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10/09/2010

Vu à la télé

martine_aubry..240x320.jpgC’est dingue de voir désormais jusqu’où peut conduire l’unité qui triomphe au sein du parti socialiste. Voyez hier soir. Arlette Chabot, tout juste vidée de la direction de l’info de la deux, organisait un débat sur la question des retraites proposant à Martine Aubry de figurer dans l’émission – elle est après tout Première Secrétaire du PS – au titre de l’opposition. Pas de bol, Aubry présidant le conseil d’administration de l’Euro-métropole lilloise, la chef des socialistes a illico soumis le nom de Ségolène Royal à Arlette Chabot pour la remplacer. Jamais, avant que nous souffle ce vent de l’unité né à La Rochelle, on aurait imaginé que Martine Aubry offre une telle exposition médiatique à la présidente de Poitou-Charentes.

Certains, probablement dotés d’un esprit négatif, pensent que c’est une Martine Aubry ayant de la peine à formuler des propositions sur les retraites qui s’est désistée en faveur de sa rivale. Pensez-donc, il faudrait être fou pour imaginer une telle explication. En vérité, c’est tout bêtement parce que l’unité règne au parti socialiste que nos dirigeants sont redevenus interchangeables, unis autour d’une position non moins unique. D’ailleurs, à La Rochelle, Martine Aubry a dit et redit qu’il en allait désormais ainsi et que le temps des courants et coteries, des écuries et fractions était derrière nous. Aujourd’hui, qu’on se le dise, chacun peut désormais s’entendre avec l’ensemble du Parti sur le fait que les promesses d’aujourd’hui annoncent des jours meilleurs. Une fois ces jours meilleurs arrivés il sera toujours temps de formuler de déchirantes révisions.

Lyon, le 10 septembre 2010.

Photo: DR

05/05/2010

Tonton flingueur

Collomb Flingueur.jpgÀ peine le PS commence-t-il à s’installer dans une espèce de paix des braves en arrêtant ses petites phrases assassines entre frères et sœurs de la famille et voila que Gégé les Gones, se mettant en tête de monter à la capitale, sort l’artillerie lourde.

Du gros calibre sans silencieux sur le pétard ! Et de plus, c’est dans le beau Monde, celui du 30 avril, qu’il canarde. Aux abris, Martine, Ségolène !

J’ai l’impression de voir un mauvais remake des Tontons Flingueurs et d’entendre ânonner les dialogues extraordinaires d’Audiard que Ventura, Blier et Blanche articulaient si savoureusement. Autant je ris à ceux du film de Lautner, autant quand Gégé s’y met, j’ai du mal à me dérouiller les zygomatiques. Au lieu de s’embarquer dans la énième guerre des gangs en prenant le risque de nous éparpiller façon puzzle, il devrait travailler la tirade de Blier dans la scène de la cuisine : « Non mais t’as vu ça ? En pleine paix, y chante et pis crac, un bourre-pif, mais il est complètement fou ce mec ! ».

Que Gégé veuille défendre un art de vivre à gauche à sa façon, on peut comprendre. Un art de vivre en ville qui n’est d’ailleurs pas si mal que ça (grâce à lui notamment), mais qu’a-t-il besoin de défourailler sur sa propre famille ? D’autant que les balles peuvent ricocher en retour à l’envoyeur : en matière de zigzag qu’il dénonce, on pourrait en énoncer quelques-uns de son fait. De Hollande à Moscovici, de son appui – tactique - à Ségolène qu’il a mise ensuite au frigo pour en sortir Peillon avant de le battre froid pour cause de lèse-lyonnaiserie, jusqu’à son actuel « retenez-moi ou je fais un malheur et vais aux primaires si DSK n’y va pas », la souplesse de ses déclarations est mise à rude épreuve.

Si tout le monde s’accorde sur le fait que son phrasé n’est pas celui d’Eva Perón ou d’un télévangéliste, on sait que le gone a du fond, alors pourquoi diable donner l’impression qu’il veut dézinguer pour empocher l’oseille ?

À moins qu’il ne peaufine un futur rôle. Celui de maître Folace alias Francis Blanche, dans la même scène de la cuisine avec sa célèbre réplique : « Touche pas au grisbi ! S… ! »

Jean-Paul Schmitt

28/04/2010

Primaires primaires ?

SégoRostand.jpgÀ en croire le bel Arnaud, elles permettront en toute transparence et après une campagne très ouverte de choisir le meilleur candidat pour représenter la gauche dans son acception la plus large lors des prochaines échéances de 2012. Adviennent donc les primaires pour que l’on choisisse le meilleur candidat ou la meilleure candidate !

