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10/04/2010

Sur les quais

Quai du polar.jpgL’Original, Quai du Polar, Les Nuits Sonores, Les Assises Internationales du Roman qui viennent de dévoiler la liste de leurs invités, les évènements culturels mis en place lors du premier mandat de Gérard Collomb sont presque tous sur le point d’atteindre l’âge de raison. S’installer dans la durée est à coup sûr un défi majeur largement relevé par les associations porteuses de tels évènements.

A cet égard « Quais du Polar », en toute gratuité, propose aux lyonnais de se réunir, tout un weekend, autour de la culture la plus noire de la littérature et du cinéma avec des plaisirs renouvelés d’année en année, une reconnaissance populaire et des milieux de l’édition jamais prise à défaut. Comme chaque mois d’avril « Quais du Polar » va donc mobiliser entre le Palais du Commerce (Chambre de commerce, Lyon 2ème), l’Institut Lumière ou l’Amphi de l’Opéra une partie de la fine fleur des auteurs de littérature noire, rendre hommage à Hammett ou s’intéresser aux tueurs en série. Expos, conférences, projections, rencontres, visites et débats vont donc s’enchaîner pendant ces deux jours sans que véritablement la criminalité n’augmente à Lyon même si l’énigme de l’assassinat de Simon Lepic en préoccupera plus d’un comme l’augmentation sérieuse des hold-ups dans la ville.

Quant aux invités, la totalité d’un nuancier complexe allant du noir au gris très foncé est convoqué par le gang de « Quais du Polar » puisque le money-maker Maxime Chattam croisera les stars internationales que sont Ian Rankin, Don Winslow, Deon Meyer peintre de l’après apartheid Sud-Africain ou le très attendu Craig Johnson. Derrière la figure quasi légendaire de Patrick Raynal, l’ancien boss de la série Noire, Lyon accueille cette année des valeurs sûres comme Viviane Moore, Dominique Manotti dont la dernière descente dans un commissariat devrait irriter Hortefeux, sans oublier Tanguy Viel et l’exquis Franck Thilliez légitime invité à vie de « Quais du Polar ». Si l’évènement lyonnais a toujours dans le passé tendu la perche à une littérature noire et latine venue d’Italie, de Catalogne ou d’Espagne, notons cette année avec Alexandra Marinina, Vladimir Kozlov et Boris Akounine l’arrivée du polar russe et des quasi-polaires Johan Theorin (Suède), Stefan Mani (Islande) ainsi que du danois Leif Davidsen.

Avec sa librairie de 3000 références, ses 30 rencontres et ses 50 auteurs invités ce « Quai du Polar » 2010 devrait nous faire froid dans le dos, froid comme l’affiche nickel-chrome conçue par Extra qui fonctionne comme une sorte d’hommage graphique à Hitchcock et au meilleur de Otto Preminger.

Quai du Polar, du 9 au 11 avril, Palais du Commerce (Lyon 2ème, métro Cordelier), programme détaillé sur le site www.quaisdupolar.com

Lyon, le 10 avril 2010.

15/01/2010

Ellroy circus

arton15403-2c4a8.jpgTout à la fois croyant et pratiquant en matière de polars, Claude Chabrol indiquait hier dans un entretien au Figaro son admiration sans borne pour James Ellroy qui livre cette semaine aux français, « Underwold USA », le troisième et dernier volet d’une trilogie entamée avec « American Tabloïd » et continuée avec « Death Trip ». Pas très loin de penser qu’Ellroy est l’un des monuments de la littérature de l’Amérique contemporaine, Chabrol prenait tout de même bien soin de nous préciser que le romancier de L.A était difficile à supporter « quand il se met à aboyer et à faire son cirque devant les médias ». Justement, toujours hier, c’était du côté de la concurrence, dans les cahiers livres de Libération, qu’il convenait de se tourner pour vérifier la judicieuse remarque de Claude Chabrol.

