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16/11/2010

France des années 2020. Roman d'anticipation

carte_elections_2e_tour.jpgNous sommes le 1er février 2020. J'ai bientôt 40 ans, plus que 30 ans avant de pouvoir prendre ma retraite.

Hier soir à la télévision, le président Strauss-Kahn, âgé de 71 ans, a d'ores et déjà annoncé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat, laissant ainsi les mains libres à son premier ministre, Arnaud Montebourg, pour être candidat aux présidentielles de 2022. Jean-François Copé, avocat fiscaliste aujourd'hui retiré de la vie politique depuis son score croupion aux élections présidentielles de 2017- surclassant de quelques milliers de voix seulement celui de Gaston Defferre en 1969 - n'a pas souhaité réagir à cette annonce. Xavier Bertrand, assureur militant, a déclaré "être disponible afin de mettre fin à la politique du gouvernement socialo--modemo-écologiste qui a ruiné la France depuis 2012". Toutefois, les travaux de la commission d'enquête "Droit d'inventaire après Kärcher" risquent d'entraver derechef les ambitions du conseiller territorial de Picardie, le président de ladite commission, le député-maire d'Antony Alain Morvan, ayant déjà annoncé qu'il envisageait de l'auditionner "à toutes fins utiles" d'ici la fin de l'année.

Beaucoup de départ en retraite à droite et au centre. Jean-Louis Borloo a quitté tous ses mandats électifs pour prendre la tête de la Fondation "France-Six Roses". Brice Hortefeux, sénateur-maire de Vichy, a été déclaré inéligible pour sa énième déclaration sur les auvergnats. Voilà qui devrait renvoyer aux oubliettes la proposition de rétablissement de la peine de mort pour les français naturalisés depuis moins de dix ans. Christine Lagarde est annoncée à la présidence du FMI tandis que Dominique de Villepin a remplacé à la tête du Conseil Constitutionnel Jean Sarkozy, fraichement licencié en droit après huit années de dur labeur et nommé à cette fonction le dernier jour du mandat de son père. Xavier Darcos a été quant à lui élu nouveau secrétaire perpétuel de l'Académie Française après la modification du règlement de 1635 qui interdisait, jusqu'à présent, d'être membre de la Compagnie immortelle à ceux qui ne maitrisaient pas totalement la règle de trois et le passé antérieur. Ces nouvelles dispositions sont de nature à susciter quantités de vocations, à l'instar de Frédéric Lefebvre,maire d'Issy-les-Moulineaux depuis l'épectase de Santini, auteur du célèbre "J'ai été sarkozyste : itinéraire d'un malgré-nous" et à qui il tarde de remplacer le joyau toujours vert Valéry Giscard d'Estaing au fauteuil n°16 jadis "Occupé" par Charles Maurras.

A gauche, quelques nouveautés. Ségolène Royal, ministre de l'Intérieur et de la Fra-ter-ni-té, a soulevé un tollé lors du débat sur la loi portant création d'internats militaires pour les jeunes en difficulté. Gérard Collomb, maire de Lyon depuis 19 ans en campagne pour son 4ème mandat, actuellement ministre de l'aménagement du territoire, espère que l'OL, désormais présidé par Olivier Faron, remontera en CFA 2 dès cette saison. Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, ministres d'ouverture du gouvernement Montebourg, ne cachent plus leurs divergences de plus en plus fortes avec le président Strauss-Kahn. Jean-Luc Mélenchon aurait rédigé, sans l'envoyer, sa douzième lettre de démission. Bruno Julliard, ministre de l'Education Nationale, a déclaré penser à la Mairie de Paris "en se rasant le matin".

Nouvelle polémique sur l'île d'Yeu depuis que Eric Besson, qu'on aurait aperçu aux bras de sa femme Marine en Amérique du Sud, a fait discrètement fleurir la tombe de son beau-père ainsi que celle de son voisin de tranchée.

Au Sénat, il y a néanmoins fort à craindre d'un basculement à droite de la haute assemblée lors du renouvellement de septembre. Michel Mercier, ancien garde Sceaux et désormais benjamin du Palais du Luxembourg, fait figure de favori pour succéder à Laurent Fabius au perchoir sénatorial. Il faut dire que le projet de loi portant interdiction impérative du cumul des mandats a réveillé, en pleine sieste et en plein gigot, quantités de barons sur lesquels, vous l'imaginez bien, l'étique Mercier ne manquera pas de surfer à la vitesse du Rhône Express fondant sur Saint Exupéry.

