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28/02/2011

Adieu

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hortefeux-alliot-marie.jpg

18/10/2010

« Nègre » de Sarko

JacquesAttali.gifPourquoi tant d’hésitation et de circonvolution ? Il paraît que le président hésite encore ne sachant plus faire la part de l’utile entre le choix d’un premier ministre centriste, d’un ancien Villepiniste, d’un troisième Chiraquien ainsi que d’une quatrième Umpiste revêche. Bref, Nicolas Sarkozy pourrait même se laisser aller à faire à nouveau les yeux doux à son collaborateur actuel, François Fillon. Pour Sarkozy comme pour nous parfois dans la vie, nous n’arrivons pas à percevoir une bonne solution qui s’impose pourtant comme le nez au milieu de la figure. Cette solution évidente s’appelle Attali, l’homme qui vient de proposer à la droite un programme clé-en-main jusqu’en 2020. Il faut dire que dans la série des conseillers qui ne méritent pas d’être oubliés, Jacques Attali s’impose. Jadis avec Tonton, aujourd’hui avec Sarko, Attali s’est déjà fait remarquer en 2008 comme chef de la commission destinée à booster la croissance nationale. On connait le résultat et Attali s’est fait, à cette occasion, beaucoup d’amis parmi les chauffeurs de taxis. Attali le larbin nous revient donc deux ans plus tard et en cet automne 2010 il livre le plan d’austérité qui manquait tant à la droite coupant presque l’herbe sous les pieds à des hiérarques de l’Ump qui ne doivent pas en croire leurs yeux. Avec « sa stratégie à dix ans » et son objectif « croissance 2.5% », Attali vient donc de formuler 27 propositions à Sarko. Au rayon des finances publiques et du retour du déficit à 3%, le nouveau conseiller de l’Elysée propose le gel du point d’indice pour les fonctionnaires d’Etat comme de la Fonction publique territoriale ainsi que le remplacement d’un seul fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Au rayon sécu, Attali veut présenter une posture de gauche en s’interrogeant sur la prise en charge de certaines maladies lourdes pour les bénéficiaires de gros revenus ce qui, tout à la fois, représente une attaque contre l’universalité de la sécu mais surtout une probable généralisation, dans un second temps, de ces mesures à des français loins d’être fortunés. Chasse aux niches fiscales, réexamen de la fiscalité du patrimoine, l’héroïque Attali ne nous explique pas ce qu’il compte faire de la TVA réduite dans la restauration, ne semble pas plus très au clair sur la question des retraites ou de la réforme fiscale tout en envisageant sérieusement une hausse de la TVA. Avouez que Attali à Matignon cela aurait une autre gueule que Borloo ou Alliot-Marie et pour une fois Sarkozy pourrait se réjouir d’avoir non seulement comme premier ministre, un collaborateur mais presque « un nègre », une situation pour le moins inédite pour Jacques Attali.

Lyon, le 18 octobre 2010.

25/01/2010

Massacre en direct

tf1.jpgLa blonde la plus hitchcockienne du PAF, Laurence Ferrari, va recevoir ce soir, les yeux dans les yeux, notre Président. Face à la présentatrice glamoureuse, le locataire de l’Elysée timide et hypnotisé par le charme fou et froid de la blonde platinée décrite dans Libération comme en fait « une brune à poigne », risque de ne pas peser bien lourd. Décochant questions ouvertes et incisives en alternance avec une batterie d’interpellations pointues, la blonde risque de transformer le petit maître en sujet.

Ça va donc chauffer, ça va péter ce soir au vingt-heures de TF1. Quand elle va empoigner le Président, la native d’Aix ne va pas mégoter sur les torgnoles, être économe en claques, avare de coups envers celui que la rumeur présente comme un ex. Ça va donc être ce soir la fête à Sarko, le massacre d’un chef, l’agonie d’un président plumé comme un perdreau de l’année. Une honteuse cérémonie funeste qui précèdera une exécution à la roumaine présidée par le killer du PAF, Jean-Pierre Pernaud.

Il faut dire que s’il est en général fort mal traité dans les médias, Nicolas Sarkozy est particulièrement le souffre douleur de la première chaîne de télévision. Ce soir livré aux questions baveuses d’un pseudo échantillon de Français, c’est donc Jean-Pierre Pernaud qui aura pour tâche d’achever le président. Pour qui connaît le persiflage habituel du présentateur du 13 heures, c’est avec une joie malsaine que Pernaud portera une estocade finale animée d’une haine sans nom envers le régime. Trop c’est trop. Ce soir, faîtes comme moi, regardez plutôt « Cuisine T.V ».

