Avertir le modérateur

24/08/2010

U comme "Urbatopies"

U.jpg

L’an passé, ici même, je vous disais le plus grand bien de l’ouvrage de Jean Haëntjens intitulé le « Pouvoir des villes » publié par les éditions de l’Aube. Cette année, le même auteur, chez le même éditeur, nous propose « Urbatopies » un voyage dans des villes qui, selon Haëntjens « sont en train d’inventer l’urbanisme du XXIème siècle ». Cocorico, avec Barcelone, Bilbao, Copenhague, Turin, Hambourg, Vancouver ou Nantes, Jean Haëntjens distingue Lyon ce qui, vous vous en doutez n’est pas pour me déplaire. Plus sérieusement dans un bouquin efficace car ramassé, Jean Haëntjens, qui tire quelques utiles leçons comme praticien car patron d’une agence d’urbanisme, nous propose avec « Urbatopies » une sorte de prolongement du « Pouvoir des villes ». Planification, Stratégie, Urbanisme durable, interrogations quant à la qualité urbaine sont au menu d’un bouquin dont les contours politiques, au bon sens du terme, sont particulièrement présents ne serait-ce qu’en s’en prenant « au glamour planning », « aux coups architecturaux sans lendemain » et en affirmant la nécessité d’impliquer nos concitoyens.

Le livre est destiné à l’ensemble des, professionnels de la ville, étudiants, élus, militants associatifs. Publié par l’Aube, il bénéficie au sein de la collection « Villes et territoires » de l’environnement de l’ESSEC business school pour, au bout du compte, se situer dans une collection que je ne résiste pas à vous conseiller.

- L’aube, « Villes et territoires » - ESSEC business school

- Jean Haëntjens, « Urbatopies », 2010, 16 euros

- Patrice Noisette et Franck Vallérugo, « Un monde de villes », 2010, 21 euros

- Luc Gwiazdzinski et Gilles Rabin, « Urbi et Orbi – Paris appartient à la ville et au monde », 2010, 19 euros.


NB: Réponses du quizz d'hier:

  1. Réponse A : le Front National
  2. Réponse B : Nicolas Sarkozy
  3. Réponse A : le Front National
  4. Réponse B : le Front National
  5. Réponse B : Marine Le Pen
  6. Réponse B : Nicolas Sarkozy
  7. Réponse A : Marine Le Pen
  8. Réponse B : Nicolas Sarkozy

Lyon, le 24 août 2010.

05/06/2010

Cités végétales

Il y a une bonne dizaine de jours, je visitais avec l’agence d’Urbanisme de Lyon l’exposition « Cités Végétales » conçue par Luc Schuiten et qui ferme ses portes à la fin du mois de Juin. Une fois dit que l’architecte et dessinateur Luc Schuiten est le plus exquis des guides pour visiter son exposition, je ne peux vous engager qu’à vous précipiter à la Sucrière (Lyon 2ème) pour vous perdre dans le royaume urbain imaginé par un auteur qui conjugue à merveille utopies et projets les plus crédibles. Revendiquant ses élans de jeunesse liés à une radicalité issue de Mai 68, Schuiten nous invite à refaire son parcours personnel pour échouer avec ravissement dans une Part-Dieu lyonnaise revisitée avec ses ilots de verdure aux allures baroques. Au terme du parcours proposé par le sympathique Belge, le travail effectué par les étudiants lyonnais en architecture mérite lui aussi le détour. Très bonne visite à tous.

> « Cités Végétales » de Luc Schuiten, La Sucrière, quartier du nouveau confluent, Tram T1, arrêt Montrochet.



Découvrez Les Cités végétales de Luc Schuiten à La Sucrière sur Culturebox !

 

Lyon, le 5 juin 2010.

06/04/2010

Trop court

immeuble_destruction.jpg« Vaulx en Velin a changé en 6 secondes » titrait, en première page, le Progrès de vendredi jour de la démolition des 407 logements du Pré de l’Herpe. J’ai rarement lu une telle bêtise. Qu’est ce qui a changé en six secondes, le paysage certes soudain vide pour deux ans mais Vaulx n’a certainement tourné une page de son histoire comme il est encore écrit. Six secondes c’est juste le temps d’énoncer une idée trop courte et foncièrement fausse. Cela fait 20 ans maintenant que la ville aménage, démolit et reconstruit dans le cadre de la politique de la ville et le changement est à peine perceptible, encourageant certes mais si lent. Car si la politique de la ville marchait ça se saurait. Initiée à la fin des années 70 elle est beaucoup trop fondée justement sur le miracle de la démolition/reconstruction dans lequel tombe le Progrès. Comme si de détruire des bâtiments réglait les problèmes de ceux qui vivent dedans.

