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22/11/2010

Pause (toujours ?)

Color%20digital(1).jpgAprès quelques années de parfois bons mais toujours loyaux services, « De Lyon et d’ailleurs » va aller se faire voir ailleurs rejoignant ainsi l’immense cimetière des blogs. Ce blog n’a jamais été une passade conjoncturelle destinée à glaner quelques poignées de voix dans les caniveaux des campagnes électorales. Tout au contraire, avec ses milliers de billets publiés depuis le 20/11/2006, « De Lyon et d’ailleurs » m’a permis de donner mon grain de sel sur à peu près tout et n’importe quoi même si les arcanes de la vie politique locale n’ont jamais été mon obsession principale. En vérité, car tel était le cahier des charges que je m’étais fixé, les petites bassesses et les grands coups tordus qui enrichissent au quotidien notre vie politique tout en donnant naissance aux plus beaux ragots, n’ont jamais fait partie de la démarche de ce blog. Peut-être en sera-t-il autrement plus tard, Dieu seul le sait.

A deux ans des présidentielles, à quatre des municipales, le contexte qui va s’imposer à nous nécessite de changer et probablement d’imaginer un retour, pourrait-on dire, en fanfare, de la politique même au prix de l’abandon de mes dérisoires inclinaisons pour les sous-cultures, celles de ma génération. C’est donc avec ce type de perspective qu’un nouveau blog pourrait émerger d’ici quelques temps. Un blog probablement plus énergique que jamais, plus acide que parfois et peut-être même plus libre que jadis.

Que ce qui ont tant fait pour que « De Lyon et d’Ailleurs » existe se reconnaissent et soient remerciés chaleureusement. Que ceux qui, parfois en très grand nombre, se sont chaque jour tournés vers quelques-uns de mes morceaux de bravoure reçoivent mes plus cordiales salutations et enfin, que ceux qui ont toujours affiché un suffisant dédain à l’égard de cet exercice quotidien tout en se précipitant dès la première heure sur ce blog afin de renifler ce qui s’y disait soient également remerciés et pardonnés. Je vous embrasse tous et vous dis qu’il pourrait peut-être y avoir une vie après la pause, alors attendons la fin de la pause.

Lyon, le 22 novembre 2010.

27/10/2010

Stratégie de présence et d’influence ou mise à sac du politique ?

SAC.jpgLobbying !... Si en France, depuis 1995, les entreprises ne peuvent plus faire de dons aux partis politiques, en revanche c’est autorisé aux Etats-Unis. Mais aux Etats-Unis au moins, les affaires en question sont connues et publiées et l’on trouve sur les sites montants et bénéficiaires.

Comme le signalait Rue89, les entreprises françaises ne sont pas en reste pour arroser les candidats aux élections intermédiaires américaines. Il leur suffit pour cela de créer un comité d’action politique (Political Action Committee). Comme pour Obama ces élections risquent d’être difficiles, certains démocrates dénoncent les firmes étrangères qui interviennent de cette façon dans leur politique nationale. C’est le cas de certains fleurons français comme Areva, AXA, GDF Suez, Vivendi et autres Lafarge pour ne citer que les meilleurs donateurs parmi la douzaine d’entreprises citées et qui, pour la seule année en cours ont déjà versé plus de 625.000 $ et bien davantage depuis 2009 (voir Rue89). Que les « partisans » de tous bords se rassurent : 2/3 vont aux candidats démocrates et 1/3 aux républicains. Organisation actuelle du pouvoir oblige. Ouf !

S’il fallait une preuve nouvelle de l’intervention du système financier capitaliste dans les campagnes électorales…

Nous en France, nous sommes plus malins : nous créons des « premiers cercles » de donateurs dont la plupart sont des chefs de nos grandes entreprises et/ou de familles les contrôlant. Nous créons des micro-partis dont le Monde disait après enquête que : « le total des budgets des satellites du parti présidentiel atteint 4 938 451 euros. Une somme très supérieure à celle de l’ensemble des petits partis proche du PS, dont les budgets cumulés atteignent 796 964 euros ».

Et puisque nous en sommes à compter les points dans notre démocratie malmenée où les règles financières aveugles semblent supplanter les règles de la République issues de la Révolution et des Lumières, le rapprochement des comptes est éclairant :

- USA, Démocrates contre Républicains : gain 2 contre 1

- FRANCE, UMP contre PS : gain 6 contre 1

Espérons que le décompte des votes en 2012 soit inverse.

