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26/01/2010

Coup de Gueule

En se privant de 600.000 euros de publicité pour laisser une heure d’émission sans coupures à Sarkozy, TF1 ne lésine pas sur les moyens pour aider le Président à redresser la tête dans les sondages, ce qui ne veut pas dire dans le cœur des français. Cet exemple en dit long sur les liens qui unissent l’Elysée et les grands média à sa disposition. Que ce soit ceux du secteur privé lié par l’amitié et la connivence avec Sarko ou ceux du service public dont le PDG est désormais sous tutelle du chef de l’Etat, il est vrai à un très bon salaire (2 700 000 euros par an) Si l’on voulait d’ailleurs un exemple du soutien des média à la politique du pouvoir le débat sur l’identité nationale constitue un modèle du genre. Sans l’appui permanent de la presse, de la radio et de la télévision que serait devenue cette funeste initiative ? Une litanie de rencontres bon chic bon genre suivies par un public trié sur le volet et qui n’aurait intéressé personne. Mais le tapage médiatique a permis de relayer le souhait du gouvernement : faire renaître les vieux démons à la veille des élections régionales. L’étape lyonnaise a été significative de ce point de vue. A l’intérieur de la Préfecture quelques notables accompagnés de jeunes bien pensants, à l’extérieur un déploiement outrancier de forces de l’ordre qui ont laissé les manifestants se faire agresser par des nazillons qui eux avaient compris le sens de ce « débat »en se lâchant contre les immigrés. Certes depuis sa campagne présidentielle Sarkozy joue avec les média mais ce n’est pas une raison pour s’en habituer. Alors il est salutaire que des hommes politiques s’insurgent. Bien sûr la chaise vide de Vincent Peillon sur France 2 n’a pas le panache du « messieurs les censeurs bonsoir » de Maurice Clavel en son temps mais le député européen s’et rattrapé dans le Monde où il argumente sa position. Quant à François Bayrou il a bien fait de remettre en place cet indéboulonnable laudateur des politiques de droite qu’est J.P Elkabach. Ces situations démontrent en tout cas que le chantier de la liberté et de l’indépendance de la presse tout comme celui de la lutte contre les abus du pouvoir sur ce terrain reste ouvert et mérite des actions plus suivies.

Philippe Dibilio

26/09/2009

Numéro deux

couv1.jpgLes lecteurs du « Coup de grâce » pris d’un estival « chi-chi » en feuilletant du bout des doigts le premier numéro de la nouvelle revue culturelle lyonnaise, devraient être rassurés en lisant cette deuxième livraison qui tirée à « trois «  épingles (saisir, découvrir, choisir) est une réussite. Longuement consacré aux arts plastiques, dixième édition de la biennale lyonnaise oblige, ce deuxième opus du « Coup de grâce » ne se cloître pas pour autant dans la presqu’île puisque l’équipe de Guillaume Tanhia nous propose d’aller jeter un coup d’œil vers la Duchère, St Etienne en interviewant entre autre Françoise Goubert et surtout une randonnée valentinoise opportune sans oublier de petites escales en pays viennois, à Roanne et à St Julien Molin-Molette.

Moins métropolitain, plus exotique mais tout aussi intéressant, c’est du côté de Tokyo que nous entraîne Nino d’Introna, le patron du « Théâtre Nouvelle Génération », façon d’ouvrir la voie à Margot Carrière de « La Belle Zanka », qui, quant à elle, raconte son premier voyage à Yokohama.

« Le Coup de Grâce » c’est 170 pages, alors ne comptez pas sur moi pour vous décrire en détail le menu de ce numéro de rentrée qui évoque aussi la rencontre de Gallotta et Bashung, Thierry Raspail dans le texte et plus de vingt-pages de portfolio. Après en avoir terminé avec son dictionnaire de Lyon, ce deuxième numéro marque aussi la rentrée de Patrice Béghain qui titulaire d’une chronique, cette fois-ci consacrée à l’offensive des bigots à l’égard de l’Art Contemporain, évoque aussi Tiepolo et plus particulièrement l’ouvrage de Roberto Calasso dans les pages désignées sous le curieux vocable de « l’industrie culturelle » et surtout les époux Pontié et leur vin de Cahors. De quoi peut-être nous laisser espérer, dans le numéro trois, une rubrique sur l’art des jardins confiée à l’excellent ancien Adjoint à la Culture ?

Comme l’indique Guillaume Tanhia dans un édito intitulé « Baise-moi », le premier numéro mis en vente au début de l’été, « fut une réussite financière ». N’allez surtout pas en tirer comme conclusion que notre homme roule désormais en rolls et s’habille chez Zili. Vous le savez éditer une pareille revue est une gageure financière. S’y abonner est donc un geste de soutien utile, fort et agréable.

Lyon, le 26 septembre 2009

22/09/2009

Une solitude active

nouveau Site Desirs d'avenir.jpgLe terrain avait été bien préparé, toute la semaine dernière la presse, dans une unanimité suspecte, n’en avait que pour la solitude de Ségolène Royal. Et de broder sur le départ de ses proches et de certains adhérents de Désirs d’Avenir. Et pour ne pas lâcher le filon de la vie privée, on pointait l’incursion de son compagnon dans son action politique. Pensez donc un homme nouveau qui ne fait pas parti du sérail ; si maintenant tout le monde peut faire de politique où va-t-on ? Et puis le monsieur est intervenu dans le relooking du site internet, c’est son métier mais tout de même. D’ailleurs il est bien évidemment raté ce nouveau site et pour s’en convaincre on convoque les internautes dont on sait qu’ils représentent le meilleur ou le pire de l’expression démocratique. En l’occurrence le pire était le bien venu. Enfin l’Express est allé jusqu’à se lancer dans une rocambolesque histoire de facture adressée à Pierre Bergé ce qui aurait amené le célèbre mécène à s’éloigner à son tour. C’est totalement faux et démenti par l’ intéressé qui, au contraire a affiché une solidarité sans faille à Ségolène.

Ce tir de barrage est une nouvelle fois intervenu à la veille d’une initiative de l’ex et toujours candidate à l’élection présidentielle : la deuxième édition de la fête de la Fraternité. La pratique est connue mais elle est systématiquement réservée à Ségolène Royal. Pourtant la fête a eu lieu et dans sa solitude au milieu de 3000 personnes la femme seule a, une fois de plus tenu des propos que l’on aimerait voir repris ailleurs mais pour les connaître il faudra aller sur le site de Désirs d’Avenir car la presse elle n’a pas dû les entendre. Le seul passage retenu aura été celui concernant la naissance d’un mouvement de dépassement du PS. Position stratégique de la présidente de Poitou-Charente que l’on peut comprendre quand on voit l’attitude de son propre parti à son égard.

De cette semaine d’acharnement je retiendrai deux choses : Ségolène est toujours là, debout et combative ; d’autre part elle fait toujours peur, en particuliers à Nicolas Sarkozy. Aux leaders socialistes qui dénoncent avec raison l’emprise du président sur les média et son don de les manipuler je dirai simplement ceci. Si Ségolène reste la cible favorite c’est qu’elle représente pour lui le principal danger. En effet elle est la seule déjà positionnée dans la course à 2012, elle a derrière elle l’acquis d’une présence au deuxième tour et le score qui va avec et elle est toujours là debout combattante avec un discours sans cesse étouffé mais beaucoup plus solide que les zig zag de la politique d’un Sarkozy qui ne se gêne pas de puiser dans les idées de Ségo et de la gauche pour nourrir sa démagogie.

Alors que les choses soient dites elle est pour la gauche la meilleure candidate pour 2012. Ce ne sont pas ceux qu’elle a devancé en interne la fois précédente qui peuvent prétendre revenir en deuxième semaine : Fabius est grillé quant à DSK son pantouflage dans la finance offert par Sarko ne le met pas en meilleure situation pour parler au nom de la France qui souffre. Il reste les quadra qui n’en sont plus car tous tournent autour des cinquante ans et plus et talonnent ainsi Ségolène en terme d’âge, aucun n’a aujourd’hui la stature. Aussi la logique voudrait que tirant les leçons des fourberies de 2007 chacun s’inscrive dans un débat loyal et enrichissant avec elle pour aller ensuite au combat ensemble.

Voilà une situation qui créerait une meilleure dynamique pour affronter la politique du pouvoir en place et faire éclore des propositions gagnantes. Sortir de ce schéma c’est faire cadeau de la victoire à la droite, c’est une analyse de bon sens que le peuple de gauche risque de faire plus vite que les appareils.

Philippe Dibilio

Illustration: DR. Impression écran.

07/09/2009

Bruit noble

Concert Kieffer.jpgAu moment ou la « Françafrique » s’invite, après l’élection de Ali Bongo, une fois de plus dans l’actualité, je voudrais rappeler le sort du journaliste Guy-André Kieffer enlevé le 16 avril 2004 à Abidjan, ville dans laquelle il faisait son travail comme journaliste spécialisé dans les matières premières.

Depuis cette date, sa famille et ses amis sont sans nouvelle de lui. Malgré le silence « assourdissant » qui entoure ce dossier, malgré les obstacles qui se dressent, les magistrats français continuent leur travail. L’implication de personnalités importantes de la Côte d’Ivoire est une chose établie et, comme le rappelle « Le comité lyonnais de soutien aux journalistes disparus » je cite, « de lourdes présomptions pèsent sur les commanditaires présumés et les exécutants probables de ce qui ressemble fort à un crime d’Etat ».