Ces immeubles, ces appartements n’étaient pas insalubres et souvent grands et fonctionnels. Au pire la conception urbanistique visant à les couper de toute circulation pour imposer les déplacements pédestres les avaient-ils mis en situation d’enfermements. Mais ça c’est le problème des urbanistes qui voient les logements du dehors et ne les habitent pas, il leur faut une idée gadget pour impressionner l’élu. Aujourd’hui c’est de mettre de la verdure dans une ZUP qui, contrairement aux idées reçues, en comporte beaucoup.

En s’enfermant dans cette pratique et épaulée d’aussi brillants conseillers, la politique de la ville s’est fourvoyée et ne réussit toujours pas. D’ailleurs qu’est devenue Fadela Amara ?. Le problème des cités réside dans la situation sociale de leurs habitants. Dans un élan unanime qui réunit préfecture, bailleurs sociaux et parfois même collectivités on installe là ceux qui ne peuvent refuser et l’on crée des ghettos. Et pourtant ils se battent ces habitants, contre la fatalité d’abord pour en sortir aussi et ils font preuve d’imagination de solidarité et d’espoir. Et quand ils franchissent un cap social ils restent majoritairement dans la ville parce qu’il y trouve un lien et un soutien social qu’ils ne sont pas sûr d’avoir ailleurs. Car ces habitants des quartiers avec ou sans papiers sont une composante de la classe ouvrière émiettée d’aujourd’hui. Chômeurs, travailleurs occasionnels, précaires ils sont néanmoins les acteurs potentiels du peuple de gauche. Ceux que l’on n’entend pas et qui ne votent plus. Ceux que les derniers militants des quartiers continuent à rattacher à une vie sociale et collective. Ceux à qui la gauche a le devoir de parler en allant sur place, sur leur terrain pour les entendre et construire avec eux des propositions proches de leurs soucis sans leur parler d’impôts que dans leur grande majorité ils ne paient pas faute de revenus suffisants. A l’heure où s’ébauche , nous dit-on, le programme de la reconquête il faut leur consacrer des heures, en direct ; sinon ce sera trop court et ils ne seront pas au rendez vous.

Philippe Dibilio

25/09/2009

Paris, reine du monde.

affiche-40x60-gp-c_535f7.jpgCe midi je vais visiter, avec une délégation de notre Agence d’Urbanisme, l’exposition « Grand Paris » à la Cité de l’Architecture. Vous le savez, en France, la capitale et sa région bénéficient d’une attention et de moyens sans pareils au point que depuis quelques temps le gouvernement s’est même doté d’un ministre en charge de la région capitale. D’ailleurs la réforme territoriale que ce même gouvernement nous prépare ne semble avoir que faire de l’avenir de ce que encore hier on appelait « Les métropoles d’équilibre ». Avec Sarkozy, la bonne vieille expression « Paris et le désert français » semble reprendre du poil de la bête. Je disais donc que les provinciaux de Lyon allaient visiter l’exposition consacrée à la Capitale.

C’est la consultation sur le « Grand Paris » intervenue il y a moins de deux ans qui enfante cette exposition qui examine Paris à très grande échelle. C’est d’ailleurs un lyonnais le président du PRES, Michel Lussault, professeur de géographie à l’ENS, qui a coordonné le cahier des charges de cette consultation et visiter tout à l’heure l’exposition en sa compagnie est chose très précieuse.

Cette exposition s’est donnée pour mission de rendre compte de l’aspect novateur de la consultation, du foisonnement des propositions et des démarches. Elle devrait probablement nous permettre, à nous qui entamons un travail à l’échelle métropolitaine (Lyon - St-Etienne - Bourgoin - Vienne), de nous emparer d’un travail au contenu intellectuel riche, de nous pénétrer d’une démarche ouverte en direction des différents acteurs, plus souple en terme de procédure et, espérons-le, créative.

Comme l’a envisagé l’équipe du « Plan d’Urbanisme Construction et Architecture » (PUCA) du ministère de l’écologie, en refusant toute logique de « Master plan » et de schéma général, c’est le pragmatisme, l’histoire des lieux et des territoires, la géographie et les paysages qui dictent la réflexion à l’œuvre.

