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05/10/2010

De l'injure

bukowski.jpgEn ces temps où outrage et caviardage sont devenus, dans un élan nauséeux, les deux mamelles de la Sarkozye, je ne saurais que trop vous conduire à la lecture de l'excellent "Ta gueule Bukowski. Dictionnaire des injures littéraires" (Pierre Chalmin, L'Editeur, septembre 2010) afin de renouer avec l'aimable temps où l'on savait villipender son prochain avec un talent certain et très éloigné des bassesses racistes estivales de comptoir répandues à gorges déployées contre les Auvergnats par un membre éminent du sarkozysme.

A mille lieux des unes du Figaro dont les manchettes exhibent fièrement leurs traces de cirage et de résidus "d'inflation", des "Casse-toi pauv'con" et autres "La France, tu l'aimes ou tu la quittes", ce bréviaire de l'injure nous rappelle cruellement que ce qu'il y a de pire dans le sarkozysme, ce n'est sans doute pas le volume d'immondices qu'il déverse sur la Constitution, la République, et autres textes futiles mais c'est le manque de talent, l'inculture crasse qui orne désormais les frontons de nos ministères.

Plutôt que de vous livrer quelques morceaux choisis de cette Bible de l'offense, je vous propose de deviner en faveur de qui les adresses suivantes ont été fomentées. Un X masquera éventuellement le patronyme de l'injurié; ceci est évidemment un jeu à la faveur duquel l'injurié est conduit à une hasardeuse, fortuite, accidentelle mitoyenneté de QCM avec une kyrielle d'individus pour lesquels vous imaginez le niveau de considération qui leur sera bien évidemment dû. Loin de moi l'idée de les confondre, les assimiler, les comparer, les mesurer même avec l'injurié susévoqué. Mais pour faire un QCM, il faut de multiples choix.

1. "Le plus con des veaux est celui qui court après son boucher. X fut de ce genre là"
A. Dieudonné
B. Brasillach
C. Céline
D. Martin Hirsch

2."Ce vieillard avide se ruant à la Table Sainte pour y bâfrer des honneurs ... Misère !"
A. Maurice Druon
B. Marc Fumaroli
C. Paul Claudel
D. Maurice Quénet, recteur honoraire qui est à l'Académie de Paris ce que Jack Lang fut à la culture ...

3."Inquiétant et banal comme un poignard du Caucase"
A. Eric Besson
B. Brice Hortefeux
C. Vladimir Poutine
D. Staline

4. "J'ai cru qu'il était du marbre dont on fait les statues. Il n'était que de l'émail dont on fait les bidets"
A. Nicolas Sarkozy
B. Jacques Chirac
C. François Bayrou
D. Michel Rocard

5."C'est un homme qui s'est fait tout seul, qui s'est hissé au premier plan, malgré une inculture et une pauvreté d'esprit qu'on ne rencontre plus guère que chez les animateurs de radios libres. Un homme qui a fait une carrière politique remarquable en étant persuadé toute sa vie que Marceau, Berthier et Périphérique étaient des maréchaux d'Empire"
A. Nicolas Sarkozy
B. Georges Marchais
C. Jean-Michel Baylet
D. Bernard Tapie

6. "Avec X, il faudrait deux quotidiens. Un pour la connerie du matin et un du soir pour démentir la connerie du matin"
A. Nadine Morano
B. Nicolas Sarkozy
C. Fadela Amara
D. Rama Yade

7. "Monsieur X fait dans la culture comme d'autres font dans leur culotte. Monsieur X fait de l'incontinence ministérielle. Il ne peut pas se retenir"
A. André Malraux
B. Jack Lang
C. Frédéric Mitterrand
D. Renaud Donnedieu de Vabres

8. "La littérature de X méritera de demeurer comme témoignage des ravages que peuvent occasionner , sur les esprits simples, le décervelage en règle de ce qu'on nomme encore l'Education Nationale et la lecture hebdomadaire de Télérama"
A. Marc Lévy
B. Marc Lambron
C. Philippe Delerm
D. Guillaume Musso

9. "Vous savez à quoi on reconnaît que X est en train d'écrire un nouveau livre ? On entend les ciseaux et la photocopieuse !"
A. Alain Minc
B. Paul-Loup Sulitzer
C. Jacques Attali
D. Bernard-Henry Lévy

10. "Quand ça débande dans la société humaine, une femme en général, se dévoue, en tablant sur la virginité et la frigidité primordiales. Ca refait bander illico"
A. Ségolène Royal
B. Jeanne d'Arc
C. Marie-France Garaud
D. Carla Bruni

Les réponses à ces insoutenables questions la semaine prochaine.