Pour que toute la lumière puisse être faite sur la disparition de Guy-André Kieffer il convient, selon l’expression du père de Florence Aubenas qui était alors otage, de « faire du bruit noble ».

Les parents et amis de Guy-André Kieffer continuent donc, avec l’aide du Comité de soutien de faire « ce bruit noble » si nécessaire à l’expression de la vérité. Ils organisent le 3 octobre 2009 à l’abbaye d’Ainay dans le 2ème arrondissement « un concert pour la vérité sur la disparition du journaliste disparu ». Retenez votre soirée pour « faire ce bruit noble ».

Contact : Club de la presse de Lyon, 04 78 37 75 45 et www.clubpresse.com. Locations FNAC ou sur www.fnac.com

Lyon, le 7 septembre 2009.

14/08/2009

P comme « Presse »

P 2.jpgComme je le suggérais il y a huit jours, l’année qui s’annonce risque d’être à haut risque pour Libération. Au cas, que je n’ose envisager, ou sa nouvelle maquette prévue d’ici quelques mois s’avérait un coup d’épée dans l’eau, l’avenir du quotidien pourrait s’annoncer noir.

Côté hebdos, l’avenir est également incertain. Avec les Inrockuptibles, si l’arrivée de Bernard Zekri (Actuel et Canal+) offre quelques garanties sur le plan rédactionnel, il convient de ne pas oublier que Pigasse, sympathique banquier de gauche chez Lazard Europe, en prenant en main les destins financiers de l’hebdo culturel risque de se trouver dans l’obligation d’orienter le titre vers des contrées plus markétées. Avec Télérama, en proie aux visées de Lagardère, l’enjeu est encore plus décisif et l’indépendance de la rédaction une interrogation. Si l’on ajoute à cela la curieuse trajectoire que le Sarko-compatible Olivennes est entrain de faire prendre au Nouvel Observateur, avouez qu’il y a de quoi être inquiet en particulier après la publication d’une interview du Président de la République concoctée par la direction de l’hebdomadaire en tenant à distance la rédaction.

Plus généralement, quand on ajoute aux problèmes économiques cette tendance néfaste de recentrage d’une partie de la presse, on retrouve en permanence l’ombre d’un Sarkozy et parfois d’une Carla « de gauche » Bruni servant de passerelle. La publicité institutionnelle de l’Etat Sarkozyen arrose depuis quelques temps de façon pas toujours parcimonieuse de nombreux titres au point que rares sont les lecteurs de dizaines de publications à être ignorants des affaires de l’année de terre ou de certains effets des politiques gouvernementales.

Ici à Lyon la raréfaction ou les difficultés de certains titres dans la période la plus récente demeurent des problèmes. Les disparitions successives de « Lyon Figaro », de la page lyonnaise du Monde. Le retrait de quelques radios nationales, les difficultés de TLM, les mésaventures de « Lyon Mag » ne peuvent que rendre inquiet.

Certains, en toute cordialité, m’ont fait le reproche de soutenir, face aux menées du propriétaire du Groupe Fiducial, l’équipe de « Lyon Mag ». Ceux là, persuadés par ailleurs que ma démarche est bien naïve, admettent que mon soutien à « Lyon Mag » serait identique à l’égard de tout autre titre dans la difficulté.

Il n’empêche, constatant comme chacun, qu’un magazine comme « Lyon Capitale », affiche comme une médaille son refus d’accueillir désormais de la publicité des collectivités tout en s’abstenant de nous en dire plus sur ses comptes et son actionnariat, est un problème.

Profitons de cet été pour acheter et lire la presse écrite. C’est le plus sûr soutien que nous pouvons lui apporter. Depuis quelques temps sur ce blog je me suis autorisé à mettre en lien la plupart des titres de la presse lyonnaise, allez-donc les visiter. Pour se quitter sur une note agréable, n’oubliez pas de vous procurer « Le coup de grâce », de vous y abonner. En pareil contexte, se lancer dans une telle aventure est une telle folie que c’est un acte quasi citoyen que d’aider cette nouvelle revue à s’imposer.

Lyon, le 14 août 2009.

 

06/08/2009

L comme « Libé »

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L’année qui vient nous en dira plus sur la nouvelle maquette de Libé dont nous avions pu voir quelques essais lors de la soirée organisée par l’Association des Lecteurs le 9 juin dernier à l’amphi de l’opéra de Lyon. Une année qui sera probablement également marquée par un nouveau site à l’accès payant. En attendant d’en savoir plus sur ce nouveau dispositif destiné à assurer la pérennité du quotidien cher à nos cœurs, Libération organise à la rentrée un forum à Lyon intitulé « L’Europe, vingt ans après la chute du mur ».

Vingt ans après la chute de l’Empire, alors que la crise mondiale démultiplie problèmes et interrogations, « Libération » et « La Republica » entendent, avec ce forum, favoriser le débat pour qu’idées neuves et voix les plus diverses contribuent à un nécessaire débat. Comme à son habitude Libé ouvrira ce forum aux sensibilités les plus diverses puisque Lech Walesa pourra y côtoyer le Général aux lunettes noires, Jaruzelski, ainsi qu’une kyrielle de participants venus d’Europe de l’Est (Michnik, Mazowiecki …), d’Italie avec Umberto Eco, Walter Veltroni ou Gianfranco Fini. Coté France la présence d’Edgar Morin, Marcel Gauchet, Guy Sorman ou la pubarde Mercèdes Era ne peut que donner l’eau à la bouche ce d’autant qu’en invitant les syndicalistes François Chérèque et Bernard Thibault et quelques voix de leur maître (Henri Guaino, Raymond Soubie) Libé nous assure quelques confrontations, espérons-le constructives.

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Les « politiques » ne seront par absents de ce forum puisque Jacques Delors, Daniel Cohn-Bendit, François Hollande, Alain Juppé, François Bayrou devraient faire le voyage de Lyon en compagnie des « baby-Sarko » que sont Rama Yade, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Valérie Pécresse.

Les inscriptions à ce forum lyonnais devraient s’ouvrir début septembre. A vos agendas.

  • Forum Libération, « L’Europe, vingt ans après la chute du mur », les 18, 19 et 20 septembre 2009, Hôtel de Ville et Opéra de Lyon.

Amsterdam, le 6 août 2009.

29/05/2009

Pousse mousse, on presse et ça mousse

suite hotel.jpgMême si c'est le privilège des "petits", il n'empêche que la chronique hebdomadaire de Nelly Kaprielan dans les Inrockuptibles est en général tout sauf de l'eau tiède. Celle de la semaine intitulée "Objectif pub", frappe fort et dit tout haut ce que nous constatons tous dans notre coin. Que dit l'incorruptible inrockuptible ? Que chacun à leur manière, Franz-Olivier Giesbert (Le Point), Jean Daniel (le Nouvel observateur) bénéficient, à l'occasion de la sortie de leur énième bouquin, d'une couverture hors norme et d'une complaisance presque généralisée et grossière qui malheureusement est habituelle. Mieux la journaliste se demande comment des personnalités aussi "bookées" en arrivent à trouver le temps d'écrire des "bouquins". Pire pourquoi de tels auteurs ne rougissent pas de honte en se mettant en valeur dans leurs hebdos respectifs. L'un dialoguant avec un écrivain connu, l'autre se faisant tresser des lauriers par un collaborateur de sa propre publication.

En mettant ainsi les pieds dans le plat Nelly Kaprielan ne pouvait pourtant dénoncer une chose probablement encore plus étonnante, à savoir un papier de Bertrand de Saint Vincent apparu mardi dans Le Figaro c'est à dire quelques jours après la sortie des Inrockuptibles. On savait nombre de journalistes enclins à renvoyer l'ascenseur suite à quelques douceurs, autrement dit à avoir la reconnaissance du ventre, mais avec Bertrand de Saint-Vincent on dépasse les espérances les plus folles de nombre d'annonceurs. Son éditorial du cahier "Le Figaro et vous" sobrement titré "Sur invitation" on ne fait rien moins que raconter par "le menu" un week-end à Malte manifestement payé par Moët Hennessy.

On connaissait le journalisme "Relais et châteaux", les journalistes "relais du château", avec le Figaro on vient d'inventer "la vie de château" puisque, et j'ose espérer que c'était de la part de Bertrand de Saint Vincent un pari arrosé avec des confrères, on décrit avec "luxe" de détails les délices et les charmes de l'hospitalité maltaise.

Avec Bertrand de Saint Vincent un nouveau genre, le "gonzo journalisme mondain" est après tout peut être né ?

Lyon, le 29 mai 2009.

12/01/2009

Le dernier numéro ?

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« Le dernier numéro ? ». Telle est l’accroche de la « Une du mensuel Lyon Mag paru samedi et qui risque, même si le point d’interrogation nous laisse un infime espoir, d’être le dernier d’une série étalée sur quatorze ans.

