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30/08/2010

Retraites à l’allemande

409px-SPD-Cube.svg.pngAlors que d’ici quelques jours la question des retraites va une nouvelle fois être posée dans la rue, c’est bien entendu du côté de l’Allemagne, pays très souvent montré en exemple de ce côté-ci du Rhin, que l’on lorgne. En effet, en invitant son pays à revoir l’âge de départ en retraite, Sigmar Gabriel, le président du SPD, a mis les pieds dans le plat en brisant ainsi le tabou imposé par son prestigieux mais contesté prédécesseur Gerhard Schroeder. Le leader social démocrate s’est donc manifesté en remettant en cause la loi de 2007 qui prévoyait une augmentation progressive de l’âge de départ à la retraite à 67 ans à partir de 2012. La loi en question conditionnant son entrée en vigueur au niveau d’emploi des seniors, Sigmar Gabriel a mis en avant le fait que seulement 10% des 60-64 ans exercent une activité professionnelle en Allemagne. Pire, concernant certaines professions, le taux ne dépasse même pas les 2% ce qui fait dire au leader du SPD que « l’on ne peut pas punir ceux qui ne peuvent plus travailler au-delà de 65 ans en réduisant de facto leur pension ». Cette nouvelle position d’une fraction du SPD à l’égard des retraites pose de toute évidence l’abrogation de la loi de 2007 alors que d’autres mettent au contraire en avant la nécessité de repousser l’âge de départ en retraite à… 70 ans.

Ce débat allemand largement alimenté par la situation démographique d’un pays atteint de vieillissement n’autorise plus la droite française à inviter de force l’exemple allemand dans nos propres discussions. Fonctionnant jusqu’ici comme une sorte d’argument d’autorité, il va bien falloir que ceux qui entendaient imposer ici la réforme des retraites en s’appuyant sur cette mythique vision allemande, changent leur fusil d’épaule.

Lyon, le 30 août 2010.

01/03/2010

Cuba (libre ?)

fidel.jpegC’est cette semaine que mon ami Jean-Paul Schmitt va reprendre du service après quelques jours de vacances à Cuba sujet que j’imagine il va aborder mercredi. Il y a quelques jours, Orlando Zapata est mort à l’hôpital pénitentiaire au terme d’une grève de la faim de 85 jours. Il faisait partie de ce groupe de dissidents arrêtés en 2003 et dont Amnesty International exigeait la libération. On a entendu peu de monde, notamment à gauche, dénoncer ce que l’on peut appeler un assassinat en règle. En vérité, les droits de l’homme à Cuba raisonnent de façon très particulière dans le cœur d’une gauche qui n’arrive pas à se résigner au fait que les frères Castro sont de bien tristes sires. A gauche Fidel demeure l’incarnation d’une sorte de romantisme révolutionnaire et certains, de temps à autre, pensent même voir dans Chavez une sorte de sympathique réincarnation du barbu des sixties. Tout laisse penser que le fait d’avoir nettoyé dans les années soixante « le bordel des Etats-Unis » assure à Castro et aux siens une sorte d’immunité révolutionnaire. Ceux qui hurlent comme des gorets que l’on égorge à la simple vue d’une caméra de vidéo-surveillance rue de la République à Lyon sont les mêmes, arborant parfois un magnifique T-shirt du Che, à parfois nous expliquer qu’à Cuba les 200 prisonniers politiques répertoriés ne pèsent vraiment pas lourd face à l’alphabétisation du pays, ses structures de santé et au courage de ce petit pays victime du blocus yankee.

Zapata mort, encore fallait-il l’enterrer. A titre préventif, probablement pour que le maximum de recueillement puisse exister, les autorités cubaines ont aussitôt mis en détention temporaire une trentaine d’opposants afin de les empêcher d’aller faire du chahut au cimetière lors des funérailles. Il serait donc temps que la gauche se réveille à propos de Cuba tout en sachant que seule une issue social-démocrate peut garantir un avenir digne au peuple Cubain une fois que la famille régnante aura disparue. Comme Zapatero et Lula, l’Internationale socialiste semble sourde et aphone quand il s’agit d’évoquer aujourd’hui Cuba. C’est une erreur profonde à moins de souhaiter, d’ici quelques années, qu’après une parenthèse castriste, Cuba redevienne « le bordel des Etats-Unis » ?

