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19/02/2010

Sud (profond)

82593292croix-occitane-1-jpg.jpgPour convaincre les socialistes locaux d’apporter leur aide, non pas à Frêche, mais à Hélène Mandroux, Claude Bartolone lançait il y peu une sorte de menace aux socialistes récalcitrants en disant qu’ils avaient « intérêt à ne pas insulter l’avenir » et selon la formule généralement consacrée en ce genre de circonstance, « à ne pas se mettre d’eux-mêmes en dehors du PS ». C’est donc en vertu de l’article 11 des statuts que Bartolone fait aujourd’hui la morale à qui veut bien l’entendre lui qui, il y a quelques années, avait fait activement campagne pour le « Non » au référendum alors que démocratiquement son Parti, le Parti Socialiste, s’était déclaré pour le « Oui »

Même si un sondage ne fait pas l’élection, constatons que celui réalisé pour « LCI-Le Figaro » par Opinion Way en créditant la liste socialiste disposant du label Solferino de quelques maigres 6% va poser problème à la direction nationale du PS. D’ailleurs, malgré les foucades de Bartolone, du côté du Porte Parole Socialiste on ne joue plus au malin. « On ne va pas faire du disciplinaire » nous dit désormais un Benoît Hamon qui semble anticiper la décapitulotade car si l’on en croit ce sondage c’est avec 41% que Frêche serait élu au 2ème tour devançant la droite de 10 points et l’alliance Ecolo-socialiste-NPA de 14 c’est çà dire, au final, le meilleur score jamais enregistré par Frêche. Tel est semble-t-il le prix de l’âme de Bartolone et espérons qu’au train ou vont les choses, d’ici quelques temps, il n’y aura au sein du PS plus grand monde pour voter pour lui.

Lyon, le 19 février 2010.

19/12/2009

Nostradamus

duhamel.1171620777.jpgComme moi, beaucoup d’entre-vous, en lisant jeudi dernier libération se sont subitement trouvés démunis et paumés. Au bas de la chronique si enrichissante de notre meilleur expert politique, je parle vous l’avez compris de Alain Duhamel, une terrible mention figurait. Je vous la livre tel quel. « La chronique d’Alain Duhamel reprendra le jeudi 7 janvier » nous disait Libé sans prendre la moindre précaution. Rendez-vous compte, pendant plus de vingt jours nous allons être nombreux à végéter pendant la trêve des confiseurs sans bénéficier des analyses les plus pointues.

La chose est d’autant plus terrible qu’avec un papier intitulé « Il y a foule au bal des prétendants socialistes » Alain Duhamel terminait 2009 avec un brio que l’on osait plus espérer. Le seul titre de ce billet de Duhamel résumait la difficulté de l’entreprise. Chapeau l’artiste !

Pour tout vous avouer, j’avais tout de même quelque appréhension dans la mesure où la dernière fois où l’expert avait passé en détail les socialistes pour pronostiquer qui pourrait être candidat aux dernières présidentielles, Duhamel avait juste oublié de citer le nom de Ségolène Royal. Que l’on se rassure. Cette fois-ci, au sommet de son art, Duhamel n’a oublié personne. L’œil du maître est toujours aussi exercé et je peux, sans je l’espère trahir le fécond esprit de cet analyste de la vie politique française vous dire qu’au « bal des prétendants socialistes » figurent, tout d’abord Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal mais aussi Manuel Valls (pour prendre date), Pierre Moscovici (le plus doué et le plus cultivé), Bertrand Delanoë et pourquoi pas DSK. Je sais cela vous en bouche un coin. Poussant encore plus loin le remue-méninge, Alain Duhamel, qui n’est pas du genre à la jouer défensive, se risque à un commentaire dont la portée historique devrait dépasser bien des lecteurs. Je vous la livre : « On peut penser que parmi ceux qui affichent leurs intentions, un tri se fera peu à peu ». Face à une telle puissance chacun doit admettre que Duhamel peut légitimement prendre une vingtaine de jours de vacances ce d’autant que, cerise sur la bûche de Noël, le plus fin limier de la vie politique française s’autorise à penser qu’il y a peut-être un « trop plein de prétendants ».

Avant de vous laisser réfléchir pendant tout ce week-end à tant de science, je voudrais tout de même faire valoir un bémol. Hier j’évoquais l’étonnante candidature de l’inrockuptible Mathieu Pigasse. Sachant que le nom du banquier de gauche n’est même pas évoqué par Duhamel, sans vouloir me transformer en supporter de Pigasse, je veux juste dire à ce sympathique candidat aux primaires que ses chances sont intactes. Ne pas figurer dans « ce bal des prétendants » inventorié par Alain Duhamel pouvant s’avérer le signe d’un authentique destin politique.

