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18/05/2010

Iconoclaste

dominique-strauss.jpgReviendra ou ne reviendra t-il pas à temps pour se présenter en 2012 ? la question du retour de DSK commence sérieusement à me chauffer les oreilles. Je trouve, en effet, assez insupportable que la gauche se mette en attente d’un homme providentiel… surtout pour le monde de la finance. Car, comme l’écrivait récemment Jean Marie Colombani, un expert du passage de la rive gauche à la rive droite de la Seine, DSK fait partie des trois français qui ont sauvé l’euro avec JC Trichetéternel patron de la banque centrale et Nicolas Sarkozy, magnifique référence de gauche. Aussi Ségolène Royal a raison de rappeler que le patron du FMI a « aidé » la Grèce en lui imposant : abaissements des salaires, démantèlement de la protection sociale et augmentation des taxes, un vrai programme de gauche ! Mais, me direz-vous, il est le chouchou des sondages qui le place meilleur candidat contre Sarko. Sans oublier le jeu manipulateur de ces plongées dans l’opinion il faut savoir que, selon un sondage BVA : 71% des dirigeants économiques souhaitent sa désignation à la candidature, le CAC 40 désignera-t-il le candidat socialiste ? Pour moi en tout cas voter DSK ce serait faire 1983 avant 1981 et je souhaite garder un peu petit espoir, celui qui amènera le peuple de gauche à regarder les choses en face et à se ressaisir en désignant une ou un candidat qui se dresse face à la situation actuelle en la regardant avec lucidité et la volonté de la changer. A l’image de Félipe Gonzalès l’ancien premier ministre socialiste espagnol qui déclarait récemment au quotidien El Païs : « nous avons sauvé le système financier mondial en sacrifiant des pourcentages très élevés de produit intérieur brut mais rien n’a changé dans son comportement qui est pourtant à l’origine de cette crise. » Dès lors le patron du FMI n’est pas le mieux placé pour prendre des mesures radicales, et pourquoi pas iconoclastes comme la nationalisation des banques, moyen assuré pour que l’Etat ne passe plus sous leurs fourches caudines mais aussi pour que leurs profits soient réorientés vers la relance de l’économie.

Philippe Dibilio

19/02/2010

Sud (profond)

82593292croix-occitane-1-jpg.jpgPour convaincre les socialistes locaux d’apporter leur aide, non pas à Frêche, mais à Hélène Mandroux, Claude Bartolone lançait il y peu une sorte de menace aux socialistes récalcitrants en disant qu’ils avaient « intérêt à ne pas insulter l’avenir » et selon la formule généralement consacrée en ce genre de circonstance, « à ne pas se mettre d’eux-mêmes en dehors du PS ». C’est donc en vertu de l’article 11 des statuts que Bartolone fait aujourd’hui la morale à qui veut bien l’entendre lui qui, il y a quelques années, avait fait activement campagne pour le « Non » au référendum alors que démocratiquement son Parti, le Parti Socialiste, s’était déclaré pour le « Oui »

Même si un sondage ne fait pas l’élection, constatons que celui réalisé pour « LCI-Le Figaro » par Opinion Way en créditant la liste socialiste disposant du label Solferino de quelques maigres 6% va poser problème à la direction nationale du PS. D’ailleurs, malgré les foucades de Bartolone, du côté du Porte Parole Socialiste on ne joue plus au malin. « On ne va pas faire du disciplinaire » nous dit désormais un Benoît Hamon qui semble anticiper la décapitulotade car si l’on en croit ce sondage c’est avec 41% que Frêche serait élu au 2ème tour devançant la droite de 10 points et l’alliance Ecolo-socialiste-NPA de 14 c’est çà dire, au final, le meilleur score jamais enregistré par Frêche. Tel est semble-t-il le prix de l’âme de Bartolone et espérons qu’au train ou vont les choses, d’ici quelques temps, il n’y aura au sein du PS plus grand monde pour voter pour lui.

Lyon, le 19 février 2010.

08/12/2009

Boomerang

Sarkozy.jpgEn cette fin d’année et au milieu de son mandat on ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy soit en pleine forme politique, quant à l’UMP c’est encore pire. L’hyper–président s’est sensiblement calmé et ses rodomontades n’effraient ni ne séduisent plus grand monde. Il est vrai qu’à vouloir tout régler soi même et à sauter sur tout ce qui bouge on s’épuise et on lasse et Sarko paye aujourd’hui la note pas seulement dans les sondages.

