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15/01/2010

Ellroy circus

arton15403-2c4a8.jpgTout à la fois croyant et pratiquant en matière de polars, Claude Chabrol indiquait hier dans un entretien au Figaro son admiration sans borne pour James Ellroy qui livre cette semaine aux français, « Underwold USA », le troisième et dernier volet d’une trilogie entamée avec « American Tabloïd » et continuée avec « Death Trip ». Pas très loin de penser qu’Ellroy est l’un des monuments de la littérature de l’Amérique contemporaine, Chabrol prenait tout de même bien soin de nous préciser que le romancier de L.A était difficile à supporter « quand il se met à aboyer et à faire son cirque devant les médias ». Justement, toujours hier, c’était du côté de la concurrence, dans les cahiers livres de Libération, qu’il convenait de se tourner pour vérifier la judicieuse remarque de Claude Chabrol.

Interrogé par Sabrina Champenois on avait donc droit à une représentation du « Ellroy circus » sur trois colonnes bien serrées, un show littéraire de première bourre, autrement dit du grand Ellroy. Interpellé sur la promotion de son bouquin (« J’adore. Ça fait vendre des livres, et ce livre est génial »), le ricain n’hésitait pas à endosser le costume de rock star non sans préciser que l’affaire était importante « en termes de ventes, la France (étant) pour moi le pays le plus important » rappelant à l’occasion que c’était d’ailleurs un article de Jean-Patrick Manchette dans Libération, qui l’avait lancé. Après avoir examiné presque dans le détail sa dépression et ses conquêtes féminines, suite à une question de la journaliste persuadée que notre homme était un ermite militant, le ricain-réac répondait du tac-au-tac, « Non. J’ai une amoureuse, j’ai un réseau social, des amis, j’aime Dieu, je prie, je vais à l’église, j’ai deux ex-femmes, j’écoute de la musique classique, Beethoven… ». C’est en crescendo que se terminait l’interview. Barack Obama, « je ne sais pas, je n’ai pas suivi, et je me refuse à commenter l’actualité contemporaine », Michael Jackson, « violeur d’enfants, il est mort comme il a vécu, dans le sordide » non sans que l’immense Ellroy nous indique que son nouveau projet de quatre volumes concernerait Los Angeles pendant la deuxième guerre mondiale.

Je n’ai bien entendu pas encore fréquenté cet « Underworld USA » qui, de l’avis général de la critique n’est peut-être pas loin d’être le meilleur des trois bouquins de la série. A voir le cirque promotionnel du mauvais génie de l’Amérique on ne peut qu’en être persuadé. Après une passe difficile, l’inquiétant Ellroy nous revient en forme quasi-olympique, à la hauteur d’une réputation parfaitement justifiée.

  • > James Ellroy, « Underworld USA », Rivages-Noir, Traduction Jean-Paul Gratias, 24,50 euros.

Lyon, le 15 janvier 2010.

01/06/2008

Christian Bourgois

christian-bourgois.jpgAujourd’hui séances finales des « Assises du Roman » qui se tiennent depuis lundi aux Subsistances.

David Peace dont le « 44 jours » chez Rivages vient de sortir (à lire cet été), Jacques Henric auteur de Politique (Le Seuil) et compagnon de l’ex-sulfureuse Catherine Millet, Dennis Cooper qui fait Salopes chez P.O.L (c’est pas un métier !) sans oublier Alain Fleisher (« L’amant en culottes courtes ») sont de la partie.

Je voudrais aussi vous convaincre d’aller écouter Michel Piccoli qui lira Susan Soutag afin de rendre hommage à Christian Bourgois ce magnifique éditeur qui s’en est allé cette année. Allez sur Google et tapez le nom et vous en saurez beaucoup sur ce formidable Monsieur Bourgois dont l’itinéraire personnel et littéraire mériterait incontestablement d’être écrit. Je voudrais ici reprendre l’extrait du discours de Christian Bourgois lors de la réception du Prix Merito éditorial 2007 pour tenter de résumer une vie au service des livres de la littérature et des libertés (extrait repris du programme des Assises

« Un véritable éditeur dit plus souvent non que oui. Ceci dit, une de mes grandes satisfactions d’éditeur est de constater dans mon catalogue la présence régulière et répétée d’un auteur : ce compagnonnage au fil des années, même s’il ne nous met jamais à l’abri d’une brusque rupture, parfois violente, toujours désolante, est l’indice d’une réussite partagée, et parfois aussi la marque d’une amitié confiante patiemment construite, de livre en livre. (…)

Mon catalogue c’est ma vie, ai-je parfois dit, avec un peu d’emphase certes, mais je le crois profondément, tant il est vrai que les quelque 4000 ouvrages publiés sous mon nom depuis 1966 me donnent un sentiment de fierté que je ne peux vous cacher aujourd’hui en m’adressant à vous, qui me faites le grand honneur et l’immense plaisir de récompenser ce travail »

Christian Bourgois.

 

Lyon, le 1er juin 2008.
 
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