Je suis revenu très souvent sur ce blog sur le bras de fer entre Christian Latouche et l’équipe de Lyon Mag toujours pour m’indigner des agissements du patron de Fiducial plus préoccupé par l’assassinat en règle d’un titre que par sa reprise. Aujourd’hui la messe semble dite car ce Monsieur Latouche ne souhaite manifestement pas faire face à ses obligations et assumer ses responsabilités de nouveau tycoon de la presse lyonnaise, notre homme étant déjà propriétaire de Lyon Capitale.

Il convient de dire que la chose est scandaleuse car en refusant, comme le dit Maître François Saint-Pierre dans Lyon Mag, d’ "assurer l’avenir ", le comportement de Christian Latouche « semble être une entrave à la liberté de la presse » et une atteinte au « droit de chaque Lyonnais à une information plurielle ».

Sauf à nous convaincre qu’un magazine d’information est un produit semblable à une barre chocolatée ou un T-shirt, il est parfaitement révoltant de constater qu’au-delà de la grosse vingtaine de licenciements qui se profilent, un actionnaire au terme d’une guérilla juridique inlassable refuse de s’intéresser au sort d’un entreprise de presse dont il est le propriétaire.

Quant à nous, le Lyon Mag que nous défendons c’est celui de son actuelle rédaction et comme le précise également Maître Saint-Pierre si ce titre renaissait « de ses cendres sous une autre forme », c’est bien entendu celui-là qui aurait notre soutien, question de principe, question de liberté aussi.

> Lyon Mag, Edition spéciale, n° 187 –Janvier 2009 en vente dans les kiosques (2,00 Euros)

Lyon, le 12 janvier 2009.

01/12/2008

Chasseurs de canard

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Le « Canard Enchaîné » est depuis la parution de l’enquête de Karl Laske (Libération) et Laurent Valdiguié (Paris Match) au centre d’une polémique allumée par l’Express. « Libération », « Paris Match », « l’Express » : cherchez l’intrus ! Que reprochent en vérité nos deux auteurs à l’hebdomadaire quasi centenaire ? Tout d’abord des liens supposés avec l’Elysée, en particulier avec Pierre Charon, le Conseiller du Président qui serait le grand-inspirateur de la fort moyenne rubrique « Le journal de Carla B » et Brice Hortefeux, l’ami proche du Président. Ensuite le tas d’or que représente le Canard avec sa réserve de 90 millions d’euros. Enfin le collaborationnisme de Robert Gaillard, le père de l’actuel patron du Canard.

Soyons clairs, même si je pense que le Canard Enchaîné est un journal indispensable, je ne goûte que très rarement son humour balourd et « old school ». Nul affect donc entre le lecteur occasionnel que je suis et l’hebdo satyrique du mercredi contrairement aux 500 000 lecteurs qui se précipitent avec avidité chaque semaine vers leur kiosque pour acheter ce titre. Mieux, lecteur fidèle de Libération, j’ai un grand respect pour le travail de Laske. Malgré tout cela je m’étonne, ou plutôt m’attriste, de la sortie de ce bouquin. Parmi les reproches formulés par Laske et Valdiguié, un seul me semble mériter, probablement pas un livre mais au moins un article (pourquoi pas dans Libé ?) au sujet de l’épisode Charon / Carla Bruni / Le Canard.

Pour le reste, on peut toujours exiger la publication des comptes du Canard mais il n’y a pas de quoi casser la moindre patte à un canard.

Passons sur l’article de Libé de jeudi dernier qui atteste qu’en la matière le quotidien a plutôt « le cul entre deux chaises ». Ce qui me choque avant tout dans cette affaire, c’est qu’un journaliste de Paris Match puisse se lancer dans une telle entreprise sachant que le dit hebdomadaire mériterait à lui seul l’investigation du dit Valdiguié. En effet entre le licenciement de son ex-patron « coupable » d’avoir publié une photo de l’ex de Sarko à la « une », la liquidation des bourrelets présidentiels sur une photo estivale et les diverses manipulations d’images dont le magazine est l’auteur, souvenons-nous de la « une » avec Caroline de Monaco, avouons que ce bon Valdiguié dispose, à proximité de son bureau, de nombreuses opportunités pour faire valoir ses talents d’investigation et pourquoi pas de produire un livre sur Paris Match et Lagardère.

> Karl Laske et Laurent Valdiguié, « Le vrai canard », Stock.

Lyon, le 1er décembre 2008.

23/10/2008

Esprits libres

Il est temps que je parle de la nouvelle formule mensuelle de « Lyon Capitale » puisque octobre va bientôt toucher à sa fin. Par ailleurs j’avais promis à quelqu’un de l’équipe de Lyon Cap de dire sur ce blog « tout le bien » ou « tout le mal » que je pensais du nouveau né. Allons-y !

