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02/10/2010

Inspecteur Harry

369.jpgCertains aiment le voir comme le « Latin lover » des ministères, tombeur de présentatrice télévisuelle puis d’une blonde rapidement recentrée fiscalement des Etats-Unis vers notre beau pays. D’autres ne peuvent s’empêcher de croire que notre Harry Potter national ne pourrait faire de mal à une mouche même si ses honteuses arguties contre les socialistes afin de défendre Woerth devant la représentation nationale laissent un goût plus qu’amer. Fils de son père puis heureux rejetons adoptif du fondateur du RPR, le gnard est donc devenu roi des comptes et à ce titre nous aurions tous bien tort de penser que ce « baby face » de la politique française pourrait être un ange. Désormais chef comptable dans la maison Sarkozy, la première ponte fiscale de notre ex-jeune premier est une œuvre dont l’injustice n’a d’égal que la tromperie. A coup sûr, ménages et classes moyennes se souviendront longtemps des méfaits du Chiraquien devenu Sarko-compatible. Futurs mariés et pacsés, candidats au divorce, refoulés du dispositif Scellier, employeurs d’employés, militants de la rétroactivité de l’aide au logement, accros des assurances-vie et squatters du taux marginal de la tranche supérieure, empapaoutés des crédits d’impôts verts, souvenez-vous que votre Harry adoré est l’auteur docile et revendiqué d’un budget 2011 qui a par ailleurs taxé les loyers HLM, augmenté le « Triple play », assuré l’augmentation de vos assurances sans jamais porter la main sur le bouclier fiscal. Bref, à ce Harry ne lui dites jamais merci.

Lyon, le 2 octobre 2010.

Photo: DR

20/04/2010

Dommage

227.jpgDepuis de nombreux mois « Tribune de Lyon » offre un espace d’expression à une personnalité de la société civile lyonnaise. C’est Régis Neyret qui avait inauguré cette expérience. Et Régis, qui avec le temps est devenu notre mémoire à tous, avait trouvé le ton et choisi les sujets d’actualité. Derrière l’homme du patrimoine ressortait le journaliste émérite qu’il fût. Il continue d’ailleurs mais plus au rythme contraignant de la chronique hebdomadaire. Alors vint le tour d’Alain Jakubowitz. Je n’ai pas toujours été d’accord avec les prises de position du célèbre avocat lyonnais et son hyper médiatisation m’a souvent énervé mais je reconnais volontiers qu’il occupait ce créneau avec un réel talent. Il avait trouvé le ton et les sujets traités ne manquaient pad d’intérêt. Jacu ayant décroché c’est un autre avocat, Eric Pelet, qui, depuis quelques semaines, a hérité de cet espace. Ses chroniques étaient plus personnelle et les thèmes plus insolites mais le coup de plume restait convaincant. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des monde jusqu’à la livraison de cette semaine. Sous un titre sans équivoque : « Pour Hamelin » Eric Pellet se lance dans uns déclaration dithyrambique de soutien à la candidature auto proclamée du conseiller municipal UMP pour la mairie de Lyon en 2014. C’est son droit le plus absolu lui qui nous dit soutenir le parcours d’hamelin depuis plus de quinze ans. Ce n’est pas forcement dans l’esprit de cette chronique ni du journal qui sait traiter de la politique lyonnaise avec un recul qui correspond à son positionnement. Certes François Sapy, le patron de « Tribune de Lyon »ne savait peut-être pas en donnant ce créneau à Eric Pellet que celui-ci fût un, éphémère certes, mais néanmoins secrétaire départemental du RPR du temps où Henry Chabert était sur le devant de la scène. Quelque soit ses raisons et aussi respectables soient-elles en s’engageant de la sorte Eric Pellet donne une autre tonalité à cette rubrique et par voie de conséquences au journal. Et c’est dommage.

Philippe Dibilio

02/11/2009

Odeurs et bruits

Chirac.jpgIl vient de le dire. Sarkozy n'est pas du genre à commenter les décisions de la justice à fortiori quand elles concernent son prédécesseur à l’Elysée, un certain Jacques Chirac. Fonction présidentielle oblige que l’on ne s’attende donc pas à ce que le président abaisse ainsi la République. Quand il s’agit d’un ancien premier ministre du même Jacques Chirac, la chose est de nature différente ce d’autant que Villepin n’était jamais qu’un coupable traduit devant un tribunal. Avec Jacques Chirac c’est bien entendu différent.

Affaire Clearstream, Balladur coincé aux entournures dans quelques affaires, Pasqua aux prises avec des malheurs judiciaires, Chirac sommé de s’expliquer devant la justice, cela commence à sentir mauvais quand on approche son nez des égouts du RPR. Il n’est bien entendu pas question pour le Président de la république de commenter de telles affaires qui concernent ce parti chiraco-gaulliste vague prédécesseur de l’UMP. D’ailleurs, on peut se demander si le même Sarkozy a été membre du RPR, certains prétendant même que l’actuel locataire de l’Elysée aurait été ministre du dit Jacques Chirac chose qui demanderait à être établie.

Reste à savoir si dans le renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle le parquet va faire appel. S’il le faisait tout ceci se plaiderait devant la chambre de l’instruction dont l’avocat général, nous rappelait Libération de samedi, n’est autre que l’ancien conseiller judiciaire de Jacques Chirac.

Un peu de bruit en perspective et peut être quelques odeurs. Allez savoir ?

Lyon, le 2 octobre 2009.

16/06/2009

Sémantique

Il fallait y penser ! Manuel Vals l’a fait, pour sortir le Parti Socialiste de la crise qu’il traverse il a deux idées : changer le mot parti et l’adjectif socialiste. C’est sa façon à lui de rénover : on efface tout et on recommence. Et il argumente à sa manière. Changer socialiste car le mot socialisme est sans doute dépassé. Il renvoie à des conceptions du 20ème siècle. Changer parti un mot qui nous enferme dans quelque chose d’étroit. Il préfère rassemblement ce qui renvoie au feu RPR. Décidément le mauvais résultat du PS aux élections européennes entraîne ses dirigeants dans une course à l’échalote dont on se demande où elle va finir. A force de vouloir trouver le truc qui va permettre de tout changer et de placer son auteur en pôle position pour la présidentielle on finit par tomber dans ce genre de gadget qui ne sert qu’à évacuer les questions de fond. Après avoir reproché à Martine Aubry de ne pas avoir trouvé en quarante huit heures les solutions aux problèmes posés par le vote du 7 juin, les contestataires de la direction en sont à sauter sur tout ce qui fait djeun’ pour occuper la scène médiatique. Et pourtant Manuel Vals ne manque ni d’idées ni de talents mais il a oublié cette formule chère à François Mitterrand ; il faut laisser (au moins un peu) du temps au temps et réfléchir d’abord. Car personne ne croira que ce sont les mots parti et socialiste qui ont entraîné le PS sur la pente douce du recul depuis le début des années 2000. Derrière les mots il y a des actes et une pratique et ce sont eux qui leur donne de la force ou de l’anémie. Gérard Collomb est certainement sur une meilleure voie, bien qu’ambitieuse, lorsqu’il dit essayer de contribuer avec un certain nombre d’amis et d’intellectuels à redéfinir une pensée politique. Il sera temps ensuite de trouver les mots qui la porte. Il est certainement préférable de laisser la sémantique dans son rôle et de ne pas lui demander de faire de la politique à la place des politiques.

Philippe Dibilio

19/05/2009

Bacheloter ?

Roselyne Bachelot.jpgBacheloter : verbe intransitif qui signifie étudier la verve féminine dans le microcosme politique (de Bachelot Roselyne, pharmacienne d’Angers de tendance conservatrice RPR puis UMP, qui fut ministre à plusieurs reprises).

Se dit plus généralement de l’effort qui consiste à trouver des qualités cachées dans toute déclaration politique davantage tournée vers la communication que vers l’action.

Je bachelote et je remplis des « fiches de pompe ». Sur mes fiches, colonne des points négatifs, j’avais déjà noté les révélations de dame Roselyne concernant la surdité d’un ancien chef d’État (elle aurait eu un éclat coquin dans les yeux en confiant ce secret d’État aux journalistes). Bon, j’avais trouvé cela beaucoup moins méchant que les confidences « off » qui qualifiaient un prédécesseur de roi fainéant. J’avais noté aussi, dans la même colonne, mais avec hésitation, son « garez votre voiture à l’ombre » adressé aux petits vieux pendant la canicule de l’été 2003 : une action autrement plus rapide à mettre en œuvre que la climatisation dans les maisons de retraite. J’avais eu également une hésitation au moment de noter, dans la colonne des points positifs cette fois, une certaine spontanéité et une certaine franchise, mais tout de suite après avoir écrit le mot « franchise », j’ai sorti ma gomme jugeant que les franchises médicales ne méritaient pas un tel classement. J’étais en train d’annoter la décidément longue colonne des passifs avec sa loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST), tout en me reprochant in petto d’être par trop partial, lorsque j’ai eu connaissance de sa toute dernière déclaration concernant les transsexuels. Enfin me suis-je dit ! Voilà de quoi positiver un peu. Ne venait-elle pas de déclarer, à la veille de la Journée mondiale contre l’homophobie, qu’elle allait saisir la Haute Autorité de Santé « afin de publier un décret déclassifiant la transsexualité des affections psychiatriques de longue durée ». Vingt-huit ans après que Robert Badinter a fait sortir l’homosexualité du code pénal, Roselyne fait sortir la transsexualité de la psychiatrie.

Du coup, j’ai repris espoir et j’ai poursuivi un tout petit peu plus avant le bachelotage que je vous livre ici et j’ai rajouté trois autres points positifs : 1) dès 1998, Roselyne avait eu le courage d’affronter les membres de son groupe à l’Assemblée en faveur du PACS, 2) Roselyne est favorable au mariage gay 3) Roselyne est favorable à l’adoption par les couples homosexuels.

J’ai encore beaucoup de questions en suspens :

> pourquoi Roselyne fait-elle une loi HPST si sotte et a-t-elle des points de vue si intelligents parfois sur notre société ?

> pourquoi reste-t-il autant de personne ignares – fussent-elles des autorités morales ou religieuses en vue – qui persistent à ranger dans les déviances des vies minoritaires différentes ?

Jean-Paul Schmitt

12/10/2007

Missing

medium_logo-UMP-Vianes.2.jpgDésolé pour les lecteurs d'ailleurs mais ce billet ne concerne pas grand monde au-delà du périphérique lyonnais puisque je vais parler d'André Vianès.

La dernière fois que j'ai rencontré celui qui vient de rejoindre l'équipe de Dominique Perben c'était dans l'enceinte du Tribunal administratif. Celui dont il est question aujourd'hui était l'avocat de ceux qui s'opposaient avec acharnement , avec la conseillère UMP Marie-Chantal Debazeille, à l'édification du Mémorial dédié aux victimes des génocides situé sur la place Antonin Poncet.

J'avais considéré à l'époque avec beaucoup de tristesse le fait qu'André Vianès se mêle à ce combat douteux. Si mes souvenirs sont bons, quelques semaines plus tôt le même André Vianès pourfendait dans des colonnes aimablement prétées par le Progrès l'idée d'utiliser de l'argent publie pour la construction d'un tel monument.

Qu'André Vianès termine aujourd'hui sa cahotique trajectoire politique derrière Monsieur Perben n'est pas surprenant. Depuis son départ du Parti Socialiste il y a plus de 15 ans son errance entre le RPR, l'UMP et le Paleo-chevenementisme ne peut que peiner. Il est en effet toujours désolant de voir une personne cultivée, intelligente et imaginative se perdre dans l'aigreur et le ressentiment. 

10/08/2007

M comme 1981

medium_M_2.jpgD'une certaine façon si Dominique Perben se retrouve aujourd'hui à Lyon pour redonner à la droite une ville qu'elle n'aurait jamais du perdre (appréciez au passage le don désintéressé de notre homme), nous devons, et je sais que certains vont être perturbés par cette révélation, nous devons donc cette chance/catastrophe selon le point de vue du lecteur, à François Mitterrand. Pour vous en convaincre, je viens d'exhumer, avec le soutien complice d'un ami compilateur qui se reconnaîtra et qui doit comme un malheureux transpirer aujourd'hui à vélo sur les rudes routes du Jura, d'un texte écrit par celui qui était à l'époque Maire de Chalon-sur-Saône, sous le couvert d'un club, Dialogue et Initiative, dont il était copropriétaire avec Raffarin.Nous sommes page 59, l'auteur qui est, nous dit-il, gaulliste depuis l'âge de treize ou quatorze, nous confie qu'il "croit profondément au service de l'Etat. C'est pourquoi il s'est "orienté à la fin de (ses) études vers l'Ecole Nationale d'Administration pour embrasser ensuite la carrière préfectorale". Jusque là, vous en conviendrez, rien d'extraordinaire. Mais des événements vont bouleverser sa vie tranquille de fonctionnaire de haut rang. C'est là que Mitterrand arrive. Le rebelle qu'est Perben ne peut supporter que les socialistes investissent, au point de le pervertir, cet Etat si cher à notre préfet. Son sang ne fait qu'un tour et dans la lignée des grands résistants qui font l'honneur de ce pays, Dominique Perben se lance dans une vie nouvelle et aventureuse, celle de la politique.
"En 1981, la neutralité du service public n'était plus de mise. La carrière préfectorale étant à la fois un service public et un service du gouvernement, je me suis retrouvé entre ma volonté de servir la République et un gouvernement partisan dans lequel je ne me reconnaissais pas. J'ai donc choisi de m'engager dans la vie politique, dans le cadre du RPR, et de m'investir dans ma mission d'élu puisqu'en 1983 j'étais devenu Maire de Chalon-sur-Saône et en 1986 député. J'allais pouvoir continuer ainsi à servir la collectivité publique, fidèle à ma vocation d'aménageur du territoire et de fédérateur des énergies locales."
Et dire que sans Mitterrand, Dominique Perben serait peut-être aujourd'hui un préfet pouvant presque valoir ses droits à la retraite.

Hautes Pyrénées, le 10 août 2007.

 
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