A Corbeil-Essonnes, le toujours fringant Serge Dassault, 95 ans, a dû se résoudre à ne pas se succéder à lui-même et convoiter le suffrages des électeurs, vivants ou morts, une décision souveraine du conseil constitutionnel ayant établi que le risque d'énurésie était incompatible avec l'exercice d'une fonction élective, notamment en ce que "la présence ininterrompue d'infirmières au cours des séances du conseil municipal pouvait être de nature à empêcher la bonne tenue des débats".

Michel Sardou a sorti son dernier album, "Nicolas, reviens, ils sont devenus fous". Carla Bruni vient d'épouser en huitièmes noces Silvio Berlusconi.

Il est huit heures, mon réveil sonne. Nous sommes le 16 novembre 2010. François Fillon est toujours Premier Ministre et Frédéric Lefebvre est membre du gouvernement. Pour atténuer cette légitime torpeur matinale, on m'apprend que le préfet Gérault a glissé à un poste parisien. J'ai repris deux fois des moules.

A la semaine prochaine

Stéphane Nivet

18/10/2010

« Nègre » de Sarko

JacquesAttali.gifPourquoi tant d’hésitation et de circonvolution ? Il paraît que le président hésite encore ne sachant plus faire la part de l’utile entre le choix d’un premier ministre centriste, d’un ancien Villepiniste, d’un troisième Chiraquien ainsi que d’une quatrième Umpiste revêche. Bref, Nicolas Sarkozy pourrait même se laisser aller à faire à nouveau les yeux doux à son collaborateur actuel, François Fillon. Pour Sarkozy comme pour nous parfois dans la vie, nous n’arrivons pas à percevoir une bonne solution qui s’impose pourtant comme le nez au milieu de la figure. Cette solution évidente s’appelle Attali, l’homme qui vient de proposer à la droite un programme clé-en-main jusqu’en 2020. Il faut dire que dans la série des conseillers qui ne méritent pas d’être oubliés, Jacques Attali s’impose. Jadis avec Tonton, aujourd’hui avec Sarko, Attali s’est déjà fait remarquer en 2008 comme chef de la commission destinée à booster la croissance nationale. On connait le résultat et Attali s’est fait, à cette occasion, beaucoup d’amis parmi les chauffeurs de taxis. Attali le larbin nous revient donc deux ans plus tard et en cet automne 2010 il livre le plan d’austérité qui manquait tant à la droite coupant presque l’herbe sous les pieds à des hiérarques de l’Ump qui ne doivent pas en croire leurs yeux. Avec « sa stratégie à dix ans » et son objectif « croissance 2.5% », Attali vient donc de formuler 27 propositions à Sarko. Au rayon des finances publiques et du retour du déficit à 3%, le nouveau conseiller de l’Elysée propose le gel du point d’indice pour les fonctionnaires d’Etat comme de la Fonction publique territoriale ainsi que le remplacement d’un seul fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Au rayon sécu, Attali veut présenter une posture de gauche en s’interrogeant sur la prise en charge de certaines maladies lourdes pour les bénéficiaires de gros revenus ce qui, tout à la fois, représente une attaque contre l’universalité de la sécu mais surtout une probable généralisation, dans un second temps, de ces mesures à des français loins d’être fortunés. Chasse aux niches fiscales, réexamen de la fiscalité du patrimoine, l’héroïque Attali ne nous explique pas ce qu’il compte faire de la TVA réduite dans la restauration, ne semble pas plus très au clair sur la question des retraites ou de la réforme fiscale tout en envisageant sérieusement une hausse de la TVA. Avouez que Attali à Matignon cela aurait une autre gueule que Borloo ou Alliot-Marie et pour une fois Sarkozy pourrait se réjouir d’avoir non seulement comme premier ministre, un collaborateur mais presque « un nègre », une situation pour le moins inédite pour Jacques Attali.

Lyon, le 18 octobre 2010.

