arménie comme l’accueil de jeunes enfants de Erevan par des familles lyonnaises lors des prochaines vacances de Pâques, l’étude de nouvelles thématiques dans le cadre des accords entre nos deux villes seront également abordées, en particulier au sujet de la pollution des sols mais aussi la mise en place de politiques de santé publique.

Lyon, le 13 février 2007.

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