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13/10/2010

Le storytelling et DSK

DSKstory.jpgC’est l’âge des histoires. On n’achète plus des produits, on achète grâce à des histoires… Fini les marques.

Un qui prend le temps de prendre ses marques c’est DSK. Un peu trop selon Gérard Collomb qui rappelle à son ami qu’il a « le devoir moral » de répondre à l’attente des Français. Amis et ennemis de DSK se chargent donc en ce moment de préparer le terrain avec des histoires : c’est le storytelling appliqué à la politique. L’homo politicus entre dans l’âge des contes et légendes racontées aux enfants pour leur faire passer commande au Père Noël.

À droite, Fillon murmure à certains de ses invités que « le FMI ne veut plus de DSK pour un second mandat », histoire de faire comprendre que l’engagement du bonhomme dans la présidentielle à venir ne se ferait que faute de mieux.

À gauche, on raconte que « le bonheur, Dominique le connaît au poste qu’il occupe aujourd’hui. Il a tous les avantages du pouvoir sans les inconvénients. Il n’a de compte à rendre à personne, si ce n’est deux fois par an lors des AG du FMI » ou qu’il ne se soustraira pas à l’appel des Français car c’est pour lui un devoir moral. Tout cela, histoire de montrer l’esprit de sacrifice d’un homme absolument désintéressé…

Et pour ne pas être en reste, des conteurs solférinesques nous expliquent que « Les Français ne verront pas en Dominique le candidat des riches. La place est déjà occupée ! ». Gare au double tranchant que souvent la morale des fables comporte : les Français se souviendront peut-être aussi d’autres histoires racontées aux veillées ou des conseils dominicains au Cercle de l’Industrie, ce must de PDG qui préservaient leurs intérêts auprès de Bruxelles.

Les communicants de DSK sont informés heure par heure semble-t-il des histoires de l’adversaire et des attentes de merveilleux du bon peuple : du côté de Sarkozy, les faiseurs d’histoire sont regroupés au sein de « la firme » et du côté de DSK dans « le gang ». Le chef des deux bandes de storytelling est le même discret Stéphane Fouks et le Sarcellois Ramzi Khiroun, l’inamovible conseiller com’ de Dominique et actuel porte-parole d’Arnaud Lagardère fait partie du gang.

Rhamzi Khiroun ? Remember : en novembre 2006, il menait les partisans de DSK qui chahutaient Ségolène au Zénith… (voir l’article d’Ariane Chemin dans le Nouvel Obs d'avril 2010. Si DSK « y va » et gagne, RK a de beaux jours devant lui.

Jean-Paul Schmitt

28/06/2010

Ira, Ira pas

promo_5020.jpgIl paraît que Sarkozy ne sait plus faire vendre les hebdos. Parmi les politiques, seul Dominique Strauss-Kahn semble encore faire l’affaire ou plus exactement, comme c’est le cas cette semaine pour l’Express, à faire faire des affaires. Biographie usée mais revisitée, inter-titre comme quoi son père était franc-maçon, liste des diplômes, débat « au sommet » entre Mosco et Mélenchon, tout y passe. Bref, la marmite Strauss-Kahn est sur le feu et le fumet qu’elle peut dégager est dirigé vers nos narines, « Ira, Ira pas ? »  That-is the question.

Pote de Denis Kessler, Schumpétérien à ses heures, plus promoteurs de solutions qu’inventeur, méchant flic du FMI, l’Express tourné vers les courbes de vérités souffle le chaud puis le froid sur un Strauss qui n’en demande d’ailleurs pas tant. « Ce garçon remarquable » comme aime à le définir Sarkozy marque pourtant des points. A la hausse parmi les plus de 65 ans, il est peut-être sur le point d’arriver à la hauteur de Sarko sur le segment de ces séniors traditionnellement acquis à la droite. Déçues par le Chef de l’Etat, les classes moyennes seraient, si l’on en croit certains sondages prêtes à se jeter dans les bras de DSK. Reste la « France qui se lève tôt » qui, pour ce qui la concerne, semble peu attirée vers ce type de gauche dont la droite ne cesse de dire qu’il est des siens.