Lyon, le 25 janvier 2010.

17/01/2010

Oh, brother

400px-patrick_balkany.jpgLe pote, le frère, le complice et ami de Nicolas, Patrick Balkany vient de faire don au pays de ses petits secrets. Au lit avec Bardot, en voyage avec Sarko, presque violé par Shirley Mac Laine, en vacances avec le président, la vie tumultueuse de l’homme qui avait annoncé aux Français le retour au bercail de Cécilia et même communiqué sur le malaise vagal présidentiel, est donc depuis cette semaine plus qu’un témoin. C’est un écrivain. De quoi remplir de fierté ce département des Hauts-de-Seine si attaqué et décrié.

Victime de l’acharnement médiatique et de la terreur des juges pour, il le dit lui-même, quelques broutilles, Patrick Balkany se réhabilite lui-même tout en nous racontant sa première poignée de main avec Sarko, la tendre protection amicale de Nicolas quand tout allait mal, « la joie de vivre inaltérable » d’Isabelle.

Cet exercice littéraire inattendu est, vous l’avez compris, une façon pour Balkany de se « Libérer de cette caricature-carcan » qui le frappe, d’exprimer une « sensibilité » et une « tendresse » jusqu’ici dissimulées car, nous dit cet homme fort du 92, « même les grands gueules pleurent sous le masque ».

Je sais bien qu’en ce dimanche il ne sera pas très facile de vous procurer un bon bouquin à dévorer mais, dès demain lundi, vous pourrez vous précipiter chez votre libraire. Entre le monde noir, abject et interlope de Ellroy, ce sinistre égoutier qui scrute le mal dans les moindres recoins de l’Amérique et cette leçon de vie de Patrick Balkany, il n’y a bien entendu pas photo. L’homme qui murmure aux oreilles du président est désormais un écrivain. Pourquoi s’en plaindre.

Lyon, le 17 janvier 2010.

Photo: DR

08/12/2009

Boomerang

Sarkozy.jpgEn cette fin d’année et au milieu de son mandat on ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy soit en pleine forme politique, quant à l’UMP c’est encore pire. L’hyper–président s’est sensiblement calmé et ses rodomontades n’effraient ni ne séduisent plus grand monde. Il est vrai qu’à vouloir tout régler soi même et à sauter sur tout ce qui bouge on s’épuise et on lasse et Sarko paye aujourd’hui la note pas seulement dans les sondages.

Comme si ses trucs ne prenaient plus. Il en est ainsi du sulfureux débat sur l’identité nationale qui ne fait ni oublier les échecs de Sarko face à la crise ni la stratégie de basse politique qu’il y a derrière ce débat créé de toute pièce par un ministre d’ouverture qui, comme tous les traîtres, en fait toujours plus pour se justifier. Mais les ennuis du président ne s’arrêtent pas là, resté leader de l’UMP il n’arrive plus à faire fonctionner la machine abandonné par un Xavier Bertrand qui vit son poste comme une punition et même un Frédérique Lefebvre devenu atone vexé de ne pas avoir été ministre. Et puis les réformes ont parfois des effets collatéraux. Celle du Parlement, par exemple, permet aujourd’hui aux groupes UMP des deux chambres une marge d’émancipation. Et l’on voit le Sénat contrecarrer les plans du gouvernement concernant la suppression de la taxe professionnelle ou la réforme des collectivités avec en leader de la fronde un ancien premier ministre toujours vice président de l’UMP.

Pas étonnant dans ces conditions que les têtes d’affiches ne se bousculent pas pour conduire les listes aux régionales. D’autant que lorsqu’il y a un volontaire, comme dans le Rhône, bien qu’adoubé par la fédération et les parlementaires il est récusé par Sarkozy. Lequel s’est d’ailleurs engagé dans une tactique discutable en voulant des listes regroupant toutes les formations qui le soutiennent dès le premier tour. Cela ne lui donnera pas un score mirobolant pour autant et il manquera de réserves au second. Un raisonnement qui vaut, selon moi, aussi pour les verts. Cette tactique, en effet, peut convenir pour l’élection présidentielle car il y là un homme ou une femme face à l’électorat national. Pour une élection décentralisée la donne est différente et l’UMP risque de s’en rendre compte à ses dépends en recevant le résultat comme un boomerang.