Lyon, le 19 décembre 2009

16/06/2009

Sémantique

Il fallait y penser ! Manuel Vals l’a fait, pour sortir le Parti Socialiste de la crise qu’il traverse il a deux idées : changer le mot parti et l’adjectif socialiste. C’est sa façon à lui de rénover : on efface tout et on recommence. Et il argumente à sa manière. Changer socialiste car le mot socialisme est sans doute dépassé. Il renvoie à des conceptions du 20ème siècle. Changer parti un mot qui nous enferme dans quelque chose d’étroit. Il préfère rassemblement ce qui renvoie au feu RPR. Décidément le mauvais résultat du PS aux élections européennes entraîne ses dirigeants dans une course à l’échalote dont on se demande où elle va finir. A force de vouloir trouver le truc qui va permettre de tout changer et de placer son auteur en pôle position pour la présidentielle on finit par tomber dans ce genre de gadget qui ne sert qu’à évacuer les questions de fond. Après avoir reproché à Martine Aubry de ne pas avoir trouvé en quarante huit heures les solutions aux problèmes posés par le vote du 7 juin, les contestataires de la direction en sont à sauter sur tout ce qui fait djeun’ pour occuper la scène médiatique. Et pourtant Manuel Vals ne manque ni d’idées ni de talents mais il a oublié cette formule chère à François Mitterrand ; il faut laisser (au moins un peu) du temps au temps et réfléchir d’abord. Car personne ne croira que ce sont les mots parti et socialiste qui ont entraîné le PS sur la pente douce du recul depuis le début des années 2000. Derrière les mots il y a des actes et une pratique et ce sont eux qui leur donne de la force ou de l’anémie. Gérard Collomb est certainement sur une meilleure voie, bien qu’ambitieuse, lorsqu’il dit essayer de contribuer avec un certain nombre d’amis et d’intellectuels à redéfinir une pensée politique. Il sera temps ensuite de trouver les mots qui la porte. Il est certainement préférable de laisser la sémantique dans son rôle et de ne pas lui demander de faire de la politique à la place des politiques.

Philippe Dibilio

15/06/2009

Le nom de la rose

couronne%20de%20laurier.GIFA chaque fois que le Parti Socialiste est dans la mouise, il y a toujours un petit malin pour évoquer la nécessité de changer de nom. Emmanuel Valls, un récidiviste, et Aurélie Filipetti sont les derniers sur la liste de ceux qui veulent donc trouver un nouveau nom au PS. Quand on demande d’ailleurs aux partisans du changement de nom ce que pourrait être la nouvelle appellation du PS, en général ça ne va pas très loin.

Prenez la députée royaliste de Moselle, elle propose vaguement quelque chose avec « à gauche ». On remerciera donc Aurélie Filipetti pour sa contribution.

Il y en a une qui vient de passer à l’acte, c’est Christine Boutin. Son forum des Républicains sociaux fort de ses 8500 membres revendiqués va donc changer de nom et désormais se nommer « Parti Chrétien-démocrate » pour affirmer, vous vous en doutiez, les valeurs chrétiennes au sein de la majorité.

Pour revenir au Parti Socialiste, il convient de passer sous les fourches caudines de l’air du temps. A l’instar de Monoprix qui s’appelle « Monop » quand il s’agit de désigner des points de vente plus petits, plus branchés, plus proches et plus disponibles, je propose que nous assumions le terme généralement utilisé pour nous nommer, celui de « soces ». Ainsi on dirait « Les soces » comme on parle « des Simpsons », « Les soces » sachant que l’on préfère parler « des Stones » plutôt que « des Rolling Stones », « Les soces » comme on dit « La Star-Ac » ou « un Coke ». Léger, direct, proche et qui se la pète pas, ce nouveau nom nous permettrait de cultiver ce capital de sympathie qui nous échappe et rapidement rares seraient les Français à rapprocher le nouveau terme « soces » de l’idée du socialisme. Un argument qui devrait aller droit au cœur de Valls.

Parlons clair entre-nous, la question qui pourrait fâcher concerne l’identité graphique des « soces », le logo, autrement dit le célèbre poing et la rose. En vérité le poing fait plus tâche que la rose. Supprimons-donc le poing, mais alors que faire de la rose. De toute évidence une rose toute seule avec en dessous le terme de « soces » n’a aucun sens. Supprimons donc la rose. Après un toilettage aussi radical il convient de revenir aux fondamentaux et en politique la métaphore est toujours végétale car les socialistes ne sont pas les seuls à puiser dans l’univers horticole pour imposer une identité. Regardez l’UMP, Les Verts, le pommier électoral de Chirac, il est impossible d’y échapper et par les temps qui courent se priver d’une référence écolo relèverait du suicide. Cherchons donc pour accompagner ce nom si sympathique de « soces » une fleur, plante ou arbre susceptible de faire l’affaire. Un visuel s’impose, le laurier, symbole de la victoire qui un jour reviendra. Avouez que cela aurait de la gueule une couronne de laurier avec « Soces » en dessous. Le laurier soce va s’imposer, c’est une certitude.

Lyon, le 15 juin 2009.