« Ira, Ira pas ? », vous le savez depuis longtemps, je pense à tort ou à raison que DSK se décidera à y aller uniquement si le contenu de la gamelle lui est délicatement dressé dans l’assiette, prêt à consommer, avec son brin de persil. Dans le cas contraire il faudra bien que les réformistes qui s’affichent dispersés dans le PS s’interrogent et décident de choisir l’un d’entre-eux. C’est alors que nous nous perdrons une fois de plus dans nos calculs les plus effroyables en nous demandant, pour chacun de ces candidats réformistes, « Ira, ira pas ? »

Pour parler d’autre chose. Hier soir à Fourvière, le mot d’ordre était plutôt « ira pas » puisque c’est devant un auditoire modeste que s’est produit à l’Odéon Richard Hawley. D’un équilibre parfait la prestation de l’anglais était pourtant magnifique, les absents avaient encore une fois tort et la lune presque rousse ne s’y était pourtant pas trompée. Elle était là, au balcon, pour saluer le crooner de Scheffield.

Clermont, le 28 juin 2010.

31/03/2010

La prière dominicaine

Laudate Dominique.jpgLa prière dominicaine est une prière silencieuse paraît-il. Pas sûr, à en croire celle qui monte en ce moment et qui semble fébrile.

Amis dominicains de Strausskahnie, attendez un peu cette fois avant de revêtir vos attributs d’inquisiteurs et de brûler la sorcière charentaise. Je sais que dans nos chapelles on souffle parfois le chaud et le froid, mais, à défaut de la mettre à nouveau au frigo (peut-être s’y mettra-t-elle d’ailleurs de son propre chef, mais il ne faut pas compter lui dicter quoi que ce soit) ou avant de la mener au bûcher, ne rêvez pas trop vite de la voir, comme les vestales fautives, enterrée vive dans sa région.

Amis dominicains, j’entends vos suppliques lyonnaises à votre saint patron. J’entends aussi, patelin, Cambadélis distraire les servants de la messe à Solférino pour tenter de les retenir en sacristie le temps que le grand expatrié revête un surplis rose. J’entends encore dom Mosco qui conseille au saint providentiel de ne pas attendre pour se déclarer prêt à revêtir la tiare française. J’ai entendu l’appel de Gérard de Lyon qui retrouve sa foi dans le grand inquisiteur international et monétaire depuis que l’on annonce que sainte Martine pourrait en 2012, peut-être, qui sait, des fois…. Lyon la rétive et son grand échevin ne rendent plus depuis quelques temps le culte titinesque à la sainte patronne des roses lilloises sacrée à Reims dans la fumée épaisse des encens.

Amis dominicains, craignez encore le charme royal. Il opère.

Sur France 2, le 25 mars dernier, dans À vous de Juger, le débat entre le prophète Daniel et la madone avait je vous assure la qualité des vraies disputes (au sens ancien du terme). Il y avait longtemps que la « grande télévision publique » - malgré les efforts d’Arlette Chabot pour saboter sa propre émission - ne nous avait gratifié d’un vrai échange politique sur le fond. Un échange passionné où, avec simplicité et dans un langage accessible, les divergences étaient argumentées avec franchise. Cela donnerait presque l’envie d’entrer dans l’une de ces futures coopératives du genre auberge espagnole à l’enseigne du 22 mars. Cela donne envie en tous cas de continuer ces échanges entre coopérateurs éventuels et désireux d’avenir.

Amis dominicains qui en d’autres temps avez tant aimé informer via You Tube, Dailymotion et maintenant Twitter, voyez ou revoyez l’émission. Notamment la partie concernant feu la taxe carbone (http://www.lepost.fr/article/2010/03/25/2005206_debat-segolene-royal-daniel-cohn-bendit-videos_1_0_1.html )…

Jean-Paul Schmitt

05/07/2009

Haut niveau

melee.jpgC’est donc mardi prochain, dans deux jours, qu’au grand complet ( ?), réunis dans le même bus à l’instar des grandes équipes pro de football ou de rugby, que les membres du Bureau National du PS encadrés par leur secrétariat iront faire leur stage de remise en forme à Marcoussis haut-lieu de préparation de notre quinze national.

A l’instar des staffs des meilleures formations, ce séminaire d’étape destiné à « lancer «  le projet pour au final « changer de cap », sera placé sous le signe de la phosphorisation. Objectif, se qualifier en Champions-League présidentielle.

C’est donc un groupe conséquent qui, sous la houlette de sa capitaine, devra puiser au plus profond de lui-même l’énergie nécessaire à son rebond. En vérité dans la longue liste des sélectionnés nombre de forces centrifuges sont à l’œuvre. Certains chevaux légers comme Valls, Montebourg ou Moscovici sont déjà à la manœuvre pour occuper un hypothétique poste de demi-d’ouverture. D’autres, à la façon des Thuram ou Zidane rappelés jadis en catastrophe par Domenech, misent sur leur expérience de vieux grognard pour s’imposer. C’est le cas de François Hollande qui est subitement devenu sur-actif. Tout ce beau monde semble d’accord pour dénoncer le manque de travail et de forme d’une Ségolène Royal qui cette fois n’aura même pas besoin d’un certificat médical pour se faire porter pâle. Toujours sous contrat exclusif avec son club de Washington, Dominique Strauss-Kahn, qui vient de fêter en grande « pompe-people » son anniversaire, n’est toujours pas sélectionnable. Reste dans ce rassemblement du haut niveau socialiste le petit peuple de Solferino qui tentera, les uns au nom du couloir gauche, les autres persuadés que tout se passera dans l’axe, les derniers enfin, statistiques à l’appui, que l’avenir penchera à droite de faire valoir, non pas un projet mais un destin jusqu’ici chahuté.

Entre ceux qui y seront, ceux qui auraient préféré ne pas y être, ceux qui se félicitent de ne pas en être et ceux qui y étant préfèreront ne pas en être, ce stage de fin de saison risque d’accoucher d’une souris. De toute façon chacun s’accordera pour renvoyer les conclusions à celui de la rentrée prochaine, à La Rochelle, sous le regard câlin des caméras.

Lyon, le 5 juillet 2009.

Photo: DR

01/09/2007

Ce pays dont le prince est un enfant

medium_Yasmina_Reza.2.jpgLe week-end dernier, j'ai lu comme beaucoup de monde l'ouvrage si attendu de Yasmina Reza, "L'aube le soir ou la nuit" dont en vérité je ne comptais pas parler sur ce blog. A la lecture des inrockuptibles de la semaine et de l'article "le vide le vent ou l'ennui" signé Nelly Kapriélan, je voudrais dire tout de même deux mots sur un bouquin dont on ne devrait guère plus parler d'ici quelques semaines.

Tout d'abord, si l'envie vous prenait d'aller acheter le livre de Reza à Carrefour ou Auchan, sachez que c'est au rayon épicerie fine qu'il convient de se précipiter. A un euro la page de 1000 signes, Flammarion et Albin Michel livrent un produit haut de gamme. Le dire ce n'est pas faire offense à Yasmina Reza ce d'autant que l'auteur ne craint qu'une chose, si on lit son interview au Nouvel Observateur, c'est que l'on dise de son bouquin qu'il est mauvais. Que Yasmina Reza se rassure, son livre n'est pas mauvais, loin de là. Il est cher. Mince, cher mais pas mauvais.

Plus important, car on nous avait dit sur tous les modes, n'attendez surtout pas de "L'aube le soir ou la nuit" (sans virgules svp!) des révélations ou d'utiles commentaires politiques. Les Inrockuptibles comme d'autres font ce grief à la dramaturge. Ils se trompent et pour ce qui me concerne j'apprécie que Yasmina Reza ne nous livre pas un bouquin de plus sur Sarkozy, sa campagne et son oeuvre. Par ailleurs, Reza n'est donc pas Nay. 

Enfin, une fois dit que Reza ne parle que de ce qu'elle veut et donc pas de Cécilia, à la lecture du bouquin, force est de constater que l'on se trouve en face d'un objet littéraire non conventionnel mais d'un objet littéraire quand même. L'article massacreur des Inrockuptibles a tendance à faire penser au lecteur que "L'aube le soir ou la nuit" est, je cite, "à la littérature ce que Canada Dry est au whisky", propos plutôt déshonnorant. Je cite toujours, "son auteur, une élève moyenne, scolaire, planquée derrière l'hypocrisie de la neutralité", chose purement gratuite. Je vous invite cependant à  lire cet ouvrage qui à mon sens nous en dit plus sur Yasmina Reza que sur Nicolas Sarkozy.