À écouter et à entendre - dans ces primaires dont les militants du PS ont demandé qu’elles soient ouvertes - les valeurs qui sont celles des postulantes et postulants (sans réelle surprise gageons-le), les objectifs prioritaires (plus difficile), les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs (encore plus difficile, compte tenu de la dette et de la crise). Une sacrée foire d’empoigne se prépare-là à n’en pas douter. Après l’indispensable castagne des idées, il faudra des soins d’urgence. Le temps du mercurochrome et de la poche à glace sera court avant de rejoindre l’équipe plus vite que des joueurs de foot taclés après le pschitt-pschitt miracle du soigneur. D’autant plus vite que les fameuses primaires auront lieu assez tard en 2011 pour satisfaire les tenants de DSK, dont notre cher Gérard semble fan si j’en crois les récentes déclarations qu’il a faites sur la chaine Public Sénat, le 22 avril dernier. I want my DSK back dit GC qui déclare « À mon avis c’est le meilleur pour faire à la fois une politique économique crédible et performante et faire de grandes réformes sociales ». Ouf ! Voici l’homme providentiel nouveau. Qui l’eu cru ? GC nous l’a pourtant dit dès le 25 mars sur son blog : « Au regard du projet réformiste que j’appelle de mes vœux, Martine Aubry est aujourd’hui trop conservatrice. » sans oublier d’ajouter aussitôt, in cauda venenum, « Quant à Ségolène Royal, elle avance trop en zigzag pour pouvoir ranimer cette flamme qui a fait autrefois son succès. » Le tacle sur les gambettes des miss a lieu avant même d’entrer sur le terrain.

Primaires, vous avez dit primaire ? Comme c’est primaire…

Et si on laissait se jouer le match devant deux ou trois millions de citoyens ?

Quant à parler du flair politique soi-disant sinueux de la sorcière du Poitou :

Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !

On pouvait dire… Oh ! Dieu !... Bien des choses en somme !

En variant le ton, par exemple, pour plaire :

Agressif : « Moi, Madame, si j’avais un tel flair,

Il faudrait tout le temps que je me mouchasse ! »

Timoré : « Trop souvent vos intuitions nous glacent,

Souffrez Madame, que pour d’autres on retape ! »

Descriptif : « C’est du toc !... C’est le hic !... C’est du rap !

Que dis-je, c’est du rap ?... Cette fraternitude ! »

Sentencieux : « Martine, Fabius ont des études

Que gênent Madame votre persévérance ! »

Amical : « Laissez Madame vos espérances

Les planches des tréteaux sont si souvent glissantes ! »

Jean-Paul Schmitt

31/03/2010

La prière dominicaine

Laudate Dominique.jpgLa prière dominicaine est une prière silencieuse paraît-il. Pas sûr, à en croire celle qui monte en ce moment et qui semble fébrile.

Amis dominicains de Strausskahnie, attendez un peu cette fois avant de revêtir vos attributs d’inquisiteurs et de brûler la sorcière charentaise. Je sais que dans nos chapelles on souffle parfois le chaud et le froid, mais, à défaut de la mettre à nouveau au frigo (peut-être s’y mettra-t-elle d’ailleurs de son propre chef, mais il ne faut pas compter lui dicter quoi que ce soit) ou avant de la mener au bûcher, ne rêvez pas trop vite de la voir, comme les vestales fautives, enterrée vive dans sa région.

Amis dominicains, j’entends vos suppliques lyonnaises à votre saint patron. J’entends aussi, patelin, Cambadélis distraire les servants de la messe à Solférino pour tenter de les retenir en sacristie le temps que le grand expatrié revête un surplis rose. J’entends encore dom Mosco qui conseille au saint providentiel de ne pas attendre pour se déclarer prêt à revêtir la tiare française. J’ai entendu l’appel de Gérard de Lyon qui retrouve sa foi dans le grand inquisiteur international et monétaire depuis que l’on annonce que sainte Martine pourrait en 2012, peut-être, qui sait, des fois…. Lyon la rétive et son grand échevin ne rendent plus depuis quelques temps le culte titinesque à la sainte patronne des roses lilloises sacrée à Reims dans la fumée épaisse des encens.

Amis dominicains, craignez encore le charme royal. Il opère.

