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17/10/2009

Ce musiciens dont les fans sont des enfants

Il fallait être le dernier des paumés pour ne pas savoir que Prince était à Paris il y a quelques jours. Dans ce ramdam médiatique, j’imaginais même la détresse de l’auditeur moyen de RTL à qui, multipliant les auto-promotions, la chaîne de radio la plus populaire du pays expliquait sans cesse que Prince allait se produire dans l’un des studios de la rue Bayard. Au moins la moitié de l’auditoire de la station devait être angoissé à l’idée de savoir quel était donc ce Prince qui allait débouler entre « Les grosses têtes » et « On refait le match ».

Passons sur le cirque de notre « Love symbol » qui consiste à transformer les fans en enquêteurs stressés pour savoir dans quelle salle sa majesté va se produire et si un « after » est prévu. Passons aussi sur la tête du compte en banque de ces amoureux qui sont victimes de prélèvements confiscatoires puisque les passades tarifées de la star de la musique Funky les entraîne de Montreux à Paris via Monaco.

Dans une récente interview au Monde, Prince nous a encore joué le refrain du martyr victime des multinationales du disque et pour faire passer la pilule a indiqué à ses lecteurs son interprétation politique de son fort pénible sort. Que nous disait cet assez triste sire ? Qu’aux Etats-Unis, je cite, « Les médias sont contrôlés par l’Etat. On ne peut pas remettre l’Etat en question », l’artiste confirmant ainsi sa connaissance approximative de l’économie des médias dans son propre pays mais aussi les limites de sa rébellion. Notre politologue poursuivait son propos par un rapide rappel historique probablement inspiré par les meilleures pages du « Reader Digest ». « Il n’y a plus de musique politique depuis Woodstock » indiquait doctement cet inédit nouvel observateur de l’histoire de la musique américaine rajoutant illico, « et la grande époque de la musique soul engagée, née avec le mouvement des droits civiques. J’aurais aimé vivre à cette époque. Je n’ai pas eu cette chance ».

Une fois dit que Prince se trompe, que la musique politique continue d’exister des dizaines d’années après Woodstock et que les musiciens Soul actifs dans la lutte pour les droits civiques se comptent sur les doigts de la main, au lieu de pleurnicher sur ce manque de bol d’être né trop tard, Prince devrait plutôt passer à l’action.

A ce propos, puisque Prince s’imagine un avenir de musicien contestataire, le monde entier est toujours dans l’attente de son point de vue sur la guerre en Irak, Obama espère encore son appui pour les présidentielles, les femmes qui défendent le droit à l’avortement seraient probablement heureuses de le compter comme nombre d’autres artistes parmi les soutiens d’associations, etc.… Etant en ce samedi de plutôt bonne humeur, je préfère en rester là tout en disant à Prince qu’il est un superbe musicien mais que ses esbroufes commencent à nous casser les pieds.


Lyon, le 17 octobre 2009.

09/12/2007

Otis

692ff0411b8cd36f75042581673cf126.jpgCela fait aujourd’hui 40 ans que l’avion qui transportait Otis Redding s’écrasait dans un lac alors que la star de la Soul music était en tournée. C’était le 10 décembre 1967, Otis avait tout juste 26 ans.
Depuis, malgré les nombreuses rééditions de sa discographie, le chanteur de Macon demeure une sorte d’inconnu célèbre chose particulièrement injuste.
Au-delà de « Pain in my heart », titre repris après sa sortie en 1963 par les Rolling Stones, la courte carrière de Redding est une succession inespérée de succès tous majeurs aujourd’hui parfois oubliés. Avec « Mr Pitiful »(1965), « I’ve been loving you too long », titre également repris par les Rolling Stones, « Respect »(1966), « I can’t turn you loose » et l’adaptation cette fois-ci du « Satisfaction » des Stones, le parcours d’Otis Redding va marquer l’histoire de la musique populaire américaine pour culminer avec de fameux hits comme « Fa-Fa-Fa ( sad song) », « Try a little tenderness » sans oublier le posthume « Dock of the bay ».
Show man hors pair chanteur hautement énergique, sensible et hyper doué, Otis Redding a fait les beaux jours des labels Atlantic et Stax.
On fête justement cette année les 50 ans de Stax la magnifique maison de disques de Memphis dont Otis était l’un des plus beaux fleurons. Parmi les nombreuses rééditions et compilations qui occupent en ce moment les bacs on retiendra « Wattstax » la bande originale du film éponyme qui relate en une grosse quarantaine de titres ce que certains avaient appelé à l’époque le « Woodstock noir ».
Fêtes de Noël obligent, beaucoup de magasins sont ouverts ce dimanche. Une occasion unique d’aller vous procurer le meilleur d’Otis Redding et de Stax ou le prétexte d’aller fouiner dans votre vieille collection de 45 tours.