Interrogé par Sabrina Champenois on avait donc droit à une représentation du « Ellroy circus » sur trois colonnes bien serrées, un show littéraire de première bourre, autrement dit du grand Ellroy. Interpellé sur la promotion de son bouquin (« J’adore. Ça fait vendre des livres, et ce livre est génial »), le ricain n’hésitait pas à endosser le costume de rock star non sans préciser que l’affaire était importante « en termes de ventes, la France (étant) pour moi le pays le plus important » rappelant à l’occasion que c’était d’ailleurs un article de Jean-Patrick Manchette dans Libération, qui l’avait lancé. Après avoir examiné presque dans le détail sa dépression et ses conquêtes féminines, suite à une question de la journaliste persuadée que notre homme était un ermite militant, le ricain-réac répondait du tac-au-tac, « Non. J’ai une amoureuse, j’ai un réseau social, des amis, j’aime Dieu, je prie, je vais à l’église, j’ai deux ex-femmes, j’écoute de la musique classique, Beethoven… ». C’est en crescendo que se terminait l’interview. Barack Obama, « je ne sais pas, je n’ai pas suivi, et je me refuse à commenter l’actualité contemporaine », Michael Jackson, « violeur d’enfants, il est mort comme il a vécu, dans le sordide » non sans que l’immense Ellroy nous indique que son nouveau projet de quatre volumes concernerait Los Angeles pendant la deuxième guerre mondiale.

Je n’ai bien entendu pas encore fréquenté cet « Underworld USA » qui, de l’avis général de la critique n’est peut-être pas loin d’être le meilleur des trois bouquins de la série. A voir le cirque promotionnel du mauvais génie de l’Amérique on ne peut qu’en être persuadé. Après une passe difficile, l’inquiétant Ellroy nous revient en forme quasi-olympique, à la hauteur d’une réputation parfaitement justifiée.

  • > James Ellroy, « Underworld USA », Rivages-Noir, Traduction Jean-Paul Gratias, 24,50 euros.

Lyon, le 15 janvier 2010.

22/08/2009

S comme « Sorcières »

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Non je ne touche rien à chaque fois que je vous dis du bien des Editions Allia en particulier à propos de ces petits bouquins à 3 euros que l’on trouve désormais un peu partout. Le 16 juillet je vous invitais à lire « Chicago-ballade » de Hans Magnus Enzensberger cet opuscule consacré à Al Capone. Aujourd’hui je vous conseille une lecture encore plus étonnante, et je le crois assez inédite pour le public français, « Interrogatoires » de Dashiell Hammett c’est à dire la compilation sur tout juste quatre-vingt-dix pages des trois témoignages du grand écrivain devant la « Commission Mc Carthy » en pleine chasse aux sorcières.

Lire, tel quel, ces minutes ne vous apportera pas grand-chose au plan strict d’une meilleure connaissance des faits mais, et vous pouvez me croire, plonger dans ces interrogatoires nous immerge de façon terrible dans un contexte nauséabond, glacial et quasi chirurgical.

arton13308-d43e6.jpgVous le savez peut-être, Hammett, qui était à cette époque non seulement l’immense écrivain que nous fréquentons mais aussi une personnalité connue et reconnue, ne mégotait pas sur son engagement tant aux côtés des luttes pour les droits civiques que contre le franquisme et le nazisme. Suspecté, comme tant d’autres, d’être un des agents du « complot communiste », Hammett, à la fin des années quarante fût auditionné par la commission sénatoriale et la Cour d’appel du second district de New-York. Le petit bouquin, traduit et préfacé par Nathalie Bennat est à lire que l’on apprécie ou pas le roman noir.

  • > Dashiell Hammett, « Interrogatoires », Editions Allia, 2009, 3 euros.

Lannemezan, le 22 août 2009.

17/08/2009

R comme « Roman noir »

184258809.jpgJe vous parle aujourd’hui d’un temps ou les héros de polars n’étaient pas médecins légistes ou experts scientifiques. Un temps largement révolu ou les bouts de ficelles et le flair permettaient à des flics ou des privés désabusés, cigarette au bec et fiole de whisky à portée de main, de trainer leur carcasse entre deux crimes. Parmi les plus célèbres de ces détectives l’un s’appelait John Dalmas mais c’est sous le nom de Marlowe, Philip Marlowe, qu’il deviendra célèbre. Son créateur Chandler, Raymond Chandler, ne ressemblait que bien peu à ses héros. Tour à tour comptable, employé à l’Amirauté, Chandler commença sa carrière de maître du roman noir sur le tard, vers quarante-cinq ans. Son premier roman est publié en 1939, c’est le célèbre « Grand Sommeil ». On célèbre cette année le cinquantième anniversaire de sa disparition et les éditions Omnibus fêtent très dignement l’évènement en publiant en un seul volume ses nouvelles sous le titre « Les ennuis, c’est mon problème ». Cette somme de plus de 1200 pages est suivie d’un essai dans lequel Chandler, suprême hommage à Hammett écrit, « il a restitué le meurtre à ceux qui le commettent pour de vrais raisons, non pour fournir un cadavre à l’auteur. »

C’est probablement là que réside le secret de fabrication de ce nouveau polar issu des pulps magazines qui avec Chandler, Hammett et par la suite toute une lignée vont serrer le kiki au roman policier pour « inventer » le roman noir.

9782258079823.gifA propos de roman noir, à ceux qui ne sont pas des fidèles de cette littérature, je ne peux que recommander le formidable petit bouquin de Jean-Bernard Pouy qui en quelques 120 pages, bibliographie non comprise, règle le problème comme avant lui Claude Mesplède l’a fait dans son indépassable Dictionnaire des littératures policières en deux volumineux tomes. Il vous reste une petite quinzaine de jours avant de reprendre le boulot, autant vous dire que vous avez du pain sur la planche.

  • > Raymond Chandler, « Les ennuis, c’est mon problème », Omnibus, 29 euros.

  • > Jean-Bernard Pouy, « Une brève histoire du roman noir », l’œil neuf, 14.90 euros.

  • > Claude Mesplède, « Dictionnaire des littératures policières », éditions Joseph K. (2ème édition-2007), 50 euros.

Lyon, le 17 août 2009.

31/07/2009

H comme « Heureux au jeu »

H.jpgIl est parfois bien difficile de s’y retrouver dans la production d’un auteur prolixe dont nous ne bénéficions des traductions avec un grand décalage. Avec le dernier Lawrence Block, Le Seuil nous propose en fait un roman paru aux Etats-Unis en 1964 sous le titre de « The sexual shuffle » et sous le pseudonyme de Sheldon Lord. Autant vous dire que cet « Heureux au jeu », définitivement signé Lawrence Block, est à placer dans la préhistoire de l’œuvre du New Yorkais même si le roman en question n’est en rien un fond de tiroir.

Cela étant en moins de 200 pages, le jeune auteur débutant trousse alors une histoire, on disait à l’époque un suspense, bien verrouillée et de bonne facture. Sur fond de poker et d’arnaque, pour récupérer un magot, le joueur et tricheur professionnel William Maynard va échafauder un stratagème assez dingue qui a pour conséquence de tirer par le bout du nez le premier lecteur venu.

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Parmi la bonne quarantaine de polars publiés par l’américain ce « heureux au jeu » est une belle mécanique même s’il ne s’avère pas comme le plus éblouissant. Il n’empêche, en environ trois bonnes heures de chaise-longue, écluser ce roman à l’ancienne est chose agréable. Comme il est probablement certain que la Maison de la Presse de votre coin de villégiature ne vous offre pas un choix démesuré de bouquins, sachez que ce Lawrence Block sera un compagnon sûr entre sieste et apéro.

  • Lawrence Block, « Heureux au jeu », Le Seuil, 11,50 euros.

Lyon, le 31 juillet 2009.

22/03/2009

Noir

male.jpgHier, je vous engageais à réserver votre week end du 20 au 24 mai pour assister à l’édition 2009 des Nuits Sonores. Puisque votre agenda est encore à portée de main, il s’agit aujourd’hui de bloquer celui du 27 au 29 mars. En effet à cette date va se tenir la cinquième édition de « Quais du Polar » qui s’annonce, fidèle à l’esprit de départ de ce festival désormais majeur en France, mais aussi tournée vers le public le plus large.

Centenaire de sa naissance oblige, « Quais du Polar » consacre une partie de son énergie à rendre hommage à Léo Malet avec une enquête mystère dans la ville, expositions, lectures et projections de films. Que l’on se rassure, Nestor Burma ne va pas monopoliser toute l’attention des festivaliers puisque une quarantaine d’auteurs se rendront à Lyon pour les traditionnelles dédicaces mais aussi pour animer tables rondes et conférences. Parmi eux Jean-Christophe Grangé devrait faire figure de « Super-star » même si la venue de Douglas Kennedy, Iain Levison et surtout de Lawrence Block font évènement.

Cinéma, BD, expositions continueront, avec un important coup de projecteur sur la littérature jeunesse, à assurer le succès d’une édition 2009 qui cette année rayonnera à partir du Palais du Commerce (Place de la Bourse, métro Cordeliers).

Quais du Polar, Lyon, du 27 au 29 mars – Renseignements sur www.quaisdupolar.com et bientôt dans les vitrines de nombre de librairies de la ville.

Lyon, le 22 mars 2009

Photo:DR

28/07/2008

H comme Hannelore (Cayre)

1474690915.jpgConstatant il y a quelques mois que mon collègue élu du 7ème arrondissement, Cédric Putanier, avocat de son état, participait à un débat dans le cadre de « Quais du Polar » sur l’auteure de romans, Hannelore Cayre, je me suis tourné vers lui pour me faire expliquer l’intérêt qu’il y avait à lire les bouquins de cette avocate parisienne.

Aussitôt dit, aussitôt fait, je lisais d’abord « Commis d’office », puis quasi dans la foulée les autres, tous disponibles chez Métaillé Noir à des prix qui ne devraient pas entamer significativement votre pouvoir d’achat.

Le héro de la pénaliste parisienne, Christophe Leibowitz, est donc un avocat qui nous entraîne dans un milieu, celui du Palais décrit comme un univers clos et peu ragoutant. Maniant humour et sens du récit, Hannelore Cayre est pour moi une heureuse découverte, une romancière qui trousse à merveille un milieu qu’elle connait comme sa poche. Un milieu qui m’est totalement inconnu et donc presque exotique.

Je sais bien qu’avec les nouveaux Connely (Le Seuil), Peace (Rivages) et le « Millénium » (Actes Sud) en rade sur votre table de nuit depuis des mois, vous avez de quoi lire cet été. N’empêche que pour quelques euros vous pouvez tenter l’aventure Hannelore Cayre qui devrait vous garantir quelques bonnes heures de lecture sur votre transat.   

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  • Hannelore Cayre, « Commis d’Office », « Toiles de maître », « Ground XO », éditions Métaillé.
Lyon, le 28 juillet 2008.

03/12/2007

Kureishi, la bombe et le mot

d4c1bead883b193e1e0234a0e4b5542b.jpgDans l’excellente collection de poche « Titres», les éditions Christian Bourgois viennent d’avoir l’heureuse idée de regrouper quelques uns des textes de Hanif Kureishi autour de la problématique d’affrontement entre Orient et Occident.

Issus de tribunes au Guardian mais aussi d’extraits de textes déjà publiés en France comme « Black album », « Brad Ford », « Souvenirs et divagations » et « Des bleus à l’amour » ce recueil intitulé « Le mot et la bombe » met en lumière l’implacable réflexion que Kureishi développe depuis plus de vingt ans autour de son expérience de romancier et intellectuel anglais né d’un père Pakistanais et d’une mère Anglaise

« La plupart des auteurs que j’ai lus dans ma jeunesse se passionnaient pour l’Empire britannique et la question coloniale » écrit Kureishi dans l’avant propos. « Je voulais découvrir » poursuit l’auteur « des œuvres implantées en Angleterre, des œuvres qui m’aideraient à comprendre ma situation personnelle. Ma réalité, c’était le racisme, pas l’Empire. »

Tout au long de ce recueil, l’auteur prémonitoire (?) de « Black Album » et du « Bouddha de banlieue » scrute les tensions qui hantent et agitent l’Angleterre depuis presque trois décennies en s’interrogeant sur « ces bombes qui parlent désormais plus fort que les mots.» L’ensemble de l’œuvre de Kureishi est disponible chez Bourgeois, ce livre aussi pour 6 euros.

Puisque nous en sommes à parler littérature, mais cette fois dans un domaine assez éloigné de l’univers d’Hanif Kureishi, je vous rappelle que le 10 décembre à la Villa Gillet, « Quais du Polar » organise autour de l’auteur de l’auteur américain James Sallis, de l’Editeur et critique François Guérif et de l’universitaire Benoît Tadié, une table ronde sur le thème « Le Polar, une littérature et un cinéma made in USA ? » Réservations au 04 78 27 02 48 ou resa@villagillet.net

Lyon, le 3 décembre 2007.