Qu’elles paraissent lointaines ces paroles d’Abraham Lincoln dans son premier message annuel au Congrès : « le capital est seulement le fruit du travail et il n’aurait jamais pu exister si le travail n’avait tout d’abord existé. »

Certainement parole de bolchevik !

Jean-Paul Schmitt

28/09/2010

Bruno Gollnisch, itinéraire d'un infant raté

gollnisch.jpeg16 septembre 2010, parvis de la basilique Saint Denis. Bruno Gollnisch, aspirant président du Front National, lance sa campagne interne depuis la nécropole des rois de France. Car pour détrôner Jean-Marie et faire la nique à Marine, Bruno Gollnisch est prêt à tout, même à convoquer les rois de France, Sainte Geneviève et tous ceux qui, "Dieu de clémence, ô Dieu vainqueur" sauveront, sauveront la France "Au nom du Sacré Coeur". Entre deux écrouelles et cinq pédiculoses corporelles à guérir, Bruno eut le temps de se rêver successeur de Louis I le Bègue, Louis IV d'Outremer, Louis VI le Gros et Louis XVI le Raccourci, tout en n'omettant pas d'écumer quelques vilénies contre la Révolution de 1789 et la horde de malheurs qui se sont bien évidemment abattus sur la France et sa mère l'Eglise.

Bruno Gollnisch, dont chacun à Lyon garde de son sens de l'Histoire un souvenir certain, a en plus un sens de l'optimisme à rendre jaloux ce porte-parole de Saddam Hussein qui chantait la douceur de vivre à Bagdad entre deux bombardements anglo-américains, n'ayant crainte de lancer sa croisade associative depuis une fosse commune de banlieue rouge. "Bruno, santo subito" pouvait-on entendre parmi la foule d'humanistes tridentins lefebvristes intégristes anticoncordataires venus participer au lancement de cette Reconquista des quartiers.

Pour être Kaiser à la place du Kaiser, Bruno Gollnisch avait pourtant toutes les cartes en main et les dieux très tôt s'étaient penchés sur son berceau.
Né à Neuilly le même jour - le 28 janvier - que Nicolas Sarkozy, ses parents lui attribuent le doux prénom de Bruno, qui, à lire les meilleures encyclopédies, viendrait du germanique brun, qui signifie bouclier mais aussi armure, couleur brune. Voyez combien la Divine Providence ne fut pas maladroite et n'a pas mégoté sur les grâces qui entourèrent la naissance celui dont nous parlons pour l'aider à son dessein national.

Et ce sans préjudice de la riche lignée dont il est le fruit : Gustave Flourens, son arrière grand-oncle fut défenseur des Crétois insurgés contre l'Empire Ottoman et les morceaux choisis de son oeuvre éphémère et discrète se trouvent, pour les amateurs de philanthropie, dans l'ouvrage de Marc Crapez, L’antisémitisme de gauche au XIXe siècle; Emile Flourens, son arrière-grand-père savait vivre avec son temps et fut un membre éminent de la Ligue Française Anti-maçonnique qui publia dès 1907 un excitant La liberté de l'esprit humain, pourquoi l'Église de France triomphera de la persécution. Bon sang ne saurait donc mentir et à voir pareil lignage, on n'ose imaginer, comme aurait dit Audiard, "l'aspect grandiose du mélange". Tous les ingrédients étaient dès lors réunis pour que Bruno perçât sous Gollnisch.

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08:12 Publié dans Stéphane Nivet | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bruno gollnisch, front national, france, politique, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/06/2010

Centre ?

Morin bascule.jpgÀ en croire feu Chaban-Delmas « le centre est immobile, la roue avance, son centre ne bouge pas ».

Quand c’est Bedos qui s’y met, « la gauche est au centre, le centre est à droite et la droite à l’extrême. Faut suivre… »

Mon maître d’école avait du mal à me faire comprendre que le centre est un point situé à égale distance de chacun des points d’un segment de droite !... Pour enfoncer le clou dans ma caboche, il insistait le bougre en me faisant apprendre par cœur que le centre c’est aussi un point situé à égale distance de chacun des points d‘un cercle ou de la surface d’une sphère. De là date pour moi cette perception que le centre est une chose étrange qui tourne en rond pour tenter de vous faire perdre la boule.