Lyon, le 9 décembre 2007.

10:20 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : otis redding, soul, rolling stones, stones, memphis | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/07/2007

A comme Allen (Lilly) et Amy (Winehouse)

medium_A_fushia_Abécédaire.jpgLilly Allen est le dernier avatar du show business britannique, une sorte de concentré  racoleur et people, de branchouillerie jeuniste. Il faut écouter ça puis s'interroger, dans la douleur, sur la nature de la vie qui devrait attendre nos enfants et petits enfants.

Un signe qui ne trompe pas, même la "presse" française comme Closer, Voici et Public s'intéresse de près à cette jeune fille de 22 ans dont je vous recommande l'écoute de quelques extraits de son album pour vous permettre de situer le désastre.

Mix de valses et polkas matinées reggae, émulsion malodorante de rock croisé avec de la variété, hip hop frelaté mélangé sans discernement avec de la techno indigente cette petite nana est depuis quelques mois le nec plus ultra du tout London en vogue. La petite Lilly a d'autant plus le vent en poupe qu'elle est vendue comme une vraie teigne et le fait que ses chers parents arpentent l'industrie du spectacle depuis pas mal de temps n'est pas pour rien dans l'affaire. Pour preuve un début de carrière à l'age de 17 ans, avec contrat chez Warner à la clé. Plantage suivi d'une relance experte via un buzz énorme sur My Space, suivi d'une signature chez EMI font de la carrière de la Baby-Doll after punk un pur produit de mercatique appliquée.

Le plus pénible dans cette affaire n'est pas tant que la perfide Albion nous refile en contre-bande un tel asticot. Ce n'est ni la première et encore moins la dernière fois que l'on aura à supporter les mêmes camelotes musicales que les anglais. Non le plus scandaleux est que la presse tabloïd anglaise et nos torchons nationaux, je parle toujours de Voici, Closer, Public aiment à comparer Allen (Lilly) à la superbe Winehouse (Amy). Pour vous convaincre de l'immense talent de la seconde, reportez-vous à mon billet qui remonte à quelques mois et visionnez la video de "Back to black" qui fait suite à ce texte. Si vous ne connaissez pas encore cette formidable chanteuse, vous serez subjugués et vous irez vous procurer sans délais ce disque de votre été.

Lyon, 20 juillet 2007.

08:00 Publié dans Culture & cultures..., Podcasts | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : winehouse, allen, lilly, amy, rock, pop, soul | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/07/2007

A comme abécédaire de l'été.

medium_A_orange.jpgHier avec Arcade Fire débutait l'abécédaire de l'été sur "De Lyon et d'ailleurs". Jusqu'au 27 août, jour de reprise de l'activité normale du blog, je m'efforcerais, toujours au quotidien, d'évoquer les sujets les plus divers et en particulier ceux qui me tiennent à cœur et qui ne trouvent pas toujours leur place dans l'actualité.

De Dylan au football en passant par Orhan Pamuk, Marc Edouard Nabe, Brian de Palma et le festival Woodstower, l'été s'égrainera sur des formats plus courts sans volonté particulière de hiérarchiser les thèmes abordés.

N'hésitez pas à me donner de vos nouvelles et à réagir malgré la langueur d'un été que je souhaite agréable à toutes et tous. Rendez-vous demain pour régler son compte à Allen (Lilly), un des phénomènes anglais de l'année et, en guise de préambule, sa vidéo histoire de vous préparer à tout le mal que je vais vous en dire.


Lyon, le 19 juillet 2007.

07:30 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Amy, Winehouse, soul, allen, lilly, pamuk, selection | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/07/2007

Halleluyah !

medium_Al_green-I_can_t_stop.jpgHalleluyah ! L’équipe de « Jazz à Vienne » m’invite ce soir au show de Al Green. Même s’il est largement distancé par l’extraordinaire Marvin Gaye mais aussi par Sam Cooke voire Otis Redding, Al Green demeure le dernier Dieu (vivant) de la soul music, James Brown s’étant excusé à Noël dernier.