Sur France 2, le 25 mars dernier, dans À vous de Juger, le débat entre le prophète Daniel et la madone avait je vous assure la qualité des vraies disputes (au sens ancien du terme). Il y avait longtemps que la « grande télévision publique » - malgré les efforts d’Arlette Chabot pour saboter sa propre émission - ne nous avait gratifié d’un vrai échange politique sur le fond. Un échange passionné où, avec simplicité et dans un langage accessible, les divergences étaient argumentées avec franchise. Cela donnerait presque l’envie d’entrer dans l’une de ces futures coopératives du genre auberge espagnole à l’enseigne du 22 mars. Cela donne envie en tous cas de continuer ces échanges entre coopérateurs éventuels et désireux d’avenir.

Amis dominicains qui en d’autres temps avez tant aimé informer via You Tube, Dailymotion et maintenant Twitter, voyez ou revoyez l’émission. Notamment la partie concernant feu la taxe carbone (http://www.lepost.fr/article/2010/03/25/2005206_debat-segolene-royal-daniel-cohn-bendit-videos_1_0_1.html )…

Jean-Paul Schmitt

13/01/2010

Anticipation

SR Culture.jpgQue n’a-t-on pas raillé Ségolène Royal après sa soirée au Zénith et le fameux fra-ter-nité et quel silence des média lorsque Nicolas Sarkozy reprend la formule lors de ses vœux au pays. Ce qui chez Ségo était tourné en dérision devient dans la bouche de Sarko un propos ordinaire. Fantastiques média dont l’indépendance s’arrête à la porte de l’Elysée et qui ne vont pas, ne serait ce qu’égratigner, un Président en pleine déconfiture dans l’opinion. Avec 32% seulement de satisfaits de sa politique il est en totale chute libre mais c’est là le sort d’un homme qui à force de gesticuler dans tous les sens perd tout le monde en route. Et s’il reparle de fraternité c’est que l’opinion lui renvoie l’image de sa politique totalement anti-fraternelle ce qu’avait bien compris Ségolène avant lui. Car la politique sarkozienne cultive la haine et l’affrontement ; haine de l’autre, du migrant comme de l’immigré ; haine du concurrent comme de l’adversaire. Dès lors il n’est pas étonnant qu’une partie de l’opinion aspire à la fraternité.

Mais il n’est pas que sur ce sujet que Ségolène Royal anticipe, c’est aussi le cas dans la composition de ses listes en vue des élections régionales en Poitou-Charentes. On y notera la présence de deux syndicalistes l’un de chez Heulliez entreprise pour le sauvetage de laquelle elle s’est particulièrement impliquée, l’autre de l’équipementier Fabris. Rien d’extraordinaire si l’on se réfère à l’histoire de la gauche et à ses liens avec le mouvement syndical. Véritable révolution à l’heure où le monde du travail n’a plus droit de cité dans les circuits institutionnels. Il n’est de ce point de vue qu’à se reporter à la liste socialiste du Rhône pour mesurer la différence, une liste que même l’arrivée au deuxième tour de candidats issus des partenaires ne comptera toujours pas de représentants du monde du travail en activité. A l’heure où le chômage reste la principale préoccupation des français, où les derniers conflits sociaux portent essentiellement sur le sauvetage d’emplois cette défection interroge. Le rassemblement nécessaire pour battre la droite en 2012 ne se fera pas sans une vraie sensibilisation des actifs de ce pays. Et l’on ne pourra pas longtemps les oublier dans la représentation politique. Apparemment Ségolène a anticipé la question la première.

Philippe Dibilio

30/12/2009

2006 en vrac

Création de la Banque Postale - Election du Hamas en Palestine - 80ème anniversaire d’Elisabeth II - Inauguration du Musée du Quai Branly – Ségolène Royal désignée comme candidate du PS aux présidentielles - Saddam Hussein exécuté - Mouvement contre le CPE - La France battue par l’Italie en finale de la Coupe du Monde - Mort de James Brown - « Dans ma bulle » de Diam’s, meilleure vente d’album en France ….

Diam's - Dans ma Bulle
envoyé par yAmShAmOyAl. - Regardez la dernière sélection musicale.

Lannemezan, le 30 décembre 2009

19/12/2009

Nostradamus

duhamel.1171620777.jpgComme moi, beaucoup d’entre-vous, en lisant jeudi dernier libération se sont subitement trouvés démunis et paumés. Au bas de la chronique si enrichissante de notre meilleur expert politique, je parle vous l’avez compris de Alain Duhamel, une terrible mention figurait. Je vous la livre tel quel. « La chronique d’Alain Duhamel reprendra le jeudi 7 janvier » nous disait Libé sans prendre la moindre précaution. Rendez-vous compte, pendant plus de vingt jours nous allons être nombreux à végéter pendant la trêve des confiseurs sans bénéficier des analyses les plus pointues.