Lyon, le 1er mars 2010

 

Photo: DR

 

22/09/2008

Qu’est-ce qui va se passer ?

logo PS.gifHier dimanche, au cimetière de « La Mouche », en marge de la cérémonie d’hommage aux victimes de la shoah, comme plus tard lors des manifestations célébrant le 17ème anniversaire de l’indépendance de la République d’Arménie, de nombreux compagnons de route de la gauche sont venus m’interroger sur l’état du malade. Vous avez compris qu’il s’agissait du Parti Socialiste. La plupart d’entre eux se sentaient obligés de m’entourer d’un certain réconfort amical en évitant d’employer un mot ou une formule qui pourrait s’avérer blessant. En attendant chacun essayait d’en savoir plus. On pourrait d’ailleurs résumer leur interrogation commune par la question, « Alors qu’est-ce qui va se passer ? ».

Il faut dire qu’entre l’alliance de Bertrand Delanoë signée avec quelques autres, dont une brochette d’archéos, les coups de boutoirs quasi mono-maniaques de Martine Aubry à l’égard de Ségolène Royal et la plongée dépressive de Moscovici s’apercevant qu’en énonçant l’idée d’un congrès de rénovation et non de présidentialisation seuls les amis de Ségolène Royal pouvaient converger, mes interlocuteurs tous préoccupés par l’issue du Congrès de Reims affichaient une mine de compassion comme si, arrivé au bout de l’au-delà, le PS n’avait plus comme solution que de choisir une pierre tombale.

Remarquez que du côté des quelques élus communistes présents, et non des moindres, la tendance n’était pas non plus à la gaudriole sachant qu’après celui du PS cela sera au tour du PCF d’entrer en scène. En rajoutant à cela les effets de la catastrophe financière et la légitime inquiétude qui émerge à chaque fois que le Président de la République parle de « réformes », je peux vous assurer que dans cette situation interlope le baromètre n’était pas au « beau fixe ».

Dans une Tribune au Monde du même jour, l’ex socialiste, Jean-Pierre Jouyet, à propos de la crise financière expliquait naïvement, « nous pensions, après la crise Enron en 2001, que les acteurs financiers avaient compris l’importance de l’éthique ». En détournant ces propos, j’ai très envie de dire à quelques dirigeants socialistes, que « nous pensions, après la déculottée de Jospin en 2002, que le Parti Socialiste avait compris le sens de cette défaite ». Comme quoi, c’est aussi illusoire d’attendre de la part des milieux financiers un sens de l’éthique que de la part de certains socialistes d’intégrer la réalité telle qu’elle est.

Lyon, 22 septembre 2008.


05/10/2007

Charles est en forme

medium_Fiterman.jpgElle est peut être passée inaperçue pour certains d'entre-vous, c'est pourquoi je vous recommande tout particulièrement la tribune de mon ami Charles Fiterman publiée ce lundi 1er octobre par Libération. Charles est en forme et cela fait plaisir.

Bonne lecture.

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medium_logo_liberation.pngLionel Jospin dans l’impasse

L’ancien leader socialiste et candidat malheureux à la présidence en 1995 et 2002 persiste et signe dans son refus de remise en question.


Par Charles Fiterman, ancien Ministre. | Edition du lundi 1 octobre 2007.

L'attaque virulente lancée par Lionel Jospin à l’encontre de Ségolène Royal constitue une faute politique majeure.

Faute de méthode d’abord. Lionel Jospin veut écarter la candidate socialiste de 2007 de l’avant-scène politique et de la candidature en 2012. Il devrait savoir, puisqu’il dit la connaître, que l’agression va plutôt l’inciter à vouloir relever un défi aussi provocant. Il va rendre plus difficile un examen critique collectif sérieux de ce qui s’est passé, et obliger à des prises de distance avec la parole inconvenante du maître à penser qu’il veut être. A vouloir juger des capacités de quelqu’un à l’aune d’un résultat électoral, il prend un terrible risque, car la comparaison entre 2002 et 2007 ne plaide certes pas en sa faveur. Comment comprendre un tel aveuglement ?

