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20/01/2010

Sélectif

musee.jpgJ’ai toujours beaucoup de mal à admettre l’indignation sélective et pourtant très répandue en particuliers dans les milieux bobo-bling bling qui ont succédé aux figures de la gauche caviar qui nous avait édicté un véritable manuel des causes défendables et celles bien sûr qui ne l’étaient pas. J’ai d’autant plus de mal que ce sont aujourd’hui certains journalistes qui se sont engouffrés dans cette spécialisation s’éloignant ainsi de la véracité des faits selon la belle formule de Stendhal. Sans aller chercher parmi les grands enjeux de la planète nous en avons eu un exemple ces derniers jours dans la vie lyonno-lyonnaise. Au terme d’un appel d’offre le SYTRAL a retenu pour deux lots de travaux de dévoiement de réseaux d’eau en vue du prolongement de la ligne T4 du tramway un même groupement d’entreprises. Ce groupement propose un prix nettement supérieur de celui des autres concurrents mais très proche de l’estimation du donneur d’ordre. Une entreprise non retenue décide alors de faire un recours devant le tribunal administratif et cherche pour cela des arguments juridiques comme le fait que le Sytral n’ait pas demandé par écrit une justification aux soumissionnaires qui avançaient les prix les plus bas. Jusque là rien que de plus ordinaire dans le jeu habituel des appels d’offre où le perdant d’un jour, qui est souvent le gagnant du lendemain, peut contester un choix. Mais dans la presse locale un vent d’indignation se lève, le Sytral, de Bernard Rivalta bien sûr, aurait des pratiques bizarres en matière d’appel d’offres. Et le soupçon enfle à propos du groupement au prix le plus élevé. Et de jongler avec les chiffres, toujours impressionnants pour de tels travaux, et de défendre l’intérêt du contribuable évidemment mis à mal. En fait il n’est heureusement pas exceptionnel qu’un donneur d’ordre public choisisse non pas le moins mais le mieux disant et c’est en général le bon choix et le plus transparent. A s’attacher au moins cher non seulement on prend des risques en matière de qualité mais le corollaire est une litanie d’avenants au marché qui grignotent l’économie de départ et qui sont votés dans la discrétion et l’indifférence générale. Quant aux pratiques du Sytral la juridiction saisie vient de se donner six mois pour trancher. Bref, on s’indigne dans le landerneau.

Et voila qu’au même moment le Conseil Général de Michel Mercier choisit entre les deux prétendants à la reprise des travaux du musée des Confluences. On ne va pas épiloguer sur ce dossier où la notion de dépassement du prix a atteint des sommets himalayens et pour lequel le président a beau nous dire que cela se paiera sans augmentation d’impôts il reste qu’avec la différence entre l'estimation et le coût c’est à une baisse d’impôts à laquelle on aurait dû avoir droit. Et pourtant là le chœur des indignés ne trouve rien à redire ; au contraire. Ils louent la prudence de Mercier qui a pris le plus cher pour se donner des garanties de sécurité reprenant exactement les arguments du Sytral pour justifier son propre choix. Mais là plus d’indignation ! Alors comprenne qui pourra et surtout quel crédit accorder à de tels jugements.

Philippe Dibilio

26/05/2009

Indécent

peau_de_banane.jpgOn le sait la délicatesse n’est pas une vertu qui occupe le champ politique, mais tout de même. En se mettant à trois élus verts de Villeurbanne, l’irascible Béatrice Vessiller en tête, pour donner une interview au Progrès dont le seul but est de « flinguer » Bernard Rivalta on atteint là les sommets de l’indécence. A leurs yeux rien ne va au Sytral que préside Rivalta : tarifs trop élevés, projets villeurbannais retardés etc… Même lorsque le journaliste évoque le fait que l’Etat n’accorde que des miettes aux transports lyonnais B. Vessiller tacle Rivalta car, dit elle, les projets du Sytral ne sont ni « grenello-compatibles » ni assez Plan Banlieue compatible. Tout ça comme si le président de l’organisme de transports était seul à bord, décidant de tout et ne rendant de comptes à personne. Or chacun sait, et Béatrice Vessiller en particuliers puisqu’elle siège au conseil syndical, que le Sytral est un outil de la politique d’aménagement du Grand Lyon (beaucoup) et du Conseil Général (un peu) lesquels donnent le là du plan de mandat. En fait la question des transports relève ici plutôt du prétexte tant il est évident que cette interview ne vise en fait qu’à donner le coup de grâce à Bernard Rivalta à Villeurbanne. La bouche en cœur Béatrice Vessiller donne crédit au maire de la ville des meilleures intentions et son acolyte J.C Ray accuse Rivalta de jeter des peaux de bananes sous les pieds du premier magistrat.

Dans cette querelle villeurbanno villeurbanaise qui agite le landernau socialiste local de longue date les verts prennent donc publiquement fait et cause pour celui qui les a fait rois depuis le déclin du PC et ils tirent sans ménagement sur l’ambulance Rivalta. Vessiller glisse d’ailleurs dans son propos cette phrase assassine : « mais peut-on encore compter le conseiller général du canton nord comme un élu de la ville »? Jusqu’en 2011 en tout cas il sera titulaire de ce poste mais par cette perfidie Béatrice Vessiller lance le débat de la non-reconduction de l’intéressé à la candidature, un souhait du maire sans doute, que les Verts devancent certainement pas sans arrières pensés. Avec ce comportement de Harki la basse manœuvre que représente cette interview atteint l’indécent voire pire de la part de plus de ces messieurs et dames venus à la politique en nous expliquant qu’il fallait en changer les mœurs, faire de le politique autrement, la moraliser. Une fois en place ces belles intentions ont tendance à s’envoler dans l’espoir du moindre siège supplémentaire.

Philippe Dibilio

 
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