Stéphane Nivet

25/07/2010

E comme "Edgar"

E 2.jpgOn dit souvent à propos de Edgar Faure que « des comme ça, on ne sait plus en faire ». Grande figure de la quatrième République, Maître-nageur-sauveteur de la cinquième quand il devient, après Mai 68, Ministre de l’Education Nationale de De Gaulle, artisan de la décolonisation, Intellectuel brillant, avocat hors-pair, politique à l’humour ravageur, capable de bien des compromis au point qu’une partie de sa vie publique n’est qu’adaptation à partir de convictions souvent secondes, Edgar Faure n’en demeure pas moins un personnage à part et parfois loin d’être un modèle dans la vie publique française. Personne ne songe mettre en cause l’intelligence de l’homme ni son érudition. Nul ne peut contester sa créativité débordante et pourtant je ne connais personne qui, à un moment ou à un autre, s’est piqué de nous convaincre de faire d’Edgar Faure une référence. Yves Marek l’ancien Directeur du Cabinet de notre illustre personnage à la Mission du bicentenaire de la Révolution s’y colle pourtant en signant un petit bouquin à la Documentation française-Assemblée Nationale intitulé « Edgar Faure, l’optimiste » et publié dans la collection « Tribuns » qui a déjà fait honneur à Jaurès, Briand, Clémenceau et qui s’apprête à publier un « Victor Hugo, l’universel ». En vérité, au milieu de tout ce beau monde on peut se demander ce que Faure vient faire et se dire qu’au train où vont les choses, le prochain sur la liste pourrait-être le défunt Philippe Séguin et pourquoi pas de son vivant un certain François Fillon.

 

edgar_faure.jpgEn sous titrant son livre « l’optimiste », il aurait été probablement plus judicieux de choisir le terme « l’opportunisme » pour qualifier la trajectoire d’Edgar Faure. Cela étant qu’importe, le « Edgar Faure » de Yves Marek est un bouquin « de Fan » et, à ce titre, mérite non seulement le respect mais doit être recommandé car, vous l’avez compris, ce n’est pas parce que l’on se montre très critique à l’égard de l’Edgar que l’on souhaite sa disparition de notre mémoire politique. Par ailleurs, entre nous, entre Faure, Lagarde, Alliot-Marie, Morin, Hortefeux ou Woerth, il n’y a pas photo.

> - Yves Marek, « Edgar Faure, l’optimiste », La Documentation française-Assemblée Nationale, 10 euros.

Hautes-Pyrénées, le 25 juillet 2010.

20/05/2010

Drapeau

Signe des temps ? Allez savoir. Autant les commentaires lapidaires se font aussi rares que les traits d'humour chez Eric Besson, autant  nombreux sont les mails à tenter de prolonger quelques uns des nombreux billets qui bornent, 7 jours sur 7, "De Lyon et d'ailleurs". Il y a peu, Marc Gauchée, un internaute parisien, m'a fait parvenir ce texte intitulé "Celui qui s'essuie sur le drapeau et ceux qui s'essuient sur Marianne". Le voici. La (mauvaise) humeur de Marc Gauchée pouvant être utile par les temps actuels.

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Celui qui s'essuie sur le drapeau et ceux qui s'essuient sur Marianne

Drapeau.jpgCeux qui nous gouvernent ont décidément l'outrage sélectif. Le 19 mars 2010, Métro publie une photographie de Frédéric Laurent, lauréat d'un « coup de cœur » du Marathon photo de la FNAC de Nice dans la catégorie « politiquement incorrect ». Il s'agit d'un homme vu de dos, pantalon sur les chevilles, s'essuyant les fesses avec le drapeau tricolore. Le cliché choque des députés UMP des Alpes-Maritimes, dont Charles-Ange Ginesy : « Il faut que nos jeunes générations apprennent à respecter les valeurs de la République, et le drapeau en fait partie ». Aussitôt, Michèle Alliot-Marie, pourtant ministre de la justice, a souhaité que des poursuites soient engagées contre ce type de comportement, qu'elle juge « intolérable » et envisage la parution d'un décret pour sanctionner cela d'une contravention... L'affaire est révélatrice de la bêtise, l'amnésie et la haine qui tiennent lieu, aujourd'hui, en France, de principes de gouvernement.

Drapeau 2.jpgElle traduit d'abord la confusion, savamment entretenue par la sarkozie déboussolée, entre les symboles de la République et les valeurs de cette même République. Le honteux et piteux débat orchestré par Eric Besson, bien nommé ministre de l'identité nationale, a surfé sur cette confusion : la défense orgueilleuse des symboles de la République permet de s'affranchir de ses valeurs ! C'est ainsi qu'alors que les valeurs d'égalité (défense du bouclier fiscal), de liberté (1% de la population française placé en garde à vue), de fraternité (rafles à la sortie des écoles) et de solidarité (atteintes à l'Etat social) sont battues en brèche par le pouvoir en place, rien n'est trop dur pour sanctionner ceux qui se moquent de la Marseillaise, du drapeau tricolore ou du président. Il faut reconnaître que la droite sarkoziste à de quoi être déboussolée : elle a élu un président libéral et candidat de la rupture (« Travailler plus pour gagner plus ») ; une crise plus loin, des millions de chômeurs en plus, elle est prise de vertige face à un président girouette qui dit tout et son contraire, flatte les extrêmes, joue les coqs entouré de 2000 policiers, donne des leçons au monde entier, n'a pas de bilan, est l'ami des riches et, surtout, surtout, veut être aimé d'abord par ses ennemis.