25/06/2010

13 août

75462-claude-gueant.jpgLes sondages actuellement réalisés vont tous dans le même sens. La politique économique du gouvernement est sanctionnée par les français et, quant aux retraites, à plus de 60% nos compatriotes refusent de voir le pays embarqué dans la réforme Sarkozy-Woerth. Il parait que le président de la république misait beaucoup sur quelques performances de notre équipe de football sur le sol sud-africain pour faire passer la potion amère des retraites. Raté. D’ailleurs s’il lisait plus régulièrement le quotidien l’Equipe, Claude Guéant, le « premier ministre » de Sarkozy, se serait aperçu que cela sentait le pâté en matière de football et qu’il convenait donc d’y aller avec douceur. Pourtant, totalement libéré Guéant vient en effet de donner une interview au « Financial Times » que l’on devrait porter à la connaissance des français à quelques semaines des premiers départs en vacances. Que nous dit la voix de son maître ? Tout d’abord que les gels et coupes budgétaires allaient continuer et que le chef raboteur Fillon n’entendait pas y aller avec retenue. « Il y aura d’autres annonces » a indiqué au célèbre journal Guéant qui en a profité pour dire que « Nous devons en faire d’avantage, évidemment beaucoup plus ». En conclusion depuis quelques jours, avec Guéant, les Lagarde et Fillon entonnent le même refrain. On juge les futures performances de la France comme « incertaines », que les prévisions pourraient se révéler comme « trop audacieuses », bref que les chiffres qui allaient être publiés par l’Insee le 13 août prochain seraient probablement peu optimistes.

Alors le 13 août prochain si sur la plage vos gosses demandent des friandises, une glace, un coca ou un tee-shirt de Lady Gaga, offrez-leur tout cela. Il s’agit peut-être de la dernière fois avant bien longtemps.

Lyon, le 25 juin 2010.

Photo: DR

19/06/2010

Bigarreau si, bigarreau no

CERISE.jpgIl suffit de lire le Figaro pour s’en convaincre. L’action positive du chef de l’Etat vient se nicher dans les moindres recoins de nos pauvres petites vies. Prenez le prix des cerises. S’il est abordable c’est grâce au Président, c’est tout du moins ce qu’expliquait dans la Pravda gouvernementale, un certain Jérôme Bédier, président de la Fédération du commerce et de la distribution, qui indiquait que l’engagement de modération des marges pratiqué sur la cerise était le fruit des accords conclus à l’Elysée le 17 mai. Mieux Carrefour, probablement pour faire plaisir au président, s’était engagé le week end dernier, sur des opérations « prix coutants ». Ce week end sur les marchés en matant le bigarreau, ayez donc une pensée pour le président à moins que vous ne préfériez vous dire que sur un kilo payé à l’arboriculteur entre 2.50 et 3.50 euros c’est quasi de perte dont il s’agit. Selon les producteurs de cerises de la vallée du Rhône il conviendrait que le prix du kilo se situe aux environs de 4.50 euros pour que le travail puisse être considéré comme rémunérateur et non payé avec des queues de cerises.

Lyon, le 19 juin 2010.

19/03/2010

Changement de séquence en vue

Sarkozy NB.jpgPartant du principe que le président de la république n’est pas, loin de là, un perdreau de l’année, nous pouvons considérer qu’entre ces deux tours des élections régionales, Nicolas Sarkozy est désormais persuadé de ce nouvel adage, « à scrutin régional, conséquences nationales ». L’homme qui voulait décomplexer la droite en promettant d’en découdre avec Mai 68, de réformer – comprendre de faire reculer le plus d’acquis possibles -, de promouvoir « la valeur travail » se retrouve dans une mauvaise passe dont il n’est plus certain de se sortir d’ici les prochaines présidentielles. Autrement dit, ce qui apparaissait il y a quelques temps encore comme une évidence, Sarkozy se succédant à lui-même, n’est plus du tout une certitude tant le petit génie du bricolage qui siège à l’Elysée est en situation inconfortable à l’égard du pays comme de sa majorité.