Son dernier opus en date, « I can’t stop » (EMI, 2003) enregistré dans le célèbre studio Royal de Willie Mitchell à Memphis est une bénédiction tant le pasteur Green était dans une abstinence discographique depuis belle lurette. Même si l’album est un peu figé dans le patrimoine soul, comme la plupart d’entre-vous, je préfère avoir de temps à autre des nouvelles du pasteur sur ma platine ou à Vienne comme ce soir, plutôt que de faire le voyage de Memphis histoire de le voir faire son préchi-précha dans sa chapelle le dimanche.

Il faut dire que cette grande figure de la musique soul à un itinéraire pour le moins étonnant pour nos yeux et nos oreilles du vieux continent. Né dans l’Arkansas en 1946, Albert Greene chantonne à l’office jusqu’à former à l’age de 16 ans avec ses potes d’école, Al Green and The Creations puis Al Green and the Soul Mates. Jusqu’ici, vous en conviendrez, rien d’exceptionnel. A la fin des années soixante, sa rencontre avec Willie Mitchell est un tournant mais l’histoire se corse en 1974.

Une ancienne maîtresse l’ébouillante puis se suicide. Après son séjour à l’hôpital, Albert décide de rentrer dans les ordres. Deux ans plus tard, il achète une église à Memphis qu’il rebaptise « Full Gospel Tabernacle » et devient pasteur tout en continuant à jouer de la musique du diable. En 1979, les choses se compliquent. Al Green tombe de scène et pensant qu’il s’agit d’un avertissement de la part du Dieu tout puissant, il décide de stopper net sa carrière en se consacrant à plein temps à ses tâches de prédicateur.

Je me dis que nous n’avons pas de chance. Au lieu de faire un rappel aussi sévère à l’ordre de Al Green, nous privant ainsi d’un merveilleux artiste, si Dieu avait fait le choix de Sardou, Pagny ou Barbelivien, la vie serait tout de même plus chouette.

Que Dieu me pardonne. Al Green a obtenu une permission et c’est très bien ainsi. Tous à l’office ce soir à Vienne. Cerise sur le gâteau, Magic Slim est de la cérémonie.

Halleluyah !

Lyon, le 7 juillet 2007         

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20/03/2007

Conduite à risque

medium_Couv_Blog_-_Amy_Winehouse.2.jpgDisque du mois dans le « Rock & Folk » d’avril, couverture de « Vibrations », à la une du 20 minutes de ce matin, Amy Winehouse devrait être la grande révélation 2007 de la soul avec son superbe album « Back to black ».

Arrangements à l’ancienne, son estampillé sixties, revival déjanté des Shangri-La’s et autres Supremes, la jeune anglaise de Camden sorte de « bad girl » naviguant d’un scandale à l’autre signe là un album qui va, espérons-le, laminer définitivement cette soupe soul sirupeuse qui hante depuis quelques années les hits parades du monde entier et les ipod d’une jeunesse piégée par de soporifiques radios Fm.

Artiste de l’année lors des récents Brit Awards, la jeune artiste londonienne renoue salutairement avec la grande tradition du r’n’b d’Aretha Franklin ou Dinah Washington. Cette fille filiforme de 23 ans à la crinière abondante, tatouée à l’excès, maquillée sans mesure est l’authentique bonne nouvelle de ce début d’année musicale pour nous pauvres français qui n’avons pas été destinataires d’un premier album jamais distribué ici par Universal.

Malgré sa légende naissante d’artiste « craignos » déboulant ivre sur les plateaux de télévision, bonne cliente des tabloïds, Amy Winehouse ne doit absolument pas être réduite à un avatar scandaleux, une sorte de Doherty au féminin. Cette artiste remarquable combine la maîtrise de l’art difficile du r’n’b avec une personnalité pour le moins affirmée qui propose une musique qui jamais ne relève de la pieuse conservation d’une forme musicale datée. Au contraire la musique et la voix d’Amy Winehouse sont actuelles au point que l’on peut se demander si demain ce n’est pas aux confins du r’n’b, de la soul, du rock et du rap que le génie de l’Anglaise ne va pas s’imposer à tous.