Drapeau 3.jpgEnsuite, il faut avoir la mémoire bien courte pour ne pas se rappeler d'une campagne récente financée par le gouvernement en faveur du « grand emprunt ». Il s'agissait d'une Marianne toute de blanc vêtue, y compris le bonnet phrygien qui pourtant, traditionnellement, est rouge. La fameuse Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix, guerrière et dépenaillée, encadrée par un bourgeois et un Gavroche armés, le sein à l'air, était ainsi transformée en femme bien prude, à la blancheur immaculée aux relents de Marie enceinte par l'opération du Saint Esprit. Il y avait bien outrage aux « valeurs de la République » ! Mais aucun député UMP n'a crié, l'exemple venait du sommet de l'Etat. Comble de la bêtise, au même moment, Elisabeth Badinter était raillée pour son livre Le Conflit, la femme et la mère (Flammarion), dénonçant la tyrannie du discours sur la maternité que subissent les femmes.

Ce n'est pas le peuple français qui a perdu les valeurs de la République, même quand il s'amuse de son drapeau transformé en PQ. Ce sont ceux qui nous gouvernent qui, dans une confusion mammo-religieuse, ne savent plus à quel sein se vouer et préfèrent s'en remettre à celui, sage et maîtrisé, de la Vierge plutôt qu'à celui, imprévisible mais libre, de la République.

Marc Gauchée

04:16 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drapeau, marianne, république, france, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/05/2010

Les jours heureux

SarkoCNR.jpgLe 16 mai au plateau des Glières. Pas de banderoles. Pas de slogans. Pas de badges. N’en déplaise à la presse taiseuse qui parle du rassemblement de Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui comme d’un rassemblement anti-sarkozyste. Dans les interventions, rien que des témoignages avec des mots clairs : liberté, égalité, fraternité, progrès social, solidarité, service public, république… Des mots qui se heurtent durement au réel. Depuis 2007, Nicolas Sarkozy se rend chaque année aux Glières pour y saluer la mémoire des maquisards massacrés en mars 1944 par les nazis et les miliciens français. Ce qui, au premier abord apparait comme normal et légitime, révèle à l’examen une instrumentalisation de l’Histoire quand il situe son action dans le droit fil « du Conseil National de la Résistance, qui, dans les heures les plus sombres de notre histoire, a su rassembler toutes les forces politiques pour forger le pacte social qui allait permettre la renaissance française » (publié en mars 1944 sous le titre Les jours heureux, le programme du CNR annonçait un ensemble formidable de réformes économiques et sociales parmi lesquelles la Sécurité sociale, les retraites par répartition et la liberté de la presse).

Non, aux Glières les 15 et 16 mai 2010, pas besoin de slogans, pas besoin de banderoles, pas besoin de badges. Il suffisait d’entendre les témoignages d’actions de résistance vraie, collectives souvent, individuelles parfois, toujours subordonnant la légitimité de la dignité humaine à celle des règles établies ou des législations indignes. Non, l’esprit qui soufflait-là n’était pas celui de la revanche, mais celui de la résistance, autrement plus difficile.

À 1500 mètres d’altitude, par deux ou trois degrés et une neige timide aussi tremblotante que nos guiboles, nous étions trois mille, une trentaine des Monts du Lyonnais, à écouter durant plus de deux heures les témoins qui se sont succédés sur la petite tribune de fortune. Applaudissements. Émotion au souvenir de ces morts souvent très jeunes, aujourd’hui glorieux, mais que radio Paris qualifiait alors de « ramassis de lâches communistes et terroristes étrangers ».

À méditer, parmi les mots entendus, ceux de Serge Portelli, vice-président du tribunal de Paris et membre de l’Appel des appels. « Nous sommes dans un État-limite, situation intermédiaire où nous ne sommes ni dans la démocratie ordinaire, ni dans la dictature, mais où l’on trouve tous les ferments d’un basculement possible. ». Il déclarait dans un ouvrage récent : « l’État-limite conserve l’architecture de la démocratie. Nous voyons fonctionner un Parlement, des élections ont lieu, les médias existent, la justice juge, les oppositions s’expriment. Mais le régime se caractérise par une excitation, une agitation extrême qui contredit violemment le cadre visible des institutions. L’appareil d’État fonctionne de façon inhabituelle. Sur la base d’une idéologie inquiétante et démagogique, se développent une volonté d’absolu dans les résolutions, un extrémisme dans les positions, une impulsivité dans la parole, une agressivité dans l’action, qui se traduisent par une exacerbation permanente de la violence d’État. Les frontières sont tutoyées, dépassées même parfois, préservées souvent grâce à une mobilisation de plus en plus massive des forces démocratiques. L’État-limite, c’est – version optimiste – un équilibre très instable et précaire ou – version pessimiste – un déséquilibre permanent et dangereux. » (www.ldh-toulon.net/spip.php?article3836).