Morin, notre militaire en chef, vient d’avoir des élans de tribune qui me rappellent le même sentiment d’étrangeté. À ce Nouveau Centre pas vraiment centré qui l’a élu avec 93% des voix (score extraordinaire quand on sait la notoriété de son hyper médiatique challenger, Tayeb Touazi, conseiller municipal de Dreux) il tente de faire comprendre que c’en est fini avec le marais ; qu’il s’agit désormais de se « hisser pour sortir des sables mouvants » que sont l’UMP et Sarkozy, ce président qui traitreusement caresse Bayrou tout en tentant de convaincre Borloo de ne pas y aller.

Sarkozy et l’UMP Bayrou-compatibles ? C’en est sûrement trop et c’est probablement pour cela que le Morin nouveau se rebiffe. Oh un petit, tout petit peu ! Dans un élan rhétorique qui prendra place dans les manuels d’histoire et à côté duquel l’appel du 18 juin paraît une aimable pochade, il vient de déclamer lyrique : « Si nous n’allons pas jusqu’au bout, c’est que nous aurons échoué. »

Frisson dans les foules. Roulements de tambours.

Jean-Paul Schmitt

31/05/2010

Au nom du réel

Jean-Baptiste_Marie_Pierre_-_Vieillard.jpgSouvent, et à juste titre, on ne peut qu’être, si ce n’est effrayés tout du moins peinés, par l’irréalisme mêlé de populisme de certains secteurs de la gauche. Le refus de se coltiner la réalité telle qu’elle se présente demeure la maladie sénile d’une partie de la gauche et il est heureux de constater, en particulier au sein du Parti socialiste, que l’idée de se confronter à la réalité telle qu’elle s’impose, est très majoritaire. C’est ce que certains nomment le socialisme réformiste.

Concernant la question des retraites, c’est malheureusement parmi ceux qui ont pour habitude de convoquer le réel que l’on semble parfois faire le moins de cas de la réalité des choses. Dans cette réforme que touche par touche Sarkozy nous invite à adouber, les secteurs qui militent en général pour un socialisme fondé sur le réel sont paradoxalement ceux qui refusent, au nom d’une certaine idéologie, de voir la réalité dans toute sa nudité. En effet dans le combat des retraites qui s’offre à nous le réalisme ne peut que se conjuguer avec la lutte contre les inégalités et l’injustice.

Cette réforme des retraites qui va être proposée par la droite correspond ni plus ni moins qu’à pénaliser les ouvriers et les employés car repousser l’âge légal de 60 à 62 ou 63 ans c’est punir ceux qui connaissent les carrières les plus longues combinées la plupart du temps avec les salaires les plus courts. Par ailleurs en repoussant la décote au-delà de 65 ans, probablement vers 67 ou 68 ans, c’est également pénaliser les mêmes couches qui pour jouir de retraites à taux pleins devront s’user au travail jusqu’à des âges frisant leur espérance de vie. Face à cette situation aggravante et injuste, la réalité qui frappe les plus riches est autrement plus enviable puisque chacun sait que leurs niveaux d’imposition devraient être, au pire, proche de celui de l’avant bouclier-fiscal. Enfin, toujours au chapitre de l’injustice, nous savons que pour les carrières les plus courtes, celles des femmes par exemple, les inégalités risquent d’être encore plus criantes.

Face à ce projet gouvernemental, c’est donc au nom du réel que nous devons construire une opposition. Même si dans ce débat certains secteurs de gauche charrient encore leurs options démagogiques et populistes, ce n’est probablement pas une raison pour aller se perdre, au nom de je ne sais quel réalisme, dans des discours incompréhensibles qui, à tort ou à raison, apparaîtront inévitablement comme les cache-sexes de politiques injustes.

Lyon, le 31 mai 2010

Image: DR

24/03/2010

Grand’O de Lyon

Grand'O punk.jpgFini le « Château La Pompe ». Désormais, sur toutes les tables c’est « Grand’O ». Si vous ne le savez pas encore, c’est que vous faites partie des quelques rares sourds, aveugles ou analphabètes qui ont échappé à la communication du Grand Lyon sur cette histoire d’O.

Une communication à cent mille euros ergotent certains. Ne chicanons pas, qu’est-ce que cent mille euros à côtés des économies que vous allez faire ?

Vous, parce que moi, je suis depuis longtemps un inconditionnel de la grande H2O de nos éviers. Si, si, vous allez économiser ! Supposez un instant que vous remplaciez les 500 litres d’eau en bouteilles que vous achetez bêtement chaque année - et que vous payez 35 centimes d’euro le litre en moyenne – par cette délicieuse grande O à 0,3 centimes d’euro le litre, livraison comprise : c’est un bingo assuré de 160 euros ! Sans compter l’amélioration du bilan carbone si cher à nos amis d’Europe Écologie et du PS réunis récemment sous la même bannière. Et sans compter les kilogrammes d’emballages à recycler que vous allez éviter.