En attendant écoutez à l’envie « Rehab » le premier titre de l’album déjà fortement présent en radio. « Ils ont voulu m’envoyer en cure de désintoxication, mais j’ai dit non, non, non. Oui j’ai forcé sur la bouteille mais qu’importe c’est non, non, non… » nous dit Amy mais la seule conduite à risque qui vous guette c’est de devenir comme moi dingue de tout l’album d’Amy Winehouse

Lyon, le 20 mars 2007   

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25/12/2006

James Brown

medium_JBrown.jpgCurieux réveil ce matin de Noël. En boucle, les radios annoncent la mort de James Brown. Je ne sais pas ce que les nécros retiendront demain de la vie de cet immense artiste dont, en son temps, et pour des raisons pas nécessairement neutres, Time Magazine avait écrit que c’était « l’homme noir le plus important des Etats-Unis. »

James Brown aimait dire qu’il descendait de Geronimo, puisqu’il avait du sang Apache. Qu’il s’appelait Brown parce qu’il était noir. Qu’il avait aussi des origines asiatiques et même quelques gouttes de sang Egyptien héritées du roi Thoutmosis. Allez savoir. Ce qui est certain c’est que son parcours artistique a été exceptionnel au point d’occuper une place majeure dans l’histoire de la musique populaire. Un parcours de noir dans une Amérique blanche .

Aujourd’hui Mister Dynamite est mort. Il convient de mettre de côté ses errances coupables, ses rendez-vous avec la justice, ses amitiés politiques derrière Nixon, Reagan et George W. Bush, sa pitoyable expédition vietnamienne.

James Brown va rejoindre là-haut Little Willie et si, comme à Harlem, il y a un Apollo Theater au paradis, chaque soir la salle sera sold-out pour entendre le parrain de la soul entonner « Papa’s got a brand new bag », « Please, Please, Please », « I Fell Good », « Sex machine » et « It’s A Man’s, Man’s, Man’s World ».

Lyon, le 25 décembre 2006. 

 

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17/12/2006

Ertegun

medium_Ertegun_-_Atlantic_records.jpgIl  était tombé le 29 octobre dernier au Beacon Theater de N.Y.C. lors d’un concert des Rolling Stones donné en l’honneur de Bill Clinton.

Il est décédé le 14 décembre sans être sorti du coma. Il s ‘appelait Ahmet Ertegun, le grand public ne connaissait pas son nom, mais l’ancien patron de la maison de disques Atlantic a laissé dans la mémoire musicale de tous « What I say », « Land of 10 000 dances », « Dock of the bay », « Chain of fools » et autres « When a man loves a women ».

Ertegun depuis plus de 60 ans avait marqué l’histoire de la musique populaire et singulièrement celle de la Soul Music. Rappelez-vous Ray Charles, Wilson Pickett, Otis Redding, Aretha Franklin, Percy Sledge sans oublier Ben E. King ou les Coasters.

Côté rock, après avoir raté la signature d’Elvis Presley, le Colonel Parker préférant RCA, Ertegun fait éclore les magnifiques Drifters puis s’attaque dès le milieu des années soixante au rock de la perfide albion en produisant les Cream d’Eric Clapton jusqu’à Yes en passant par Led  Zeppelin. Côté ricains avec Sonny and Cher, Vanilla Fudge, Iron Butterfly, Crosby-Stills-Nash and Young, Ahmet Ertegun va secouer les hit parades et marquer l’histoire de la pop.

Mais Ertegun c’est aussi l’incarnation du jazz d’avant-garde dès le milieu des années cinquante. En effet en compagnie de son frère Nesuhi, Ertegun va construire le plus légendaire catalogue de jazz en publiant Thelonious Monk, Ornette Coleman, Gil Evans, Keith Jarett sans oublier le monument John Coltrane mais aussi ces pères fondateurs qu’étaient Duke Elington et Dizzy Gillespie.

Ahmet Ertegun était né en 1923 à Istanbul, il sera enterré en Turquie en cette fin 2006. Entre temps il aura signé les plus belles pages du jazz, de la Soul et du Rock pour notre plus grand bonheur. 

Lyon, le 17 décembre 2006

15:00 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ertegun, Ahmet, Clapton, jazz, soul, rock, Led | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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