Philippe Dibilio

Photo: DR

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[Edit JYS]: Le collectif de défense de l’IVG à Lyon organise une Soirée-débat le 10 décembre 2009, à 18H30 Au Centre Culturel et de la Vie Associative de Villeurbanne, 234 Cours Emile Zola, 69100 Villeurbanne. (Métro Flachet).

02/12/2009

Consommation

Consommation.jpgJe ne suis pas un grand économiste et je ne m’en porte pas plus mal, au contraire, lorsque je vois la brasse coulée que nous fait sur ce sujet notre ancienne nageuse de ministre de l’Economie justement. Elle que, de surcroît, ses pairs ont élue meilleure d’Europe à ce poste. Après nous avoir annoncé il y a six mois que la crise était derrière nous la voilà qui vient à Lyon, au moment où le chômage reprend son ascension, déclarer solennellement que ce n’est pas la peine d’investir dans les secteurs à forte main d’œuvre, là où les chinois sont imbattables mais miser au contraire sur un fort contenu en recherche et développement qui peut permettre de l’innovation et une forte valeur ajoutée. Comprennes qui pourra! Le bon sens voudrait que pour créer de l’emploi aujourd’hui il faille aider l’industrie dès maintenant mais voilà qui est trop simple pour un économiste et plus encore un ministre. Cette position hasardeuse montre bien que pour l’équipe Sarkozy l’essentiel a été réalisé avec le sauvetage des banques qui retrouvent allégrement leurs profits et leurs travers, les rémunérations de leurs traders et bientôt le retour des stocks options et des parachutes dorés. Sarko voulait moraliser le capitalisme il a seulement relancé la machine sur les mêmes bases. Pourtant les faits sont têtus. Les chiffres de la croissance, en effet, montrent que si le PIB a progressé de juillet à septembre c’est grâce à l’industrie manufacturière et au secteur automobile en particulier. Pourquoi ? Parce que ce secteur a bénéficié des bonus sur les petits modèles et de la prime à la casse. C’est à dire grâce aux rares injections faites au bénéfice de la consommation. Car tel est bien le constat, c’est par le redémarrage de la consommation que la croissance reprend aussi faibles qu’aient pu être les moyens injectés par l’Etat notamment au travers de certaine prestations sociales. Lorsque la gauche proposait d’utiliser ce levier pour faire face à la crise Sarko et ses boys levaient les bras au ciel et pourtant c’est bien dans ce sens qu’il faut aller et ce n’est pas trop tard.

Philippe Dibilio.

24/11/2009

L'Etat de la France

9782110684769FS.gifJe me suis abonné à Siné-Hebdo le jour où les biens pensants en tout genre ont décidé de faire un procès à ce vieil anar de Siné pour des propos qui sont des broutilles à côté de ceux d’Hortefeux. Je n’ai jamais aimé les gauchistes et les anars sauf mon ami Albert Agostino qui, en partant trop tôt (putain de tabac) nous prive de son Clairon et de son amitié rugueuse. ; Je pensais donc ne regarder que les dessins, parfois bons de ce nouvel hebdo. Et j’y découvre de l'information, y compris pertinente.

Ce fût le cas la semaine dernière lorsque dans un bref article ils sont revenu sur le discours de Sarkozy dans la Drôme où le président était à la relance sur le fameux débat sur l’identité nationale. « Débat foireux, tombé de nulle part, dont personne n’ignore qu’il s’agît d’une énorme bouse lancée à la face de la gauche molle et du Front National réunis dans une même tentation de tomber dans le piège à pieds joints » comme l’écrit l’auteur Olivier Marbot. Mais là n’est pas la pertinence, non, elle réside dans le fait de poser la question pourquoi Sarko relance ce débat ce jour là dans la Drôme où il devait parler d’agriculture. Et Siné-hebdo de nous donner la réponse.