Quant aux rapports de l'auteur à son sujet c'est à mon sens quasi secondaire même si de toute évidence connivence et auto-censure hantent ce livre qui n'est pas un reportage, ni une chronique, surement pas un journal, encore moins une pensée politique.

Yasmina Reza jette un regard littéraire sur un sujet qui ne semble pas l'intéresser plus que ca. Sarkozy est pour Reza un enfant. Un gosse en politique. Un gamin dont l'ambition et les caprices posent question.

Il n'y a pas de risques, si ce n'est celui du plaisir, à lire cet ouvrage atypique qui nous parle d'un pays dont le prince est un enfant, c'est à dire ni de la France, ni de Sarkozy.

Lyon, 1er septembre 2007.

23/05/2007

Ségolène, la gauche, le parti et nous.

medium_SR-Second_tour.jpgManifestement Ségolène Royal continue, et c’est une excellente chose, d’avoir une « côte d’amour » chez des électeurs de gauche qui ne semblent pas aveuglés puisqu’ils estiment massivement que le manque de soutien du Parti Socialiste est un élément important qui explique la défaite.

Ils ont raison et on ne dira jamais assez que le flingage organisé mis en œuvre pendant des mois aura plombé l’élan dont était porteuse la candidate.

Sans tirer des conclusions définitives de ce genre de sondage proposé hier par Libération- LH2, force est de constater qu’il sera bien difficile à certains de passer Ségolène Royal par pertes et profits tant elle incarne de manière vivante le besoin de renouvellement, de rénovation et de reconstruction d’une alternative à Sarkozy pouvant conduire à de futurs succès.

Favorables à Ségolène Royal, les électeurs socialistes montrent également un désir d’unité de la gauche mais n’écartent en rien la possibilité d’une alliance avec le centre comme si la main tendue par Ségolène Royal entre les deux tours marquait durablement les esprits.

Reste le parti. Il doit évoluer pour se refonder. Peu importe les mots et les formules sachant que c’est à partir du réel et des attentes des Français qu’un projet moderne, un projet de ce siècle, doit être désormais imaginé. La question des contours de ce parti se posera tant sur les plans politiques et organisationnels qu’en matière de rayonnement mais aussi de capacité à fédérer une multitude de sensibilités quasi centrifuges.

Chacun doit donc aussi se dire clairement que la méthode employée n’est en rien secondaire. Il est en effet nécessaire, pour construire ce nouvel outil, d’afficher une volonté inoxydable d’aller à la rencontre des Français et singulièrement des électeurs de gauche. Les débats participatifs, les consultations citoyennes, bref tout ce qui a fait la vitalité de Ségolène Royal doit trouver droit de citer dans cette nécessaire refondation qui, si elle avait le visage traditionnel de l’affrontement interne des écuries et des coteries, conduirait avec certitude la gauche à d’autres échecs dont le Parti socialiste ne se relèverait probablement pas.

Lyon, le 23 mai 2007.

06/05/2007

Réactions à 21h

medium_SR-_Portrait_-_blanc.jpgA ceux qui espéraient que Ségolène Royal jette l'éponge ce soir la nouvelle est probablement amère. Le renouvellement engagé lors de sa campagne doit se poursuivre. Il en va de l'avenir de la politique à gauche donc de l'avenir du pays. Nous pouvons compter sur elle pour construire cet avenir.

Comme l'a déclaré Ségolène Reoyal à la Maison de l'Amérique latine sur le coup de 20h00 le mouvement esquissé doit se poursuivre et nécessairement s'amplifier au delà des contours politiques qui sont notre héritage mais qui doivent évoluer.

Prévisible, le message de Sarkozy intervenu vers 20h30 annonce la couleur. Derrière le bleu horizon du futur Président la couleur de la grisaille commence à suinter avec une démagogie habituelle à laquelle nous devons continuer à rester sourds. 

 

Lyon, le 6 mai 2007. 