Jean-Paul Schmitt

19/03/2010

Changement de séquence en vue

Sarkozy NB.jpgPartant du principe que le président de la république n’est pas, loin de là, un perdreau de l’année, nous pouvons considérer qu’entre ces deux tours des élections régionales, Nicolas Sarkozy est désormais persuadé de ce nouvel adage, « à scrutin régional, conséquences nationales ». L’homme qui voulait décomplexer la droite en promettant d’en découdre avec Mai 68, de réformer – comprendre de faire reculer le plus d’acquis possibles -, de promouvoir « la valeur travail » se retrouve dans une mauvaise passe dont il n’est plus certain de se sortir d’ici les prochaines présidentielles. Autrement dit, ce qui apparaissait il y a quelques temps encore comme une évidence, Sarkozy se succédant à lui-même, n’est plus du tout une certitude tant le petit génie du bricolage qui siège à l’Elysée est en situation inconfortable à l’égard du pays comme de sa majorité.

Dès lundi matin, le pays rentrera définitivement dans la séquence politique des présidentielles. Nicolas Sarkozy n’aura d’ailleurs guère que quelques mois pour inverser une tendance pour le moins défavorable et il n’est plus certain que l’ensemble des propos contenus dans l’interview du Figaro Magazine de samedi dernier continuent d’être d’actualité d’ici là. Si l’actuel Président n’arrivait pas à remonter la pente dans des délais relativement contraints il n’est plus sûr et certain que sa candidature pour un second mandat s’imposerait sauf si l’actuelle opposition, Parti Socialiste en tête, demeurait dépourvue de réponse globale, crédible et donc réaliste. Il y a quelque peu, à l’occasion de la disparition du leader travailliste anglais Michael Foot, certains faisaient état de son programme pour les élections de 1983 jugé alors comme très à gauche. Un programme dont la pureté n’avait d’égal que l’échec retentissant puisque il n’avait permis, face à Thatcher, de recueillir l’adhésion de seulement 30% des électeurs. Un programme qui restera dans la mémoire du socialisme anglais comme, « la plus longue lettre qu’un suicidé ait jamais écrite ».

Lyon, le 19 mars 2010.

27/01/2010

Machiavel a fait des petits

Sarkomachiavelisme!.jpgBarak Obama a déclaré mercredi dernier : « J’ai perdu le sens du contact direct avec les Américains sur leurs valeurs essentielles ». Imaginez un instant Nicolas Sarkozy faire de même à propos des Français. On peut rêver. Ni lui, ni les ministres et sous-ministres qui nous gouvernent, ne feront amende honorable. Sauront-ils jamais dire la vérité ?

Dans l’auto congratulation - discipline dans laquelle les politiques sont experts quels que soit leur bord – notre président bat tous les records. Écoutez-le défendre ses réformes – car il s’agit de réformes, courageuses et bien menées, n’en doutez pas. Les mots sont martelés, répétés, bégayés, enflés, déclinés, commentés souvent avec déférence par les « journalistes » télévisuels. Ces « réformes » qui traînent pourtant avec elles une comptabilité mortifère d’emplois détruits aveuglément. Ces « réformes » qui laissent sur le bord du chemin de plus en plus d’exclus et de travailleurs qu’on qualifie désormais de pauvres. Ces « réformes » qui sont comme graffées sur toutes les façades de la République. Des façades qui se lézardent. Signées d’un seul et même tag : Sarko. Machiavélique !

Barak Obama voit sa popularité baisser nous serinent nos bons médias. Il ne serait plus qu’à 50% de satisfaction. Rappelez-moi celle de Nicolas Sarkozy en janvier 2010. Elle était de 32%, un niveau déjà atteint deux fois, en mai 2009 et en mai 2008.

Tout cela n’est que tambouille de chiffres me direz-vous et les seuls bons chiffres sont ceux de Nicolas. Comme ceux qu’il nous a livrés lors de ses vœux de 2010 : «Depuis 2007, la France a signé chaque année deux fois plus de grands contrats à l’export que durant les dix années précédentes. Deux fois plus !» Je vous conseille la lecture de l’excellent article de Cédric Mathiot dans Libé du 21 janvier dernier : sur l’ensemble des grands contrats signés par la France, le bluff est flagrant et la soi-disant performance est dans les choux. Manipulation encore. Version péjorative du machiavélisme.

Mais je chipote, tout va bien. Dormez braves gens, la République est calme et bien en laisse… Il n’est que de relire ce qu’écrivait Victor Hugo à propos de Louis Napoléon Bonaparte. Petit extrait :

« M. Louis Bonaparte se laisse volontiers entrevoir socialiste. Il sent qu’il y a là pour lui une sorte de champ vague, exploitable à l’ambition.

Alors il ne parle pas, il ment. Cet homme ment comme les autres hommes respirent. Il annonce une intention honnête, prenez garde ; il affirme, méfiez vous ; il fait un serment, tremblez. Machiavel a fait des petits.

Annoncer une énormité dont le monde se récrie, la désavouer avec indignation, jurer ses grands dieux, se déclarer honnête homme, puis au moment où l’on se rassure et où l’on rit de l’énormité en question, l’exécuter.