Comme si ses trucs ne prenaient plus. Il en est ainsi du sulfureux débat sur l’identité nationale qui ne fait ni oublier les échecs de Sarko face à la crise ni la stratégie de basse politique qu’il y a derrière ce débat créé de toute pièce par un ministre d’ouverture qui, comme tous les traîtres, en fait toujours plus pour se justifier. Mais les ennuis du président ne s’arrêtent pas là, resté leader de l’UMP il n’arrive plus à faire fonctionner la machine abandonné par un Xavier Bertrand qui vit son poste comme une punition et même un Frédérique Lefebvre devenu atone vexé de ne pas avoir été ministre. Et puis les réformes ont parfois des effets collatéraux. Celle du Parlement, par exemple, permet aujourd’hui aux groupes UMP des deux chambres une marge d’émancipation. Et l’on voit le Sénat contrecarrer les plans du gouvernement concernant la suppression de la taxe professionnelle ou la réforme des collectivités avec en leader de la fronde un ancien premier ministre toujours vice président de l’UMP.

Pas étonnant dans ces conditions que les têtes d’affiches ne se bousculent pas pour conduire les listes aux régionales. D’autant que lorsqu’il y a un volontaire, comme dans le Rhône, bien qu’adoubé par la fédération et les parlementaires il est récusé par Sarkozy. Lequel s’est d’ailleurs engagé dans une tactique discutable en voulant des listes regroupant toutes les formations qui le soutiennent dès le premier tour. Cela ne lui donnera pas un score mirobolant pour autant et il manquera de réserves au second. Un raisonnement qui vaut, selon moi, aussi pour les verts. Cette tactique, en effet, peut convenir pour l’élection présidentielle car il y là un homme ou une femme face à l’électorat national. Pour une élection décentralisée la donne est différente et l’UMP risque de s’en rendre compte à ses dépends en recevant le résultat comme un boomerang.

Philippe Dibilio

Photo: DR

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[Edit JYS]: Le collectif de défense de l’IVG à Lyon organise une Soirée-débat le 10 décembre 2009, à 18H30 Au Centre Culturel et de la Vie Associative de Villeurbanne, 234 Cours Emile Zola, 69100 Villeurbanne. (Métro Flachet).

12/11/2009

Qui suis-je ? Qui suis-je ?

Besson.jpgEn ces temps où - comme à chaque veille d’échéance électorale, comme à chaque creux dans les sondages - la droite et son maître de chant entonnent des antiennes sur l’identité nationale et les accolent aux refrains parlant d’immigration, une nausée me prend. Non pas que le sujet soit inintéressant, mais parce qu’il est toujours abordé cyniquement dans des moments soigneusement choisis par ces mêmes surfeurs sur vagues xénophobes. Parce qu’il est toujours biaisé par des jeux tacticiens où les débatteurs déguisent leurs adversaires en lutteurs de foire : à ma droite, le catcheur aux pieds dans la glaise et la terre et à ma gauche, l’angélique laxiste naïf rêveur d’universel.

Non, le sujet est trop grave pour le confier d’emblée à ces spécialistes des coups tordus. Oui, comme le disait récemment Gérard Collomb dans Libération du 4 novembre, « Défendre l’identité française ne saurait se réduire à convoquer l’histoire. C’est le présent qu’il faut bâtir, c’est l’avenir qu’il faut inventer ».

Mais le propos ne saurait s’arrêter là. Il est autrement plus vaste et le convoquer comme le font Besson et Sarkozy pour qui le sujet est un gri-gri électoral est assez indigne. Pour ne pas entrer trop dans la liste fourre-tout des définitions de l’omni-président-je-sais-tout-et-moi-je-vous-comprends-et-j’ai-été-élu-pour-çà, je citerai en vrac « La France, ce n’est pas une race, pas une ethnie. La France c’est tous les hommes qui l’aiment, qui sont prêts à défendre ses idées, ses valeurs. » (discours de Caen). Un peu court, Monsieur : la France est définie apophatiquement, c’est dire que rien n’en est dit, tout reste flou, tout est affaire de point de vue personnel et individuel non exprimé, mais « C’est tous les hommes qui aiment » ce je ne sais quoi ainsi exprimé, ce flou à tout le moins personnel et inexprimé, et « qui sont prêts à défendre ses idées et ses valeurs » ! Beau lyrisme creux. Et la belle affaire si on me rétorque le mot magique, imparable, de « patriotisme » que seuls sauraient comprendre ceux qui se battent et meurent pour une idée qui relève du sacré et de la recherche de transcendance si chevillée au cœur des hommes : je ne serai pas plus avancé quant à la gouvernance de notre société. Une société qui crève du manque de confiance dans l’avenir et dans ses dirigeants. Une société que ces dirigeants se sont ingéniés à découper en tranches de bons et de pas bons, de travailleurs valeureux et d’assistés, à dresser envieux « ceux qui se lèvent tôt le matin » contre « ces fonctionnaires à l’abri et trop nombreux », « ceux qui aiment la France » contre «ceux qui ne l’aiment pas et doivent la quitter », ceux visés par les racines chrétiennes du discours de Latran contre les laïcards de tous poils.

