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24/07/2010

E comme "Epouvantail (l')"

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Comme presque chaque année les éditions du Seuil nous traduisent un Michael Connelly. L’affaire dure depuis des lustres puisque avec « L’épouvantail » il s’agit du vingtième Connelly, un roman à disposition du public américain depuis presque 10 ans. Pour tout vous dire, avec ou sans Harry Bosch, j’ai toujours du plaisir à lire ces bouquins même si je sais que tous ne peuvent se valoir. La livraison de l’année est plutôt bonne et on y retrouve le journaliste McEvoy ce qui permet à Connelly de nous en dire plus sur les arcanes d’une presse américaine en difficulté. Sur le départ, McEvoy, qui après tout n’est peut-être que le double de Connelly, lui aussi ancien journaliste dans les années quatre-vingt, McEvoy donc va enquêter sur un jeune dealer noir que tout semble rendre coupable. Un peu à la manière d’un Hitchcock, Connelly livre très tôt à ses lecteurs l’identité du véritable coupable autant vous dire que l’auteur de cet « Epouvantail » est sûr et certain de l’efficacité de son intrigue et de l’excellence de la conduite de son récit. Inutile de vous en dire beaucoup plus. Je peux cependant vous certifier que le Connely 2010 est de très bonne facture, en quelque sorte idéal pour l’été.

Michael Connelly_epouvantail.jpg> Michael Connelly, « L’épouvantail », Le Seuil, 21,80 euros - Traduction Robert Pépin

Hautes-Pyrénées, le 24 juillet 2010.

 

10/05/2010

La crise en crissant

528071960.gifAprès le discret séminaire gouvernemental de la semaine passée, on peut dire que la Grèce s’est définitivement invitée dans la politique française même si, vous l’avez tous compris, la rigueur est en aucune façon à l’ordre du jour dans ce pays, pas plus d’ailleurs que l’austérité. Ce qu’est entrain de fourbir l’Elysée n’a vraiment pas de nom mais soyez certain que, comme tous les coups portés, cela laissera des traces. En effet en voulant situer illico le déficit public à 8% cette année, 4.6% du PIB en 2012 et définitivement moins de 3% par la suite, le fumet de la soupe à la grimace des deux « tord-boyaux » de Matignon et l’Elysée à des allures d’austérité mais que l’on se taise. Que l’on se fiche dans le crâne qu’il n’y aura jamais, au grand jamais, d’austérité et de rigueur sous Sarko Ier. Même si Fillon a déclaré en 2007 que l’Etat était en faillite les baffes que les Français vont encaisser dès le prochain budget ne seront présentées que comme de simples efforts, de petits soufflets. Bien entendu rien n’est plus manipulateur. L’attaque va être rude et injuste. De Lagarde à Jouyet, la galaxie Sarko se prépare à l’offensive généralisée et comme toujours, en pareilles circonstances, la lumière provient des « sources gouvernementales » et jamais des ministres. Dans Le Figaro du 7 mai, l’une d’entre-elle mérite méditation sur la nature de l’attaque qui se prépare, la fameuse source indiquant que « Très peu de gens sont énormément taxés alors que beaucoup ne le sont pas du tout. Il y a sûrement un moyen de rééquilibrer tout ça. » Alors si vous estimez faire partie de ceux qui pourraient se sentir que peu taxés, je ne peux que vous remercier par avance pour votre contribution à ce rééquilibrage imaginé par l’Elysée, Matignon et Bercy.

Quitte à avoir des idées noires et peut-être même des envies peu recommandables de violence, je vous conseille la lecture de polars. Cela tombe bien puisque « Quai du Polar » invite deux auteurs dans les prochains jours.

> Rencontre avec DOA auteur entre autres de Citoyens clandestins (Gallimard) et de Fous d’avril, lauréat du prix Quai du Polar 2005

Mercredi 12 mai à 19h

Librairie Grand Guignol. 91, montée de la Grande Côte, Lyon 1er.

> A l’occasion de la sortie de Résurgences (Au diable vauvert)

Rencontre avec Ayerdhal

Jeudi 20 mai à 19h

Librairie Passages. 11, rue de Brest, Lyon 1er.