Jean-Paul Schmitt

06/01/2010

Sacré Caesar

Jules Caesar Sarko.jpgSacré Jules César et son calendrier appelé depuis, julien ! On lui doit – deux ans avant la fondation de Lugdunum par ce brave Munatius Plancus – que le 1er janvier soit pour la première fois le premier jour de la nouvelle année. Un jour consacré alors à Janus, Dieu des portes et des commencements. Je me dis in petto, pour la porte qu’il faudrait qu’il prenne : « Ave Sarkozius, cela commence à bien faire »… Jusqu’alors, le sacré Jules qui était également Grand Pontife, fixait à ce titre le premier jour de chaque nouvelle année. Pourvu que Sarkofex Maximus ne prenne pas l’idée de faire pareil, histoire de marquer son règne ou de redresser les sondages.

Au Moyen-Âge, la nouvelle année débutait à Pâques et donc cela bougeait tout le temps. Beaucoup plus que la manière dont la modernité pénètre de nos jours encore au Vatican. Et voilà qu’un pape, Grégoire, le 13ème du nom, en 1582, instaure un calendrier qui fait commencer l’année le 1er janvier. Un Grégoire qui peut créer des choses plus intelligentes que la béatification d’un prédécesseur un peu trop conciliant avec le nazisme, cela vaut la peine d’être noté. Comme le premier de l’an est l’occasion des bonnes résolutions, il serait bien que la sainteté qui siège aujourd’hui au Vatican prenne, lui aussi, de bonnes résolutions pour l’année nouvelle. Comme, par exemple, conseiller l’usage du préservatif en Afrique pour lutter contre le sida ou autoriser le mariage de ces pauvres prêtres obligés de convoler en noces secrètes si la vie de couple les tente ou encore accueillir à communion les divorcés remariés qui le souhaitent.

Les Romains de ce brave Jules sacrifiaient à la déesse Strenna, il paraît que le mot étrennes dérive de là. J’avoue préférer les étrennes aux bonnes résolutions, même si en échange je dois accepter l’horrible calendrier de mon facteur ou celui des pompiers de mon village. Au moins c’est un bon moment de convivialité. Plus encore que leurs affreux calendriers, je déteste ces cartes de vœux aux sapins couverts de crème chantilly et aux Santa Claus coca cola qui se trémoussent façon Walt Disney sur un air sirupeux de merry Christmas. Ils engorgent ma boite de courriel parce que des copains sont trop paresseux pour m’écrire un petit mot personnel. Si les cartes de visite qu’on échangeait à la fin du 18ème siècle avaient pareil mauvais goût, je comprends pourquoi les conventionnels de 1791 les ont supprimées en même temps que le premier de l’an. Un député qui devait ressembler à Emmanuelli allant jusqu’à déclarer lors d’une séance de la Convention : « Citoyens, assez d’hypocrisie ! Tout le monde sait que le Jour de l’An est un jour de fausses démonstrations, de frivoles cliquetis de joues, de fatigantes et avilissantes courbettes… ».

Gageons qu’aucun de ceux qui présenteront leurs hommages respectueux à Nicolas Sarkozy dans les salons de l’Élysée à l’occasion de ce nouvel an revenu en grâce dès 1797 n’aura la moindre once d’hypocrisie ni ne ressentira le moindre avilissement en faisant ce jour prochain des courbettes au prince qui nous gouverne.

Nous sommes – paraît-il – en République, que diable !

Jean-Paul Schmitt

01/12/2009

C’est la danse des taxés !

Canards.jpgDe leurs voix éraillées ils chantent l’antienne sarkozyste du moment sur les collectivités territoriales mal gérées. Avant-veille d’élection au goût de fin de banquet si peu républicain. Accents poujadistes.

À l’instar de Lefèbvre, ils vomissent la même goualante. Sans retenue. Oublieux de leurs turpitudes et des transferts de compétence sans transferts de moyens adéquats. Oublieux des promesses faites. Ivres de com’, ils s’amusent à décerner des Satanas d’or, d’argent ou de bronze. Sans entendre que c’est la danse des Canards qui leur sert d’hymne national.
« C’est la danse des canards – qui en sortant de la mare – se secouent le bas des reins – et font coin-coin »
Passons sur les canards, l’à-peu-près serait trop facile, et regardons un peu la mare de lisier dont ils sortent : presque 20 taxes nouvelles créées depuis 2007 par le jars qui nous mène :

Et une taxe pour le RSA (entre 1 et 2 milliards), coin-coin !
Et une taxe sur les assurances et les mutuelles (1 milliard), coin-coin !
Et une taxe sur l'intéressement et la participation (400 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les stock-options (250 millions), coin-coin !
Et un p’tit coup de franchises médicales (850 millions), coin-coin !
Et une augmentation des cotisations retraite (150 millions), coin-coin !
Et une taxe sur la publicité des chaînes privées (incalculable), coin-coin !
Et une taxe sur les compagnies pétrolières (150 millions), coin-coin !
Et une taxe pour financer la prime à la cuve (100 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les ordinateurs (50 millions), coin-coin !
Et une taxe pour copie privée des disques durs externes et clés USB (167 millions), coin-coin !
Et une taxe sur le poisson (80 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les huiles moteurs (44 € par tonne de lubrifiant), coin-coin !
Et une taxe sur les imprimés publicitaires (incalculable), coin-coin !
Et une hausse de la redevance télévision (20 millions), coin-coin !
Et une taxe sur la téléphonie et internet (80 millions minimum), coin-coin!
Et une taxe sur les grosses cylindrées (malus auto annualisé : 160 € par an par auto), coin-coin !

