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27/09/2009

La légende du mort-vivant

Yann Moix.jpgLes livres écrits, lus et relus, imprimés et diffusés en une poignée de semaines envahissent les rayonnages de nos librairies. Arrivés plus vite que le vaccin en pharmacie, ceux concernant par exemple la grippe sont déjà là. Cet été, alors que le « roi de la pop » était encore au réfrigérateur, ceux concernant la vie et l’œuvre de Michael Jackson, jouaient du coude en tête de gondole. Parmi ces ouvrages, celui de Yann Moix, intitulé « Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson » mérite que l’on s’y intéresse. C’est probablement le plus personnel du lot.

La rapidité de rédaction n’étant pas encore une qualité en littérature, mais cela ne devrait pas tarder à le devenir, nous passerons sur l’exploit, par ailleurs assez modeste, visant à écrire 150 pages en quinze jours portant ainsi le ratio à dix pages par 24 heures. Passons aussi sur l’exploit, cette fois-ci commercial, de Grasset nous refilant les dites 150 pages pour 13 euros, mais je m’égare. Revenons donc à Moix qui signe un de ces petits bouquins plutôt agréable à lire.

L’auteur est un fan, c’est donc à un livre de fan que le lecteur doit consacrer deux petites heures. L’auteur est aussi un esprit vif qui, autour d’un pitch en vérité aussi épais qu’un maxi-vinyl, nous trousse un texte pas si mal fichu que cela qui conjugue banalités et paradoxes, des évidences qui engendrent des curiosités et une sorte de littérature qui respire comme des mathématiques. Vous l’avez compris, ne comptez pas sur moi pour vous dire du mal de ce « Cinquante ans … ». Un bouquin qui nous livre le meilleur, comme au tout début à propos de considérations comparatives avec le Président Kennedy, mais aussi parfois le plus tarte, ce qui est le cas quand Moix se risque à évoquer Kerviel ou Dutroux.

En fait, la faiblesse du bouquin, et c’est toujours le cas à chaque fois qu’un fan décide d’écrire, c’est que Moix, qui proclame que « Maintenant qu’il est mort, Michael Jackson est vivant », en oublie de se rappeler que la disparition de Bambi était acquise depuis bien longtemps, j’évoque vous vous en doutez la mort artistique du chanteur. Contrairement à Kennedy dont Moix dit « que sa mort était supérieure à sa vie », on pourrait dire que concernant le même JFK, deux secondes avant sa mort, l’homme était encore vivant. Tel n’était vraiment pas le cas de Michael Jackson. Moix devrait pourtant savoir que les véritables mythes du rock and roll et de la pop ne prennent leurs racines que quand la mort frappe un artiste de son vivant.

  • > Yann Moix, « Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson », Grasset, 2009, 12,90 €.

Lyon, le 27 septembre 2009.

27/06/2009

Bambi

Les nécros pleuvent, les clips de « Bad » ou « Billie Jean » tournent en boucle sur les télés du monde entier, les médias consultent leurs consultants qui consultent leurs fiches. Tout a pratiquement déjà été dit, écrit et montré sur Michaël Jackson.

Des dizaines de bouquins s’écrivent depuis hier matin. Ils viendront d’ici peu rejoindre les centaines déjà édités. Quand on évoque Jackson les mots convoquent immédiatement les chiffres. Chiffre de ventes de disques et vidéos, fortune amassée puis évaporée. Après sa mort, la planète entière mesure ce que l’on savait déjà. Avec Presley et les Beatles, Michaël Jackson figurait définitivement dans le cercle très fermé des rois de la pop. A la différence des autres, Jackson avait une particularité essentielle qui pourtant faisait sourire plus d’un, il était Noir. Le premier Noir à s’être imposé sur la sono mondiale. Producteur heureux de Michaël Jackson, Quincy Jones écrivait dans son autobiographie parue il y a maintenant huit ans de cela. « Michaël était le plus grand artiste du monde. On a écrit une page d’histoire, tous les deux. C’était la première fois qu’un jeune Noir gagnait les cœurs du monde entier, de huit à quatre-vingts ans. Ça faisait tomber bon nombre d’énormes barrières ». On connaît la suite …

Lyon, le 27 juin 2009.

11/11/2007

On se lève tous pour Kate

medium_Kate_Nash.gifC'est mon disque de la semaine mais surtout la nouvelle découverte de la pop anglaise. Sous ses airs de Lolita superficielle avec ses robes bien sages, Kate Nash puisque c’est d’elle dont il s’agit, nous arrive en provenance du net forte de sa vingtaine d’années.

Ecoutez son hit « Foundations » c’est vraiment épatant. Intro au piano, batterie métronomique, phrasé mi-Morrissey, mi-Billy Bragg matiné Housemartins, c’est parti et ce n’est pas prêt de vous lâcher. Ce nouveau délice de la perfide Angleterre avec sa voix légèrement voilée, sa façon so-british de dire « Faoun da cheune ». Son accent à couper au couteau va je l’espère vous plaire.

Le reste de l’album comporte quelques pépites charmantes comme « Shit song », « Skeleton song » et surtout « Monthwash » et on se dit inévitablement que la petite ira loin pour peu que le show business lui prête vie.

Pour ne rien gâter Kate Nash est une vraie personnalité, le cœur ancré à gauche mais sans concession pour un Tony Blair qu’elle rejette. Cette enfant du labour qui entre peu à peu dans sa bulle, paparazzis aux fesses, couvertures de magazines par dizaines pourrait devenir le nouveau phénomène pop de cette fin de décennie à une seule condition, celle de conserver sa fraîcheur et sa délicieuse pêche. Mais là franchement ce n’est pas gagné. On lui souhaite pourtant de garder la tête froide, elle le mérite.