La chose est d’autant plus terrible qu’avec un papier intitulé « Il y a foule au bal des prétendants socialistes » Alain Duhamel terminait 2009 avec un brio que l’on osait plus espérer. Le seul titre de ce billet de Duhamel résumait la difficulté de l’entreprise. Chapeau l’artiste !

Pour tout vous avouer, j’avais tout de même quelque appréhension dans la mesure où la dernière fois où l’expert avait passé en détail les socialistes pour pronostiquer qui pourrait être candidat aux dernières présidentielles, Duhamel avait juste oublié de citer le nom de Ségolène Royal. Que l’on se rassure. Cette fois-ci, au sommet de son art, Duhamel n’a oublié personne. L’œil du maître est toujours aussi exercé et je peux, sans je l’espère trahir le fécond esprit de cet analyste de la vie politique française vous dire qu’au « bal des prétendants socialistes » figurent, tout d’abord Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal mais aussi Manuel Valls (pour prendre date), Pierre Moscovici (le plus doué et le plus cultivé), Bertrand Delanoë et pourquoi pas DSK. Je sais cela vous en bouche un coin. Poussant encore plus loin le remue-méninge, Alain Duhamel, qui n’est pas du genre à la jouer défensive, se risque à un commentaire dont la portée historique devrait dépasser bien des lecteurs. Je vous la livre : « On peut penser que parmi ceux qui affichent leurs intentions, un tri se fera peu à peu ». Face à une telle puissance chacun doit admettre que Duhamel peut légitimement prendre une vingtaine de jours de vacances ce d’autant que, cerise sur la bûche de Noël, le plus fin limier de la vie politique française s’autorise à penser qu’il y a peut-être un « trop plein de prétendants ».

Avant de vous laisser réfléchir pendant tout ce week-end à tant de science, je voudrais tout de même faire valoir un bémol. Hier j’évoquais l’étonnante candidature de l’inrockuptible Mathieu Pigasse. Sachant que le nom du banquier de gauche n’est même pas évoqué par Duhamel, sans vouloir me transformer en supporter de Pigasse, je veux juste dire à ce sympathique candidat aux primaires que ses chances sont intactes. Ne pas figurer dans « ce bal des prétendants » inventorié par Alain Duhamel pouvant s’avérer le signe d’un authentique destin politique.

Lyon, le 19 décembre 2009

26/11/2009

Où sont les femmes ?

dominique-strauss-khan.jpg?w=450&h=675Hier soir, Dominique Strauss-Kahn était l’invité vedette du « Grand Journal » sur Canal+ cette émission au cours de laquelle Ségolène Royal annonce, en direct, la mise à pied de ses anciens amis. Hier, Libération profitait donc de l’occasion pour nous parler de celui que Joffrin appelait « l’Imam caché » en nous livrant une batterie de sondages supposés nous en dire plus sur « le candidat incognito du PS ». A l’aide du baromètre Via Voice, Libé répondait, sous la forme de pourcentages d’opinions favorables, à la question « A qui Strauss-Kahn plait-il le plus ? ». Avec 66%, les cadres et professions intellectuelles figuraient en tête talonnés par les électeurs de l’UMP, les plus de 65 ans, les électeurs verts puis ceux du PS, les retraités, les hommes et enfin les jeunes qui approchaient les 54%. Au-delà de ce bon score aux contours gériatriques plutôt affirmés, j’imagine que DSK a été surpris de ne pas trouver parmi ses soutiens les plus sûrs « la moitié du ciel », en l’occurrence les femmes.

Grâce à ce sondage il est donc prouvé que la légende est fausse, autrement dit que DSK n’est pas un homme à femmes. Pour l’instant Strauss qui retrouve une côte d’amour proche de celle qu’il avait au moment de quitter le gouvernement Jospin a donc du pain sur la planche sachant qu’il est dans notre pays plus d’électrices que d’électeurs.

Lyon, le 26 novembre 2009.