Réservations conseillées : 04 72 56 34 84

Lyon, le 10 mai 2010.

09/04/2010

Dans le noir

cine quais du polar.jpgA l’occasion de chaque édition du Festival, « Quais du Polar » et l’« Institut Lumière » proposent leur programmation de films noirs présentés par des auteurs qui participent au Festival. Cette année la sélection tourne autour de la figure du tueur en série.

En voici le détail….

- Vendredi 9 avril, 20h30, « L’Inspecteur Harry » de Don Siegel (1971) présenté par Don Winslow.

- Samedi 10 avril, 15h30, « Maigret tend un piège » de Jean Delannoy (1957) présenté par l’auteur et ancien boss de la série noire, Patrick Raynal.

- Samedi 10 avril, 18h00, « Seven » de David Flincher (1995) co-présenté par Franck Thilliez et Maxime Chattam.

- Samedi 10 avril, 20h45, « L’ombre d’un doute » de Hitchcock (1943) présenté par Tanguy Viel.

- Dimanche 11 avril, 14h30, « Les mois d’avril sont meurtriers » de laurent Heynemann (1986), présenté par Ingrid Astier.

- Dimanche 11 avril, 16h30, « The pledge » de Sean Penn (2000) présenté par Henri Loevenbruck.

- Dimanche 11 avril, 19h00, « l’Etrangleur de Boston » de Richard Fleischer (1968) avec Tony Curtis et Henry Fonda.

Bonnes projections. J’en profite pour vous dire que l’Institut Lumière organise le 28 avril prochain une soirée-hommage au « Ciné-fils » Serge Daney à l’occasion du spectacle « La loi du marcheur » de Nicolas Bouchaud au théâtre des Ateliers du 3 au 7 mai 2010 (Renseignements sur www.theatrelesateliers-lyon.com et au 04.78.37.46.30)

Lyon, le 9 avril 2010.

17/08/2009

R comme « Roman noir »

184258809.jpgJe vous parle aujourd’hui d’un temps ou les héros de polars n’étaient pas médecins légistes ou experts scientifiques. Un temps largement révolu ou les bouts de ficelles et le flair permettaient à des flics ou des privés désabusés, cigarette au bec et fiole de whisky à portée de main, de trainer leur carcasse entre deux crimes. Parmi les plus célèbres de ces détectives l’un s’appelait John Dalmas mais c’est sous le nom de Marlowe, Philip Marlowe, qu’il deviendra célèbre. Son créateur Chandler, Raymond Chandler, ne ressemblait que bien peu à ses héros. Tour à tour comptable, employé à l’Amirauté, Chandler commença sa carrière de maître du roman noir sur le tard, vers quarante-cinq ans. Son premier roman est publié en 1939, c’est le célèbre « Grand Sommeil ». On célèbre cette année le cinquantième anniversaire de sa disparition et les éditions Omnibus fêtent très dignement l’évènement en publiant en un seul volume ses nouvelles sous le titre « Les ennuis, c’est mon problème ». Cette somme de plus de 1200 pages est suivie d’un essai dans lequel Chandler, suprême hommage à Hammett écrit, « il a restitué le meurtre à ceux qui le commettent pour de vrais raisons, non pour fournir un cadavre à l’auteur. »

C’est probablement là que réside le secret de fabrication de ce nouveau polar issu des pulps magazines qui avec Chandler, Hammett et par la suite toute une lignée vont serrer le kiki au roman policier pour « inventer » le roman noir.

9782258079823.gifA propos de roman noir, à ceux qui ne sont pas des fidèles de cette littérature, je ne peux que recommander le formidable petit bouquin de Jean-Bernard Pouy qui en quelques 120 pages, bibliographie non comprise, règle le problème comme avant lui Claude Mesplède l’a fait dans son indépassable Dictionnaire des littératures policières en deux volumineux tomes. Il vous reste une petite quinzaine de jours avant de reprendre le boulot, autant vous dire que vous avez du pain sur la planche.