Le lendemain, en effet, l’INSEE publiait le portrait social de la France, ce que devait commenter toutes les rédactions. Et que dit-il ce portrait ? Le taux de chômage a atteint 9,1% contre 7,1% début 2008 et celui des jeunes monte à 23,9% soit le taux le plus élevé depuis trente ans. Sans oublier les huit millions d’entre eux qui vivent au dessous du seuil de pauvreté. Pas bon pour Sarko tout ça. Mais de cela il n’y eut pas trace dans les média. Même pas le moindre communiqué d’un parti de gauche quelconque ce qui révèle combien ce terrain de la dure réalité populaire est abandonné par ceux qui ne cherchent une alternative à Sarko que dans des combinaisons politiciennes. Et les think tanks ont d’autres sujets plus nobles et plus sérieux à approfondir, cela va de soi.. Il eut pourtant été salutaire de dénoncer tant la situation faite à la jeune génération que la méthode marketing du « camarade » Sarko.

Philippe Dibilio.

09/11/2009

Money Maker

jpg_Patrick-Buisson-6848e-1f84c.jpgD’ici quelques temps à la question, « Petit, qu’est-ce que tu veux faire comme métier quand tu seras grand ? », le premier gamin que vous croiserez répondra, « Je veux faire Patrick Buisson ». La réponse pourra probablement vous surprendre, voire même vous choquer, mais il faut se rendre à l’évidence, le Money-Maker Patrick Buisson est sur le point de devenir un exemple pour notre jeunesse.

Dès que l’info va se savoir dans nos quartiers, nos jeunes risquent donc de phosphorer pour fourguer à Nicolas Sarkozy des tas de trucs dont il a besoin, mais revenons au génial Buisson. Le type achète en gros des sondages pour même pas 200 000 euros et les refacture près de 1,1 million à Sarko, récupérant au passage plus de 900 000 euros. Ce qu’il y a d’épatant dans ce business réside dans le fait que la police regarde ailleurs pendant que s’opère le deal puisque la commission des sondages se déclare incompétente en la matière. Surfacturation, absence de contrôle, si un député socialiste n’était pas passé dans le coin, il est clair que le business continuerait de prospérer. Au cas où certains souhaiteraient en savoir plus sur le petit commerce de Buisson avec l’Elysée, la Ministre de la Justice vient de mettre les points sur les « i », la chose n’est pas possible. Fermez le ban.

Interrogé par quelques journalistes sur l’activité de sa petite entreprise, Patrick Buisson refuse de se justifier et l’Elysée nous explique aujourd’hui que ce léger dysfonctionnement est désormais du passé. Fermez le dossier.

Une fois dit que les Français devraient être reconnaissants envers le député socialiste Jean Launay, une fois constaté que pour le pouvoir, l’affaire est désormais close, reste tout de même une question. Que fait Patrick Buisson de tant d’argent ?

Lyon, le 9 novembre 2009.

Illustration: source Bakchich.info

25/05/2009

Le courage

30-1-170.jpgAu moment où la revue "Philosophie magazine" titre sa "une", "Le courage aujourd'hui. les héros sont parmi nous", un professeur de cette même discipline était, quant à lui, traduit devant un tribunal pour avoir crié, en pleine gare de Marseille, à des policiers qui effectuaient un contrôle d'identité, "Sarkozy je te vois". Nul ne sait encore si ce professeur de Philo sera condamné à ces 100 euros que certains aimeraient lui coller. En tout état de cause, avoir de tels comportements en public, citer simplement le nom du chef de l'Etat, est à priori et au minimum un acte de défiance dans la France d'aujourd'hui, pourquoi pas demain le signe d'un premier flirt avec le terrorisme. Pour revenir à la "une" de Philosophie magazine, ce professeur marseillais a de tout évidence fait acte de courage, c'est un héro parmi nous. Acte de bravoure ou pure folie c'est selon. Il n'empêche que ce "Sarkozy, je te vois" est un tapage injurieux, le tarif pouvant aller jusqu'à 450 euros. S'il s'agissait d'un outrage, la note serait plus salée puisque avoisinant les 7500 euros et à ce prix là un pofesseur est loin d'avoir les moyens de s'offrir une telle incartade.

Pour parler de quelque chose de plus sympathique, demain, Libération nous offre un cahier spécial sur le légendaire "Bed in" de John Lennon et Yoko Ono. Il s'agissait alors pour les deux tourtereaux du rock de rester une semaine au lit afin de faire passer un message de paix et d'amour. Alors que les supporters de DSK sont tous en train de s'intérroger sur comment réinstaller leur champion aux avant-postes de la vie politique sachant que le boss du FMI est un peu prisonnier de sa fonction et du calendrier, pourquoi ne pas proposer une évènement du type "In bed with DSK" ?. Une idée à creuser.