Je suis un peu comme Martin Hirsch, je ne me sens pas vraiment concerné par ce débat et comme lui je constate que dans ce pays « il y a des débats où l’on s’adresse à ses électeurs … moi je parle à des gens ». Je préfèrerais moi aussi un débat sur l’identité européenne ou sur le modèle européen.

Tiens, à propos d’identité, voici un extrait de l’un des poèmes de Mahmoud Darwich

Les étoiles n’avaient qu’un rôle :

M’apprendre à lire.

J’ai une langue dans le ciel

Et sur terre, j’ai une langue

Qui suis-je ? Qui suis-je ?

Jean-Paul Schmitt

09/11/2009

Money Maker

jpg_Patrick-Buisson-6848e-1f84c.jpgD’ici quelques temps à la question, « Petit, qu’est-ce que tu veux faire comme métier quand tu seras grand ? », le premier gamin que vous croiserez répondra, « Je veux faire Patrick Buisson ». La réponse pourra probablement vous surprendre, voire même vous choquer, mais il faut se rendre à l’évidence, le Money-Maker Patrick Buisson est sur le point de devenir un exemple pour notre jeunesse.

Dès que l’info va se savoir dans nos quartiers, nos jeunes risquent donc de phosphorer pour fourguer à Nicolas Sarkozy des tas de trucs dont il a besoin, mais revenons au génial Buisson. Le type achète en gros des sondages pour même pas 200 000 euros et les refacture près de 1,1 million à Sarko, récupérant au passage plus de 900 000 euros. Ce qu’il y a d’épatant dans ce business réside dans le fait que la police regarde ailleurs pendant que s’opère le deal puisque la commission des sondages se déclare incompétente en la matière. Surfacturation, absence de contrôle, si un député socialiste n’était pas passé dans le coin, il est clair que le business continuerait de prospérer. Au cas où certains souhaiteraient en savoir plus sur le petit commerce de Buisson avec l’Elysée, la Ministre de la Justice vient de mettre les points sur les « i », la chose n’est pas possible. Fermez le ban.

Interrogé par quelques journalistes sur l’activité de sa petite entreprise, Patrick Buisson refuse de se justifier et l’Elysée nous explique aujourd’hui que ce léger dysfonctionnement est désormais du passé. Fermez le dossier.

Une fois dit que les Français devraient être reconnaissants envers le député socialiste Jean Launay, une fois constaté que pour le pouvoir, l’affaire est désormais close, reste tout de même une question. Que fait Patrick Buisson de tant d’argent ?

Lyon, le 9 novembre 2009.

Illustration: source Bakchich.info

31/08/2009

Equations

Cet été 2009, n’a pas été plus palpitant que ses prédécesseurs mais ce mois d’août finissant mérite tout de même un rapide aller-retour.

Retour tout d’abord vers le Maroc et la popularité de Mohamed VI avec un sondage réalisé par l’hebdomadaire « Tel Quel » avec le soutien du Monde. Dès sa sortie, avant publication, l’hebdomadaire marocain auteur de la coupable enquête d’opinion a été mis au pilon par les autorités sans passer par la case justice. La raison est des plus simples : « La monarchie ne peut-être mise en équation ».

Pourtant cette première enquête historique n’était pas, loin s’en faut défavorable au souverain, le sondage du CSA ne mettant qu’un seul point négatif en évidence, le roi étant jugé par près de 50% des Marocains trop disposé à donner des droits aux femmes.

Pendant ce temps notre président se reposait comme un bien heureux suite à son malaise vagal. Bilan des opérations, selon le même CSA, 53% des Français indiquaient qu’ils étaient désormais satisfaits alors qu’ils n’étaient que 41% en mai dernier. J’enrage que pas une moindre seconde, Nicolas Sarkozy, l’homme qui adore sa mise en équation, n’a songé faire détruire les exemplaires de VSD.

Autre continent, autre sondage, celui là concernait, toujours début août, Barack Obama et a probablement fait grand plaisir à notre président car le nouveau président américain connaît un tassement de son indice de popularité.

Mohamed VI qui n’en veut pas, Sarkozy qui en redemande, Obama pris à son propre piège, en ce mois d’août au Maroc, en France et aux Etats-Unis, seules les opinions semblent avoir bossé cet été.

Toujours au registre des sondages, 78% des Français estiment que la France est bien préparée face à l’épidémie de grippe et  60%  trouvent que la mobilisation gouvernementale est adéquate. Tout va donc au mieux et si les Français avaient une bonne opinion du Parti Socialiste et de sa première secrétaire cela serait parfait.

En attendant les autres équations qui vont nous être proposées dans la semaine, terminons cette fin du mois d’août par une triste note. Suu kyi est toujours entre les mains de ses geôliers birmans, Thierry Jonquet s’en est allé et Willy De Ville doit être en ce moment à la recherche d’Edith Piaf, là haut au paradis.

Lyon, le 31 août 2009. 

 
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