Dès lundi matin, le pays rentrera définitivement dans la séquence politique des présidentielles. Nicolas Sarkozy n’aura d’ailleurs guère que quelques mois pour inverser une tendance pour le moins défavorable et il n’est plus certain que l’ensemble des propos contenus dans l’interview du Figaro Magazine de samedi dernier continuent d’être d’actualité d’ici là. Si l’actuel Président n’arrivait pas à remonter la pente dans des délais relativement contraints il n’est plus sûr et certain que sa candidature pour un second mandat s’imposerait sauf si l’actuelle opposition, Parti Socialiste en tête, demeurait dépourvue de réponse globale, crédible et donc réaliste. Il y a quelque peu, à l’occasion de la disparition du leader travailliste anglais Michael Foot, certains faisaient état de son programme pour les élections de 1983 jugé alors comme très à gauche. Un programme dont la pureté n’avait d’égal que l’échec retentissant puisque il n’avait permis, face à Thatcher, de recueillir l’adhésion de seulement 30% des électeurs. Un programme qui restera dans la mémoire du socialisme anglais comme, « la plus longue lettre qu’un suicidé ait jamais écrite ».

Lyon, le 19 mars 2010.

20/02/2010

Cochon de Brest


Sarkozy un petit cochon ? De Villepin se lâche !
envoyé par thony911. - Découvrez des webcam de personnalités du monde entier.

Les trois petits cochons veulent vivre leur vie et quittent le foyer familial pour tenter leur chance dans le monde. Le premier petit cochon se construit une maison de paille. Le deuxième petit cochon se construit une maison faite de brindilles. Le troisième petit cochon se construit une maison de briques et de ciment. Le grand méchant loup parvient à détruire les maisons des deux premiers petits cochons en soufflant dessus et les dévore. En revanche, il est impuissant contre celle du troisième petit cochon. Pour faire sortir le cochon de sa maison, le loup lui propose d’aller chercher des navets avec lui, mais le cochon sort tôt le matin et rentre chez lui avec des navets avant l’arrivée du loup. Le loup propose au cochon d’aller cueillir des pommes, le cochon lance une pomme très loin et se sauve chez lui pendant que le loup court après la pomme. Le loup propose ensuite au cochon d’aller à la foire. Arrivé le premier à la foire, le cochon achète une barrate. Sur le chemin du retour il voit venir le loup, il se cache alors dans la barrate qui dévale une pente et fait peur au loup. Ce dernier décide alors de rentrer chez le cochon par la cheminée, il tombe dans une marmite de soupe et s’ébouillante. Le cochon le mange pour son dîner.

Si ce troisième cochon se prénommait « Nicolas », Dominique de Villepin devrait donc se méfier sauf à se rêver finissant dans la soupe aux choux du Président.

Lyon, le 20 février 2010

(Texte emprunté à wikipidia)

 

25/01/2010

Massacre en direct

tf1.jpgLa blonde la plus hitchcockienne du PAF, Laurence Ferrari, va recevoir ce soir, les yeux dans les yeux, notre Président. Face à la présentatrice glamoureuse, le locataire de l’Elysée timide et hypnotisé par le charme fou et froid de la blonde platinée décrite dans Libération comme en fait « une brune à poigne », risque de ne pas peser bien lourd. Décochant questions ouvertes et incisives en alternance avec une batterie d’interpellations pointues, la blonde risque de transformer le petit maître en sujet.

Ça va donc chauffer, ça va péter ce soir au vingt-heures de TF1. Quand elle va empoigner le Président, la native d’Aix ne va pas mégoter sur les torgnoles, être économe en claques, avare de coups envers celui que la rumeur présente comme un ex. Ça va donc être ce soir la fête à Sarko, le massacre d’un chef, l’agonie d’un président plumé comme un perdreau de l’année. Une honteuse cérémonie funeste qui précèdera une exécution à la roumaine présidée par le killer du PAF, Jean-Pierre Pernaud.

Il faut dire que s’il est en général fort mal traité dans les médias, Nicolas Sarkozy est particulièrement le souffre douleur de la première chaîne de télévision. Ce soir livré aux questions baveuses d’un pseudo échantillon de Français, c’est donc Jean-Pierre Pernaud qui aura pour tâche d’achever le président. Pour qui connaît le persiflage habituel du présentateur du 13 heures, c’est avec une joie malsaine que Pernaud portera une estocade finale animée d’une haine sans nom envers le régime. Trop c’est trop. Ce soir, faîtes comme moi, regardez plutôt « Cuisine T.V ».

Lyon, le 25 janvier 2010.

08/12/2009

Boomerang

Sarkozy.jpgEn cette fin d’année et au milieu de son mandat on ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy soit en pleine forme politique, quant à l’UMP c’est encore pire. L’hyper–président s’est sensiblement calmé et ses rodomontades n’effraient ni ne séduisent plus grand monde. Il est vrai qu’à vouloir tout régler soi même et à sauter sur tout ce qui bouge on s’épuise et on lasse et Sarko paye aujourd’hui la note pas seulement dans les sondages.

Comme si ses trucs ne prenaient plus. Il en est ainsi du sulfureux débat sur l’identité nationale qui ne fait ni oublier les échecs de Sarko face à la crise ni la stratégie de basse politique qu’il y a derrière ce débat créé de toute pièce par un ministre d’ouverture qui, comme tous les traîtres, en fait toujours plus pour se justifier. Mais les ennuis du président ne s’arrêtent pas là, resté leader de l’UMP il n’arrive plus à faire fonctionner la machine abandonné par un Xavier Bertrand qui vit son poste comme une punition et même un Frédérique Lefebvre devenu atone vexé de ne pas avoir été ministre. Et puis les réformes ont parfois des effets collatéraux. Celle du Parlement, par exemple, permet aujourd’hui aux groupes UMP des deux chambres une marge d’émancipation. Et l’on voit le Sénat contrecarrer les plans du gouvernement concernant la suppression de la taxe professionnelle ou la réforme des collectivités avec en leader de la fronde un ancien premier ministre toujours vice président de l’UMP.

Pas étonnant dans ces conditions que les têtes d’affiches ne se bousculent pas pour conduire les listes aux régionales. D’autant que lorsqu’il y a un volontaire, comme dans le Rhône, bien qu’adoubé par la fédération et les parlementaires il est récusé par Sarkozy. Lequel s’est d’ailleurs engagé dans une tactique discutable en voulant des listes regroupant toutes les formations qui le soutiennent dès le premier tour. Cela ne lui donnera pas un score mirobolant pour autant et il manquera de réserves au second. Un raisonnement qui vaut, selon moi, aussi pour les verts. Cette tactique, en effet, peut convenir pour l’élection présidentielle car il y là un homme ou une femme face à l’électorat national. Pour une élection décentralisée la donne est différente et l’UMP risque de s’en rendre compte à ses dépends en recevant le résultat comme un boomerang.

Philippe Dibilio

Photo: DR

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[Edit JYS]: Le collectif de défense de l’IVG à Lyon organise une Soirée-débat le 10 décembre 2009, à 18H30 Au Centre Culturel et de la Vie Associative de Villeurbanne, 234 Cours Emile Zola, 69100 Villeurbanne. (Métro Flachet).

18/11/2009

Les autruches du Rhône et le fils Poucet

Autruches du Rhône.jpgPasse encore qu’on ait eu le PACS malgré les boutinades, bible à la main, mais l’adoption par des couples homosexuels  ! Soyons cohérents que diable ! Oyez ces courageux représentants du peuple qui disent que : « Dès qu’il y a un enfant, il faut un papa et une maman ». Déclaration d’Eric Raoult, illustre député au gentil sourire de bon père de famille. De famille Unie Mon Président, cela va sans dire, même si en ce moment cela ne va pas de soi. Vous savez, celui qui veut que l’on impose aux écrivains un droit de réserve s’ils ont eu le Goncourt.

Ils aiment la famille ces gens-là. Surtout celle qu’ils connaissent. Celle qui ressemble à la leur. Et là-dessus ils sont assez d’accord.