17/11/2007

Sang d'encre

medium_Sang_d_encre.jpgCe week-end, direction Vienne pour la 13ème édition de « Sang d’encre », le salon du polar organisé par la MJC et la bibliothèque de la ville. Comme chaque année, de nombreux auteurs font le voyage pour honorer cette manifestation qui accueille en 2007 Didier Daeninckx, Franck Thilliez et des habituées comme Catherine Fradier et Brigitte Aubert. Tables rondes, débats, séances de signatures vont se succéder pendant ces deux jours. Pour ma part je retiendrai, demain dimanche, à 14h30 celle consacrée à la littérature policière en Corse, « Témoin d’une histoire agitée. »

Pour connaître le détail de ces deux journées, s’adresser au bureau du festival au 11, quai Riondet, au 04.74.53.21.96 et sur http://sangdencre.org/
 

Lyon, le 17 novembre 2007.

12/08/2007

O comme " Ô polar! O dingo!"

medium_O.3.jpgPas trop de nouvelles de ce blog lyonnais intitulé "Ô polar! Ô dingo!" qui entendait poser un regard original sur l'univers de la littérature noire. (http://opolarodingo.hautetfort.com)
Les premiers billets sur Francis Mizio et Stieg Larson m'avaient mis l'eau à la bouche. Signés par un certain P.Marlot, le ton vif et tranchant des courtes notices annonçait que du très bon. A ce propos sur ce blog était en lien "Ultime razzia", le blog de notre ami Dugrand qui vient de faire son grand retour à Lyon. Celui qui a fondé voici quelques années Choc corridor du côté de Saint-Jean est installé à la Croix Rousse après une étape marseillaise.Enfin une bonne nouvelle pour les amateurs du genre tous supporters de "Quais du polar", le festival lyonnais pourrait mettre à l'honneur la littérature noire italienne pour la prochaine édition grâce à l'entremise de nos amis de Turin.
 


Hautes Pyrénées, le 12 août 2007.

18/06/2007

L’œuvre à l’œuvre

medium_Camino_999_-_C_Fradier.jpgCela m’avait échappé, dans une brève du numéro de juin de Lyon Mag, j’apprends que l’auteur de polars Catherine Fradier est attaquée en justice par l’Opus Dei. Que reproche « l’œuvre de Dieu » à la romancière valentinoise ? 

D’avoir dans son ouvrage « Camino 999 », je cite, « mêlé fiction et réalité sans précaution particulière et sans avertissement aux lecteurs ». Poursuivie pour complicité de diffamation aux côtés de son éditeur, l’Opus Dei réclame pas moins de 30000 euros de dommages et intérêts à Catherine Fradier. 

Une fois dit que ni Dan Brown, ni les producteurs du film « Da Vinci code » n’ont vu les foudres de « L’œuvre de Dieu » les viser, les motivations de l’organisation religieuse ne manquent pas de toupet. Dans un communiqué disponible sur son site, l’Opus Dei écrit : 

« Cette action en justice n’est évidemment pas de nature à constituer une menace pour la liberté d’expression ou de création littéraire. Elle est guidée par le seul souci de protéger la réputation d’une institution et de personnes réelles. Nous ne demandons en aucune manière que le livre soit interdit ou censuré, mais seulement que les passages clairement diffamatoires soient jugés tels par l’autorité compétente. Les lecteurs du livre de Catherine Fradier y gagneront, puisqu’ils pourront ainsi bénéficier à la fois d’une œuvre littéraire et d’une information authentique sanctionnée par l’autorité judiciaire. » 

Le monde du polar commence à se mobiliser et je crois qu’une souscription pour aider Catherine Fradier devrait se mettre en place. En attendant on peut toujours acheter « Camino 99 ». C’est une façon efficace et agréable d’aider l’auteur et son éditeur.

Lyon, le 18 juin 2007.