Je ne sais pas si le bébé se porte bien, entendez par là de savoir si ses parents adoptifs seront en capacité de subvenir à ses besoins, mais je dois dire avec plaisir que le nouveau rejeton de la famille « Lyon Capitale » est un beau bébé, bien blond comme dans la publicité, avec sa bonne mine, un brin de surpoids, mais malgré quelques traits de caractère qui semblent congénitaux, un bambin qui fait plaisir à voir et donc à parcourir.

A lire certains articles, et c’est après tout bien normal, on pourra s’étouffer ou pouffer de rire notamment en lisant les propos de cet économiste qui, citant d’entrée Engels, taille un costard à la cité lyonnaise accusée d’usurper un titre de « cité internationale ».

Venant d’un professeur d’Université je dois vous confier que le coup est rude, sûrement pas bas, juste rude. D’ailleurs Lyon Capitale new look donne dans sa nouvelle formule largement la parole aux experts, thésards, autorités et personnalités les plus diverses. C’est après tout peut-être cela qui correspond aux propos du Directeur des Esprits libres, « pas de journalisme prêchi-prêcha fabriquant du prêt-à-penser, pas d’articles moralisateurs et donneurs de leçons ». Si demain les journalistes de Lyon Capitale avaient donc des douleurs au poignet cela serait peut-être plus le fait de tenir un micro qu’un stylo ? Nous verrons.

A propos du nouveau Directeur qui convoque pour l’occasion Victor Hugo et Abe Rosenthal, le boss du New York Times, je veux dire, mais c’est peut-être le fruit d’un bouclage stressant, qu’il aurait été opportun d’expliquer les épisodes manquants au lecteur entre l’ancienne formule hebdomadaire et la nouvelle mensuelle. De nous confier, pas nécessairement dans le détail, mais de nous confier tout de même quelques éléments sur le nouveau repreneur et ses perspectives. Tel sera probablement le sens de l’édito du numéro 672, sachant par ailleurs que pour une fois, Lyon Capitale n’a pas décidé de mettre la photo de son repreneur à la une. C’est déjà un signe de changement.

Beau mensuel, site internet qui percute non sans franchir parfois dangereusement la ligne jaune, critique élogieuse du dernier album de Calexico et pages sur Tanger qui, pour moi qui suis ce matin au Havre, fleurent bon l’exotisme, je dois vous dire qu’en apprenant que Lyon Capitale entendait être « indépendant », « fidèle à son concept de démocratie directe », initiateur de débats et du « partage de l’information » une formule s’impose, »Elle est pas belle la vie ? ».

  • > « Lyon Capitale », mensuel, 3 euros en kiosque.

Le Havre, le 23 octobre 2008

26/09/2008

Flytox

carre_lamouche_3.gifComme à son habitude, avec sa fougue, le patron et éditorialiste de Lyon Mag, Philippe Brunet-Lecomte, ne fait pas dans la retenue en publiant ces jours-ci, « La mouche », une sorte de journal destiné à rendre compte de « l’année de galère » qu’il vient de connaître. Vous vous en doutez, l’ouvrage est pour l’essentiel centré sur les agissements de ce Monsieur Latouche, PDG de Fiducial, qui désire croquer le magazine lyonnais sans jamais comprendre que la force d’un titre de presse c’est sa rédaction, celle de Lyon Mag étant disposée à résister.

D’entrée, Brunet-Lecomte nous explique les limites qu’il fixe à ses propos. Ici pas question « d’objectivité ». L’auteur n’hésitant pas à admettre que les siens peuvent engendrer de « l’injustice », une « totale absence de prudence » et parfois même du déraisonnable. Ce bouquin tonique et enlevé, chapitré de manière nerveuse, est un réquisitoire contre celui que l’équipe de Lyon Mag appelle « La Mouche » désignant ainsi le PDG de Fiducial accusé de tourner autour du mensuel lyonnais depuis des mois.

Cela étant Philippe Brunet-Lecomte s’évade aussi au fil des pages vers des jardins plus personnels parlant avec une certaine affection de sa rédaction et plus particulièrement des deux piliers que sont Lionel Favrot et Thomas Nardone. Il évoque aussi ses rencontres, ses amis et ses « ennemis », sa famille, ses avocats mais aussi maintes institutions et personnalités lyonnaises. Sorte d’objet littéraire pas totalement identifiable, à mi-chemin du journal et de la chronique, tantôt mouvement d’humeur, tantôt analyse journalistique froide et réaliste, cette « Mouche » a le mérite de faire le point sur cette année « horibilis » mais aussi d’inviter le lecteur à trabouler dans la vie publique lyonnaise. Ceux qui dévorent le blog de l’auteur et ses éditos à la hussarde retrouveront un Philippe Brunet-Lecomte offensif, ceux qui craignent au contraire ses envolées héroïques auront la possibilité de découvrir un auteur toujours aussi en verve mais parfois apaisé. C’est probablement là l’immense avantage des livres. Celui-ci est théoriquement disponible dans le réseau des diffuseurs de presse. N’hésitez pas tout de même à informer votre kiosque ou maison de la presse préféré de la parution de cette « Mouche » pas toujours disponible en rayon.