Lyon, le 25 mai 2009.

08/01/2009

Les fous qu’est-ce ?

Sarkofou.jpgQuestion à poser aux amis d’un établissement célèbre où une certaine victoire aux élections présidentielles dernières fut fêtée.
Il faut certes être fou pour incendier les voitures de ceux dont c’est parfois le bien le plus coûteux et un outil de travail. Rendez-vous compte : 1147 voitures incendiées durant la nuit de la Saint Sylvestre. Plus de 30% d’augmentation. Une vraie folie.
À en croire le gouvernement, c’est de la faute à tous ces tricheurs qui veulent changer de voiture sans payer. Déjà qu’il leur a fallu se saigner pour le cadeau de Noël des gosses à cause du prix fou des voitures miniatures.
Si, si ! Voilà les fautifs. Vous auriez mauvais esprit à ne pas reconnaître-là la source de cette flambée. La police a retrouvé quelque 30 auteurs présumés allumeurs de mèche (parfois éméchés). Pour autant qu’ils soient reconnus coupables par la justice, ils ne pourront pas passer l’examen du permis de conduire aussi longtemps que la victime des faits n’aura pas été indemnisée en totalité. Reste à espérer qu’ils ne soient pas pris en flagrant délit de conduite sans permis. C’est fou comme les situations peuvent se compliquer…
Vous me direz que pour une fois que notre Grand Justicier ne donne pas dans le tout répressif, il faut être un peu fou ou dérangé pour ne pas applaudir.
Certes. Quoique sa propension à se saisir de tout ce qui bouge avec un populisme des plus éreintants me rend fou moi aussi (en tout cas un peu plus que je ne le suis déjà).
Voyez son discours du 2 décembre dernier à Antony au centre Erasme. C’est complètement fou : il aura suffi d’un crime très rare de schizophrène pour que notre Grand Protecteur annonce une nouvelle politique avec emprisonnement, soins forcés etc…
Voilà la folie ramenée au stade de dangerosité sociale d’un âge que l’on pensait révolu.
Déjà, l’année passée, Christian Demuynck, sénateur UMP de Seine-Saint-Denis stigmatisait les marginaux comme fous et meurtriers potentiels en souhaitant une politique vigoureuse de placement en institution spécialisée afin « d’éloigner durablement les sujets les plus perturbés », escamotant ainsi la complexité de la question des soins nécessaires à des populations que tout contribue à déstructurer.
Notre Grand Timonier continue à jouer sur les peurs du bon peuple et à proposer des aliénations renforcées, malgré les chiffres qui montrent que seuls 4 crimes sur 1000 font l’objet d’un non-lieu du fait d’irresponsabilité mentale. Une façon comme une autre de mettre au service de la seule répression des moyens déjà rognés et jusque-là dédiés tant bien que mal à ceux qui souffrent d’un mal que notre société leur inocule. Et cela permet peut-être de ne plus trop parler de la promesse concernant les Unités d’Hospitalisation Spécialement Aménagées (UHSA) destinées aux détenus atteints de troubles mentaux.
Pour ne pas encourir de poursuites judiciaires, j’éviterai les « Casse-toi, pauvre fou » et je me contenterai de citer La Rochefoucauld : « On trouve des moyens pour guérir de la folie, mais on n’en trouve point pour redresser un esprit de travers. »

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 8 janvier 2009.