J’en entends un d’ici qui ronchonne encore que décidément, scron-gneu-gneu, on aurait peut-être pu éviter de dépenser ces cent mille euros. Tout ça pour une marque de flotte, fut-elle du Grand Lyon.

On pourrait lui objecter que si seulement 0,05% des habitants du grand Lyon cessaient de s’approvisionner complètement en bouteilles d’eau, les cent mille euros seraient récupérés en une année. Bon, d’accord, on voit tout de suite l’objection qui va suivre : la somme en question sera récupérée par l’ensemble des convertis mais quand même payée par tous les contribuables.

Comme toujours, et comme on dit chez nous, c’est au moment de payer les pots qu’on sent qu’on n’a plus soif. Des fois y a qu’on dépense son argent mal à propos. D’autres fois c’est de même qu’on ne le dépense pas. Le tout c’est d’être ni panier percé ni rapiat.

Allez trinquons donc. Cette Grand’O de Lyon « qui est si bonne qu’elle pourrait être donnée aux nourrissons » comme le dit le Jean-Paul Colin qu’est vice-président à la politique de l’eau, ça vaut bien quelques menus picaillons pour la faire connaître !

Jean-Paul Schmitt

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[Edit JYS:]

Raymond Terracher.jpgJ'apprends avec tristesse le décès de Raymond Terracher, Conseiller général, élu communautaire et ancien maire de Villeurbanne entre 1997 et 1998. Je présente à sa famille et ses proches mes plus sincères condoléances.

19/03/2010

Changement de séquence en vue

Sarkozy NB.jpgPartant du principe que le président de la république n’est pas, loin de là, un perdreau de l’année, nous pouvons considérer qu’entre ces deux tours des élections régionales, Nicolas Sarkozy est désormais persuadé de ce nouvel adage, « à scrutin régional, conséquences nationales ». L’homme qui voulait décomplexer la droite en promettant d’en découdre avec Mai 68, de réformer – comprendre de faire reculer le plus d’acquis possibles -, de promouvoir « la valeur travail » se retrouve dans une mauvaise passe dont il n’est plus certain de se sortir d’ici les prochaines présidentielles. Autrement dit, ce qui apparaissait il y a quelques temps encore comme une évidence, Sarkozy se succédant à lui-même, n’est plus du tout une certitude tant le petit génie du bricolage qui siège à l’Elysée est en situation inconfortable à l’égard du pays comme de sa majorité.

Dès lundi matin, le pays rentrera définitivement dans la séquence politique des présidentielles. Nicolas Sarkozy n’aura d’ailleurs guère que quelques mois pour inverser une tendance pour le moins défavorable et il n’est plus certain que l’ensemble des propos contenus dans l’interview du Figaro Magazine de samedi dernier continuent d’être d’actualité d’ici là. Si l’actuel Président n’arrivait pas à remonter la pente dans des délais relativement contraints il n’est plus sûr et certain que sa candidature pour un second mandat s’imposerait sauf si l’actuelle opposition, Parti Socialiste en tête, demeurait dépourvue de réponse globale, crédible et donc réaliste. Il y a quelque peu, à l’occasion de la disparition du leader travailliste anglais Michael Foot, certains faisaient état de son programme pour les élections de 1983 jugé alors comme très à gauche. Un programme dont la pureté n’avait d’égal que l’échec retentissant puisque il n’avait permis, face à Thatcher, de recueillir l’adhésion de seulement 30% des électeurs. Un programme qui restera dans la mémoire du socialisme anglais comme, « la plus longue lettre qu’un suicidé ait jamais écrite ».

Lyon, le 19 mars 2010.

05/03/2010

Vivement demain

urne-bis.1204846919.jpgAlors que nous sommes à peine entrés dans la ligne droite qui va nous conduire au premier tour des élections régionales, élections qui je le rappelle imposent la tenue d’un second round, certains sont déjà entrain de reluquer leurs futures circonscriptions législatives. Prenez la 1ère circonscription du Rhône, après avoir diffusé quelques tracts l’autre dimanche sur un marché, Thierry Braillard (PRG) nous expliquait le sur-lendemain sur son blog avec, faut-il le dire, une certaine émotion, « le plaisir à mener campagne dans la 1ère circonscription de Lyon, celle où j’ai été candidat en 2007 et où j’espère bien poursuivre le combat en 2012 ».

A lire la presse qui, avec une gourmandise non feinte, commence à se faire l’écho de ce phénomène et pour reprendre la formule de Thierry Braillard qui se dit que « d’autres candidatures seraient suggérées, envisagées, entrevues », on ne peut que se réjouir du fait que le défaut de candidatures n’est pas le malheur qui pourrait subitement s’abattre sur la vie politique française. D’ailleurs, toujours dans cette même 1ère circonscription du Rhône, l’actuel titulaire du poste de député, l’UMP Michel Havard, n’est pas disposé à se faire plumer comme une vulgaire volaille de Bresse. Il aurait déjà prévenu que même battu pour les prochaines législatives de 2012, il serait candidat aux municipales de 2014. Il y a maintenant quelques mois Thierry Braillard quant à lui avait annoncé qu’il pourrait être candidat aux dites municipales dans le cas où Gérard Collomb renoncerait à un troisième mandat, nous pouvons raisonnablement ne pas exclure qu’un combat Braillard- Havard risque d’avoir des allures de sommet Mohamed Ali/Foreman en 2014. Sachant que cette année là, se produiront les premières élections des fameux Conseillers Territoriaux qui précèderont les législatives de 2017, j’invite les plus jeunes d’entre-vous à réfléchir à tout cela dans la mesure où en 2020 de nouvelles échéances municipales se profileront et qui précèderont quant à elles ….

Lyon, le 5 mars 2010.

04/03/2010

Lundi au transbo

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Lyon, le 4 mars 2010

02/02/2010

Dany Kasparov

daniel-cohn-bendit-danny-the-red-parigi-14-maggio-1968.1203589748.jpgJe n’aime pas Daniel Cohn-Bendit depuis…1968 période que nous n’avons pas traversé dans le même camp mais je lui reconnais une grande compétence politique qui s’est bonifiée avec le temps. Aujourd’hui par exemple il est certainement le seul à faire les constats habituels sur la réalité politique du moment tout en ébauchant des pistes alternatives réalistes et compréhensibles. Certes son statut d’électron libre l’aide sensiblement mais encore fallait-il construire ce positionnement. Il est de toute évidence un vrai animal politique et c’est pour ça, de mon point de vue, que les listes Europe-Ecologie ne feront pas d’aussi bon scores dans les régions : le choix de tête de liste de la société civile n’ayant pas l’impact des deux vieux routiers, Cohn-Bendit-Bové, qui ont tiré la liste aux européennes. Son talent celui que l’on n’appelle plus Dany le rouge l’a encore montré ces jours ci.

En lançant en début de la campagne des Régionales l’idée d’un accord avec le PS, sur la base des résultats de 2010, pour les législatives de 2012, c'est-à-dire après la présidentielle, il joue un coup digne du meilleur professionnel du jeu d’échec. Du Kasparov. Il n’est d’ailleurs pas sûr que cette fois Cecile Duflot, la patronne des Verts, pense comme elle le répète à souhaits qu’il n’y a pas de « lézard » entre Dany et elle au moment où ce dernier préempte la stratégie des verts pour les années à venir. Par cette initiative le député européen rappelle que la politique c’est avant tout de l’anticipation et du réalisme. Réaliste il admet ce que tout le monde pense ; la gauche sera encore trop divisée pour gagner la présidentielle de 2012 en même temps les français, beaucoup plus sages qu’on ne le dit ne laisseront pas à Sarkozy les mains libres et lui imposeront lors des législatives une cohabitation. Bien vu et c’est dans cette brèche qu’il engouffre Europe Ecologie comme troisième force politique et lui attribue le rôle d’aiguillon de cette majorité parlementaire. Voila qui donne un sens au combat de ce mouvement et une perspective lisible aux électeurs surtout ceux d’une génération qui veut sortir de l’affrontement binaire de ces dernières décennies.

