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11/08/2010

O comme "Orages ordinaires"

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Si enfoncé dans le hamac, un bouquin dans les mains, vous n’arrivez pas à tenir plus de cinq minutes avant de somnoler, il est probable que vous n’arriverez pas à vous sortir de la lecture pourtant passionnante du dernier William Boyd qui pèse presque ses 600 pages. Thriller épatant, « orages ordinaires » est le type d’ouvrage qui aurait illico produit des étincelles dans le cerveau particulièrement bien équipé d’un Hitchcock qui aurait tué père et mère pour en faire l’adaptation au cinéma. Quitte à choisir un « best seller » comme lecture de l’été, entre les Pancol, Levy, Musso, ou Tartempion, choisissez celui de l’Ecossais qui tisse ses intrigues entre labos et empreintes, traques et vengeance.

« J’ai lu dans le Guardian » dira Boyd à Libération lors de la promo des « orages » « un article sur la brigade fluviale de Londres, qui récupère chaque année une soixantaine de corps. Le chiffre m’a surpris. J’ai tout de suite pensé à l’Ami commun, de Charles Dickens, qui commence avec un mort dans la Tamise. Je me suis dit que la vieille ville victorienne était toujours là, sous le vernis moderne, branché et technologique. Je me suis demandé si je pourrais écrire un roman néodickensien, qui soit un portrait de la société comme le sont les grands romans victoriens. »

william boyd.jpgLe défit est une réussite pourrait répondre chacun de ses lecteurs à Boyd et je vous encourage à rejoindre le monde d’inventivité et de suspense de William Boyd.

> William Boyd, « Orages ordinaires », Le Seuil, 21.80 euros.

    Lyon, le 11 août 2010.

    31/07/2010

    J comme "Juliet, Naked"

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    Simple effet du hasard, alors que Nick Hornby nous propose « Juliet, Naked », un roman qui renoue avec le rock, Teenage Fan Club le groupe écossais quasi-fétiche du même Hornby nous livre un album particulièrement intéressant suite à une très longue période de disette puisque, si je ne fais pas erreur, « Songs From Northern Britain » remonte à 1997.

    Simple coup du sort, alors que Tucker Crowe, musicien à la tête d’une discographie correcte mais demeurée en plan depuis 1986 continue d’être invisible, un peu à la manière d’un Salinger, c’est dans les WC d’une salle de concert de Minneapolis qu’on pense l’avoir vu pour la dernière fois et c’est, vous l’avez compris, à ce moment là que Hornby nous refile dans les pattes son Duncan, un personnage majeur du nouveau roman de l’auteur de « High Fidelity ». Hornby, un type comme l’indiquait Eric Neuhoff dans Le Figaro « qui écrit sur la musique comme personne » et un écrivain comme le formulait astucieusement J.D. Beauvallet dans Les Inrocks qui excelle dans l’art de raconter des histoires de ménages à trois, le rock ou le foot étant le troisième angle un peu à la manière du « Bizarre Love Triangle » de New Order, autre groupe fétiche de l’écrivain.

    Frappa dingue comme nombre de fans peuvent l’être Ducan va donc partir sur les traces de Tucker Crowe entraînant même sa pauvre compagne Annie. Le ménage à trois étant reconstitué encore une fois pour que le pire entraîne le meilleur, avec ce « Juliet, Naked » Nick Hornby nous redit que parfois au pays du rock les abrutis sont rois.

    Hornby.jpgA tous je recommande bien entendu la lecture estivale de ce « Juliet, Naked » en précisant toutefois aux plus fauchés ou aux plus radins que, bien qu’étant édité en France par 10/18, ce bouquin n’est pas un livre de poche.

    « Juliet, Naked » de Nick Hornby, traduit par Christine Barbaste, 10/18, 19 euros


    New Order - Bizarre Love Triangle
    envoyé par aquanote. - Clip, interview et concert.

    Lyon, le 31 juillet 2010.

    06:28 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : duncan, mineapolis, nick hornby, livre, roman, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

    24/07/2010

    E comme "Epouvantail (l')"

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    Comme presque chaque année les éditions du Seuil nous traduisent un Michael Connelly. L’affaire dure depuis des lustres puisque avec « L’épouvantail » il s’agit du vingtième Connelly, un roman à disposition du public américain depuis presque 10 ans. Pour tout vous dire, avec ou sans Harry Bosch, j’ai toujours du plaisir à lire ces bouquins même si je sais que tous ne peuvent se valoir. La livraison de l’année est plutôt bonne et on y retrouve le journaliste McEvoy ce qui permet à Connelly de nous en dire plus sur les arcanes d’une presse américaine en difficulté. Sur le départ, McEvoy, qui après tout n’est peut-être que le double de Connelly, lui aussi ancien journaliste dans les années quatre-vingt, McEvoy donc va enquêter sur un jeune dealer noir que tout semble rendre coupable. Un peu à la manière d’un Hitchcock, Connelly livre très tôt à ses lecteurs l’identité du véritable coupable autant vous dire que l’auteur de cet « Epouvantail » est sûr et certain de l’efficacité de son intrigue et de l’excellence de la conduite de son récit. Inutile de vous en dire beaucoup plus. Je peux cependant vous certifier que le Connely 2010 est de très bonne facture, en quelque sorte idéal pour l’été.

    Michael Connelly_epouvantail.jpg> Michael Connelly, « L’épouvantail », Le Seuil, 21,80 euros - Traduction Robert Pépin

    Hautes-Pyrénées, le 24 juillet 2010.

     

    15/01/2010

    Ellroy circus

    arton15403-2c4a8.jpgTout à la fois croyant et pratiquant en matière de polars, Claude Chabrol indiquait hier dans un entretien au Figaro son admiration sans borne pour James Ellroy qui livre cette semaine aux français, « Underwold USA », le troisième et dernier volet d’une trilogie entamée avec « American Tabloïd » et continuée avec « Death Trip ». Pas très loin de penser qu’Ellroy est l’un des monuments de la littérature de l’Amérique contemporaine, Chabrol prenait tout de même bien soin de nous préciser que le romancier de L.A était difficile à supporter « quand il se met à aboyer et à faire son cirque devant les médias ». Justement, toujours hier, c’était du côté de la concurrence, dans les cahiers livres de Libération, qu’il convenait de se tourner pour vérifier la judicieuse remarque de Claude Chabrol.

    Interrogé par Sabrina Champenois on avait donc droit à une représentation du « Ellroy circus » sur trois colonnes bien serrées, un show littéraire de première bourre, autrement dit du grand Ellroy. Interpellé sur la promotion de son bouquin (« J’adore. Ça fait vendre des livres, et ce livre est génial »), le ricain n’hésitait pas à endosser le costume de rock star non sans préciser que l’affaire était importante « en termes de ventes, la France (étant) pour moi le pays le plus important » rappelant à l’occasion que c’était d’ailleurs un article de Jean-Patrick Manchette dans Libération, qui l’avait lancé. Après avoir examiné presque dans le détail sa dépression et ses conquêtes féminines, suite à une question de la journaliste persuadée que notre homme était un ermite militant, le ricain-réac répondait du tac-au-tac, « Non. J’ai une amoureuse, j’ai un réseau social, des amis, j’aime Dieu, je prie, je vais à l’église, j’ai deux ex-femmes, j’écoute de la musique classique, Beethoven… ». C’est en crescendo que se terminait l’interview. Barack Obama, « je ne sais pas, je n’ai pas suivi, et je me refuse à commenter l’actualité contemporaine », Michael Jackson, « violeur d’enfants, il est mort comme il a vécu, dans le sordide » non sans que l’immense Ellroy nous indique que son nouveau projet de quatre volumes concernerait Los Angeles pendant la deuxième guerre mondiale.

    Je n’ai bien entendu pas encore fréquenté cet « Underworld USA » qui, de l’avis général de la critique n’est peut-être pas loin d’être le meilleur des trois bouquins de la série. A voir le cirque promotionnel du mauvais génie de l’Amérique on ne peut qu’en être persuadé. Après une passe difficile, l’inquiétant Ellroy nous revient en forme quasi-olympique, à la hauteur d’une réputation parfaitement justifiée.

    • > James Ellroy, « Underworld USA », Rivages-Noir, Traduction Jean-Paul Gratias, 24,50 euros.

    Lyon, le 15 janvier 2010.

    24/05/2009

    AIR

    Assises internationales du roman.jpgComment s’y retrouver dans ce magnifique dédale que sont, du 25 au 31 mai, Les Assises Internationales du Roman (AIR) inaugurées demain et placées sous le signe du « Roman, hors frontières ».

    Voici donc le détail des tables rondes sachant qu’il convient de vérifier les horaires sur www.villagillet.net et réserver au 04 78 39 10 02. Sans quoi rien ne sera possible. Avouez que cela serait dommage.

    Tables rondes

    Quelle écriture pour la violence ? La puissance de la nature

    Julia Leigh (Australie) Stéphane Audeguy (France)

    Marie NDiaye (France) Rick Bass (Etats-Unis)

    Stewart O’ Nan (Etats-Unis) Neil Bissoondath (Trinidad-Québec)

    Pavel Sanaïev (Russie) Jorn Riel (Danemark)

     

    Il était une fois … : Le conte Le point de vue de l’enfant

    A.S. Byatt (Angleterre) Nancy Huston (Canada/France)

    Pascal Quignard (France) Sasa Stanišić (Allemagne)

    Sjón (Islande) Antonio Ungar (Colombie)

     

    La mémoire en héritage Portraits d’une génération

    Aharon Appelfeld (Israël) Annie Ernaux (France)

    Gamal Ghitany (Egypte) Yu Hua (Chine)

    Manuel Rivas (Espagne) Richard Morgiève (France)

    Abdourahman A. Waberi (Djibouti) Juli Zeh (Allemagne)

     

    Le livre dont le psychanalyste Narrative non fiction : l’enquête littéraire

    est le héros

    Siri Hustvedt (Etats-Unis) Fabrizio Gatti (Italie)

    Hanif Kureishi (Angleterre) Sergio González Rodriguez (Mexique)

    Michel Schneider (France) Philip Gourevitch (USA)

    Philippe Vasset (France)

    Fantasme et fantasque :

    les déformations de la réalité Ecriture et identité : quelle place pour la psychologie ?

    Arnon Grunberg (Pays Bas) John Burnside (Ecosse)

    Toby Litt (Angleterre)Lidia Jorge (Portugal)

    Véronique Ovaldé (France) Elias Khoury (Liban)

    Sergi Pamiès (Espagne) Julie Wolkenstein (France)

     

    La petite conversation avec des revenants, l’écrivain Dany Laferrière a pour mission de réagir à des interviews de grands romanciers disparus proposées par l’INA

    Vu d’ailleurs, Rick Moody, Colum MC Cann et Will Self parlent respectivement d’Antonin Artaud, Emile Zola et Céline.

    Lectures avec Pascal Quignard, Alain Planès, Denis Podalydès.

    Et aussi, Petit déjeuner au Musée des Beaux Arts, débats philo, rencontre exceptionnelle avec Claude Lanzmann,etc…

    Lyon, le 24 mai 2009.

    28/07/2008

    H comme Hannelore (Cayre)

    1474690915.jpgConstatant il y a quelques mois que mon collègue élu du 7ème arrondissement, Cédric Putanier, avocat de son état, participait à un débat dans le cadre de « Quais du Polar » sur l’auteure de romans, Hannelore Cayre, je me suis tourné vers lui pour me faire expliquer l’intérêt qu’il y avait à lire les bouquins de cette avocate parisienne.

    Aussitôt dit, aussitôt fait, je lisais d’abord « Commis d’office », puis quasi dans la foulée les autres, tous disponibles chez Métaillé Noir à des prix qui ne devraient pas entamer significativement votre pouvoir d’achat.

    Le héro de la pénaliste parisienne, Christophe Leibowitz, est donc un avocat qui nous entraîne dans un milieu, celui du Palais décrit comme un univers clos et peu ragoutant. Maniant humour et sens du récit, Hannelore Cayre est pour moi une heureuse découverte, une romancière qui trousse à merveille un milieu qu’elle connait comme sa poche. Un milieu qui m’est totalement inconnu et donc presque exotique.

    Je sais bien qu’avec les nouveaux Connely (Le Seuil), Peace (Rivages) et le « Millénium » (Actes Sud) en rade sur votre table de nuit depuis des mois, vous avez de quoi lire cet été. N’empêche que pour quelques euros vous pouvez tenter l’aventure Hannelore Cayre qui devrait vous garantir quelques bonnes heures de lecture sur votre transat.   

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    • Hannelore Cayre, « Commis d’Office », « Toiles de maître », « Ground XO », éditions Métaillé.
    Lyon, le 28 juillet 2008.

    27/05/2008

    Elif Shafak

    image0012.jpgCompte tenu de la mission qui m’est confiée par le Maire de Lyon, il m’arrive souvent de vous parler de l’Arménie, et à l’occasion de tout le bien que je pense d’écrivains Turcs comme Orhan Pamuk. Aujourd’hui, aux Subsistances, les Assises du Roman invitent Elif Shafak, l’auteure à succès de « La Bâtarde d’Istanbul » (Editions Phébus).

    Ce grand roman salué par le Nobel Pamuk est un formidable portrait d’une société turque contemporaine prise dans ses contradictions, entre émancipation et oppression, entre modernité et arriération, entre l’Orient et l’Occident.

    C’est Jeanine Paloulian qui m’a permis de découvrir Elif Shafak, et aujourd’hui je me fais à mon tour un point d’honneur à vous en dire le plus grand bien, ce d’autant que la romancière est à la fois une référence progressiste pour beaucoup de Turcs, mais aussi la cible des nationalistes. Traduite il y a quelques années devant un tribunal turc pour « insulte à l’identité nationale turque », bien qu’acquittée pour « manques de preuves » au terme d’une audience écourtée, Elif Shafak n’écrit pas drapeau dans la poche, et agite très régulièrement les eaux parfois troubles du Bosphore.

    Romancière majeure avec « La Bâtarde d’Istanbul », son éditeur Français Phébus devrait nous proposer cet été « Bonbon Palace » son nouveau roman. Si vous souhaitez mieux comprendre la démarche d’Elif Shafak, je vous conseille de vous rendre sur www.yevrobatsi.org pour y lire le texte d’une conférence prononcée par la romancière à Istanbul en 2005 et publiée par le Washington Post le 25 septembre 2005.

    Elif Shafak participe aujourd’hui à une table ronde sur les conflits et les identités nationales en compagnie du Somalien Naruddin Farah, de l’Albanais Fatos Kongoli et de Dany Laferrière romancier haïtien vivant à Montréal auteur du tout récent « Je suis un écrivain Japonais » chez Grasset.

    Lyon, le 27 mai 2008.

    25/05/2008

    Assises du roman

    Assises08.jpgA partir de demain et jusqu'au 1er juin Lyon, et plus particulièrement la Villat Gillet, accueillent la deuxième édition des « Assises du Roman » concoctée par l'équipe du « Monde des Livres » et Guy Walter.

    Débats, tables rondes, lectures publiques vont donc se succéder à un train d'enfer puisque des dizaines d'auteurs venus du monde entier vont converger vers Lyon pour échanger autour du thème « Le Roman quelle invention ! ».

    Comme le disait après la première édition l'Irlandais Colum Mc Cann, avec les Assises du roman « il s'agit de rencontres de haut niveau et cela pourrait devenir un des festivals littéraires les plus importants du monde ». La présente manifestation devrait confirmer l'intuition de Mc Cann. En effet en accueillant cette année Ludmila OulitsKaïa (Russie), Annie Proulx (Etats-Unis) célèbre depuis l'adaptation de sa nouvelle « Brokeback Mountain » au cinéma, l'Haïtien Dany Laferrière, la romancière Turque Elif Shafak dont je vous dirais quelques mots mardi, et des dizaines d'autres, les Assises 2008 confirment leur légitime ambition.

    Ecrivains et comédiens vont également se succéder tout au long de la semaine pour des lectures publiques qui devraient apporter leur lot d'émotion et pour nous des souvenirs plein la tête. Cette année Guillaume Depardieu, Elsa Zylberstein, Irène Jacob sont invités aux Subsistances et le dimanche 1er Juin Michel Piccoli lira des textes de Susan Soutag en guise d'hommage à l'éditeur Christian Bourgois disparu cette année.

    A ce propos les textes de l'édition 2007 des Assises sont toujours disponibles chez Bourgois (collection titre n° 64) en attendant, pour l'automne, la publication de ceux qui serviront de support à celle qui débute demain.

    Pour tout connaître des conférences, lectures et tables rondes, sans oublier la présence des auteurs dans les librairies et les bibliothèques lyonnaises, se reporter au site www.villagillet.net pour s'informer et aussi réserver sa place.

    A noter qu'aux côtés des équipes du Monde et du Nouvel Observateur de nombreux journalistes étrangers seront les invités des Assises 2008. Par ailleurs France Inter, parrain de l'évènement, proposera trois émissions depuis les subsistances. « L'humeur vagabonde » de Kathleen Evin, « Cosmopolitaine » de Paula Jacques et le « Sept-dix » de Nicolas Demorand.

    Lyon, le 25 mai.

    17/10/2007

    "Une mauvaise maire"

    medium_Jacques_Jouet-Une_mauvaise_maire.jpgJ'ai lu hier soir un excellent et astucieux roman de Jacques Jouet publié par les éditions POL et intitulé "Une mauvaise maire". Marie Basmati est en effet maire communiste -tendance pragmatique- d'une petite ville de la région parisienne nommée La Chapelle.

    Depuis 2001, date de sa première élection, Madame la Maire construit son bilan, probablement un bon bilan. Jambes splendides, machine Nespresso payée avec ses propres deniers, un petit Martini rouge le samedi, au bistro, car c'est le jour du marché. Marie Basmati, maire de La Chapelle est probablement une bonne Maire qui travaille beaucoup et bien.

    Madame Basmati à un Monsieur Basmati dans sa vie qui a 63 ans et qui est retraité de l'Education Nationale. Jean-Pierre, c'est le prénom de Monsieur, se scandalise dès le saut du lit, vers les midi, pour ensuite militer pour les meilleures causes. La vie de Basmati Marie est bien organisée, réglée, jusqu'au jour où dans le parc elle découvre Masmaïl attaché à un tronc d'arbre, terrifié et humilié.

    Je vous engage à lire la suite de ce petit bouquin millimétré qui fourmille de petites justesses. Au terme de ce récit de 120 pages troussées magnifiquement vous découvrirez que Marie Basmati "a été une mauvaise maire, le plus mauvais qu'on ait jamais eu" à La Chapelle.

    > Jacques Jouet, "Une Mauvaise maire", POL, 12€.

    Clermont Ferrand, le 17 octobre 2007. 

    22/07/2007

    B comme Bello (Antoine)

    medium_B_orange.jpgCurieux, passionnant et inquiétant bouquin que celui d'Antoine Bello, "les falsificateurs", publié par Gallimard en début d'année. Sliv le héro et narrateur de ce thriller atypique est embauché dans un cabinet qui n'est autre que la couverture du CFR, le Consortium de Falsification du réel, sorte de société secrète transnationale quasi initiatique dont le but est de peser sur le cours du monde en falsifiant le passé.

    Les carnets d'Hitler, c'est le CFR. La chienne russe Laïka pionnière de l'aventure spatiale, c'est aussi le CFR. Les charniers de Timisoara, c'est encore le CFR. Une jeunesse inventée de Strindberg, une pseudo école de peinture au 15ème siècle, une imposture à propos d'une peuplade du Botswana, c'est toujours le CFR et c'est ainsi que le héro de Bello commence à tracer sa route dans ce monde très secret mais dangereux pour peu qu'on veuille s'y intéresser de trop près.

    Ce livre est d'autant plus intéressant qu'il est écrit par un bon businessman bien né et bien éduqué qui exerce entre Paris et New York à la tête d'entreprises qui ramassent du cash dans les nouvelles technologies Une sorte de Loïc Lemeur cultivé et sophistiqué (je sais que ce n'est pas facile à imaginer).

     Bello qui est un libéral pur sucre revendique son vote Sarkozy sans aucun fanatisme d'ailleurs. Derrière "les falsificateurs" nul discours idéologique ou politique fort, nulle théorie du complot esquissée. Aucune racine visible sur les plans politiques ou géostratégiques. Pas d'ombre de la world Cie, peut-être juste quelques légères inclinaisons maçonniques, et encore.

    Bello ne délivre pas une véritable lecture du monde. Il est en cela très éloigné des grands noms et courants de cette littérature noire contemporaine que j'apprécie particulièrement. Bello a tout juste un vague jugement au demeurant banal sur la manipulation, le contrôle social, la compétition et l'histoire.

    Le problème de ce bouquin à succès, est qu'il est bon. Il devrait d'ailleurs faire vibrer Hollywood. Avec "les falsificateurs" on a peut-être tout bêtement sous les yeux un roman excellent qui relève juste du simple "entertainment" ? Et alors? Ne cachons pas notre joie.

    Lyon, le 22 juillet 2007.

    01/06/2007

    Assises Internationales du roman (suite)

    medium_Assises-Visuel-OK-2-150x212.jpgAvant hier, j'étais à la soirée inaugurale des Assises aux Subsistances. Un gros week-end s'annonce. Je vous faisais déjà saliver samedi dernier mais avant de passer au menu, je veux vous rappeler que samedi 2 juin, place des Terreaux, Pierre Deloche présente sa nouvelle création « Océan cité » dont je compte vous dire deux-trois choses demain.

    Lyon accueille donc une belle armada littéraire dans le cadre de ces Assises.

    Aujourd'hui, « le roman à la rencontre des sciences » avec l’Anglaise A.S. Byatt et son compatriote de la nouvelle génération, James Flint (« Electrons libres », Au diable Vauvert), qui aura probablement beaucoup de choses à se dire avec le Lyonnais Ayerdhal. Tout ce petit monde croisera le tir vers 18h30. A 21h, on change de registre autour de la thématique « Douleurs de l’âme, douleurs du corps » avec Robert Mcliam Wilson, l’Australien Robert Dessaix, la sino-canadienne Yinq chen et Benoîte Groult qui nous injectera, à 86 ans, une bonne dose de vitalité.

    Demain, samedi 2 juin, « Les limites du roman » avec l'Argentin Alan Pauls, Philippe Vilain, Chloé Delaume dont le dernier bouquin introspectif, ne doit faire vibrer que les fans d’Indochine qui savent lire. Vers 18h30, on change de braquet. Autour du thème de la violence, vous pourrez rencontrer l’Algérien Yasmina Khadra, André Brink, la Chinoise Wei-Wei et le Serbe David Albahari (« Globe-trotter » chez Gallimard »). Encore des envies ? A 21h dernier round avec l'Ecossais Meek, le Russe Bykov , Colum Mc Cann et l’Allemande Gila Lustiger, auteur il y a quelques années de « Nous sommes », beau texte qui convoque l’histoire européenne du XXème siècle par le biais d’un cheminement familial (Stock).

    Encore faim ? Le dimanche 3 juin est un beau final. A 11h, pour ce qui me concerne j’irais faire le marché. Pour ceux qui préfèrent les nourritures intellectuelles vous pourrez aller écouter Christine Angot. Personnellement je passe mon tour. En début d’après midi, Grondahl, le cinéaste et romancier Christophe Honoré de retour du Festival de Cannes, Zeruya Shaler et l’Américaine Rikki Ducornet aborderont la question du roman familial. Et pour finir (ouf !) à 17h30 feu d’artifice avec Vila-Matas, Elisabetta Rasy (Italie) et Jakob Arjouni qui, sur fond d’une Allemagne peu reluisante, traîne son privé turc, un dénommé Kayankaya dans un roman paru il y a presque 5 ans (Fayard) que je compte lire un de ces jours.

    Bonnes Assises, bonnes rencontres avec ces romanciers du monde entier et bonnes lectures.

    Lyon, le 1er juin 2007      

    26/05/2007

    Lyon accueille le Monde (des livres)

    medium_Couv_Russel_Banks-VF.jpgLundi, soirée de lancement des « Assises Internationales du roman » avec une rencontre lecture autour de Russell Banks, écrivain américain dont j’avais salué ici, il y a quelques mois, le talent, l’engagement et l’intelligence politique lors de la sortie par Actes Sud et Arte d’un livre d’entretiens. Ce « monstre » de la littérature américaine viendra lire en avant-première des extraits de son prochain opus, à paraître en 2008 chez le fidèle Hubert Nyssen, un roman intitulé « La réserve ».

    Les " Assises Internationales du roman " est un événement inédit proposé par « La Villa Gillet » et « Le Monde des livres ». Du 30 mai au 3 juin, Guy Walter et l ‘équipe du Monde accueilleront à Lyon plus de 80 romanciers et critiques autour du thème « Roman et réalité ».

    Après la visite exceptionnelle de Banks, plus précisément le lendemain, c’est l’Italien Erri de Luca qui, toujours aux subsistances, proposera une lecture-concert, le début réel des assises étant fixé au 30 mai. Je vous livre ici une présentation personnelle de ce grand rendez-vous pour ce qui concerne les deux premiers jours tout en vous invitant à aller à la pêche aux informations sur le site de la Villa Gillet.

    Mercredi 30 mai, « le roman est un miroir social » avec Alaa El Aswany l’auteur du célèbre « immeuble Yacoubian » qui lira en avant-première des extraits de « Chicago », roman à paraître en octobre prochain. Mon coup de cœur sera également pour Tariq Ali dont le roman « Un Sultan à Palerme » est actuellement en librairie. Pour la petite histoire les amateurs de rock et singulièrement de John Lennon  doivent se rappeler de Tariq Ali alors qu’il militait chez les troskystes de la IVème  Internationale et qui a eu les honneurs d’une couverture de Rock et Folk le montrant en manif avec l’ex-Beatles arborant un magnifique T.shirt « Red mole ». A l’affiche également des assises le 30 mai, l’Américain Rick Moody dont le dernier bouquin (« le script ») m’est tombé des mains, Leslie Kaplan, Lydie Salvayre, Tobias Hill auteur du thriller d’anticipation « Le cryptographe » qui, me dit-on, est très bon (Rivages).

    Jeudi 31 mai, « Le romancier face à la réalité de ses personnages » avec Nik Cohn dont « Triksta », l’étonnant bouquin sur le rap de la Nouvelle Orléans devrait vous convaincre que Cohn n’est pas seulement le pape de la critique rock mais aussi un formidable auteur. Se joindront à Cohn les auteurs français Luc Lang et Marie Desplechin, le Hollandais Van Dis, Per Olov Enquist (Suède), John Banville et le Turinois Giuseppe Culicchia ainsi que le Suisse Pascal Mercier dont « Train de nuit pour Lisbonne » est la première traduction française.

    Je vous laisse digérer ces informations. Vendredi matin je vous dirais quelques mots sur le week-end qui se profile avec, entre autres, la présence d’A.S. Byatt, Robert Mcliam Wilson, James Meek, John Mc Cann, Enrique Vila-Matas et une trentaine d’autres romanciers. En attendant, si vous ne pouvez plus tenir, les librairies « Passages », « Les nouveautés », « Decitre », « Raconte-moi la terre » et quelques autres vous proposeront, en association avec les assises, les bouquins des auteurs invités.

    Lyon, le 26 mai 2007.

    13/05/2007

    A.D.G., le retour.

    medium_ADG_2-_Dilettante.jpgCette semaine les suppléments littéraires de Libération et du Figaro, mettent en lumière A.D.G. célèbre, talentueux, mythique et infréquentable auteur de polars décédé voici à peine trois ans. La raison est simple et opportune, le dilettante propose en effet « j’ai donné… » roman posthume d’un auteur dont nous sommes nombreux à avoir lu la prose dans la « série noire » des années soixante-dix.
     
    Chacun le sait, A.D.G., à la différence de la plupart des autres « grands » de la série noire, les Vautrin et Manchette pour ne citer qu’eux, était loin, et c’est un euphémisme, d’être de gauche. A.D.G. était même un fiéfé réac, un compagnon de route de Le Pen, un navigateur expérimenté des corridors glauques de l’extrême droite et de son petit peuple déclassé. Je ne sais pas si on dévore encore A.D.G. J’ignore même si ses romans sont encore disponibles en librairie. Me concernant je n’ai pas encore lu ce roman posthume mais je vous conseille d’aller vous perdre dans les territoires arpentés par l’avocat Decroix ou Djerbitskine. Bien sûr A.D.G. était un cas dans cet univers alors émergeant du nouveau polar post soixante-huitard mais c’était aussi un auteur de première bourre même si les idées d'Alain Fournier ne sentaient pas très bon. Dans le Figaro littéraire de jeudi, Jean Vautrin trousse un hommage parfait du contradictoire ADG, un témoignage intitulé « Le noir lui allait si bien » qui campe tout au long d’un texte sensible et nostalgique l’itinéraire d’un grand auteur qu’il convient de continuer à lire avec, à l’esprit, cette phrase de Jean-Patrick Manchette qui, écrivant à A.D.G., disait, « je crois qu’on est pour ainsi dire du même bord, même époque, même genre de méchanceté ».
     
    Lyon, le 13 mai 2007.

    07:25 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : polar, adg, polars, roman, noir, fournier, alain | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

     
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