Avertir le modérateur

13/06/2010

Cash Cash

prince-20080221-380012.jpgEn ce début d'été les festivals se multiplient, les artistes se croisent et se recroisent sans vraiment formuler de belles promesses. Machine à cash, ces rencontres estivales ne valent pas toujours le détour c'est pourquoi je propose aux plus nomades et parfois fortunés d'entre-vous une première sélection qui bien entendu n'engage que moi.

  • 3 juillet, The Specials effectuent leur grand retour sur la grande scène des eurokéennes et Pearl Jam est au Main Square d'Arras.

  • 4 juillet, Stevie Wonder est dans des arênes de Nîmes qui comme chaque année affichent les affiches sans véritablement se poser d'autres problèmes

  • 8 juillet, Sauzanne Vega partage le plateau des Nuits du sud (Vence) avec Yousou n' Dour sachez que vous pourrez applaudir la new-yorkaise d'autres fois cet été alors qu'Elvis Costello assure ce soir là son unique apparition française (Jazz à Vienne). A vous de choisir.

  • 9 juillet, Prince est au Main Square Festival d'Arras qui cette année plante le décor à la Citadelle. Ce très et trop cher Prince devrait faire pour l'occasion son seul tour de piste français.

  • 16 au 18 juillet, les éternels Mika, M, Doherty et Coeur de pirate qui écument la France cet été passent par Musilac, cela étant le festival d'Aix-les-Bains offre deux ou trois originalités qui méritent réflexion, Paul Weller, l'ancien Jam et Style Council nous revenant en forme. Les partisans du trip hippy croisé américana monteront également à Musiclac pour faire la fête à Devandra Banhart.
  • Paris ne rate pas la marche en particulier en matière de Jazz. Entre Paris Jazz Festival (12/6 au 1/08), Festival All Stards du New morning (1/07 au 6/08), la Défense Jazz Festival (18 au 27/6) et Festival Jazz à la Villette (31/8 au 12/9) il y a de quoi faire et en particulier Mike Sterne Band (19/07), Booker T (22/7), Roy Hargrove les 27 et 28 juillet.

  • 24 juillet, amis lyonnais c'est très chic d'aller applaudir Carmen Maria Vega au Festival Musiques et terrasses de Verdun.

  • 5/08, Allen Toussaint est à Marciac en compagnie de l'éternel Wynton Marsalis qui a son rond de serviette à la cantine du festival.

  • 6 au 7 août, les amateurs de musiques noires ne peuvent aller ailleurs qu'à Saint Nazaire puisque le festival « Les escales » accueille Georges Clinton et les moins rares Satif Keita, Femi Kuti et Rokia Traore. En face d'un terrible dilemme les aficionados de reggae sont quant à eux à Saint Sauveur en Gironde pour un « sun ska » qui accueillera Alpha Blondy, Steel pulse et de nombreux artistes dont les lyonnais de High Tone.

Partout ailleurs en Europe, l'offre des « grandes surfaces » musicales est particulièrement impressionnante à condition de supporter les univers concentrationnaires. En Allemagne on peut toujours se rendre à Wacken (Red Hot Chili Pepers), au Hurricane de Scessel (Strokes, LCD Sound system...). Jamais en reste la Belgique peut être fière du Dour Festival ou de la Fiesta du rock même si cette année les têtes d'affiches ne se bousculent pas. Le Roskilde Festival (Danemark) avec Prince, Gorillaz, Muse, Patti Smith fait la pige à tout le monde comme ses rivaux du sud avec « Benicassim » (Kazabian, Lily Allen et surtout Ray Davis). Enfin, n'oublions pas la perfide Albion qui aligne ses festivals comme des bons soldats (Wickerman festival, Guilford, Henham Park, Kinrors, Herefordshire et des dizaines d'autres) mais les grosses concentrations demeurent à l'Est avec « Gdynia » (Pologne), Ostrava (République Tchèque) et surtout Strijet. Pour terminer sur une note humaine, il est nécessaire de saluer nos voisins suisses et les lyonnais seront inspirés d'en faire leur premier choix avec Montreux (www.montreuxjazz.com) qui accueille Tori Amos, Pat Metheny, Ben Harper, Roxy music ainsi que Nyon (www.paleo.ch) avec Crosty, Still & Nash, NTM, Gaetan Roussel, etc.

Lyon, 13 juin 2010.

 

17/10/2009

Ce musiciens dont les fans sont des enfants

Il fallait être le dernier des paumés pour ne pas savoir que Prince était à Paris il y a quelques jours. Dans ce ramdam médiatique, j’imaginais même la détresse de l’auditeur moyen de RTL à qui, multipliant les auto-promotions, la chaîne de radio la plus populaire du pays expliquait sans cesse que Prince allait se produire dans l’un des studios de la rue Bayard. Au moins la moitié de l’auditoire de la station devait être angoissé à l’idée de savoir quel était donc ce Prince qui allait débouler entre « Les grosses têtes » et « On refait le match ».

Passons sur le cirque de notre « Love symbol » qui consiste à transformer les fans en enquêteurs stressés pour savoir dans quelle salle sa majesté va se produire et si un « after » est prévu. Passons aussi sur la tête du compte en banque de ces amoureux qui sont victimes de prélèvements confiscatoires puisque les passades tarifées de la star de la musique Funky les entraîne de Montreux à Paris via Monaco.

Dans une récente interview au Monde, Prince nous a encore joué le refrain du martyr victime des multinationales du disque et pour faire passer la pilule a indiqué à ses lecteurs son interprétation politique de son fort pénible sort. Que nous disait cet assez triste sire ? Qu’aux Etats-Unis, je cite, « Les médias sont contrôlés par l’Etat. On ne peut pas remettre l’Etat en question », l’artiste confirmant ainsi sa connaissance approximative de l’économie des médias dans son propre pays mais aussi les limites de sa rébellion. Notre politologue poursuivait son propos par un rapide rappel historique probablement inspiré par les meilleures pages du « Reader Digest ». « Il n’y a plus de musique politique depuis Woodstock » indiquait doctement cet inédit nouvel observateur de l’histoire de la musique américaine rajoutant illico, « et la grande époque de la musique soul engagée, née avec le mouvement des droits civiques. J’aurais aimé vivre à cette époque. Je n’ai pas eu cette chance ».

Une fois dit que Prince se trompe, que la musique politique continue d’exister des dizaines d’années après Woodstock et que les musiciens Soul actifs dans la lutte pour les droits civiques se comptent sur les doigts de la main, au lieu de pleurnicher sur ce manque de bol d’être né trop tard, Prince devrait plutôt passer à l’action.

A ce propos, puisque Prince s’imagine un avenir de musicien contestataire, le monde entier est toujours dans l’attente de son point de vue sur la guerre en Irak, Obama espère encore son appui pour les présidentielles, les femmes qui défendent le droit à l’avortement seraient probablement heureuses de le compter comme nombre d’autres artistes parmi les soutiens d’associations, etc.… Etant en ce samedi de plutôt bonne humeur, je préfère en rester là tout en disant à Prince qu’il est un superbe musicien mais que ses esbroufes commencent à nous casser les pieds.


Lyon, le 17 octobre 2009.
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu