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10/04/2010

Sur les quais

Quai du polar.jpgL’Original, Quai du Polar, Les Nuits Sonores, Les Assises Internationales du Roman qui viennent de dévoiler la liste de leurs invités, les évènements culturels mis en place lors du premier mandat de Gérard Collomb sont presque tous sur le point d’atteindre l’âge de raison. S’installer dans la durée est à coup sûr un défi majeur largement relevé par les associations porteuses de tels évènements.

A cet égard « Quais du Polar », en toute gratuité, propose aux lyonnais de se réunir, tout un weekend, autour de la culture la plus noire de la littérature et du cinéma avec des plaisirs renouvelés d’année en année, une reconnaissance populaire et des milieux de l’édition jamais prise à défaut. Comme chaque mois d’avril « Quais du Polar » va donc mobiliser entre le Palais du Commerce (Chambre de commerce, Lyon 2ème), l’Institut Lumière ou l’Amphi de l’Opéra une partie de la fine fleur des auteurs de littérature noire, rendre hommage à Hammett ou s’intéresser aux tueurs en série. Expos, conférences, projections, rencontres, visites et débats vont donc s’enchaîner pendant ces deux jours sans que véritablement la criminalité n’augmente à Lyon même si l’énigme de l’assassinat de Simon Lepic en préoccupera plus d’un comme l’augmentation sérieuse des hold-ups dans la ville.

Quant aux invités, la totalité d’un nuancier complexe allant du noir au gris très foncé est convoqué par le gang de « Quais du Polar » puisque le money-maker Maxime Chattam croisera les stars internationales que sont Ian Rankin, Don Winslow, Deon Meyer peintre de l’après apartheid Sud-Africain ou le très attendu Craig Johnson. Derrière la figure quasi légendaire de Patrick Raynal, l’ancien boss de la série Noire, Lyon accueille cette année des valeurs sûres comme Viviane Moore, Dominique Manotti dont la dernière descente dans un commissariat devrait irriter Hortefeux, sans oublier Tanguy Viel et l’exquis Franck Thilliez légitime invité à vie de « Quais du Polar ». Si l’évènement lyonnais a toujours dans le passé tendu la perche à une littérature noire et latine venue d’Italie, de Catalogne ou d’Espagne, notons cette année avec Alexandra Marinina, Vladimir Kozlov et Boris Akounine l’arrivée du polar russe et des quasi-polaires Johan Theorin (Suède), Stefan Mani (Islande) ainsi que du danois Leif Davidsen.

Avec sa librairie de 3000 références, ses 30 rencontres et ses 50 auteurs invités ce « Quai du Polar » 2010 devrait nous faire froid dans le dos, froid comme l’affiche nickel-chrome conçue par Extra qui fonctionne comme une sorte d’hommage graphique à Hitchcock et au meilleur de Otto Preminger.

Quai du Polar, du 9 au 11 avril, Palais du Commerce (Lyon 2ème, métro Cordelier), programme détaillé sur le site www.quaisdupolar.com

Lyon, le 10 avril 2010.

27/03/2009

Iain Levison

petit boulot.jpgC’est ce soir que décolle l’édition 2009 de « Quais du Polar ». Tout au long de ces trois jours le festival lyonnais va accueillir écrivains et critiques par dizaines. Parmi les très nombreux invités de cette année, je ne vais rien dire de Jean-Christophe Grangé dont je n’ai rien lu mais plutôt quelques mots d’un auteur pour le moins cabossé et qui doit beaucoup au travail de son éditeur français, Liana Levi, au point que je ne suis pas très certain que Iain Levison, car c’est de lui dont il va être question, est actuellement édité aux Etats-Unis.

L’auteur, bien qu’Ecossais, a immigré en Amérique et ses « Tribulations d’un précaire » traduites en 2007 ont été une véritable révélation ici. Ce bouquin, sorte d’illustration de « travailler plus pour gagner moins » n’est, vous l’avez compris, pas du tout un roman mais plutôt l’itinéraire vraiment noir d’un Levison qui exerce, par dizaines, des petits boulots pour survivre. Telle est en vérité la vie de Iain Levison, celle d’un écrivain tour à tour charpentier, employé dans la restauration ou ambulancier. Pour revenir au roman, le premier de Levison, édité déjà chez Liana Levi en 2003, s’appelait « Un petit boulot ».

Sur fond d’Amérique sinistrée, l’auteur nous racontait le quotidien de Jake, un type qui ne possède plus rien mis à part quelques dettes. Fort heureusement, un beau jour, on va lui proposer la chose la plus nécessaire, un « petit boulot ». Le problème c’est que le job en question n’est pas très commun puisqu’il s’agit d’être tueur à gage. Je vous laisserais lire la suite.