07/01/2009

Politique Gadget

Sarkozy NB.jpgSi l’on voulait un exemple de la vacuité des initiatives intempestives de Nicolas Sarkozy la dernière en date est un modèle du genre. En lançant avec sérieux l’idée, qui n’en est pas une, d’ interdire de permis de conduire les incendiaires de voitures jusqu’au remboursement des dégâts le président se couvre de ridicule tant cette « proposition » est irréalisable. Mais il prouve une fois de plus qu’il confond petite phrase et règlement d’un problème qui comme tout problème s’analyse et se travaille avant d’approcher une solution. Mais là n’est pas la question pour Sarko-l’agité qui ne vise qu’une chose : occuper les média qui le suivent comme des toutous sans le moindre recul. Car le phénomène des voitures brûlées, pas seulement au moment de la Saint Sylvestre d’ailleurs, recoupe plusieurs facettes des difficultés qui se sont installées de longue date maintenant dans les quartiers populaires devenus « sensibles ».En homme de terrain qu’il est, André Gerin, qui souvent agace avec ses déclarations intempestives ou iconoclastes, détaillait dans le Progrès les multiples causes possibles qui animent le brûleur de voitures rarement identifié d’ailleurs. « Il y a les escroqueries à l’assurance, la suppression des voitures ventouse sans frais, les règlements de comptes entre personnes, les actes de violences gratuites, les voitures brûlées pour effacer les traces et celles qui brûlent par propagation d’un premier incendie, explique le député maire de Vénissieux avant d’ajouter : mais c’est aussi devenu un jeu de con, un fait culturel qui veut que l’on aille brûler une voiture dans des quartiers mythiques comme les Minguettes ». Il paraît qu’à la Chancellerie on travaille sur ce dossier depuis l’annonce du chef de l’Etat, on souhaite bien du plaisir aux « cranes d’œuf » qui s’y sont collés. En tout cas il est évident que ce phénomène ne concerne pas que les auteurs de violences urbaines qui, effectivement sont plutôt des mineurs. Et donc une fois de plus Sarko montre su doigt les jeunes dans une affaire où ils ne sont pas les seuls concernés. Une mise à l’index de plus qui relève de la provocation et risque de relancer l’effervescence des banlieues à un moment où l’atmosphère est chaud. Mais on ne peut pas comprendre de telle situations vu de Neuilly. Il n’en reste pas moins que Sarko-le-gesticulateur va finir par devenir dangereux dans cette période de crise et d’extrême tension internationale.

Philippe Dibilio

Lyon, le 7 janvier 2009.

30/10/2008

Heureux qui comme Ulysse …

coureur.jpgIl suffisait dimanche dernier de lire le JDD et en particulier l’article de Virginie Le Guay pour se convaincre que nous avions beaucoup de chance d’avoir un Président comme Nicolas Sarkozy capable d’enfiler les fuseaux horaires comme d’autres les perles. Pour nous convaincre des exploits présidentiels, le célèbre quotidien du dimanche nous compilait même les miles parcourus par le petit Nicolas depuis le milieu de l’été. Pékin (24 000 km), Kaboul (11 000 km), Moscou (5 000 km), New York (11 000 km), Camp David (12 000 km) sans oublier la dernière randonnée pékinoise, soit au total 30 voyages en France et à l’étranger depuis les J.O.
Pour moi qui arrivait lundi soir usé à Erevan autant vous dire que notre Président est un exemple même si lui, quand il débarque dans un aéroport, ne poireaute pas une éternité pour obtenir un visa et changer quelques euros. Alors, comment fait le Président pour être toujours en bonne forme malgré ce va-et-vient incessant autour de la planète ?
Comme vous le savez le jogging est le premier des secrets de notre homme. Doté depuis quelques temps d’une coach amie de Carla Bruni qui lui conseille du « fractionné » deux fois la semaine, Nicolas Sarkozy est un peu notre Zatopeck.
Deuxième règle, pour le président qui aime tant voir les Français travailler plus, il s’agit paradoxalement d’en faire un peu moins. C’est ainsi que les rendez-vous quotidiens du président sont passés de vingt à sept au maximum. Pour son entourage, ce temps gagné s’appelle un « espace d’aération », un gain utilisé pour téléphoner ou fumer un cigare. Côté nourriture, on tente bien entendu de nous expliquer que Nicolas Sarkozy n’est absolument pas boulimique. Le régime présidentiel officiel est donc composé de fromage blanc et de pommes, jamais d’alcool et encore moins de chocolat comme certains se plaisent à le dire.
Jogging, plages d’aération, régime de sportif de haut niveau composé de viande blanche, de poisson et de légumes, il semblerait que même Claude Guéant veille sur le bide présidentiel en faisant , nous dit le JDD, « la chasse aux calories ». Cette vie disciplinée s’organise en 3 temps : lever à 7 heures, départ de l’Elysée à 20 heures, coucher à minuit. D’ailleurs explique le décidemment très précis journal, Sarko doit dormir au moins 7 heures par nuit et il profite de ses longs voyages en avion pour « faire ses nuits » (sic !) comme un bébé.
Résistant au stress et aux décalages horaires, Nicolas Sarkozy est donc, ce qui nous rassure, plus qu’à la hauteur de la situation. Si avec tout ça on ne réforme pas le système capitaliste, c’est à désespérer.