Photo: DR

19/11/2009

Royal canins

n-b-ciel.jpgA l’unisson, les médias parlent, presque en boucle du vidage de Vincent Peillon par Ségolène Royal. La méthode semble en surprendre plus d’un. Quelques mois après les présidentielles, j’avais préféré tirer ma révérence à Désir D’avenir  (ici) observant les manœuvres bureaucratiques inventées par quelques-uns pour transformer cet outil en ustensile dévoué à la seule Ségolène Royal. Certains, et non des moindres, voulaient me convaincre à l’époque de revenir sur une aussi terrible décision m’expliquant que ce disfonctionnement de l’A.G. bidonnée de Désir d’Avenir était à mettre au compte des erreurs de jeunesse. Les mêmes qui par aveuglement amoureux avaient couverts d’aussi piteuses pratiques décidaient il y a quelques mois de claquer la porte et, d’après ce qu’en disait alors la presse, de se réfugier dans un fameux dîner thérapeutique pris en commun dont l’objet était de pleurnicher sur leur bien triste sort. Peu à peu, de démissions en fatwas, celle visant Dominique Besnehard étant la plus singulière, le petit monde de Ségolène semblait se réduire à peu de choses. En vérité le putch de Dijon et le vidage de Peillon nous démontre qu’autour de Ségolène Royal il n’y a pas un quarteron d’affidés mais bien un conseil politique. C’est, d’après ce que nous dit la presse, ce conseil politique « estomaqué », pour reprendre les propos de mon excellente collègue Najat Belkacem, constitué semble-t-il de quinze membres, pour citer ceux de Guillaume Garot, qui s’est réuni en conclave pour virer Peillon. Jusqu’ici, comme pratiquement tout le monde, je pensais que les nombreux revirements de Ségolène Royal étaient uniquement le produit de sa fantasque personnalité. Pas du tout. C’est bien éclairée par un conseil politique que Ségolène Royal chemine. La preuve est donc désormais faite que ces fantassins du Ségolinisme ne sont pas seulement dévoués, ils sont aussi inquiétants car plein de rage. En quelque sorte, il s’agit des « Royal canins ».

Lyon, le 19 novembre 2009.

Photo: DR

17/11/2009

Sacrée Ségo

segolene_royal_red.jpgEn s’invitant aux forceps à la journée de travail organisée par Vincent Peillon à Dijon, Ségolène Royal a réussi un coup d’éclat dont elle a le secret. Il faut dire à sa décharge  que l’initiative du député européen du Sud Est était pour le moins cavalière. Convoquer au nom du courant « Espoir à gauche » une journée de travail sur l’éducation et en écarter celle qui fût le leader de ce courant au moment difficile du congrès de Reims ne manquait pas d’air. Et pour enfoncer le clou décréter la veille sur Europe 1 que Ségolène était un échec au rassemblement ne pouvait que pousser l’intéressée à sortir de ses gongs.

En fait Peillon souhaitait rééditer son opération de l’été où il avait déjà réuni autour de lui un arc en ciel allant de Robert hue à Marielle De Sarnez en passant pas Christiane Taubira ou les Verts. Un rassemblement qu’il s’appropriait pour l’orienter le moment venu vers tel ou tel présidentiable dont évidemment il ne souhaitait pas la présence afin d’asseoir sa position de leader du mouvement naissant. C’était sans se souvenir que Ségolène avait aussi été précurseur dans la main tendue au Modem ce dès l’élection présidentielle de 2007. Aussi, comme la louve de Rome, notre Ségo ne voulut pas se faire voler ses petits. Elle a réagi à sa manière, à la hussarde et sans complexe et j’ai plutôt tendance à applaudir.

Cet épisode m’ a renvoyé au livre de Francis Brochet, « la grande rupture » sorti récemment. L’éditorialiste et chef des pages politiques du Progrès y évoque la question de la rupture mise en scène par Nicolas Sarkozy et défend la thèse selon laquelle cette rupture vient de loin et trace son chemin au milieu des gesticulations de Sarko tout comme au travers du mode d’action d’autres acteurs du monde politique et économique. Un rupture qui ne nous tombe pas dessus du jour au lendemain mais qui fait son oeuvre depuis plusieurs années. Et pour cela il prend appui sur le parcours de trois personnages : Ségolène Royal, Laurence Parisot et Nicolas Sarkozy et son argumentaire ne manque pas d’intérêt. Je ne retiendrai qu’un seul point ; il attribue à cette rupture une cause générationnelle. Tous trois, en effet, ont l’âge de la remise à jour des pensées et des espoirs de la période de la Libération, tous trois n’ont pas fait 68 dans un camp comme dans l’autre, tous trois s’exonèrent des codes issus de ces deux périodes et qui ont jusqu’alors marqué la Vème République. Et il n’a pas tort ; nous sommes véritablement entrés dans une autre aire politique avec des approches et des attitudes bien loin de celles que nous, les plus âgés, avons vécu. Mais c’est la société qui a changé ; qu’on le veuille ou non on se parle différemment aujourd’hui. Je me suis longtemps interrogé sur le fait que mes petits enfants, même très jeunes, s’appropriaient plus vite que moi la maîtrise d’un ordinateur ou d’un téléphone portable. Puis un jour j’en ai conclu qu’avant de taper sur une touche moi je devais concevoir mon geste alors qu’ils allaient directement sur l’icône correspondant. Certes ils ne s’interrogerons peut être jamais sur le principe de fonctionnement du micro processeur ni ne comprendrons le calcul binaire qui sont des éléments clés de l’informatique mais ils communiquent avec l’outil.