11/06/2009

En profondeur

logo PS.gifC’est tout frais. Dans six mois, nous socialistes, auront changé de cap. Comme dirait l’autre, si les socialistes se donnent six mois pour changer de cap c’est que le cap choisi jusqu’ici n’était pas le bon. Ça tombe mal parce que ceux qui parlent aujourd’hui ainsi sont les mêmes qui expliquaient il y a six mois, au moment du congrès de Reims, qu’il convenait surtout de ne pas changer de cap.
Une chose est donc certaine le cap suivi jusqu’à dimanche n’était pas le bon, encore faut-il, et nous avons six mois pour le faire, trouver le bon. Cependant un autre aspect semble inéluctable, si j’écoute bien nos dirigeants, nous atteindrons ce nouveau cap en pratiquant « une refondation profonde ». Attention, disent tous en chœur ceux qui il y a six mois poussaient des cris d’horreur à chaque fois que le simple mot « rénovation » était cité, il s’agit maintenant, non seulement de refonder, qui plus est de le faire en Pro-fon-deur !
Comme dirait l’autre, si les socialistes veulent refonder en profondeur et tout ça en six mois, ils doivent bien dès à présent avoir une petite idée derrière la tête. Scrutons donc ce qui émane du conclave socialiste de mardi soir. Au rayon nouveauté je note que le porte-parole du PS qui tout naturellement demeure dans sa fonction, souhaiterait être aussi chargé « du rassemblement de la gauche ». Voilà une première bonne idée qui sera utile dans le processus profond qui va se mettre en place. Deuxième évolution, Ségolène Royal est nommée représentante du PS à l’Internationale Socialiste, autant dire que ce que nous n’osions imaginer dans nos rêves les plus fous est enfin une réalité. Troisième riche perspective, Martine Aubry et Ségolène Royal ont décidé « d’intervenir ensemble lors des moments forts du Parti ». Le feuilleton ne fait que commencer mais depuis que je sais que nous en avons pour six mois, et en profondeur, je me dis qu’on a tout compte fait de la chance de ne pas avoir de bol.

Lyon, le 11 juin 2009.

07/10/2008

L’assourdissant silence

Logo PS.jpgAh l’assourdissant silence des Socialistes !
Que le thème est porteur. Comme cela vole bien dans l’air du temps - cet air qui décoiffe les petits et chapeaute les puissants.
Nous aimons nous flageller ? La belle affaire ! Il y a dans les medias et sur nos blogs de quoi mettre nos sangs dans tous les sens.
Que je sache, les élections ont eu lieu. Et nous sommes en démocratie que diable. Nous avons voté, majoritairement, à la présidentielle, pour Nicolas Sarkozy : certains franchement, mais beaucoup de nos belles âmes progressistes ont permis son arrivée au pouvoir en savonnant les planches de leurs propres tréteaux. Peut-être est-ce cela que nous voulons fustiger…
Il paraît qu’il faut que les Socialistes proposent… Pour le peu qu’en rapportent les médias, cela semble aider considérablement ce cher Nicolas à mettre sur le marché des litres et des litres de Canada dry. Mais je crois savoir que les Socialistes(*) ont mis en fûts un nouveau nectar en cours de maturation ; laissons-le prendre ses degrés d’alcool pour la prochaine foire nationale ou européenne où la concurrence sera rude. Pas la foire de Reims : le vin n’est pas à maturité et les producteurs ne se sont pas encore mis en coopérative. Pour continuer à filer la mauvaise métaphore : quand le vin est tiré il faut le boire ! Et celui, amer, du caviste Nicolas est surabondant sur le marché aujourd’hui.
Quant aux idées… Elles existent, mais sans le pouvoir, c’est au mieux la spécialité des docteurs derviches tourneurs producteurs de miel de synapses. On en a besoin, comme on a besoin de l’avis et de la participation des habitants de la cité. Mais sans la possibilité de les passer dans l’action, c’est stérile.
Au fait, j’oubliais : il existe pourtant bien des lieux où le pouvoir, pragmatique, fait passer les idées progressistes dans les faits en faisant de l’économie un levier pour le bien-être des gens. Par exemple, et pour être un peu chauvin, à Lyon, au Grand Lyon et à la région Rhône-Alpes.
Et si les Socialistes s’inspiraient de cela pour mener le combat national ? Banco !
Des vers de mirliton me remontent (comme disait mon grand-père après un bon plat de patates au lard). Vite fait sur le gaz et pour vous éviter silices et fouets, une rengaine façon Balasco :


Où sont donc les Socialistes ?
Où est donc leur beau projet ?
Tirez pas sur ces pianistes,
Cacophoneurs enragés.
Leur mue se fait à bon train
N’en déplaise au gouverneur
Rond de sons, gavé de grains
Qui s’amuse à l’embrouilleur.

Jean-Paul SCHMITT
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(*)Je mets à chaque fois une majuscule à Socialistes. Le style est certes un peu plus pompeux, mais c’est un nom propre. Et puis, pour ne rien vous cacher et au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je les aime bien.

 
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