Erevan, le 30 octobre 2008

19/10/2007

La caissière du supermarché est bien barrée

medium_Caddie.jpgCe matin dans le Figaro, Nicolas Barré dans un éditorial intitulé « aux grévistes » fait sa petite leçon de morale aux cheminots en leur expliquant notamment qu’il y a plus malheureux qu’eux. Argument favori de la droite depuis quelques semaines, Barré nous parle de « La caissière de supermarché (qui) manipule chaque jour à sa caisse deux tonnes de produits ! ». Je ne sais pas si vous l’avez relevé mais la caissière d’hyper est devenue, bien malgré elle, la caution de la droite pour détruire les régimes spéciaux des agents de la SNCF et de la RATP.
Horaires partiels et fractionnés, salaires particulièrement bas, stress, tâches répétitives la caissière de l’hyper est effectivement une victime non consentante d’un système qui la broie. Puisque ce Monsieur Barré semble tant s’intéresser aujourd’hui au sort de ces milliers de femmes qui triment dans des conditions scandaleuses et pour trois-francs-six-sous chez ses amis Leclerc et Mulliez, je suggère à notre belle âme du Figaro, au nom de la pénibilité du travail, d’exiger de ses amis Sarkozy, Fillon et Bertrand un régime spécial de retraite pour les caissières de nos supermarchés. Au point où il en est, il doit imposer aussi une revalorisation de leurs revenus et la fin de ces mi-temps fractionnés qui détruisent leur vie familiale. Aujourd’hui le camarade Barré vient de rejoindre le combat qui vise à redonner une dignité aux caissières des supermarchés. C’est donc un grand jour pour les travailleurs de ce pays.
C’est la lutte finale groupons-nous et demain... (air connu).

Lyon, le 19 octobre 2007.

16/07/2007

Noël en juillet

medium_Pere_noel_fd_blanc.jpgUn paquet n’est pas nécessairement un cadeau. Il s’agit de faire la distinction même si par les temps qui courent, la chose est loin d’être évidente. Par exemple le paquet fiscal de Sarko est quant à lui un cadeau, certes un cadeau fait aux riches, mais un cadeau tout de même. Inutile d’y revenir tant la chose est avérée ce d’autant qu’un amendement portant de 20 à 30% l’abattement sur la résidence principale dans le calcul de l’ISF devrait être voté.

Dans cette affaire deux choses sont étonnantes. La première est que pour faire son cadeau, Sarkozy n’a même plus besoin de faire un paquet cadeau pour offrir son paquet fiscal. La seconde, plus préoccupante, est que, ceux qui ne sont pas destinataires du cadeau, semblent se réjouir de ce petit geste de notre nouveau président. Il suffit de parcourir les sondages de la semaine passée pour s’en convaincre.

Cela étant, pour être honnête, notons que le président a tout de même fait un petit cadeau « populaire » aux français, le 14 juillet au soir, en offrant à 500 000 franciliens un concert avec Polnareff, Nelly Furtado, Tokyo Hôtel et le DJ officiel du nouveau régime Bob Sinclar. Je sais qu’il ne faut pas demander à celui qui vous l’offre le prix d’un cadeau, mais je serais tout de même preneur du budget détaillé du concert du Champ de Mars.

Autre cadeau de la semaine, Sarko a offert à la diplomatie française son épouse. Ce n’est pas banal et en allant à Tripoli je me demande toujours quel était l’objet du voyage de la « first lady » dans la mesure ou on nous explique que la négociation concernant les infirmières bulgares était déjà bouclée. Histoire de nous dire que ce cadeau n’était pas de la daube. Sarkozy a pris grand soin d’indiquer, entre le défilé et la garden-partie du 14 juillet, au pays tout entier, que Cécilia « était belle »( !).

Ne croyez pas un seul instant qu’en cette nouvelle période d’échange de cadeaux, Sarkozy est le seul à s’activer. Les socialistes ne sont pas les derniers pour être de la fête. Après avoir offert au pays, Kouchner et maintenant Lang, sans qui une réforme constitutionnelle ne sautait être vraiment imaginable, nous allons faire don de DSK au FMI. Bien entendu, il s’agit là de véritables cadeaux sachant qu’on a refilé dans le même temps de purs objets de contrebande comme Jean-Marie Bockel, contrefaçon alsacienne de Tony Blair et Eric Besson, qui est au socialisme ce qu’une fausse Rolex est à l’industrie horlogère.