Philippe Dibilio

Photo: DR

13/01/2010

Anticipation

SR Culture.jpgQue n’a-t-on pas raillé Ségolène Royal après sa soirée au Zénith et le fameux fra-ter-nité et quel silence des média lorsque Nicolas Sarkozy reprend la formule lors de ses vœux au pays. Ce qui chez Ségo était tourné en dérision devient dans la bouche de Sarko un propos ordinaire. Fantastiques média dont l’indépendance s’arrête à la porte de l’Elysée et qui ne vont pas, ne serait ce qu’égratigner, un Président en pleine déconfiture dans l’opinion. Avec 32% seulement de satisfaits de sa politique il est en totale chute libre mais c’est là le sort d’un homme qui à force de gesticuler dans tous les sens perd tout le monde en route. Et s’il reparle de fraternité c’est que l’opinion lui renvoie l’image de sa politique totalement anti-fraternelle ce qu’avait bien compris Ségolène avant lui. Car la politique sarkozienne cultive la haine et l’affrontement ; haine de l’autre, du migrant comme de l’immigré ; haine du concurrent comme de l’adversaire. Dès lors il n’est pas étonnant qu’une partie de l’opinion aspire à la fraternité.

Mais il n’est pas que sur ce sujet que Ségolène Royal anticipe, c’est aussi le cas dans la composition de ses listes en vue des élections régionales en Poitou-Charentes. On y notera la présence de deux syndicalistes l’un de chez Heulliez entreprise pour le sauvetage de laquelle elle s’est particulièrement impliquée, l’autre de l’équipementier Fabris. Rien d’extraordinaire si l’on se réfère à l’histoire de la gauche et à ses liens avec le mouvement syndical. Véritable révolution à l’heure où le monde du travail n’a plus droit de cité dans les circuits institutionnels. Il n’est de ce point de vue qu’à se reporter à la liste socialiste du Rhône pour mesurer la différence, une liste que même l’arrivée au deuxième tour de candidats issus des partenaires ne comptera toujours pas de représentants du monde du travail en activité. A l’heure où le chômage reste la principale préoccupation des français, où les derniers conflits sociaux portent essentiellement sur le sauvetage d’emplois cette défection interroge. Le rassemblement nécessaire pour battre la droite en 2012 ne se fera pas sans une vraie sensibilisation des actifs de ce pays. Et l’on ne pourra pas longtemps les oublier dans la représentation politique. Apparemment Ségolène a anticipé la question la première.

Philippe Dibilio

09/11/2009

Money Maker

jpg_Patrick-Buisson-6848e-1f84c.jpgD’ici quelques temps à la question, « Petit, qu’est-ce que tu veux faire comme métier quand tu seras grand ? », le premier gamin que vous croiserez répondra, « Je veux faire Patrick Buisson ». La réponse pourra probablement vous surprendre, voire même vous choquer, mais il faut se rendre à l’évidence, le Money-Maker Patrick Buisson est sur le point de devenir un exemple pour notre jeunesse.

Dès que l’info va se savoir dans nos quartiers, nos jeunes risquent donc de phosphorer pour fourguer à Nicolas Sarkozy des tas de trucs dont il a besoin, mais revenons au génial Buisson. Le type achète en gros des sondages pour même pas 200 000 euros et les refacture près de 1,1 million à Sarko, récupérant au passage plus de 900 000 euros. Ce qu’il y a d’épatant dans ce business réside dans le fait que la police regarde ailleurs pendant que s’opère le deal puisque la commission des sondages se déclare incompétente en la matière. Surfacturation, absence de contrôle, si un député socialiste n’était pas passé dans le coin, il est clair que le business continuerait de prospérer. Au cas où certains souhaiteraient en savoir plus sur le petit commerce de Buisson avec l’Elysée, la Ministre de la Justice vient de mettre les points sur les « i », la chose n’est pas possible. Fermez le ban.

Interrogé par quelques journalistes sur l’activité de sa petite entreprise, Patrick Buisson refuse de se justifier et l’Elysée nous explique aujourd’hui que ce léger dysfonctionnement est désormais du passé. Fermez le dossier.

Une fois dit que les Français devraient être reconnaissants envers le député socialiste Jean Launay, une fois constaté que pour le pouvoir, l’affaire est désormais close, reste tout de même une question. Que fait Patrick Buisson de tant d’argent ?

Lyon, le 9 novembre 2009.

Illustration: source Bakchich.info

16/10/2009

Cuisine bio

Les verts.jpgLes Verts, dont certains commencent à dire qu’ils ne se sentent plus, viennent de renvoyer François Bayrou derrière ses talenquères. Cette fin de non-recevoir pour une alliance de premier tour lors des prochaines régionales avec le Modem devrait ramener le parti écologiste à la réalité, non pas que Cécile Duflot aurait ainsi fait le mauvais choix, mais tout bêtement parce que cette décision renvoie au véritable bilan que son Parti se doit de tirer des récentes élections européennes.

Ici comme ailleurs, nous étions nombreux, dès le lendemain du scrutin européen, à mettre en garde les Verts sur la véritable nature d’une victoire qui était avant tout celle de Daniel Cohn-Bendit et très secondairement celle des Verts. Depuis pratiquant une sorte de captation d’héritage, les écologistes, Cécile Duflot en tête, faisaient mine de ne pas tenir compte de cet état de fait. A la tête du pactole de Cohn-Bendit, Cécile Duflot, parfois même avec une certaine arrogance, ne cessait de se comporter comme « une nouvelle riche ». Depuis hier la réalité frappe à nouveau la maison verte. Les frères Cohn-Bendit sont furieux et dénoncent « l’esprit de fermeture de leur partie ».

Plus décisif « Europe Ecologie » vient de rappeler au Parti de Cécile Duflot, que « ce ne sont pas les Verts, qui dirigent le rassemblement Europe Ecologie » rappelant par ailleurs à tous que la double appartenance est chose permise, façon sympathique d’indiquer qu’il y a en vérité en France deux partis écologistes, l’un qui s’appelle les Verts, un second nommé « Europe Ecologie ». J’imagine que pendant encore quelques jours, les Verts, Cécile Duflot en tête, vont nous expliquer que cette mini tempête est « un problème de riche ». En attendant, au plan interne grenouillages et tapages vont constituer le quotidien d’un parti qui devra bien annoncer un jour aux français qui sont ses têtes de listes aux régionales. Déjà en Alsace cela sent la tambouille, les amis de Dany cherchant à se rapprocher du transfuge des Verts, l’ancien secrétaire national passé au Modem, je veux parler de Yann Wehrling.

En Rhône-Alpes il y a déjà pléthore de candidats au sein des Verts sans parler du pédagogue Meirieu qui bénéficie du soutien de Cohn-Bendit. A propos de pédagogie, voilà très certainement une bonne opportunité pour l’ancien conseiller de Claude Allègre de passer enfin de la théorie à la pratique.

Lyon, le 16 octobre 2009

26/05/2009

Indécent

peau_de_banane.jpgOn le sait la délicatesse n’est pas une vertu qui occupe le champ politique, mais tout de même. En se mettant à trois élus verts de Villeurbanne, l’irascible Béatrice Vessiller en tête, pour donner une interview au Progrès dont le seul but est de « flinguer » Bernard Rivalta on atteint là les sommets de l’indécence. A leurs yeux rien ne va au Sytral que préside Rivalta : tarifs trop élevés, projets villeurbannais retardés etc… Même lorsque le journaliste évoque le fait que l’Etat n’accorde que des miettes aux transports lyonnais B. Vessiller tacle Rivalta car, dit elle, les projets du Sytral ne sont ni « grenello-compatibles » ni assez Plan Banlieue compatible. Tout ça comme si le président de l’organisme de transports était seul à bord, décidant de tout et ne rendant de comptes à personne. Or chacun sait, et Béatrice Vessiller en particuliers puisqu’elle siège au conseil syndical, que le Sytral est un outil de la politique d’aménagement du Grand Lyon (beaucoup) et du Conseil Général (un peu) lesquels donnent le là du plan de mandat. En fait la question des transports relève ici plutôt du prétexte tant il est évident que cette interview ne vise en fait qu’à donner le coup de grâce à Bernard Rivalta à Villeurbanne. La bouche en cœur Béatrice Vessiller donne crédit au maire de la ville des meilleures intentions et son acolyte J.C Ray accuse Rivalta de jeter des peaux de bananes sous les pieds du premier magistrat.

Dans cette querelle villeurbanno villeurbanaise qui agite le landernau socialiste local de longue date les verts prennent donc publiquement fait et cause pour celui qui les a fait rois depuis le déclin du PC et ils tirent sans ménagement sur l’ambulance Rivalta. Vessiller glisse d’ailleurs dans son propos cette phrase assassine : « mais peut-on encore compter le conseiller général du canton nord comme un élu de la ville »? Jusqu’en 2011 en tout cas il sera titulaire de ce poste mais par cette perfidie Béatrice Vessiller lance le débat de la non-reconduction de l’intéressé à la candidature, un souhait du maire sans doute, que les Verts devancent certainement pas sans arrières pensés. Avec ce comportement de Harki la basse manœuvre que représente cette interview atteint l’indécent voire pire de la part de plus de ces messieurs et dames venus à la politique en nous expliquant qu’il fallait en changer les mœurs, faire de le politique autrement, la moraliser. Une fois en place ces belles intentions ont tendance à s’envoler dans l’espoir du moindre siège supplémentaire.

