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10/11/2009

L’Europe des métropoles

seapflags.jpgCe soir, en route pour Barcelone, pour participer en compagnie du Directeur de l’Agence d’Urbanisme, au séminaire sur les modèles de gouvernance métropolitaine en Europe. Chacun le sait cette question se pose sur l’ensemble du vieux continent et même si dans la funeste réforme territoriale imaginée par Nicolas Sarkozy cette question est le cadet des soucis des autorités gouvernementales françaises, constatons qu’à partir de demain à Barcelone, universitaires et élus venus de Catalogne, Londres, Paris, Turin et d’ailleurs s’efforceront, en partageant leurs analyses et expériences, d’étudier les points majeurs concernant les phénomènes de métropolisations sous les aspects institutionnels, économiques, d’aménagement et culturels.

Il s’agira pour nous, en décrivant l’obscur maquis institutionnel français d’expliquer à nos collègues européens en quoi la nouvelle aventure métropolitaine que nous initions, ici à Lyon, avec St-Etienne, le Nord Isère et le Pays Viennois, a vocation à changer la donne pour que L’Euro métropole lyonnaise se hisse au bon niveau en Europe. En effet, cet ensemble métropolitain que nous souhaitons multipolaire, se situe, pour l’heure, bien en deçà des grandes métropoles comme Barcelone, Manchester, Milan ou Francfort. Pourtant avec ses presque 3 millions d’habitants, dotée d’une armature urbaine forte, l’Euro Métropole lyonnaise peut légitimement prétendre intégrer le « club » des grands ensembles métropolitains dont les leaders sont Barcelone (4,8 millions d’habitants), Milan (3,9), Manchester (2,5) ou Francfort (2,5). Face à ces enjeux qui ne sont, loin s’en faut, pas uniquement démographiques, sur les plans de la cohérence de nos territoires, des facteurs aussi importants que le dynamisme économique et une culture partagée en matière de développement durable et d’aménagement, Lyon avec sa région urbaine a vocation à relever le défi métropolitain.

En attendant, pour notre territoire qui, je le rappelle est constitué de plus de 800 communes, 60 intercommunalités, 13 autorités organisatrices de transports et sur 6 départements, l’heure n’est pas à se lamenter sur l’existence des mille-feuilles à la française. Notre volonté de construire cette métropole multipolaire est bien plus forte que les résistances générées par ces découpages institutionnels. C’est ce que nous tenterons d’expliquer ces jours-ci à Barcelone en faisant valoir les premières pistes de nos réflexions communes.

Lyon, le 10 novembre 2009.

Photo: DR

11/11/2008

Le retour de Colbert

20080823_124911.jpgLa réforme de la carte des Chambres de Commerce et d’Industrie en France fait l’objet d’un très intéressant dossier dans le dernier numéro d’Acteurs de l’Economie. Un dossier qui nous révèle les nouvelles intentions centralisatrices de l’Etat qui est à la manœuvre tout en laissant le président national des CCI faire le travail. En voulant, en effet, calquer le nombre de CCI sur le nombre de régions administratives et en leur donnant des pouvoirs étendus, Sarkozy et son gouvernement réaffirment leur penchant jacobiniste. Un penchant que l’on sent poindre avec plus de persistance en ces temps de crise. Ainsi va la volonté du président de reprendre en main la vie de la finance et de l’économie avec des méthodes dignes de Colbert lui-même. En témoigne la récente convocation des préfets et des trésoriers payeurs généraux à l’Elysée en vue de les renvoyer sur le terrain avec des directives impératives dignes de celles du grand intendant de Louis XIV. Dans le monde consulaire régional s’opposent donc les tenants de la réforme nationale qui fait de chaque CCI régionale l’interlocuteur officiel et leur donne une main mise sur des antennes locales sans structures ni budgets autonomes. Ce qui en fait des entités dotées d’un statut supérieur à celui d’une préfecture de Région. Face à cela Guy Mathiolon, président de la CCI de Lyon, avec ses collègues de Saint-Etienne et de Roanne en particuliers, a lancé l’idée d’une CCI « métropolitaine » épousant le schéma de la Région Urbaine de Lyon (de Vienne à Villefranche, de Bourg à Bourgoin, Saint Etienne et Roanne) et qui s’intégrerait dans un processus régional. Et ce débat est essentiel car aujourd’hui les régions n’avanceront que fortes de métropoles rayonnant en Europe et dans le monde en s’adossant à un potentiel économique et humain suffisant. Dès lors la métropolisation des CCI mais aussi celle des institutions représente un enjeu vital y compris pour les régions elles même. Car, comme le dit Guy Mathiolon : « que serait la Catalogne sans Barcelone ? »Dans cette confrontation, et ce n’est pas la moindre des surprises, François Turcas se pose en défenseur du projet national qui, selon lui, s’inscrit dans la perspective d’évolution des régions voulue par le gouvernement. Outre l’ambiguïté de ce positionnement qui tourne à l’affrontement entre le président de la CGPME et l’un de ses adhérents emblématique placé à la présidence de la CCI par les soins de François Turcas lui-même il faut dire que ce dernier analyse mal la situation. Car ce débat ne fait que préfigurer celui qu’auront les politiques sur les futures institutions régionales et locales. La question sera la même quant il s’agira de rationaliser les relations entre le conseil régional, les conseils généraux et les communautés de communes. Alors s’il est peut être un peu fort de dire comme Guy Mathiolon qu’il s’agit : « d’un combat des visionnaires contre des réactionnaires » le sujet est bien de savoir si après deux lois de décentralisation arrêtées en chemin au nom d’un réflexe centralisateur, pour le coup réellement réactionnaire, on va cette fois aller jusqu’au bout de la logique qui veut que le fait régional ne peut être que multipolaire. Autrement dit, admettre qu’une métropole lyonnaise confortée ne peut pas nuire à l’institution régionale dont le rôle sera essentiellement fédérateur. Alors autant fédérer des territoires pertinents et dynamiques, autant respecter des atavismes historiques comme ceux des Savoie et du Dauphiné, en vivant ensemble dans le cadre d’un développement coordonné. Le chantier certes est vaste et il est heureux que le président de la CCI de Lyon l’ait entamé. Les politiques feraient bien de s’y mettre aussi car c’est à l’ordre du jour.

Philippe Dibilio.

Lyon, le 11 novembre 2008.

 
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