Lyon, le 11 novembre 2007.

09/09/2007

Love

medium_Genesis_-_la_boite_à_musique.gifmedium_Genesis-La-Lagune-web.jpgAu début de l'été, je me suis pas fait que des amis parmi les fans purs et durs de Genesis. Si vous avez du temps à perdre il vous suffit de vous reporter à ces nombreux messages parfois hargneux, témoins de la mobilisation quasi extravagante de réseaux pro-Genesis dont j'ignorais jusqu'à l'existence.

Au delà des commentaires de dizaines de mails m'étaient destinés, la plupart du temps plutôt sympathiques. L'un deux signé d'un auteur "abécé" qui vient de sortir aux Editions de la Lagune un ouvrage intitulé "Genesis, l'éternelle révélation". Pour bien montrer aux fans de Genesis, que je suis tout de même un bon garçon, je veux recommander aussi l'ouvrage très documenté de Frédéric Delage "Genesis la boîte à musique, turn it on again" reparu quant à lui au printemps dernier aux éditions de La Lauze.

Sans rancune.

Lyon, 9 septembre 2007. 

20/07/2007

A comme Allen (Lilly) et Amy (Winehouse)

medium_A_fushia_Abécédaire.jpgLilly Allen est le dernier avatar du show business britannique, une sorte de concentré  racoleur et people, de branchouillerie jeuniste. Il faut écouter ça puis s'interroger, dans la douleur, sur la nature de la vie qui devrait attendre nos enfants et petits enfants.

Un signe qui ne trompe pas, même la "presse" française comme Closer, Voici et Public s'intéresse de près à cette jeune fille de 22 ans dont je vous recommande l'écoute de quelques extraits de son album pour vous permettre de situer le désastre.

Mix de valses et polkas matinées reggae, émulsion malodorante de rock croisé avec de la variété, hip hop frelaté mélangé sans discernement avec de la techno indigente cette petite nana est depuis quelques mois le nec plus ultra du tout London en vogue. La petite Lilly a d'autant plus le vent en poupe qu'elle est vendue comme une vraie teigne et le fait que ses chers parents arpentent l'industrie du spectacle depuis pas mal de temps n'est pas pour rien dans l'affaire. Pour preuve un début de carrière à l'age de 17 ans, avec contrat chez Warner à la clé. Plantage suivi d'une relance experte via un buzz énorme sur My Space, suivi d'une signature chez EMI font de la carrière de la Baby-Doll after punk un pur produit de mercatique appliquée.

Le plus pénible dans cette affaire n'est pas tant que la perfide Albion nous refile en contre-bande un tel asticot. Ce n'est ni la première et encore moins la dernière fois que l'on aura à supporter les mêmes camelotes musicales que les anglais. Non le plus scandaleux est que la presse tabloïd anglaise et nos torchons nationaux, je parle toujours de Voici, Closer, Public aiment à comparer Allen (Lilly) à la superbe Winehouse (Amy). Pour vous convaincre de l'immense talent de la seconde, reportez-vous à mon billet qui remonte à quelques mois et visionnez la video de "Back to black" qui fait suite à ce texte. Si vous ne connaissez pas encore cette formidable chanteuse, vous serez subjugués et vous irez vous procurer sans délais ce disque de votre été.

Lyon, 20 juillet 2007.

08:00 Publié dans Culture & cultures..., Podcasts | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : winehouse, allen, lilly, amy, rock, pop, soul | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/02/2007

Retour au garage

medium_Plasticine-Rock_and_folk.jpgPour le numéro de février, c’était Naast qui faisait la couverture de Rock et Folk. Pour celui, tout chaud de mars, ce sont les Plastiscines qui ont cet honneur d’habitude réservé aux artistes confirmés et donc vendeurs.

Les particularités communes de ces deux groupes sont nombreuses. Ils excitent les médias. Ils produisent une sorte de neo-garage-rock pur jus. Ils ont moins de vingt ans. Tous deux sont issus de ce que certains appellent déjà la nouvelle scène rock parisienne apparue il y a tout juste deux poignées d’années. Leurs références flairent bon les anthologies du genre « nuggets ». La différence entre les deux combos est pourtant majeure. Naast c’est des mecs. Les plastiscines, des filles.

Depuis quelques semaines donc certains médias s’intéressent à l’affaire puisque au-delà de Rock et Folk, Canal+ et Paris Première moulinent autour de Naast et des Plastiscines au point de rendre malheureusement suspect ces groupes désignés comme les nouveaux baby rockers.

Avides de chair fraîche à marketer, les maisons de disques travaillent le phénomène et on nous annonce après les Stuck in the Sound, la sortie des albums de Second Sex, Shads et de quelques autres.

Côté musique, soyons clairs, Naast et Plastiscines valent bien certains météorites surévalués en provenance de la triste albion. Revers de ce dopage médiatique, une certaine déception à l'écoute de ces deux albums s'impose en particulier concernant celui des sympathiques Plastiscines. Espérons tout de même que Naast et Plastiscines ne vont pas se faire manger tout cru par une industrie capable de les réduire d’ici l’été à l’état de kleenex usagé.

En attendant, à condition de dépenser une vingtaine d’euros au total pour ces deux albums, vous vous réjouirez comme moi de la levée d’une nouvelle génération dans un rock français plutôt jusqu’ici atone.

A ce propos, tout en saluant l’attitude positive du toujours jeune Philippe Manœuvre, Rock et Folk serait bien inspiré de venir faire un tour entre Saône et Rhône histoire de conter à ses lecteurs la qualité du travail de Dandelion et de quelques autres.

Lyon, le 19 février 2007.

14:15 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Naast, Plasticines, Rock, Folk, pop, canal, + | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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