Lyon, le 26 septembre 2008.

21/09/2008

Presse qui mousse

kiosque.jpgIl m’est toujours fort agréable d’être cité par Gérard Angel dans les colonnes des potins. Pour ne pas se méprendre, je veux tout de même indiquer que, contrairement à d’autres, l’idée de ne pas figurer pendant quelques semaines dans cette excellente publication ne m’est absolument pas insupportable. Cette semaine je fais donc un fort modeste come-back puisque Gérard Angel laisse supposer que j’avais quitté la séance du Conseil Municipal au moment ou l’on présentait le rapport sur les semaines sociales de l’Eglise.
Que l’on se rassure, ma sortie était simplement motivée par la nécessité de saluer des visiteurs de Ouagadougou qui s’apprêtaient à entamer un stage de formation dans le cadre de notre coopération décentralisée. J’avais d’autant plus l’esprit libre que l’aumônier du groupe socialiste que je suis considérait comme assez subalterne la présentation du rapport en question qui n’avait entrainé aucune prise de temps de parole en conférence des Présidents l’avant-veille.
Que Gérard Angel ne s’imagine donc pas une seconde que le regard, paraît-il ironique, du grand architecte de l’univers se soit également posé sur moi, et c’est tant mieux, mais à l’avenir je pense avoir fort à faire avec l’œil de lynx du grand concepteur des Potins et ce n’est pas pour me déplaire. Puisque nous en sommes à parler de la presse lyonnaise, je voudrais exprimer toute ma satisfaction, même si ma remarque n’ira pas droit au cœur de Gérard Angel, sur la décision de justice concernant Lyon-Mag qui devrait permettre au mensuel lyonnais d’imaginer son avenir à distance de ce Monsieur Latouche qui l’importune depuis quelques mois.
En évoquant le nom de ce Monsieur, heureux nouveau propriétaire de Lyon Capitale, j’attends comme tout le monde le visage ripoliné de ce magazine qui semble être perdu dans les limbes.
Pour avoir des nouvelles de Lyon Capitale new look il suffit, me direz-vous, de se rendre sur le site du même nom. J’ai l’impression que les rédacteurs de l’ex-hebdo qui deviendra bientôt mensuel sont en forme quasi olympique. En témoigne les propos relatifs au Congrès du Parti Socialiste et en particulier à la contribution « La ligne claire ». Nos anciens rois du piment journalistique évoquent « La ligne floue » et « l’usine à gaz » de Collomb. Comme quoi à Lyon Capitale comme dans les déserts perdus du moyen orient, quand le chamelier frappe du pied, le chameau se met immédiatement à genoux.

Lyon, le 21 septembre 2008

09/07/2008

Lyon Mag

2043566388.jpgVoici la lettre ouverte à Christian Latouche signée par des élus de l’agglomération à laquelle je m’associe.

« Monsieur,

Elus de Lyon ou de l’agglomération lyonnaise de sensibilités politiques différentes, nous avons suivi depuis bientôt huit mois le litige qui vous oppose à l’équipe fondatrice de Lyon Mag à qui vous réclamez le remboursement d’une avance en compte-courant via votre filiale Atar.

Comme vous le savez, il y a aujourd’hui un élément nouveau : Philippe Brunet-Lecomte a obtenu un prêt personnel pour vous rembourser cette avance .Dès lors, il est possible de sauvegarder l’intérêt de chacune des parties : Lyon Mag peut préserver son indépendance économique et éditoriale, et vous retrouver vos fonds.

Soucieux de défendre le pluralisme de la presse à Lyon, nous nous permettons d’insister auprès de vous afin que vous acceptiez ce remboursement. D’autant plus que votre récente acquisition de Lyon Capitale vous permet d’être d’ores et déjà propriétaire d’un média lyonnais.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments les meilleurs »

Gilles Buna, Philippe Cochet, Richard Morales, Thierry Philip

Celles et ceux qui veulent signer cette lettre peuvent contacter Lionel Favrot : l.favrot@lyonmag.com

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Vendredi à 12h30, les journalistes de Lyon Mag organisent un sit-in devant le siège du groupe Fiducial à Vaise (38 rue Sergent Michel Berthet, Lyon 9e), en invitant tous ceux qui le souhaitent à se joindre à eux.

 

Lyon, le 9 juillet 2008.

21/05/2008

Papier

presse_ecrite_unes.jpgHier soir alors que j'envoyais un message amical au mensuel lyonnais « Lyon Mag » qui prépare une soirée de soutien le 29 mai, je tombais sur le dernier numéro de « Stratégies » qui consacre, comme chaque année, sa « Une » à la presse non sans oublier de joindre son fameux poster sur les chiffres clés de la presse écrite.

Dans un éditorial aussi superficiel que plein de béatitude, François Kermoal, le directeur de la rédaction de cet hebdo, se risque à affirmer que « l'imprimé n'est pas mort » et que la presse magazine est « dans une forme époustouflante » (sic !).

En vérité dans un jeu de passe-passe propre à épater uniquement ses amis et clients, Kermoal écrit une ode, non pas à la presse, mais au papier imprimé. Il suffit d'ouvrir « l'organe central de la pub » pour s'en convaincre. Alors que les quotidiens nationaux subissent d'après « Stratégies » une baisse de -0,63%, les régionaux de -0,75% et que même la presse TV (-1,19%), la presse masculine (-23,29%) et la presse féminine (-1,56%) prennent des gamelles, Kermoal ventile sa joie afin de nous expliquer que les chiffres « époustouflants » proviennent de la presse people (+8,35%), de la déco(+2,67%) et des News magazines (+6,62%).

Justement abordons la question de ces fameux hebdomadaires d'actualité. Ils viennent de se faire du gras et doivent donc dire merci à Nicolas, Cécilia et Carla. Pensez donc avec sa fameuse interview de Carla Bruni, l'Express a battu un record avec 600 000 exemplaires vendus. Les moyennes de diffusion de l'Express et du Point sont bien entendu à la hausse alors qu'un titre comme le Nouvel Observateur, qui s'est protégé d'une telle dérive, enregistre quant à lui une légère baisse.

Sauf à lui faire de la peine, j'invite donc « Stratégies » et son patron à plus de retenue et donc à moins de triomphalisme car la situation de la presse dans notre pays n'est pas bonne. Mais revenons à « Lyon Mag ».

Vous le savez peut-être le mensuel lyonnais connait des difficultés mais surtout est la cible de l'un de ses actionnaires, Monsieur Latouche, dont tout le monde dit qu'il est riche comme Crésus.

Ce Monsieur Latouche vient de s'offrir « Lyon Capitale » et se verrait bien propriétaire de « Lyon Mag ». Qui plus est le patron du Groupe Fiducial est connu comme un habile homme d'affaires, ce qui n'est pas un défaut, mais aussi comme un compagnon de route de leaders de la droite dure. On évoque en général le nom de Bruno Mégret.

Je ne veux pas donner de conseils à ce Monsieur Latouche mais j'ai envie de lui recommander la lecture de « Stratégies ». Il constatera comme moi que l'avenir c'est le People et si dans ses rêves les plus intimes, une fois fortune faite, le boss de Fiducial s'imagine un destin de papyvore qu'il laisse tomber « Lyon Mag » et qu'il investisse quelques sous dans le people, c'est l'avenir.

Quant à nous qui lisons « Lyon Mag », si d'aventure il n'avait pas l'élégance de lâcher l'affaire, nous pouvons lui assurer que nous cesserions d'être des lecteurs fidèles de ce titre quitte à préférer lire et soutenir un fanzine de l'actuelle équipe.

On ne se refait pas !

Pour soutenir Lyon-Mag, http://www.lyonmag.com/soutien_register.php

Lyon, le 21 mai 2008

06:00 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : presse, lyon mag, lyon capitale, stratégies | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/12/2007

Verrines

1051074369034528805cf7a12aba7a0b.jpgLes verrines, ces préparations servies dans de grands verres ou des bocaux sont à la mode. Dans son numéro de décembre Lyon Mag consacre quelques pages de recettes consacrées à ces fameuses verrines. Parmi les établissements sélectionnés on trouve « Le Koodeta » situé dans le 3ème. Justement c’est dans ce restaurant que doit avoir lieu, demain lundi, la première assemblée générale de l’association des lecteurs de Lyon Mag ou plutôt devait avoir lieu cette assemblée puisque jeudi, « Le Koodeta », suite à de mystérieuses pressions, a finalement renoncé à accueillir les lecteurs de Lyon Mag. A qui profite cette annulation de dernière minute ? Sûrement pas à Lyon Mag qui se trouve ainsi dépourvu d’établissement pour accueillir son association de lecteurs. Pas plus « Le Koodeta » qui en étant invité, par de mystérieux inconnus, à renoncer à accueillir Lyon Mag, se trouve ainsi pénalisé tant sur le plan financier qu’en matière d’image.

Affaire à suivre.

Lyon, le 16 décembre 2007.

 
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