Faute sur le fond surtout. Ce qui a manqué et ce qui manque encore au Parti socialiste, c’est avant tout un projet politique fondé sur ses valeurs et inscrit dans le XXIe siècle, capable de constituer ainsi une alternative mobilisatrice à la politique de la droite. Un travail avait été engagé dès 1994 en vue de construire à gauche un tel projet sous le label des «assises de la transformation sociale». Or Lionel Jospin qui a d’abord pris appui sur cette initiative l’a par la suite fait interrompre et n’a jamais depuis ni permis ni favorisé sa reprise.

Il a fait perdre une douzaine d’années à son parti et à la gauche tout entière. Il s’est contenté de quelques interventions personnelles et a laissé sans réponse pertinente en 2002 le besoin de proposition d’une véritable perspective politique, ce qui est la cause centrale de la défaite. Il a voulu en 2001 une inversion du calendrier électoral qui a donné le résultat que l’on sait et qui a accentué la présidentialisation et la personnalisation du système politique, favorisant toutes les dérives médiatiques de la campagne de 2007.

Pour ces raisons, je considère Lionel Jospin comme le premier responsable du déficit de projet dont souffre aujourd’hui le Parti socialiste. Cherche-t-il à le faire oublier avec une diversion grossière ? Et puis, il y a la faute de savoir vivre ensemble. C’est peut-être la plus irrémédiable.
En 2002, le projet rassembleur fait défaut, la gauche plurielle se délite, Lionel Jospin perd… et il s’en va. Le peuple de gauche lui a manqué, il n’a pas su reconnaître ses mérites. Lionel Jospin regrette très vite son départ et passe les années qui suivent à tenter d’organiser son retour, en faisant peser sur le parti son ombre tutélaire. Et voilà qu’une «moins que rien» surgie de nulle part se lance dans le vide existant et se fait désigner candidate, s’octroyant au surplus le droit de faire l’inventaire de l’héritage de son prédécesseur.

Pour couronner le tout, le premier secrétaire, sollicité, ne lance pas l’appel au retour du partant d’hier. Une telle outrecuidance ne pouvait rester sans suite. Lionel Jospin remâche son ressentiment et se venge. On ne peut que s’interroger sur les ressorts d’une attitude aussi affligeante. Elle n’aura pour seul effet que d’enfoncer définitivement Lionel Jospin dans l’impasse qu’il a lui-même choisie.


Tournons la page et passons, comme nous y a appelé François Hollande à La Rochelle, au travail d’élaboration d’un projet politique porteur des changements attendus par le pays et d’un parti libéré de ses entraves, capable de réaliser autour de lui un rassemblement victorieux. L’avenir est ouvert.

> Lien vers l'article

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Lyon, le 5 octobre 2007.

03/10/2007

Attaque des Palais divers

medium_Revolution_rose.gifChaque jour que Sarkozy fait confirme que la gauche est en passe de réussir son pari hégémonique. Après Pascal Lamy à l'OMC, voici que Dominique Strauss-Kahn est désigné à la tête du FMI. Cette victoire qui intervient après la prise de contrôle du Quai d'Orsay par un Bernard Kouchner qui a un oeil sur l'Europe via Jean-Pierre Jouyet et un autre sur le reste du monde avec à Jean-Marie Bockel est une bénédiction. Avouez qu'en quelques mois la gauche  a su franchir à pas de géants les frontières de l'impossible. Sur le plan intérieur, même si la néfaste politique de Hortefeux demeure imperméable à nos valeurs, en prenant en tenaille la droite sur cette question si fondamentale de la place des plus pauvres on ne peut que nous réjouir sachant que Martin Hirsh et Fadela Amara oeuvrent dans l'ombre n'attendant que l'assaut final.

Si nous délaissons, pour des raisons purement tactiques, l'aspect le plus trivial de l'économie, la prise de contrôle par Eric Besson de tout ce qui relève du stratégique est une véritable bombe à retardement alors que Jacques Attali va imprimer un tempo d'enfer à notre économie nationale pour les vingt ans qui viennent . C'est en général largement sous estimé mais en ayant la haut main sur la commission des finances de l'Assemblée Nationale c'est des rangs même du parlement que la mère des batailles pourrait se déclencher.

Après le Monde, les pauvres et potentiellement l'économie, la présence de Jack Lang comme agent dormant dans la commission Balladur devrait permettre de fonder de grandes espoirs sur la capacité de la gauche à dominer définitivement le débat institutionnel.

Pour le reste, c'est à dire l'école, la formation, l'Université et la recherche, la tactique est différente puisque que Claude Allègre a décidé de peser de l'extérieur jusqu'au moment ou, renversant les termes de la contradiction, il décidera de faire exploser la machine avec sa légendaire personnalité sanguine.  On parle aussi d'éventuelles arrivées de personnalités de gauche à l'occasion d'un remaniement ministériel prochain. Si tel était le cas cela renforcerait de toute évidence le rapport de force en notre faveur et la nomination d'un Jack Lang, par exemple comme Ministre des grands travaux présidentiels, aurait valeur de test. Aux basques du gouvernement, nos équipes de guerilla conduites par Manuel Valls, Hubert Védrine et quelques autres encore dans la clandestinité m'inclinent à penser que l'heure du grand soir devrait bientôt sonner.

Lyon, le 3 octobre 2007. 

09/06/2007

La vie des éléphants

medium_éléphants.jpgOn savait déjà que les éléphants communiquaient entre eux en émettant des sons à basse fréquence. « Lyon plus » d’hier matin nous en dit encore plus suite à une étude américaine.
Les éléphants utiliseraient leurs pieds « pour écouter les appels des autres hordes, grâce aux vibrations transmises par les pas de leurs congénères ».
Comme certains d’entre vous j’ai pu constater régulièrement que les éléphants communiquaient effectivement en émettant à très très basse fréquence, de là à penser qu’ils écoutaient avec leurs pieds, je dois vous confier que l’idée ne m’était pas venue à l’esprit. Maintenant que la science est en passe de nous faire progresser, j’avoue revisiter la chose avec un œil neuf.
Sachant que les éléphants ont par ailleurs une très bonne mémoire, ces apports récents de la zoologie sont en vérité de première importance.
La revue « New Scientist » nous dit que les scientifiques « ont eu l’idée d’enregistrer des appels lancés par des éléphants pour alerter leurs congénères sur la présence de lions dans les parages en Namibie et au Kenya. Ils ont ensuite isolé les signaux émis par les vibrations au sol provenant de ces appels pour les transmettre à des éléphants rassemblés autour de points d’eau en Namibie. Résultat ? Les éléphants ont réagi de façon spectaculaire, d’abord en se figeant sur place puis en se regroupant en groupes compacts ».
Résumons-nous. Même quand ils ne font pas partie du même troupeau, les éléphants communiquent entre-eux. Ce premier point est connu depuis bien longtemps. Deuxième élément, dès qu’ils détectent un danger, les éléphants se regroupent de manière compacte. En mettant en évidence cet aspect fondamental par l’utilisation d’un lion, les scientifiques américains font un apport décisif, mais je voudrais tempérer les conclusions de leur expérience Namibienne puisqu’en France il semblerait qu’une simple gazelle produise les mêmes effets. Une troisième question est soulevée par l’étude. Les éléphants du Kenya et de Namibie ne réagissent pas de manière homogène à une alerte, ceux du Kenya étaient paraît-il moins aptes à analyser le danger représenté par un lion. Alors vous imaginez la chose s’il s’agissait d’une gazelle ?
Comme vous le voyez les éléphants nous réservent encore des surprises. Cela étant rien ne nous est dit sur leur disparition. Et ca, c’est probablement la seule question qui nous intéresse.

Lyon, le 9 juin 2007.

 
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