Il faut bien que quelqu’un rappelle – scrogneugneu - les valeurs catholiques apostoliques et romaines (encore que l’adoption chez nos ancêtres romains s’asseyait allègrement, si j’ose dire, sur les considérations d’homosexualité). Ces braves gardiens de valeurs en péril, d’identité nationale, de travail introuvable et de boucliers fiscaux pour armures dorées, soutiennent sans faille le principe sacré. Ils se battent pour ne pas séparer les enfants de leur papa et/ou de leur maman. Et cela malgré les difficultés innombrables et de tous ordres : pas facile de trouver de la place dans des centres de rétention déjà bondés pour que ces petits minots restent avec leurs parents jusqu’à ce qu’un avion les ramène chez eux : « Dis papa c’est où chez nous ? ». Pas facile d’être discret pour ne pas alarmer les Réseaux Éducation Sans Frontières pour pouvoir réunir sans bruit parents et enfants à la sortie de l’école. Pas facile de passer inaperçu dans les files de soupe populaire non plus.

Ils veillent sur l’ordre et la morale. Ils sont unis sur des valeurs. Ils soutiennent leur gouvernement comme un seul homme. Ils font du chiffre.

Dans notre département du Rhône, ils ont des noms que l’on a déjà vus au bas d’un parchemin : Emmanuel Hammelin, Philippe Cochet le nouveau Pater Familias, François-Noël Buffet, Georges Fenech, Bernard Perrut, Michel Terrot…

Ils avaient tous signé en 2007 une entente parlementaire… contre l’adoption par des couples homosexuels. Les fantasmes ont la vie dure. Pour nos autruches départementales, un petit coup de Prévert :

L’Autruche :  « Je n’aime pas beaucoup ta mère, à cause de cette manie qu’elle a de mettre toujours des plumes d’autruche sur son chapeau… »

Le fils Poucet : « Le fait est que ça coûte cher… mais elle fait toujours des dépenses pour éblouir les voisins »

L’Autruche :  « Au lieu d’éblouir les voisins, elle aurait mieux fait de s’occuper de toi, elle te giflait quelquefois… »

Le fils Poucet : «Mon Père aussi me battait »

Jean-Paul Schmitt

06/11/2009

L’élève Obama

obama.jpgDéception. Bilan mitigé. Aura en berne …. N’allez pas croire que tout ceci concerne Nicolas Sarkozy arrivé à mi-mandat. Non, ces jugements qui percent dans les éditos sanctionnent les premiers huit mois de Barack Obama et réunies en véritables « Conseils de classe » les rédactions rédigent le bulletin de ce piètre élève.

Reprenant le site PolitiFacts, le Monde utilise le nouveau « Obamètre » qui, paraît-il, mesure l’avancée des choses. Si vous allez faire un petit tour sur ce fameux « The Obameter : tracking Barack Obama’s Camparign » vous serez tout d’abord surpris par les encarts publicitaires de l’Eglise de Scientologie et vous constaterez que sur 515 promesses, 49 ont été tenues, 7 trahies, 14 au point mort et 128 en cours de discussion parlementaire. Pour en savoir plus il suffit de se reporter au site ou bien au Monde daté du 3 novembre.

Soyons au clair entre-nous. Obama n’a pas le rayonnement de Nicolas Sarkozy dans le monde ou autour de la méditerranée. Pas de comparaison possible entre l’un qui détruit les paradis fiscaux, tacles les patrons ripoux et est en osmose avec la classe ouvrière et l’autre qui est à genoux devant Wall Street, est incapable d’endiguer le chômage et qui a les miches face aux lobbies.

Pour s’en sortir Obama, au mercato d’hiver, devrait faire venir Besson pour une courte pige et en trois coups de cuiller à pot le « traître » remettrait dans l’axe l’électorat démocrate qui, comme les Français, veut débattre d’identité nationale. Cela étant, deux points noirs subsistent dans la politique diplomatique du président américain. Il s’agit de Cuba et de la Corée. Si Sarkozy acceptait de céder pendant quelques mois Jack Lang à Obama, je suis convaincu que les choses iraient mieux en novembre 2010 pour le second bulletin de l’élève Obama.

Lyon, le 6 novembre 2009.

03/11/2009

Canal historique

A lire le texte totalement « imbitable » qu’il signe dans Vox Rhône –Alpes on est sur d’une chose ce n’est pas lui, Michel Mercier, qui l’a écrit. Cette prose technocratique ne ressemble pas du tout à notre Michel Mercier qui certes sait manier la langue de bois mais toujours dans un langage accessible. Mais c’est là le privilège d’un ministre il ne manque pas de plumes dans son entourage aussi pour aborder la question de l’aménagement du territoire il les laisse agir. Car si ce sujet relève en partie de son portefeuille Mercier s’y attelle à sa façon et d’abord sur le terrain. En politique averti qu’il est il sait très bien que l’essentiel réside dans la capacité à réunir des troupes et les déplacements d’Etat peuvent aussi servir à ça. Comme il l’avait très bien rappelé sur le plateau de l’émission 10 questions à… sur TLM Michel Mercier et d’abord un centriste qui puise sa conviction dans les écrits d’Emmanuel Mounier, cette pensée et ce choix politique il les a chevillés au corps. Alors son maroquin il l’utilise aussi à sillonner le pays pour y nouer des contacts et faire revivre le grand courant centriste.

Cette entreprise, relayée ailleurs par des hommes comme Jean Arthuis, il l’a commencé dans le Rhône lorsque Jean Luc Da Passano a fondé une association visant à regrouper les centristes « canal historique » dans notre département. Mugette Dini, sénatrice du Rhône, en avait pris la présidence avant d’en devenir l’ambassadrice au plan national. Et leur affaire avance, sans bruit et à petits pas, mais elle avance.

Il faut dire qu ‘au moment où, d’une part, Nicolas Sarkozy est, c’est peu dire, moins flamboyant et que d’autre part François Bayrou penche trop à gauche pour son électorat il y a une fenêtre de tir pour cette initiative. La stratégie du président de la République visant à rassembler toutes les composantes de la droite dès le premier tour si elle lui a permis de gagner la présidentielle ne sera peut-être pas la meilleure pour les élections à venir et sûrement pas pour les cantonales de 2011. Déjà pour les régionales de l’an prochain dans le Rhône la volonté hégémonique de l’UMP sur la liste de la majorité nationale et le désordre qu’entraînera la candidature Bégag au Modem laisseront orphelins nombre d’électeurs centristes. Ce qui constituera un réservoir de voix pour les cantonales indispensable à un Michel Mercier qui ne veut pas perdre la main sur le département tout en plaçant des hommes et des femmes en capacité de devenir « conseillers territoriaux » dans la perspective de la réforme en cours. Alors l’offre de Mercier reprend tout son sens et, qui sait, le centrisme « canal historique » renaîtra-t-il une fois encore de ses cendres.

Philippe Dibilio

04/07/2009

Nostalgie

Nous le savons tous depuis que le Nouvel Observateur de la semaine vient de mettre la main à la pâte, le nouveau Nicolas Sarkozy est arrivé. Exit le "bling bling", le Fouquet's, les résidences estivales américaines, Rolex et gourmettes. Notre président n'est plus le même, "nouvel âge de la démocratie" (sic!) oblige.

Avant que ne s'estompe dans nos pauvres mémoires le Sarkozy ancien, voici le fameux "clip qui déchire" largement relayé et plébiscité sur le net. Séquence nostalgie.



Lyon, le 4 juillet 2009.

02/07/2009

Train-train

32736a-distribution_de_billets_de_500_euros.jpgIl n’est probablement pas trop tard pour rendre hommage et justice au député René Dosière qui chaque année, inlassablement, scrute les comptes de la présidence de la république sachant que le tout récent Congrès de Versailles vient de relancer la polémique sur le train de vie Elyséen. Sur un autre plan la facture concernant la virée antillaise de Nicolas Sarkozy mériterait également quelques explications. Le ratio nombre d’heures passées/coût devant nous interroger.

Soyons clairs, que le Président dispose de moyens adaptés à son activité est chose normale mais il n’en demeure pas moins qu’une bonne dose de transparence mérite d’être administrée à la comptabilité présidentielle. C’est le sens de l’interpellation de René Dosière et on ne peut avec lui que s’interroger sur des méthodes comptables qui se résument à bien peu de choses. Le fait, par exemple, que sous la rubrique « dépenses courantes » on retrouve sans les identifier les dépenses de réception, de nourriture, de téléphone et courrier, les fluides ou les fournitures administratives et informatiques pose problème.

Pour les personnels ce n’est pas mieux. Le nombre de personnes travaillant pour l’Elysée demeurant mystérieux.