« Tribulation d’un précaire », « Un petit boulot », si comme moi vous devenez mordu de ce Levison si acide et les yeux rivés sur le quotidien, vous dévorerez aussi « Une canaille et demie », roman cette fois-ci plus conforme aux règles du polar qui nous parle d’un personnage qui va accéder au crime après une erreur judiciaire. Suite à un braquage qui bien entendu devait être le dernier, Dixon, c’est le nom du héros, se retrouve en cavale. Lors de cette fuite il va rencontrer un petit prof et une nénette agent du FBI, bref de quoi s’interroger sur les canailles…

Iain Levison sera donc à « Quais du Polar », allez lui serrer une bonne pogne pour lui dire que nous l’aimons. Cela lui remontera peut-être le moral car, dès son retour, la vie devra continuer. Ambulancier ? Charpentier ? Serveur ?...

« Un petit boulot », Liana Levi, 8 euros

« Une canaille et demie », Liana Levi, 9 euros

« Tribulations d’un précaire », Liana Levi, 16 euros

Lyon, le 27 mars 2009

 

 

06/12/2008

Viva Villa

Quelques mots aujourd’hui pour faire état de ce qui se profile du côté de la Villa Gillet dans les prochaines semaines. Comme c’est la coutume, Guy Walter nous propose un programme « King size » avec dès le 11 décembre, en association avec le Festival Quais du Polar, une rencontre avec Alan Furst, le nouveau maître de l’intrigue et de l’espionnage. Animée par Joseph Macé-Scaron cette rencontre sera le prélude d’un festival qui devrait accueillir, fin mars, une flopée d’auteurs européens et américains. Pas trop le temps de reprendre son souffle puisque deux jours plus tard, le 13 décembre, c’est l’auteur de « Zone », Mathias Enard, qui fait le voyage de la Villa Gillet.

Le temps de récupérer des réveillons et le 12 janvier, Paul Auster dialoguera avec François Busnel du magazine « Lire », l’auteur New Yorkais ayant fait quelques heures plus tôt un détour par l’Hôtel de ville pour recevoir la médaille de la ville. Le 21, Pierre Rosanvallon sera au cœur d’une réflexion sur la démocratie suite à la publication au seuil d’un volet supplémentaire de son travail majeur sur la question. Avec Loïc Blondiaux, universitaire et esprit fécond en particulier sur les questions de démocratie participative il nous aidera probablement beaucoup à faire le tri dans nos pauvres esprits qui seront peut-être encore mal remis de la trêve des confiseurs.

Pour terminer en beauté ce premier mois de l’année nouvelle, le samedi 24 janvier, Mathieu Lindon que l’on nous annonce comme l’auteur d’un livre sur l’enfance et « ses petites histoires de rien » sera l’invité de la Villa pour une rencontre conduite par Francesca Isidori de France Culture. Il est donc grand temps d’acheter votre agenda 2009 et de bloquer ces quelques dates.

  • > Villa Gillet, 25 rue Chazière, Lyon 4ème arrondissement. Contact et réservations au 04 78 27 02 48. Informations sur www.villagillet.net

Lyon, le 6 décembre 2008.

03/12/2007

Kureishi, la bombe et le mot

d4c1bead883b193e1e0234a0e4b5542b.jpgDans l’excellente collection de poche « Titres», les éditions Christian Bourgois viennent d’avoir l’heureuse idée de regrouper quelques uns des textes de Hanif Kureishi autour de la problématique d’affrontement entre Orient et Occident.

Issus de tribunes au Guardian mais aussi d’extraits de textes déjà publiés en France comme « Black album », « Brad Ford », « Souvenirs et divagations » et « Des bleus à l’amour » ce recueil intitulé « Le mot et la bombe » met en lumière l’implacable réflexion que Kureishi développe depuis plus de vingt ans autour de son expérience de romancier et intellectuel anglais né d’un père Pakistanais et d’une mère Anglaise

« La plupart des auteurs que j’ai lus dans ma jeunesse se passionnaient pour l’Empire britannique et la question coloniale » écrit Kureishi dans l’avant propos. « Je voulais découvrir » poursuit l’auteur « des œuvres implantées en Angleterre, des œuvres qui m’aideraient à comprendre ma situation personnelle. Ma réalité, c’était le racisme, pas l’Empire. »

Tout au long de ce recueil, l’auteur prémonitoire (?) de « Black Album » et du « Bouddha de banlieue » scrute les tensions qui hantent et agitent l’Angleterre depuis presque trois décennies en s’interrogeant sur « ces bombes qui parlent désormais plus fort que les mots.» L’ensemble de l’œuvre de Kureishi est disponible chez Bourgeois, ce livre aussi pour 6 euros.

Puisque nous en sommes à parler littérature, mais cette fois dans un domaine assez éloigné de l’univers d’Hanif Kureishi, je vous rappelle que le 10 décembre à la Villa Gillet, « Quais du Polar » organise autour de l’auteur de l’auteur américain James Sallis, de l’Editeur et critique François Guérif et de l’universitaire Benoît Tadié, une table ronde sur le thème « Le Polar, une littérature et un cinéma made in USA ? » Réservations au 04 78 27 02 48 ou resa@villagillet.net

Lyon, le 3 décembre 2007.

 
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