Cela me semble à l’image de la société d’aujourd’hui qui va à l’essentiel, sans détour et sans s’imposer la lourdeur des formes et préséances d’hier. Ségolène Royal est certainement la seule des leaders de gauche à comprendre et assumer cette grande rupture nous aurions tort de nous en plaindre.

Philippe Dibilio

 

22/09/2009

Une solitude active

nouveau Site Desirs d'avenir.jpgLe terrain avait été bien préparé, toute la semaine dernière la presse, dans une unanimité suspecte, n’en avait que pour la solitude de Ségolène Royal. Et de broder sur le départ de ses proches et de certains adhérents de Désirs d’Avenir. Et pour ne pas lâcher le filon de la vie privée, on pointait l’incursion de son compagnon dans son action politique. Pensez donc un homme nouveau qui ne fait pas parti du sérail ; si maintenant tout le monde peut faire de politique où va-t-on ? Et puis le monsieur est intervenu dans le relooking du site internet, c’est son métier mais tout de même. D’ailleurs il est bien évidemment raté ce nouveau site et pour s’en convaincre on convoque les internautes dont on sait qu’ils représentent le meilleur ou le pire de l’expression démocratique. En l’occurrence le pire était le bien venu. Enfin l’Express est allé jusqu’à se lancer dans une rocambolesque histoire de facture adressée à Pierre Bergé ce qui aurait amené le célèbre mécène à s’éloigner à son tour. C’est totalement faux et démenti par l’ intéressé qui, au contraire a affiché une solidarité sans faille à Ségolène.

Ce tir de barrage est une nouvelle fois intervenu à la veille d’une initiative de l’ex et toujours candidate à l’élection présidentielle : la deuxième édition de la fête de la Fraternité. La pratique est connue mais elle est systématiquement réservée à Ségolène Royal. Pourtant la fête a eu lieu et dans sa solitude au milieu de 3000 personnes la femme seule a, une fois de plus tenu des propos que l’on aimerait voir repris ailleurs mais pour les connaître il faudra aller sur le site de Désirs d’Avenir car la presse elle n’a pas dû les entendre. Le seul passage retenu aura été celui concernant la naissance d’un mouvement de dépassement du PS. Position stratégique de la présidente de Poitou-Charente que l’on peut comprendre quand on voit l’attitude de son propre parti à son égard.

De cette semaine d’acharnement je retiendrai deux choses : Ségolène est toujours là, debout et combative ; d’autre part elle fait toujours peur, en particuliers à Nicolas Sarkozy. Aux leaders socialistes qui dénoncent avec raison l’emprise du président sur les média et son don de les manipuler je dirai simplement ceci. Si Ségolène reste la cible favorite c’est qu’elle représente pour lui le principal danger. En effet elle est la seule déjà positionnée dans la course à 2012, elle a derrière elle l’acquis d’une présence au deuxième tour et le score qui va avec et elle est toujours là debout combattante avec un discours sans cesse étouffé mais beaucoup plus solide que les zig zag de la politique d’un Sarkozy qui ne se gêne pas de puiser dans les idées de Ségo et de la gauche pour nourrir sa démagogie.

Alors que les choses soient dites elle est pour la gauche la meilleure candidate pour 2012. Ce ne sont pas ceux qu’elle a devancé en interne la fois précédente qui peuvent prétendre revenir en deuxième semaine : Fabius est grillé quant à DSK son pantouflage dans la finance offert par Sarko ne le met pas en meilleure situation pour parler au nom de la France qui souffre. Il reste les quadra qui n’en sont plus car tous tournent autour des cinquante ans et plus et talonnent ainsi Ségolène en terme d’âge, aucun n’a aujourd’hui la stature. Aussi la logique voudrait que tirant les leçons des fourberies de 2007 chacun s’inscrive dans un débat loyal et enrichissant avec elle pour aller ensuite au combat ensemble.

Voilà une situation qui créerait une meilleure dynamique pour affronter la politique du pouvoir en place et faire éclore des propositions gagnantes. Sortir de ce schéma c’est faire cadeau de la victoire à la droite, c’est une analyse de bon sens que le peuple de gauche risque de faire plus vite que les appareils.

Philippe Dibilio

Illustration: DR. Impression écran.