D’ici quelques jours la « Garden Party » du 14 juillet va encore mettre en évidence le flou artistique des dépenses présidentielles sachant que le nombre d’invités à 67,45 euros l’unité est passé l’année dernière de 5 500 à 7 050.

Sur de pareils sujets, le risque est toujours grand de sombrer dans une contestation populiste et donc peu ragoûtante. Raison de plus, au lieu d’écarter d’un revers de manche les arguments du député socialiste de l’Aisne, que l’Elysée adopte des méthodes qui sont celles exigées en matière de comptabilité publique. Si dans la dernière période le budget de l’Etat a progressé de 2,8%, l’augmentation de près de 19% de celui de l’Elysée nécessite la transparence. Le député Dosière le rappelle chaque année et il serait également temps que la représentation nationale s’intéresse aux coûteux déplacements du chef de l’Etat. Le chiffre de 2,5 millions d’euros avancé pour celui du 12 mai à Nancy laissant rêveur.

Lyon, le 2 juillet 2009.

06/06/2009

Classe

Comme probablement nombre d’entre-vous je n’étais pas devant ma télévision pour suivre l’interview « scoop » de Barack Obama par Laurence Haïm (Canal +). Aujourd’hui le président des Etats Unis croise par chez nous et il ne devrait pas nous échapper étant donné qu’il est l’invité de Sarko et quand notre président est à la télé il est pratiquement impossible de l’éviter. Voici donc, pour les retardataires, l’entretien exclusif de Canal sachant que si vous voulez voir à quoi ressemble un président classieux ce document est fait pour vous.

A propos de classe François Bayrou a encore quelques progrès à faire. Cela étant son altercation avec Daniel Cohn-Bendit sur le plateau de France 2 qui ne devrait pas être sans conséquences aura le mérite de le ramener sur la planète terre et de lui offrir un été salutaire à consacrer à la méditation.

Lyon, le 6 juin 2009

27/05/2009

Bingo

BingoBongo.jpg« Merci Omar, pour tes avis et tes conseils ».

Deux ans ont passé depuis cet amical échange franco-africain du 6 mai 2007, juste avant la fermeture des bureaux de vote tel que nous l’a rapporté le président du Gabon. Deux ans déjà. Deux ans seulement.

Mais Omar est malade. Son fils aussi qui se fait soigner en France. Alors, un peu de compassion, que diable.

« Merci Omar ».

« À ton service Nicolas ».

Omar, l’inamovible, a pratiqué tous les présidents français et celui-ci, il le pratiquait déjà lorsqu’il n’était encore que le maire de Neuilly. Omar, bienfaiteur des campagnes électorales françaises plus que des campagnes africaines, a su faire fructifier ses investissements. Son patrimoine immobilier croit infiniment plus vite que l’expansion économique du Gabon aux réserves d’or noir pourtant conséquentes.

Vie privée, vie publique. Afrique brûlée. Ronde des amis qui randonnent de sommets d’État en sommet d’État. Ronde des ONG dans les marigots, les Sahels, les bidonvilles et les camps.

En douce France, l’herbe est verte, les boubous exotiques et les affaires franco-africaines feutrées. La justice soupèse. Une petite juge, Françoise Desset, au vu du fléau - celui de sa balance – avait estimé qu’une enquête préliminaire pour « Biens Mal Acquis » (BMA) par les sieurs Omar Bongo Ondimba, Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville et Theodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale pouvait légitimement être ouverte.

Une première. L’affaire ferait grand bruit. Mais le parquet veillait. Un parquet flottant car il n’y a rien de plus désagréable que ces lames qui font du bruit. Le nôtre ne grince pas. Bien ciré, sur lui les critiques et les affaires glissent. Dommage qu’il ne nous laisse pas entendre les pas de danse des banques relevées par l’enquête préliminaire. Il ne nous reste plus qu’à imaginer leurs entrechats pour faire face à leurs obligations sur le non-blanchissement. Étonnant corps de ballet : BNP, Société Générale, Crédit du Nord… Banque de France même, par laquelle auraient transité d’importants virements destinés au fils du président de la Guinée- Équatoriale.

Bingo Bongo ! Le parquet s’oppose.

Jean-Paul Schmitt

 
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