5 ans !

medium_Hélas_Sarkozy.2.jpg
Je veux tout d'abord saluer le courage, l'audace et la combativité de Ségolène Royal tout au long d'une campagne difficile et semée d'embûches. Pour la première fois dans notre pays une femme figurait parmi les deux qualifiés du deuxième tour des élections présidentielles. Il est bien entendu symbolique et positif que celle-ci puisse être issue des rangs de la gauche. Nous devons donc ce soir être fier, malgré notre tristesse, de ces dix-huit mois de combat derrière Ségolène Royal. Au cours de cette campagne et dans les résultats des scrutins une série d'évènements et de questions politiques sont venus frapper à la porte des appareils. Le temps de l'analyse, de la réflexion puis de la décision s'ouvre ce soir pour la gauche, toute la gauche, mais aussi pour le centre, à l'évidence pour seulement une partie du centre. Sachons mettre en commun nos intelligences et nos points de convergence pour dominer cette défaite et construire l'alternative dont très vite le pays aura besoin.

Les estimations que l'on nous propose depuis une bonne heure indiquent donc assez nettement que ce second tour est favorable à la droite.

La victoire de Nicolas Sarkozy est donc incontestable et s'impose. Le Président Sarkozy est élu pour 5 ans mais cette victoire n'est pas sans poser problème dans la mesure ou chacun ignore ce que sera la véritable nature de la politique du candidat devenu président. En d'autres termes, ce soir, le paradoxe de cette élection  réside dans la sincérité de Sarkozy à l'égard du noyau le plus dur de ses électeurs, grosso modo ceux du 1er tour.

Après une campagne démagogique cousinant honteusement avec les idées de Le Pen, Sarkozy devra gérer une victoire plus problématique que les chiffres de ce soir ne peuvent le laisser croire. Cette victoire construite sur le désir profond de destruction des acquis, du dégoût d'une France solidaire, du refus définitif d'un Etat impartial et protecteur et, il  faut le dire, de la mise en pâture de la question de l'immigration, cette victoire incontestable risque pourtant de poser problème bien plus vite que ne l'imagine le nouveau Président.

Depuis des mois, la vie politique française battait au rythme d'une démagogie Sarkozyste que le candidat aimait appeler sincérité. Cette sincérité feinte puisait par capillarité son énergie dans la souffrance d'un pays qui ce soir s'est abandonné à une droite dure qui peut s'avérer dangereuse quand elle va se confronter au réel.

Justement quelle va donc être la politique de cette droite victorieuse?

Une attaque généralisée et autoritaire définie pas à pas, de meeting en meeting, pendant la campagne, quitte à refroidir l'adhésion d'électeurs centristes devenus aujourd'hui de simples go-go?

Une sorte de néo-chiraquisme ripoliné visant en fait à éviter toute logique d'affrontement, quitte à désespérer des clientèles conquises par la "révolution Sarkozyste" ?

La question est ouverte mais je suis plutôt enclin à penser que Sarkozy souhaitera pousser son avantage encore plus loin en mettant en œuvre son projet, tout son projet.

Vous l'avez compris, incontestable, la victoire de ce soir peut, selon les options que le nouveau président mettra effectivement en œuvre, devenir contestée à un point encore difficile à imaginer tant les promesses électorales de Sarkozy nourrissent divisions et affrontements, de la souffrance, de la précarité et des larmes.

En attendant, l'échéance des législatives s'annonce. Quitte à s'installer dans une posture défensive, il est urgent de convaincre le pays de ne pas donner une majorité à un président qui détenant déjà les rouages essentiels de l'Etat, le Sénat et les grands médias de masse bénéficie ce soir de la légitimité de l'élection. 

5 ans c'est long et compte tenu de ce qui s'annonce, 5 ans cela risque d'être très long. La seule façon de s'y opposer c'est bien de ne pas laisser les pleins pouvoirs à Sarkozy, de ne pas donner une majorité législative au nouveau Président.

Lyon, le 6 mai 2007.

Live blogging dès 20h

medium_Live_Blogging_6_mai.2.jpg
Je vous donne rendez-vous, comme il y a 15 jours, pour un live blogging à l'occasion de cette soirée électorale du 2ème tour des élections présidentielles.