Nous verrons bien comment l’exposition traduit cette démarche et je ne manquerais pas, si nécessaire, de vous en dire deux ou trois mots dans les semaines prochaines. Si vous aussi, vous souhaitez visiter cette exposition sur les projets du Grand-Paris, c’est à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, 1 Place du Trocadéro, Paris 16ème, métro Trocadéro.

Paris, le 25 septembre 2009.

03/06/2009

Ville numérique

flyer1.jpgLe mercredi 1er juillet, l'Agence d'urbanisme de Lyon organise une rencontre particulièrement intéressante sur le thème "Ville numérique, nouveaux usages, nouveaux visages". Alors que les technologies numériques envahissent notre quotidien. Il s'agit pour les initiateurs de cette manifestation d'évaluer en quoi internet, téléphonie mobile, puces RFID, systèmes interactifs et tactiles et automatisations en tous genres pèsent sur nos modes de vie, nos déplacements et plus généralement sur nos pratiques de la ville et des territoires.

En favorisant de nouveaux visages et de nouvelles pratiques, le numérique, en développant aussi des réseaux sociaux, des outils interactifs, en générant une information en temps réel, fait émerger une réalité urbaine nouvelle. Tel est le sens que l'Agence lyonnaise souhaite donner à cette première rencontre qui sera structurée autour de deux tables rondes. La première s'interrogera sur le modèle urbain de proximité et les nouvelles technologies. La seconde, peut être plus interrogative encore, cherchera à évaluer le mieux possible les conésquences du développement du nmérique à l'égard de critère comme la solidarité ou les capacitiés d'intégraiton. Animés par des acteurs du numérique, des spécialistes du fait urbain et d'experts de la FING (programme de réflexion Villes 2.0) ces tables rondes se dérouleeront le 1er juillet de 14h à 19h à la Communauté urbaine de Lyon.

Pour en savoir plus se rendre sur http://villeetnumerique.over-blog.com et http://www.villes2.fr

Contact: e.guiboud@urbalyon.org - 04 78 63 48 64

Lyon, le 3 juin 2009.

23/03/2009

Mea culpa

ROBIN.jpgLa semaine passée, plus exactement le 13 mars, j’essayais de vous convaincre de vous procurer, pour le dévorer, l’excellent bouquin de Régine Robin intitulé « Mégapolis » paru chez Stock.

Histoire probablement de faire le malin, craignant que ce livre ne passe inaperçu et donc finisse mal sans que vous n’ayez le temps de réagir, je m’aventurais à évoquer le sinistre pilon qui est malheureusement le destin de nombre d’ouvrages souvent remarquables.

Régine Robin, l’auteure de « Mégapolis » s’est autorisée, à juste raison, à m’envoyer un mail pour me dire que son livre connaissait un beau succès critique et qu’il était donc loin du pilon.

Autant vous dire que je ne peux que me réjouir du fait que ce livre trouve en France son public.

Une fois dit que ma formule, pour le moins malheureuse, sur le pilon est à oublier, je veux encore une fois vous recommander « Mégapolis », féliciter les éditions Stock de l’avoir publié et remercier Régine Robin d’avoir mis les points sur les « I ».

Régine Robin, « Mégapolis, les derniers pas du flâneur », Stock, 2009 – 25 euros

A noter que « Berlin chantiers » autre ouvrage de Régine Robin vient d’être réédité chez Stock

Lyon, le 23 mars 2009

Photo:DR

 

24/10/2008

Le Havre

le_havre_1.jpgJe suis depuis avant-hier soir au Havre pour participer aux traditionnelles Rencontres Nationales des Agences d’Urbanisme. Dans ma jeunesse le Havre était un bastion communiste inoxydable abandonné depuis à la droite mais aussi la tête de pont de nos rêves vers l’Angleterre et sa musique. Little Bob, le rockeur local est peut-être l’artiste que j’ai le plus vu sur scène, dans les MJC caennaises lors des années soixante-dix débutantes et même en première partie d’Eric Burdon à la Bourse du Travail. Ecoutez Little Bob et en particulier son « Live in the Dockland » enregistré au Havre, c'est-à-dire à la maison, pour le 30ème anniversaire de la carrière du petit Piazza en 2005. C’est juste et énergique. Juste énergique ! Les plus nostalgiques d’entre-vous pourront se délecter, en visionnant le DVD joint, de versions, après tout encore dignes, de « Midnight to six man » et « Come see me » des Pretty Things avec, s’il vous plait, deux vieux chauves, Phil May et Dick Taylor en personne.

Le Havre, pour toute une génération, c’est aussi Philippe Garnier l’un des chroniqueurs fétiches du Rock & Folk de la belle époque, l’un de ceux qui nous a fait humer l’air et les airs de l’Amérique. Ancien disquaire Havrais, Garnier était chaque mois notre officier traitant en Amérique et peu à peu les lecteurs de Libération ont pénétré les couloirs abandonnés du vieil Hollywood des séries B et les recoins magnifiques d’une littérature américaine cachée grâce à Philippe Garnier.

Les choses apparaîtront aux plus jeunes d’entre-nous comme au mieux subalternes et au pire pathétiques mais Garnier, notre grand frère américain, nous a aussi fait (re)découvrir Hammett et Bukowski, John Fante mais également un goodis mystérieux.

Reconstruite après la guerre par l’immense Auguste Perret, inscrite au Patrimoine de l’UNESCO, la ville du Havre mérite plus qu’un détour. Le Havre c’est aussi la Maison de la Culture confiée au Camarade Oscar Niemeyer, la Seine finissante, le Pays de Caux tout proche mais surtout un port .Cela étant ce n’est pas faire offense aux édiles havrais (de Duromea à Rufenacht) d’affirmer que pour nombre d’entre nous entre le Roi de la frite et les ferries pour l’Angleterre, le Havre c’est Little Bob, Garnier sans oublier Queneau et Dhorasoo. Mais je me disperse, je suis à l’Hôtel Ibis et il est grand temps d’aller débattre de l’aménagement de nos territoires.

  • > Little Bob, « Live in the Dockland », Dixie Frog.
  • > Philippe Garnier, “Les coins cassés”, Grasset.

Le Havre, 24 octobre 2008.

13/10/2008

Nos cités vont craquer

Grand ensemble.jpgEn fin de semaine passée, j’étais à Brest pour les journées annuelles des Communautés Urbaines de France. Vous ne le savez peut-être pas mais les Communautés Urbaines rassemblent plus d’un Français sur dix et la création, le 1er janvier prochain, de tels instruments de coopération à Toulouse et Nice va renforcer le poids d’agglomérations qui portent des politiques aussi décisives que les transports collectifs, le logement, le développement économique et bien d’autres encore comme l’urbanisation ou le soutien à la recherche. Bref, la place des Communautés Urbaines est telle que l’Etat a toujours reconnu leur importance majeure pour le pays, tellement importante que pour la première fois, aucun Ministre n’a fait le voyage de Brest pour venir expliquer aux élus et techniciens rassemblés dans la cité océane de quoi l’avenir serait fait. Il faut dire, qu’à voir la maltraitance que le gouvernement réserve aux Communautés Urbaines on ne peut que comprendre la politique de la chaise vide pratiquée par nos ministres.
Les Communautés Urbaines sont non seulement toujours en attente des remboursements des pertes fiscales provoquées par la politique du gouvernement depuis quelques années mais, en organisant l’affaiblissement financier des intercommunalités urbaines, ce « modèle pour le développement » dont parlait jadis Sarkozy, l’Etat est en passe d’utiliser nos agglomérations comme une simple variable d’ajustement dans la crise des finances publiques de la France. En pratiquant ainsi, l’Etat non seulement bouscule l’équilibre financier des agglomérations mais pire porte des coups à l’un des meilleurs moteurs de l’investissement local dans un environnement économique et financier semé d’embûches et de risques.
Dans ce contexte, on comprend peut-être mieux pourquoi les Ministres n’étaient pas volontaires pour se précipiter à Brest vendredi dernier. Aujourd’hui, alors qu’il en va non seulement de l’avenir du pays mais aussi de ses collectivités locales, l’Etat doit maintenir en valeur les remboursements de fiscalité aux collectivités. Il doit aussi initier une réforme de la fiscalité locale en concertation avec ces mêmes collectivités. Il doit enfin, tout en respectant ses engagements, admettre de rétablir des liens de confiance avec les collectivités locales et singulièrement les agglomérations.
En début de semaine dernière, les maires des grandes villes de France quant à eux lançaient un cri de colère en apprenant la « réforme » de la dotation de solidarité urbaine (DSU) par un gouvernement qui légifère en vase clos et qui en la circonstance va priver 238 communes de crédits pour leurs quartiers. C’était donc une sale semaine pour nos communes et agglomérations mais malheureusement probablement pas la dernière.

Lyon, le 13 octobre 2008.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu