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26/10/2010

Pestilence, by Guerlain

9290-jean-paul-guerlain-recevra-la-legion-637x0-1.jpgFrance 2 a senti brusquement le remugle l'autre jour, lorsque Jean-Paul Guerlain, 73 ans, en pleine promotion de son dernier grimoire, s'est rendu coupable d'une odieuse confidence, furtivement lâchée comme une flatulence à peine honteuse et dont on sentait bien qu'il l'avait fermentée en lui depuis belle lurette : "Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin... ». Chacun aura compris que le mot nègre ne renvoie pas ici à l'acception littéraire du terme qui a fait la fortune de la moitié des membres de l'Institut.

Et lui, sans connaître la moindre interruption de la part d'une Elise Lucet d'ordinaire plus loquace et sans doute affriolée par la réputation et le complet veston du doyen des nez, de continuer son autopromotion, sans rougir, refermant comme il l'avait ouverte, la bonde de son dégazage sauvage.

Soudain, celui qui passait encore pour un vieux galant ayant passé toute sa vie à embaumer la gent féminine d'effluves orientaux et musqués s'est révélé empuanti au public comme une de ces vieilles bouteilles que l'on rêvait exquise et qui, une fois ouverte, ne saurait dissimuler plus longtemps qu'elle est outrancièrement bouchonnée.

Soudain, Guerlain a laissé entrevoir sa France intériorisée et imaginaire : une France "monochrome", nostalgique d'un monde colonial qui fleurait comme baume la douceur de vivre et la main d'œuvre aussi pléthorique que corvéable.

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04/09/2010

L’homme de l’été

brice-hortefeux-cout-depense.jpgC’est sans conteste l’homme de l’été. Même Estrosi doit se faire une raison, sur cinq longues semaines estivales, Brice Hortefeux demeure le meilleur des Sarko-Boys, celui qui a été capable, comme le lui avait demandé son chef, d’occuper sans avoir besoin de le demander les médias presque chaque jour. C’est par une interview au Monde du dimanche 22 août que l’Auvergnat a atteint l’apothéose en s’en prenant à « La gauche milliardaire » (Sic!) histoire d’enfiler à bon compte un costume de fils du peuple ce qui après tout n’est pas un mince exploit pour un fils de banquier né à Neuilly.

Ayant tout obtenu de son ami Sarkozy, sauf son diplôme de Sciences Po, Hortefeux a donc joué cet été le seul rôle qui puisse lui convenir. Celui de porte flingue, de voix de son maître, de lieutenant comme on aime tant le lire dans les colonnes du Figaro. Successivement Directeur de Cabinet du Maire de Neuilly, Administrateur territorial en poste à la Mairie de Neuilly, Chef de cabinet du Maire de Neuilly devenu ministre du budget, Brice Hortefeux est nommé préfet en 1995 enfilant par la suite des missions tant pour le compte du gouvernement que pour le président du sénat. Ministre dévoué des uns mais surtout de l’autre, Hortefeux est un bon spécialiste des astuces et blagues très limites au point que, suite à celle proférée l’an passé lors de l’université UMP, il se trouve un tribunal, celui de Paris, pour condamner l’intouchable pour injures à caractère raciste mais l’intéressé a, par la suite, fait appel.

En vérité, sans son pote, le protégé du président ne serait probablement grand-chose. Spécialiste du coup de menton et des propos honteux sur commande, Hortefeux n’est rien en dehors de sa base de Neuilly et d’homme de Sarko. Ayant beau présenter aux médias son profil le plus auvergnat, Hortefeux n’est pas grand-chose du côté de Clermont-Ferrand et le fait de renoncer à concourir en 2007 pour la municipale est assez éclairant. En fait son seul soutien dans la zone s’appelle Charasse le très Sarko-compatible sénateur fraichement recasé au Conseil Constitutionnel. Celui que le journaliste François Reinhard a désigné, avec complaisance, comme « Le mécano de Sarko » restera probablement dans l’histoire comme l’incarnation de ce petit personnel de la Vème république béatement dévoué au chef en raison d’une envergure modeste. En attendant, Hortefeux exprime un des aspects les plus nocifs de la politique conduite dans notre pays au point que par ses agissements et ses propos l’actuel ministre de l’intérieur est sur le point de revaloriser l’image des Marcellin, Bonnet, Poniatowski, Pasqua ou Pandraud, c’est dire !

Lyon, le 4 septembre 2010.

Photo: DR

30/09/2009

Si m’en croyez camarades…

Halde aux vieux!.jpgSi vous voulez avoir la nausée, lisez l’article de Mustapha Kessous dans le Monde du 24 septembre dernier. Il fait mal. Très mal. Il raconte le racisme ordinaire de la France d’aujourd’hui. Un racisme puant et auquel le qualificatif de franchouillard que souvent nous lui accolons est un doux euphémisme.

J’ai à l’esprit – et vous aussi certainement – d’autres exemples à ajouter à ceux, personnels et déjà trop nombreux, de «Monsieur Kessous» comme il a pris le parti de se présenter pour éviter, en disant son prénom, que ne se ferme une fois de plus la porte, et ce avant même qu’un regard soupçonneux ne vienne l’examiner au travers d’un judas. Le journaliste lyonnais du Monde termine son article en lettres lasses : «On dit de moi que je suis d’origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un «beurgeois», un enfant issu de l’immigration… Mais jamais un Français, Français tout court».

Je vous avoue qu’à côté de cela, les âneries de la Halde - cette Haute Autorité chargée de lutter contre la discrimination - fustigeant les manuels scolaires parce qu’ils «véhiculent une image très négative des séniors», paraissent un brin dérisoire. D’autant que la HALDE appuie son éclatante démonstration sur ce beau poème de Ronsard «Mignonne allons voir si la rose» !... Les sages (?) de la HALDE ne contribuerait-ils pas eux aussi, par leur gâtisme intellectuel, à propager une image très négative de ceux que l’on appelle les séniors dans la novlangue?

Tout aussi tiédasse, la rédaction de l’une des questions soumises au vote des militants du PS le 1er octobre prochain à propos de la diversité. Pour contribuer «à une meilleure représentation des diversités de la société française», le rédacteur explique qu’il s’agit de viser «l’accès aux responsabilités de militants issus de l’immigration, d’ouvriers, d’agriculteurs, d’employés du secteur privé…». Mettre cela sous l’intitulé « diversité » c’est plutôt fadasse. À force de vouloir toujours faire une synthèse genre grand écart, on se déchire les membres ou on se noie dans le soap opéra. Quant à prendre les employés du secteur privé (contrairement à ce qu’affirme la vulgate droitière, ils sont nombreux au PS) comme mesure de la diversité !?...

L’autre soir, un camarade noir m’a demandé : «Et on en voit combien des comme moi aux manettes nationales de la République ou du PS ?». J’ai vraiment eu du mal à lui répondre que nous étions en train de changer. Il a maintenant quelques boucles blanches et serrées sur les tempes, c’est un sénior comme moi.

J’ai envie de pasticher le poète :

Donc, si m’en croyez, camarades

Tandis que les partis paradent

En leur plus triste forteresse,

Forcez, forcez notre demande :

Arrachons-les à leur prébende

Car les ans passent et le temps presse.

 

Jean-Paul Schmitt

16/08/2007

R comme racisme (et football)

medium_R_1.jpgLa Ligue 1 vient tout juste de reprendre et pourtant il est nécessaire de revenir sur un triste épisode, l'affaire Milan Barros, qui a terni l'image du football et de l'Olympique Lyonnais à la fin du dernier championnat.

En mimant, à l'encontre d'un joueur africain, le geste de celui qui se pince le nez, l'avant centre tchèque a été symboliquement suspendu par les autorités du football. Une sanction scandaleuse si le geste de Barros n'est pas de nature raciste comme le dit l'intéressé. Une peine encore plus scandaleuse si le geste incriminé était raciste, puisqu'une suspension de quelques matchs pour une attitude aussi infâme serait inacceptable.

La LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme) développe depuis quelques années un travail extrêmement utile sur le sport et le racisme. En ce qui concerne le football, elle vient d'éditer avec l'UCPF (Union des Clubs Professionnels de Football) une brochure sur ce sujet. En donnant la parole à des "stars" comme Nicolas Anelka, Mickaël Sylvestre et Christian Karembeu, la Licra, qui développe chaque année dans des milliers d'écoles, de collèges et de lycées des actions de sensibilisation, démontre ainsi que le sport est également un domaine essentiel de la lutte anti-raciste.

La charte contre le racisme signée par Gervais Martel au nom de l'UCPF et Patrick Gaubert au nom de la Licra, est un premier pas, probablement décisif, pour renforcer ce combat.

Pour de plus amples informations, consulter www.licra.org et www.ucpf.fr.

Hautes Pyrénées, le 16 août 2007.

09:00 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Football, racisme, foot, licra, Milan Barros, OL, UCPF | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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