Sans compter les coin-coin du chèque transport qui n’a pas encore de plan de financement, la future taxe carbone, Hadopi...

Quand ils ne chantent pas, ils parlent doctement d’identité française. Ils y glissent quelques à-peu-près sur l’immigration. Espérant que le peuple s’amuse et oublie le chômage qui enfle et la République qui coule.

Jean-Paul Schmitt

18/11/2009

Les autruches du Rhône et le fils Poucet

Autruches du Rhône.jpgPasse encore qu’on ait eu le PACS malgré les boutinades, bible à la main, mais l’adoption par des couples homosexuels  ! Soyons cohérents que diable ! Oyez ces courageux représentants du peuple qui disent que : « Dès qu’il y a un enfant, il faut un papa et une maman ». Déclaration d’Eric Raoult, illustre député au gentil sourire de bon père de famille. De famille Unie Mon Président, cela va sans dire, même si en ce moment cela ne va pas de soi. Vous savez, celui qui veut que l’on impose aux écrivains un droit de réserve s’ils ont eu le Goncourt.

Ils aiment la famille ces gens-là. Surtout celle qu’ils connaissent. Celle qui ressemble à la leur. Et là-dessus ils sont assez d’accord.

Il faut bien que quelqu’un rappelle – scrogneugneu - les valeurs catholiques apostoliques et romaines (encore que l’adoption chez nos ancêtres romains s’asseyait allègrement, si j’ose dire, sur les considérations d’homosexualité). Ces braves gardiens de valeurs en péril, d’identité nationale, de travail introuvable et de boucliers fiscaux pour armures dorées, soutiennent sans faille le principe sacré. Ils se battent pour ne pas séparer les enfants de leur papa et/ou de leur maman. Et cela malgré les difficultés innombrables et de tous ordres : pas facile de trouver de la place dans des centres de rétention déjà bondés pour que ces petits minots restent avec leurs parents jusqu’à ce qu’un avion les ramène chez eux : « Dis papa c’est où chez nous ? ». Pas facile d’être discret pour ne pas alarmer les Réseaux Éducation Sans Frontières pour pouvoir réunir sans bruit parents et enfants à la sortie de l’école. Pas facile de passer inaperçu dans les files de soupe populaire non plus.

Ils veillent sur l’ordre et la morale. Ils sont unis sur des valeurs. Ils soutiennent leur gouvernement comme un seul homme. Ils font du chiffre.

Dans notre département du Rhône, ils ont des noms que l’on a déjà vus au bas d’un parchemin : Emmanuel Hammelin, Philippe Cochet le nouveau Pater Familias, François-Noël Buffet, Georges Fenech, Bernard Perrut, Michel Terrot…

Ils avaient tous signé en 2007 une entente parlementaire… contre l’adoption par des couples homosexuels. Les fantasmes ont la vie dure. Pour nos autruches départementales, un petit coup de Prévert :

L’Autruche :  « Je n’aime pas beaucoup ta mère, à cause de cette manie qu’elle a de mettre toujours des plumes d’autruche sur son chapeau… »

Le fils Poucet : « Le fait est que ça coûte cher… mais elle fait toujours des dépenses pour éblouir les voisins »

L’Autruche :  « Au lieu d’éblouir les voisins, elle aurait mieux fait de s’occuper de toi, elle te giflait quelquefois… »

Le fils Poucet : «Mon Père aussi me battait »

Jean-Paul Schmitt

30/09/2009

Si m’en croyez camarades…

Halde aux vieux!.jpgSi vous voulez avoir la nausée, lisez l’article de Mustapha Kessous dans le Monde du 24 septembre dernier. Il fait mal. Très mal. Il raconte le racisme ordinaire de la France d’aujourd’hui. Un racisme puant et auquel le qualificatif de franchouillard que souvent nous lui accolons est un doux euphémisme.

J’ai à l’esprit – et vous aussi certainement – d’autres exemples à ajouter à ceux, personnels et déjà trop nombreux, de «Monsieur Kessous» comme il a pris le parti de se présenter pour éviter, en disant son prénom, que ne se ferme une fois de plus la porte, et ce avant même qu’un regard soupçonneux ne vienne l’examiner au travers d’un judas. Le journaliste lyonnais du Monde termine son article en lettres lasses : «On dit de moi que je suis d’origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un «beurgeois», un enfant issu de l’immigration… Mais jamais un Français, Français tout court».