Philippe Dibilio

12/04/2007

Le manifeste de l'envie

medium_Manifeste-des-100---Le-Poin.jpgJusqu'ici, on connaissait les appels de personnalités destinés à mobiliser la population autour d'une cause ou d'une revendication. On connaissait aussi les manifestes capables d'avancer ou d'exiger des droits nouveaux ou des propositions d'action. Qu'il s'agisse de mettre en avant les droits démocratiques dans des casernes françaises dans les années soixante-dix (Appel des 100) ou un combat pour l'avortement libre (Manifeste du Nouvel observateur), dans chaque cas, le mouvement se cristallisait autour d'un texte qui se voulait fort, fondateur et rassembleur..

L'hebdomadaire "Le Point", en mettant en place "Le manifeste de l'envie", c'est-à-dire celui de 100 jeunes de 30 à 40 ans porteurs de "100 idées pour une France ouverte, unie et en mouvement", Le Point donc, révolutionne le genre en publiant un manifeste qui est la simple addition des courtes contributions de signataires qui, en vérité, ne signent rien d'autre que leur propre production, faute d'avoir un texte collectif à parapher. Chaque contributeur est en réalité signataire du centième du Manifeste de l'envie. Vous voyez donc que ce truc est vraiment nouveau puisque les jeunes en question se retrouvent conjointement signataires, avec d'autres qu'ils ne connaissent pas, d'un Manifeste qui n'existe pas. Trop fort Le Point.

En vérité, la paternité de ce Manifeste de type nouveau ne revient pas totalement au Point mais pour une bonne partie à Arnaud Lagardère et à quelques uns de ses amis qui veulent voir émerger "un modèle social régénéré" en donnant la parole à des jeunes qui sont "dans la société qui travaille" (sic!) et qui "constituent l'avenir du pays" (re-sic!) pour aider à construire "une France humaniste, unie et conquérante" ce qui, vous l'avouerez ne mange pas trop de pain.

Parmi ces manifestants, je compte quelques très chers amis et loin de moi l'idée de dénigrer le propos des autres tant cette accumulation d'envies doit être considérée comme sympathique. Cela étant, si notre centaine de jeunes constitue "manifestement" pour Le Point le rassemblement des meilleurs élèves de la classe France, je suis certain que ceux qui se trouvent au premier rang, juste sous le nez du professeur, représentent l'excellence.

Au pied de l'estrade, en tête de liste, page trois, on trouve donc l'élève Mathieu Laine. Vous ne pouvez pas le rater Mathieu, c'est lui qui lève la main bien haut en hurlant à Lagardère "Mssieur! Mssieur! Moi Mssieur!". Avec Mathieu on reconnaît illico la fougue de l'avocat qui attaque de suite par crainte de ne pouvoir écluser dans un petit feuillet la totalité de ses lubies libérales et réactionnaires pour faire plaisir au Professeur. Quelles sont donc les envies de Mathieu? Elles sont simples comme un licenciement, aussi évidentes qu'une délocalisation, fraîches comme une reconduite à la frontière sur le coup de six heures du matin, jouissives comme la destruction en place publique d'un container de codes du travail. Pour Mathieu il faut, je cite, "supprimer l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les successions et l'ISF, créer un impôt unique dont le taux maximal serait plafonné à 30%". Dans sa juvénile quête de libéralisme notre avocat commis d'office rêve "d'un assouplissement du droit du travail" et pourquoi pas du "retour de ceux qui ont fui le modèle social français" qui, après la concrétisation de telles envies ne manqueraient pas de se réinstaller dans un pays qui conjugue "bon vin", "savoir vivre" et "fiscalité dynamisante".

Si vous voulez lire les autres "envies" de notre jeunesse sélectionnée par Le Point, reportez-vous sans attendre au numéro 1803 de l'hebdomadaire mais, attention, n'oubliez pas de parcourir la conclusion de l'économiste Christian de Boissieu qui nous dit au détour de la première colonne que, "la France manque d'entrepreneurs Schumpétériens". Je propose au Point d'élaborer sans attendre un Manifeste Schumpétérien. Je vois d'ici notre ami Mathieu Laine s'installer déjà au premier rang.

Lyon, le 12 avril 2007

 
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