  • > Raymond Chandler, « Les ennuis, c’est mon problème », Omnibus, 29 euros.

  • > Jean-Bernard Pouy, « Une brève histoire du roman noir », l’œil neuf, 14.90 euros.

  • > Claude Mesplède, « Dictionnaire des littératures policières », éditions Joseph K. (2ème édition-2007), 50 euros.

Lyon, le 17 août 2009.

31/07/2009

H comme « Heureux au jeu »

H.jpgIl est parfois bien difficile de s’y retrouver dans la production d’un auteur prolixe dont nous ne bénéficions des traductions avec un grand décalage. Avec le dernier Lawrence Block, Le Seuil nous propose en fait un roman paru aux Etats-Unis en 1964 sous le titre de « The sexual shuffle » et sous le pseudonyme de Sheldon Lord. Autant vous dire que cet « Heureux au jeu », définitivement signé Lawrence Block, est à placer dans la préhistoire de l’œuvre du New Yorkais même si le roman en question n’est en rien un fond de tiroir.

Cela étant en moins de 200 pages, le jeune auteur débutant trousse alors une histoire, on disait à l’époque un suspense, bien verrouillée et de bonne facture. Sur fond de poker et d’arnaque, pour récupérer un magot, le joueur et tricheur professionnel William Maynard va échafauder un stratagème assez dingue qui a pour conséquence de tirer par le bout du nez le premier lecteur venu.

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Parmi la bonne quarantaine de polars publiés par l’américain ce « heureux au jeu » est une belle mécanique même s’il ne s’avère pas comme le plus éblouissant. Il n’empêche, en environ trois bonnes heures de chaise-longue, écluser ce roman à l’ancienne est chose agréable. Comme il est probablement certain que la Maison de la Presse de votre coin de villégiature ne vous offre pas un choix démesuré de bouquins, sachez que ce Lawrence Block sera un compagnon sûr entre sieste et apéro.

  • Lawrence Block, « Heureux au jeu », Le Seuil, 11,50 euros.

Lyon, le 31 juillet 2009.

13/05/2007

A.D.G., le retour.

medium_ADG_2-_Dilettante.jpgCette semaine les suppléments littéraires de Libération et du Figaro, mettent en lumière A.D.G. célèbre, talentueux, mythique et infréquentable auteur de polars décédé voici à peine trois ans. La raison est simple et opportune, le dilettante propose en effet « j’ai donné… » roman posthume d’un auteur dont nous sommes nombreux à avoir lu la prose dans la « série noire » des années soixante-dix.
 
Chacun le sait, A.D.G., à la différence de la plupart des autres « grands » de la série noire, les Vautrin et Manchette pour ne citer qu’eux, était loin, et c’est un euphémisme, d’être de gauche. A.D.G. était même un fiéfé réac, un compagnon de route de Le Pen, un navigateur expérimenté des corridors glauques de l’extrême droite et de son petit peuple déclassé. Je ne sais pas si on dévore encore A.D.G. J’ignore même si ses romans sont encore disponibles en librairie. Me concernant je n’ai pas encore lu ce roman posthume mais je vous conseille d’aller vous perdre dans les territoires arpentés par l’avocat Decroix ou Djerbitskine. Bien sûr A.D.G. était un cas dans cet univers alors émergeant du nouveau polar post soixante-huitard mais c’était aussi un auteur de première bourre même si les idées d'Alain Fournier ne sentaient pas très bon. Dans le Figaro littéraire de jeudi, Jean Vautrin trousse un hommage parfait du contradictoire ADG, un témoignage intitulé « Le noir lui allait si bien » qui campe tout au long d’un texte sensible et nostalgique l’itinéraire d’un grand auteur qu’il convient de continuer à lire avec, à l’esprit, cette phrase de Jean-Patrick Manchette qui, écrivant à A.D.G., disait, « je crois qu’on est pour ainsi dire du même bord, même époque, même genre de méchanceté ».
 
Lyon, le 13 mai 2007.

07:25 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : polar, adg, polars, roman, noir, fournier, alain | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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