Décisif !

medium_Marianne_rouge.jpg
 

06:00 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : votez, vote, 2ème, 2 eme, tour, élection, présidentielle | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/04/2007

Bayrou, ce héros de feuilleton

medium_bayrou-tf1.2.jpgLe pitch du nouveau feuilleton est simple. Bayrou se dirige vers un « ni-ni centriste», ni Royal, ni Sarkozy. Le patron de l’UDF veut donc faire l’impasse sur les présidentielles renvoyant dos à dos les deux candidats qualifiés pour le 2ème tour.

A la fin du premier épisode le Béarnais rebelle décide de concentrer ses forces sur une offensive législative prélude à la fondation d’un nouveau mouvement politique. Au passage notre héros taille quelques croupières aux socialistes et se retrouve incontournable jusqu’en 2012, à la tête d’un groupe parlementaire de plus de soixante députés unis dont le destin est entre les mains d’un chef victorieux.

Bayrou se rêve donc en héros récurrent du grand feuilleton de la politique française mais ce que le leader centriste oublie c’est que les héros, même très sympathiques, ne sont pas, dans les bonnes comme dans les mauvaises séries, ceux qui écrivent le script. Ils ne sont pas maîtres de leur avenir. Sans scénariste, point de feuilleton et dans celui qui nous préoccupe en ce moment, ceux qui vont écrire l’histoire sont nombreux.

Par ordre d’entrée en scène, on trouve tout d’abord les Français et singulièrement ceux qui vont, pour écarter Sarkozy, voter Ségolène Royal. Dans tous les dénouements qu’il imagine, François Bayrou ne peut s’empêcher de penser qu’un « happy end » se dessine en sa faveur dans tous les cas de figure. Quel aveuglement !

 Au terme de l’épisode qu’elle sera la crédibilité d’un Bayrou qui aura choisi de ne pas engager sa responsabilité ? Si par malheur Sarkozy devenait le 6 mai président de la République quelle serait alors la côte d’amour de notre héros centriste ? Pire ne serait-il pas montré du doigt ? Drôle de destinée pour un héros qui se veut positif.

Dans le même temps d’autres scénaristes s’activent. Ils tiennent le stylo de Sarkozy. Ils s’appellent De Robien, Simone Weil, Méhaignerie, Santini et probablement demain Borloo. Dans leur scénario Bayrou est le chef du Fort Alamo UDF. Un irresponsable à l’égo surdimensionné, un traître doublé d’un forcené. Collaborent déjà à ce « pilote » un quarteron de parlementaires UDF passés sous la coupe de Sarkozy. D’ici le 2ème tour, ils devraient être nombreux à renouer avec le réalisme et à quitter François Bayrou. Pierre Albertini, le député et Maire de Rouen, par ailleurs auteur du projet du candidat Bayrou, est sur le départ. Dans les jours qui viennent ils seront nombreux à l’imiter.

Lâcheur pour les uns, traître et irresponsable pour les autres la destinée politique de François Bayrou ne va pas s’écrire en dehors des conventions du genre.

En choisissant de devenir un héros positif dans ce feuilleton national, Bayrou doit se convaincre qu’il y a des règles et qu’il convient de parler clair, « vrai » comme le disait Michel Rocard.

Dimanche dernier Bayrou a été retiré de l’antenne. S’il ne se montre que calculateur et uniquement préoccupé par son propre sort les Français pourraient y trouver à redire pour les épisodes suivants ce d’autant que lundi en huit il sera trop tard pour réécrire un nouveau scénario présidentiel.

Lyon, le 25 avril 2007.

Bayrou, ce héros de feuilleton

medium_bayrou-tf1.2.jpgLe pitch du nouveau feuilleton est simple. Bayrou se dirige vers un « ni-ni centriste», ni Royal, ni Sarkozy. Le patron de l’UDF veut donc faire l’impasse sur les présidentielles renvoyant dos à dos les deux candidats qualifiés pour le 2ème tour.

A la fin du premier épisode le Béarnais rebelle décide de concentrer ses forces sur une offensive législative prélude à la fondation d’un nouveau mouvement politique. Au passage notre héros taille quelques croupières aux socialistes et se retrouve incontournable jusqu’en 2012, à la tête d’un groupe parlementaire de plus de soixante députés unis dont le destin est entre les mains d’un chef victorieux.

Bayrou se rêve donc en héros récurrent du grand feuilleton de la politique française mais ce que le leader centriste oublie c’est que les héros, même très sympathiques, ne sont pas, dans les bonnes comme dans les mauvaises séries, ceux qui écrivent le script. Ils ne sont pas maîtres de leur avenir. Sans scénariste, point de feuilleton et dans celui qui nous préoccupe en ce moment, ceux qui vont écrire l’histoire sont nombreux.

Par ordre d’entrée en scène, on trouve tout d’abord les Français et singulièrement ceux qui vont, pour écarter Sarkozy, voter Ségolène Royal. Dans tous les dénouements qu’il imagine, François Bayrou ne peut s’empêcher de penser qu’un « happy end » se dessine en sa faveur dans tous les cas de figure. Quel aveuglement !

 Au terme de l’épisode qu’elle sera la crédibilité d’un Bayrou qui aura choisi de ne pas engager sa responsabilité ? Si par malheur Sarkozy devenait le 6 mai président de la République quelle serait alors la côte d’amour de notre héros centriste ? Pire ne serait-il pas montré du doigt ? Drôle de destinée pour un héros qui se veut positif.

Dans le même temps d’autres scénaristes s’activent. Ils tiennent le stylo de Sarkozy. Ils s’appellent De Robien, Simone Weil, Méhaignerie, Santini et probablement demain Borloo. Dans leur scénario Bayrou est le chef du Fort Alamo UDF. Un irresponsable à l’égo surdimensionné, un traître doublé d’un forcené. Collaborent déjà à ce « pilote » un quarteron de parlementaires UDF passés sous la coupe de Sarkozy. D’ici le 2ème tour, ils devraient être nombreux à renouer avec le réalisme et à quitter François Bayrou. Pierre Albertini, le député et Maire de Rouen, par ailleurs auteur du projet du candidat Bayrou, est sur le départ. Dans les jours qui viennent ils seront nombreux à l’imiter.

Lâcheur pour les uns, traître et irresponsable pour les autres la destinée politique de François Bayrou ne va pas s’écrire en dehors des conventions du genre.

En choisissant de devenir un héros positif dans ce feuilleton national, Bayrou doit se convaincre qu’il y a des règles et qu’il convient de parler clair, « vrai » comme le disait Michel Rocard.

Dimanche dernier Bayrou a été retiré de l’antenne. S’il ne se montre que calculateur et uniquement préoccupé par son propre sort les Français pourraient y trouver à redire pour les épisodes suivants ce d’autant que lundi en huit il sera trop tard pour réécrire un nouveau scénario présidentiel.

Lyon, le 25 avril 2007.

24/04/2007

Ségolène Royal à Lyon-Eurexpo le 27 avril 19h

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22/04/2007

Réactions à 21h45

L’heure est déjà au rassemblement. Les électeurs de gauche apprécieront le fait que l’ensemble des candidats qui figuraient dans cette compétition appellent dès ce soir à voter pour Ségolène Royal le 6 mai prochain.

Quant à ceux qui viennent de faire confiance à François Bayrou j’ai la conviction  qu’ils se retrouveront dans le rassemblement que va initier Ségolène Royal. Même si le candidat malheureux de l’UDF préférera probablement  jouer le jeu dangereux du « ni-ni ».

Que Christophe Marec se rassure, tant sur la question de la relance de la construction européenne que sur la place des PME dans la future politique économique comme pour la nécessaire réforme de nos institutions nous avons là des débats qui ne me paraissent pas être de l’ordre du clivage entre nous.

Comme le dit Torben un rassemblement  doit se construire. J’attends comme vous l’intervention de Ségolène Royal. Je vous retrouve plus tard.

20/04/2007

Aux urnes

medium_Aux_urnes.jpg

Pour se conformer à la réglementation en vigueur, mon blog cessera toute activité du Vendredi 20 avril 24h00 jusqu’au dimanche 22 avril. Les commentaires seront également suspendus pendant cette période.

Je vous donne rendez-vous pour un live blogging à l'occasion de la soirée électorale.

En attendant, aux urnes citoyens

Lyon, le 20 avril 2007


 
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