Je vous avoue qu’à côté de cela, les âneries de la Halde - cette Haute Autorité chargée de lutter contre la discrimination - fustigeant les manuels scolaires parce qu’ils «véhiculent une image très négative des séniors», paraissent un brin dérisoire. D’autant que la HALDE appuie son éclatante démonstration sur ce beau poème de Ronsard «Mignonne allons voir si la rose» !... Les sages (?) de la HALDE ne contribuerait-ils pas eux aussi, par leur gâtisme intellectuel, à propager une image très négative de ceux que l’on appelle les séniors dans la novlangue?

Tout aussi tiédasse, la rédaction de l’une des questions soumises au vote des militants du PS le 1er octobre prochain à propos de la diversité. Pour contribuer «à une meilleure représentation des diversités de la société française», le rédacteur explique qu’il s’agit de viser «l’accès aux responsabilités de militants issus de l’immigration, d’ouvriers, d’agriculteurs, d’employés du secteur privé…». Mettre cela sous l’intitulé « diversité » c’est plutôt fadasse. À force de vouloir toujours faire une synthèse genre grand écart, on se déchire les membres ou on se noie dans le soap opéra. Quant à prendre les employés du secteur privé (contrairement à ce qu’affirme la vulgate droitière, ils sont nombreux au PS) comme mesure de la diversité !?...

L’autre soir, un camarade noir m’a demandé : «Et on en voit combien des comme moi aux manettes nationales de la République ou du PS ?». J’ai vraiment eu du mal à lui répondre que nous étions en train de changer. Il a maintenant quelques boucles blanches et serrées sur les tempes, c’est un sénior comme moi.

J’ai envie de pasticher le poète :

Donc, si m’en croyez, camarades

Tandis que les partis paradent

En leur plus triste forteresse,

Forcez, forcez notre demande :

Arrachons-les à leur prébende

Car les ans passent et le temps presse.

 

Jean-Paul Schmitt

04/07/2009

Nostalgie

Nous le savons tous depuis que le Nouvel Observateur de la semaine vient de mettre la main à la pâte, le nouveau Nicolas Sarkozy est arrivé. Exit le "bling bling", le Fouquet's, les résidences estivales américaines, Rolex et gourmettes. Notre président n'est plus le même, "nouvel âge de la démocratie" (sic!) oblige.

Avant que ne s'estompe dans nos pauvres mémoires le Sarkozy ancien, voici le fameux "clip qui déchire" largement relayé et plébiscité sur le net. Séquence nostalgie.



Lyon, le 4 juillet 2009.

20/05/2009

Posture

36330a-francois_bayrou_denonce_l_abus_de_pouvoir.jpgLe livre de François Bayrou, « Abus de pouvoir », est un livre politique et comme tous ceux du genre il dénonce beaucoup et propose peu ; encore que ! Il faut, en effet, lui reconnaître quelques mérites.

Tout d’abord l’homme se trouve là une posture, celle d’un défenseur des valeurs humanistes qui frise parfois l’analyse de classe comme on aurait dit dans les années 70. Certes il n’est pas question pour moi d’être naïf ; en s’appropriant le créneau des fondements de la république : liberté, égalité, fraternité le président du Modem se cherche une base suffisamment large pour poursuivre son seul objectif avoué : la présidentielle de 2012. Mais il faut lui reconnaître qu’il le fait avec un certain talent. Car, contrairement à beaucoup de commentaires qu’il a suscité son ouvrage n’est pas un pamphlet anti-sarkoziste primaire.

Il réussit, en effet, à brosser un portrait pertinent du locataire de l’Elysée et surtout de mettre en perspective ses intentions profondes et les objectifs qu’il se donne pour le pays. Et il argumente autour de la proposition selon laquelle : « le président de la république a un plan. Il conduit la France là où elle a toujours refusé d’aller. L’abandon du modèle républicain, le culte de l’argent, le choix d’une société d’inégalités, le renoncement à ce qui faisait la force et l’originalité de la France dans le monde. » Et pour cela, selon Bayrou, Nicolas Sarkozy a  eu pour inspiration le mouvement néoconservateur américain version Bush qui a décidé de bâtir sa victoire sur le noyau dur de son électorat, la droite dure religieuse américaine, la droite qui soutenait la guerre en Irak. Modèle que les américains ont aujourd’hui rejeté. Et pour s’attacher le noyau dur de la droite française Sarkozy va jusqu’à le reconstituer en suscitant des polémiques pour opposer les français sur tous les sujets potentiellement explosifs.

De plus François Bayrou décortique, comme l’avait fait dans un livre également Ségolène Royal, la méthode et les astuces de Sarko pour arriver à ses fins. Ce livre, en fait, tape juste et il n’est pas étonnant qu’il ait déclenché l’ire des roquets du président comme celle des leaders de gauche d’ailleurs. Il est à ce propos dommage que ce soit un centriste qui occupe ce créneau qui s’apparente parfois à du Besancenot, l’esprit de responsabilité en plus. Me voilà pas converti au Modem pour autant d’autant que connaissant bien certains de ses acteurs locaux je ne sui pas persuadé qu’ils se retrouvent dans ce texte, mais je reconnais à son président une capacité à porter un regard éclairé sur l’état de la France et à proposer quelques pistes pour en sortir. Ce chapitre final n’est pas le plus étayé mais il pose les bases d’un rassemblement pour demain dont la gauche aurait tort de se moquer. Bayrou, en effet, n’écrit pas les premières lignes d’un programme commun mais trace les contours d’un rassemblement qui pourrait bien être celui du deuxième tour de 2012.