08/09/2009

Taxés

pollution.jpgQu’on se le dise, la nouvelle pensée unique est verte, couleur il est vrai devenue très « tendance » dans le monde politique. Pensée unique donc, car celui qui ne partage pas le dogme de la taxe carbone même en son for intérieur, est renvoyé au rang d’ignare voire de dangereux théoricien de la destruction de la Planète. Il a suffi que Ségolène ose dire que cette taxe, telle que proposée alors, soit injuste pour qu’elle subisse des assauts de toute part et aurait en d’autres temps risquée le bûcher. Et pourtant il est évident qu’une taxe généralisée frappe toujours les revenus les plus faibles. D’ailleurs celui qui a pondu ce projet est un récidiviste puisque Michel Rocard, c’est bien de lui dont il s’agît, nous a déjà gratifié de la CSG. Qu’importe donc si les émissions de CO2 se répartissent en 30% pour les transports, 30% pour les logements et 40% pour l’industrie la charge sera la même pour tous. Car bien sûr cette taxe est indispensable au nom d’un principe applaudi tant à gauche qu’à droite : il faut frapper au porte monnaie de chacun pour modifier les habitudes et les comportements en terme de pollution. Et qui n’a pas compris ça n’a rien compris à la vie. Il serait donc vain de contredire cette affirmation et je ne m’y risquerait pas de peur de déclencher les foudres des sachants. Je me hasarderais seulement à faire remarquer que malgré des augmentations pharamineuses, et la prochaine nous attend au premier octobre, la consommation de tabac a encore augmenté cette année. Mais ce doit être la fameuse exception qui confirme la règle. Sur le sujet de la taxe carbone en tout cas écologistes et gouvernement ne veulent voir qu’une seule tête et n’entendre qu’une seule voix. Si Ségolène, encore elle, évoque d’autres pistes comme, entre autre, le lancement d’une politique de fabrication de la voiture électrique l’icône de l’écologie, Nicolas Hulot, la renvoie dans ses cordes en affirmant que ce n’est pas ainsi qu’on réglera le problème ; ce qu’elle n’a pas dit mais qu’importe. Quand Martine Aubry demande que l’on travaille sur une version plus équilibrée c’est Fillon qui la propulse dans le camp des cancres qui ne comprennent en rien l’état du monde. Et si l’on lâche l’hypothèse selon laquelle le revenu de cette taxe pourrait servir à équilibrer le budget de l’Etat on devient carrément malhonnête. Bref un seul verdict s’impose : que les français soit taxés puisqu’on nous le dit c’est la seule méthode pour qu’ils comprennent quelque chose.

Philippe Dibilio

Photo: DR

24/06/2009

Etapes

congres-versailles.jpgLe discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès était-il creux comme le prétend Laurent Fabius ? J’ai presque envie de dire qu’importe tellement ce jugement de valeur a peu d’impact et met une fois encore le PS en situation de réagir avant de réfléchir.

Il était évident que Sarkozy allait faire du Sarkozy et que son discours allait une fois de plus relever du propos électoral, mais en attendant ça marche puisque les électeurs sont au rendez-vous de l’UMP. Alors le président de la République peut rebondir sur l’actualité comme à propos de la burqa ce débat lancé aujourd’hui on ne sait trop pourquoi par notre ami André Gerin mais que Sarko saisît au bond non sans malice. Il peut lancer des idées dont on ne sait pas si elles prendront corps mais qui résonnent dans les esprits comme le lancement d’un emprunt national pour affronter la crise ou le paiement d’un an de salaire et de formation pour tout licencié économique.

La question reste de savoir s’il sera entendu des français qui pour se faire une idée sur ce discours auraient peut-être besoin de quelques éclairages politiques accompagnés de propositions solides. Car, au fond, les français n’ont aujourd’hui que « l’offre politique » que leur propose Sarkozy et cela lui donne de l’avance. Il est vrai que lorsque Ségolène Royal réunit quelques pointures, comme elle l’a fait récemment à Paris, pour analyser la crise et ouvrir des pistes pour en sortir, c’est le silence total dans les média. Mais c’est aussi malheureusement le black out au PS. Dommage ! Et pourtant il faudra bien à un moment ou à un autre se relever les manches pour construire ce projet qui réveillera la gauche et qu’amis et militants attendent avec une impatience qui en devient lancinante. Un projet qu’il serait plus efficace de préparer ensemble plutôt que chacun dans son coin en s’occupant ensuite de celui ou celle qui le portera. Après tout on peut toujours faire un rêve et même penser que ce processus se mette en route avant le prochain discours d’étape de Nicolas Sarkozy.

