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13/03/2009

Mégapolis

megapolis1.gifCe n’est pas le bon air de la Ruhr qui me conduit à vous dire aujourd’hui quelques mots de l’un de ces bouquins sur les villes dont le destin est malheureusement de passer inaperçu avant de filer en douce au pilon. Celui-ci s’appelle « Mégapolis » et est écrit par une sociologue dont je ne connaissais pas le travail avant de tomber par un heureux hasard sur son dernier opus. Auteure d’une vingtaine d’ouvrages dont certains sont manifestement réservés à nos seuls cousins de la « belle province », ce « Mégapolis » est une formidable balade dans les grandes mégalopoles, New York, Londres, Los Angeles, Buenos-Aires et quelques autres. Loin des bouquins savants et parfois pénibles, celui de Régine Robin est avant tout la déambulation d’une amoureuse des villes, une flânerie, rassurez-vous cultivée, au-travers de ce que nos grandes conurbations produisent de pire comme de meilleur. De David Bradford, simple taxi de Brooklin au Tokyo d’Ozu, de Los Angeles, « une ville où même les pieuvres se suicident » en passant par le périphérique londonien, ce livre fourmille de détails et d’impression personnelles mais aussi, souvent par la bande d’analyses plus que conséquentes.

Croiser avec Régine Robin dans Paris, Los Angeles ou Londres ce n’est pas uniquement bénéficier de la compagnie d’un guide fiable et curieux, c’est aussi, et même surtout pénétrer dans un imaginaire cinématographique tout en relisant certaines pages des littératures d’aujourd’hui. En progressant dans « Megapolis » on rencontre l’inspecteur Bosch de Michael Connely, les photographies de Dennis Hopper, l’architecte Rem Koolhaas et son plaidoyer pour Dubaï sans oublier quelques plans de « My beautiful Laundrette », Borges, Spike Lee ou Walter Benjamin.

Ces formidables balades aux quatre coins de la planète des villes sont aussi truffées de souvenirs fugaces, de chambres d’hôtels, de bouches de métro, de néons hideux et de bouts de trottoirs. John Lennon, Marilyn Monroe, Sunset boulevard par le bus n° 2, l’épicerie d’Auggie à Brooklin, la statue de Carlos Gardel, squattent, parfois pour une poignée de lignes des itinéraires souvent bénis des dieux du cinéma. Un régal !

  • Régine Robin, « Mégapolis, les derniers pas du flâneur », Stock, 2009 – 25 euros.

Photo:DR

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Le festival Artischaud dont on connaît tout à la fois la qualité artistique et le combat pour "la libre diffusion de la musique" organise une "édition primeur" de l'évènement ce soir et demain. En voici la programmation tout en sachant qu'il convient de venir avec sa clef USB

  • Ce soir, au CCO, scène Slam ouverte, "Rap conscient" avec les stéphanois du Collectif Mary Read et Guarapita (Ska).
  • Demain, au Sixième Continent, Delagarma annoncé comme un groupe "post folk world" (?) et Galerne (world)

Renseignements sur artischaud.org

artschaud.jpg

Lyon, le 13 mars 2009

Photo:DR

 

29/09/2008

Naming

Alain_Fleisher.jpgIl y a parfois des petits détails qui nous interpellent sur le cours des choses. Voyez cette rentrée littéraire. Deux bouquins touillant réel et fiction se taillent un petit succès qui laisse prévoir le pire. Leur point commun, les Rolling Stones. Le premier s'intitule "Keith me" et le second "Petit déjeuner avec Mick Jagger". Au delà du fait qu'ils transpirent tous deux des procédés moisis sur une grosse centaine de pages, ces deux dispensables ouvrages truffés de références stoniennes à doses jamais homéopathiques ne peuvent que nous interroger sur le fait que deux éditeurs, à priori sérieux, puisqu'il s'agit de Stock et l'Olivier, prennent le risque en des temps si difficiles de jouer leur crédibilité dans de pareilles opérations. Demain si on nous proposait sur les étals de nos librairies un "chez Monop' avec David Bowie" ou "l'Amant du comptable de Yoko Ono" cela ne serait pas pour me surprendre.

Alors si vous aimez les noms, les vrais noms et que vous voulez vous perdre dans un bouquin, un vrai bouquin, plongez en apnée dans un vieux Filofax élimé pour vivre une véritable aventure littéraire, celle du "Carnet d'adresses" d'Alain Fleischer. De Avelle (Noëlle), femme oubliée dont seuls les noms et prénoms caressent encore les oreilles de l'auteur à Zvenigodsky, professeur d'arts graphiques, privé quant à lui malencontreusement de prénom, Fleisher nous entraîne dans un feuilletage mêlant souvenirs du réel et oublis comme ce Bonnemaison (Michel) qualifié par l'auteur de "Sans logis dans (sa) mémoire" ou ce Brieffel (Roby), copain de lycée qui convoque automatiquement le souvenir du vieux professeur Warguier qui à l'époque, déjà si abîmé par l'âge, faisait faire cinq fois de suite la même dictée d'allemand à ses élèves. La succession de noms de personnalités et d'anonymes dans ce répertoire est un vrai bonheur pour le lecteur devenu quasi voyeur de l'intimité de Alain Fleischer. Le "Carnet d'adresses" était ma délectation dominicale au point que le "Rock'n'roll" de François Bon est encore en souffrance. C'est dire!

  • > Alain Fleischer, "le Carnet d'adresses", le Seuil, 21 euros.

Lyon le 29 septembre 2008.

 
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