Philippe Dibilio

22/02/2007

Arméniens mes amis. Arménie mon amie.

medium_Perben.jpg

C’est fou ce que Dominique Perben peut aimer l’Arménie depuis quelques temps. Lundi soir il était à Paris au dîner annuel du CCAF (Conseil de Coordination des organisations arméniennes de France). Il représentait Jacques Chirac. Sur son blog, Dominique Perben parle bien entendu d’une « soirée chaleureuse et émouvante » car pour Dominique Perben il faut savoir que les rencontres avec nos amis arméniens sont toujours « émouvantes ». C’est curieux car me concernant, au fil de mes nombreuses rencontres et soirées avec nos amis arméniens, ce n’est pas systématiquement l’émotion qui nous submerge. C’est parfois « drôle », « sympa », bref tout simplement des soirées entre amis.

Quelques lignes plus bas notre blogueur-né rappelle qu’il accompagnait il y a quelques mois le même Chirac lors du voyage officiel du Président en République d’Arménie pour évoquer leur visite au mémorial de Erevan il parle d’un « moment très fort ». Ouf !

En vérité depuis la sinistre guerilla visant à s’opposer à l’édification d’un mémorial place Antonin Poncet on a l’impression qu’ils sont nombreux dans cette ville à sur-jouer leur amitié à l’égard de nos compatriotes d’origine arménienne, comme s’il s’agissait à quelques encablures des élections municipales de faire oublier quelques errances. (voir mon billet du 15 décembre 2006)

En fait, cet amour de Dominique Perben pour la cause arménienne me va droit au cœur et me satisfait mais certains de mes amis arméniens qui ont de la jugeote me demandaient l’autre jour ce qu’avait fait, pendant 3 longs mandats, dans sa bonne ville, le Maire de Châlon-sur-Saône, un certain Dominique Perben en matière de reconnaissance du génocide ou de coopération avec l’Arménie ? Allez savoir !

Lyon, le 22 février 2007. 

> Lire également l'ensemble des billets publiés sur le thème de l'Arménie

> Voir également la gallerie photos lors de ma dernière mission à Erevan en février 2007 

Arméniens mes amis. Arménie mon amie.

medium_Perben.jpg

C’est fou ce que Dominique Perben peut aimer l’Arménie depuis quelques temps. Lundi soir il était à Paris au dîner annuel du CCAF (Conseil de Coordination des organisations arméniennes de France). Il représentait Jacques Chirac. Sur son blog, Dominique Perben parle bien entendu d’une « soirée chaleureuse et émouvante » car pour Dominique Perben il faut savoir que les rencontres avec nos amis arméniens sont toujours « émouvantes ». C’est curieux car me concernant, au fil de mes nombreuses rencontres et soirées avec nos amis arméniens, ce n’est pas systématiquement l’émotion qui nous submerge. C’est parfois « drôle », « sympa », bref tout simplement des soirées entre amis.

Quelques lignes plus bas notre blogueur-né rappelle qu’il accompagnait il y a quelques mois le même Chirac lors du voyage officiel du Président en République d’Arménie pour évoquer leur visite au mémorial de Erevan il parle d’un « moment très fort ». Ouf !

En vérité depuis la sinistre guerilla visant à s’opposer à l’édification d’un mémorial place Antonin Poncet on a l’impression qu’ils sont nombreux dans cette ville à sur-jouer leur amitié à l’égard de nos compatriotes d’origine arménienne, comme s’il s’agissait à quelques encablures des élections municipales de faire oublier quelques errances. (voir mon billet du 15 décembre 2006)

En fait, cet amour de Dominique Perben pour la cause arménienne me va droit au cœur et me satisfait mais certains de mes amis arméniens qui ont de la jugeote me demandaient l’autre jour ce qu’avait fait, pendant 3 longs mandats, dans sa bonne ville, le Maire de Châlon-sur-Saône, un certain Dominique Perben en matière de reconnaissance du génocide ou de coopération avec l’Arménie ? Allez savoir !

Lyon, le 22 février 2007. 

> Lire également l'ensemble des billets publiés sur le thème de l'Arménie

> Voir également la gallerie photos lors de ma dernière mission à Erevan en février 2007 

14/02/2007

Neige et froid sur Erevan

medium_erevan2.jpgLa vie semble toujours aussi difficile ici et il n'est pas rare de voir des mendiants dans les rues. Les importateurs de 4x4 par contre doivent se porter à merveille.

Nous avons fait, avec l'Ambassadeur de France, le point sur la situation politique entre l'Arménie et la Turquie, suite à l'assassinat de Dink.

Manifestement peu de choses bougent et la République d’Arménie demeure prudente et expectative. Pour ce qui concerne la coopération entre nos deux villes, les encouragements de notre représentation diplomatique sont réels.

A demain malgré une liaison internet difficile.

Erevan, le 14 février 2007. 

 
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