Philippe Dibilio

Photo: DR

14/06/2009

Participatif

Marianne rouge.jpgBon, la formule est légèrement ampoulée et devrait en irriter plus d’un, mais Ségolène Royal sort de sa manche « l’Université Populaire Participative » à un moment opportun puisque demain, c’est à la crise qu’est consacrée la séance. « Quel nouveau modèle de développement économique et social pour l’après-crise ? » est donc la thématique proposée alors qu’une légère gueule de bois frappera les uns plus que les autres après l’élection aux européennes.
Du beau monde est mobilisé pour l’occasion car aux côtés de Ségolène Royal et Philippe Aghion (Université de Harvard), on retrouvera Yann Algan, professeur à Sciences Po, spécialiste des inégalités et de l’emploi mais aussi un économiste qui travaille autour de l’idée de « confiance ». Ce titulaire du prix du jeune économiste 2009, retrouvera deux de ses pairs. Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE, prof à l’IEP de Paris et membre de la commission Stiglitz mais aussi Jacques Attali dont l’activité à géométrie variable est aussi difficile à saisir que le positionnement politique. Si sur ce blog, j’avais invité les uns et les autres à lire son intéressant « La crise et après ? » (Fayard), rappelons-nous aussi cet espèce de « Désir de Sarko » qui l’avait animé lors de la mise en place de la commission pour le retour à la croissance dont seuls les chauffeurs de taxi gardent encore le souvenir.
Enfin, et c’est probablement un aspect fort de cette Université, en invitant Edouard Martin, délégué CFDT d’Arcelor-Mittal, Ségolène Royal démontre qu’elle souhaite rester fortement connectée aux effets d’une crise qui a pris de dramatiques tournures à Gandrange comme ailleurs.
Puisque nous en sommes aux rendez-vous qui entendent faire du débat et des échanges participatifs la meilleure façon de s’armer pour demain, je veux signaler, cette fois-ci à la fin juin, à l’invitation de la ville de Grigny, du Grand-Lyon et de Rhône-Alpes, la tenue d’un Forum national de la démocratie participative réunissant élus, habitants et techniciens territoriaux les 26 et 27 juin à la Mairie de Grigny.


•> « Université Populaire Participative », lundi 15 juin 2009, 18h30, Mairie du 4ème arrondissement de Paris, 2 place Baudoyer (Métro Saint-Paul)
•> « Forum National de la Démocratie Participative » 26 et 27 juin à Grigny (Rhône). Contact : www.laparticipationauconcret.fr

•>Au programme des prochaines université: 1er octobre (L'eau, un bien commun), 2 octobre (L'éducation et l'université). Pour plus d'informations

Lyon, le 14 juin 2009.

11/06/2009

En profondeur

logo PS.gifC’est tout frais. Dans six mois, nous socialistes, auront changé de cap. Comme dirait l’autre, si les socialistes se donnent six mois pour changer de cap c’est que le cap choisi jusqu’ici n’était pas le bon. Ça tombe mal parce que ceux qui parlent aujourd’hui ainsi sont les mêmes qui expliquaient il y a six mois, au moment du congrès de Reims, qu’il convenait surtout de ne pas changer de cap.
Une chose est donc certaine le cap suivi jusqu’à dimanche n’était pas le bon, encore faut-il, et nous avons six mois pour le faire, trouver le bon. Cependant un autre aspect semble inéluctable, si j’écoute bien nos dirigeants, nous atteindrons ce nouveau cap en pratiquant « une refondation profonde ». Attention, disent tous en chœur ceux qui il y a six mois poussaient des cris d’horreur à chaque fois que le simple mot « rénovation » était cité, il s’agit maintenant, non seulement de refonder, qui plus est de le faire en Pro-fon-deur !
Comme dirait l’autre, si les socialistes veulent refonder en profondeur et tout ça en six mois, ils doivent bien dès à présent avoir une petite idée derrière la tête. Scrutons donc ce qui émane du conclave socialiste de mardi soir. Au rayon nouveauté je note que le porte-parole du PS qui tout naturellement demeure dans sa fonction, souhaiterait être aussi chargé « du rassemblement de la gauche ». Voilà une première bonne idée qui sera utile dans le processus profond qui va se mettre en place. Deuxième évolution, Ségolène Royal est nommée représentante du PS à l’Internationale Socialiste, autant dire que ce que nous n’osions imaginer dans nos rêves les plus fous est enfin une réalité. Troisième riche perspective, Martine Aubry et Ségolène Royal ont décidé « d’intervenir ensemble lors des moments forts du Parti ». Le feuilleton ne fait que commencer mais depuis que je sais que nous en avons pour six mois, et en profondeur, je me dis qu’on a tout compte fait de la chance de ne pas avoir de bol.

Lyon, le 11 juin 2009.

 
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