Cette évolution de nos mœurs politiques basée sur la générosité estivale, l’échange et le don de soi m’inquiète tout de même. Je me demande si en fêtant Noël en juillet nous ne disqualifions pas la période des étrennes surtout que, d’après ce que je peux en savoir, le Père Noël lui-même, est loin d’être convaincu de l’utilité de travailler plus pour gagner hypothétiquement plus. Vous verrez, à ce train là, il est capable de faire l’impasse sur Noël 2007. Quant à 2008, les Français doivent se préparer à récupérer une mandarine et trois papillotes au pied du sapin.

Lyon, le 16 juillet 2007.

10:00 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : FMI, Sarkozy, DSK, Strauss Kahn, Sarko, ISF, Polnareff | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

04/05/2007

Les Zélites votent Sarko

medium_sarkozy-johnny.gifIls irriguent au quotidien cette télévision française qui rayonne dans nos foyers. Ils s’appellent Steevie, Arthur,  Roger Hanin ou Pascal Sevran. Ils votent Sarkozy.

Par leurs ritournelles impayables ils siègent en bonne place dans le panthéon de la chanson. Ils s’appellent Hallyday, père et fils, Rika Zaraî, Didier Barbelivien, Macias et Doc Gyneco. Ils votent Sarkozy.

Sportifs émerites, ils s'appellent Virenque, Lecomte et Prost, ils votent Sarkozy.

Atteints d’un récent nomadisme, ils jouent sans déplaisir leur rôle de caution. Certains les traitent de traîtres. Ils s’appellent Eric Besson, Jacques Séguela ou Bernard Tapie. Ils votent Sarkozy.

« Bad Boys » de la vie politique française. Ils s’appellent Balkany, Carrignon et Noir et après un petit tour par la blanchisserie UMP ils sont de vrais groupies de Sarko. Ils vont voter pour lui.

Députés UDF, la peur au ventre ils viennent de rejoindre le loft de Sarko. Ils s’appellent Morin ou Artuis et retrouvent leur ami lâcheur du premier tour, l’agent d’ambiance Santini. Ils votent Sarkozy.

Tous ensemble ils sont la France de demain. Avec quelques philosophes qui veulent probablement en finir avec  Mai 68, l’essentiel des patrons du CAC 4O, la quasi totalité des grands médias et une Conseillère Générale de Corrèze, ils vont hisser tous ensemble, à un niveau jamais atteint, un pays en passe de se libérer des chaînes de l’égalitarisme et du pessimisme génétique engendré par une idéologie de gauche qui domine sans partage depuis près de trente ans.

Avec, pèle mêle, Jean-Marie Bigard, Charles Pasqua et autres Christian Clavier les nouvelles élites de ce pays votent Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas fortuit car  ces personnalités savent bien, pour le vivre au quotidien, que ce que Nicolas Sarkozy a fait hier pour Neuilly il saura le proposer demain au pays. Adieu bouclier fiscal confiscatoire, adieu ISF moyenâgeux, adieu droits de succession, paperasse administrative, sinistre loi SRU, le nouveau modèle social des hauts de Seine va s’imposer à tous ayant déjà fait le bonheur de quelques-uns du côté de l’Ile de la Jatte.

Ces nouvelles élites qui ne s’économisent pas au travail et qui ne traînent pas non plus des week-end entiers en survêtement devant la  télé préférant aller à la découverte du monde, elles voteront dimanche Sarkozy.

Ces personnalités qui trient comme vous leurs déchets mais qui ne sont pas loin de lâcher leur 4X4 pour une grosse berline plus propre à taux de TVA minoré, voteront Sarkozy.

Ces citoyens qui s’engagent à faire revenir leurs amis partis pour des contrées plus accueillantes sur le plan fiscal, ces gens qui tracent le nouveau chemin de la France sont tous derrière Sarkozy.

Alors si vous aussi, comme ces nouvelles élites, vous souhaitez hurler « hier Neuilly, demain la France », votez Sarkozy.

Lyon, le 4 mai 2007.

 

(Photo: DR

16:30 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Sarkozy, sarko, people, soutiens, Hallyday, UMP, candidat | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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