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13/05/2007

A.D.G., le retour.

medium_ADG_2-_Dilettante.jpgCette semaine les suppléments littéraires de Libération et du Figaro, mettent en lumière A.D.G. célèbre, talentueux, mythique et infréquentable auteur de polars décédé voici à peine trois ans. La raison est simple et opportune, le dilettante propose en effet « j’ai donné… » roman posthume d’un auteur dont nous sommes nombreux à avoir lu la prose dans la « série noire » des années soixante-dix.
 
Chacun le sait, A.D.G., à la différence de la plupart des autres « grands » de la série noire, les Vautrin et Manchette pour ne citer qu’eux, était loin, et c’est un euphémisme, d’être de gauche. A.D.G. était même un fiéfé réac, un compagnon de route de Le Pen, un navigateur expérimenté des corridors glauques de l’extrême droite et de son petit peuple déclassé. Je ne sais pas si on dévore encore A.D.G. J’ignore même si ses romans sont encore disponibles en librairie. Me concernant je n’ai pas encore lu ce roman posthume mais je vous conseille d’aller vous perdre dans les territoires arpentés par l’avocat Decroix ou Djerbitskine. Bien sûr A.D.G. était un cas dans cet univers alors émergeant du nouveau polar post soixante-huitard mais c’était aussi un auteur de première bourre même si les idées d'Alain Fournier ne sentaient pas très bon. Dans le Figaro littéraire de jeudi, Jean Vautrin trousse un hommage parfait du contradictoire ADG, un témoignage intitulé « Le noir lui allait si bien » qui campe tout au long d’un texte sensible et nostalgique l’itinéraire d’un grand auteur qu’il convient de continuer à lire avec, à l’esprit, cette phrase de Jean-Patrick Manchette qui, écrivant à A.D.G., disait, « je crois qu’on est pour ainsi dire du même bord, même époque, même genre de méchanceté ».
 
Lyon, le 13 mai 2007.

07:25 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : polar, adg, polars, roman, noir, fournier, alain | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/03/2007

Une Oldsmobile, un tueur, une casse….

medium_Quais_du_polar_2007.jpgComment vous convaincre de vous rendre au festival "Quais du polar" ce week-end ? vous dire que des dizaines d'auteurs seront au rendez-vous et que parmi eux vous pourrez enfin rencontrer les rares Daniel Woodrell et Andrea G. Pinketts, l'épatant Jean-Bernard Pouy, le lyonnais Pascal Garnier, le quasi japonais Romain Slocombe, les stars Robert Crais, John Harvey? Vous dire peut-être que l'Institut Lumière rend hommage à Jean-Pierre Melville, que le Comoedia fait de même avec Jim Thompson sous la houlette d'Alain Corneau, que cette année Claude Chabrol est le parrain du festival et qu'il signe une carte blanche au CNP Odeon? Vous préférez une conférence? Cela tombe bien, il y en a une grosse quinzaine du côté du palais de Bondy sans compter les "cafés polar", l'espace jeunesse et une méga librairie.

Sachez tout de même que toute absence non justifiée pourrait être interprétée comme un acte d'alliance objective avec l'UMP qui, au conseil municipal, s'est distinguée en votant contre la subvention à "Quais du Polar".

Cela étant, malgré ce plateau alléchant, je vous imagine encore dubitatif, mal dans vos chaussures, complexé, coupable. Bref, je ne vous trouve pas bien. OK, j'ai compris, vous avez perdu l'habitude. En choisissant toujours de vous coller devant la télé et de surfer des heures entières sur le net, vous ne lisez plus un bon polar le soir. Le goût est perdu. Alors si vous le voulez bien je vous offre quelques lignes de premiers chapitres prises totalement au hasard, histoire de redevenir accro. Si après tout cela vous ne venez pas faire un tour du côté des quais de Saône, franchement, c'est à désespérer.

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25/02/2007

Passage au Noir

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Pas de réseau wifi à l’Hôtel, impossibilité de se procurer des câbles de connections, il était donc, compte tenu de l’emploi du temps, difficile de vous confier un billet samedi depuis Turin.

En invitant ce week end « Quais du Polar », la ville de Turin inaugurait une série de rencontres autour du roman noir dans le cadre du réseau international de la cité piémontaise. Après Lyon, représentée par DOA et Franck Thilliez, respectivement prix 2005 et 2006 du « Quais du Polar », demain c’est Athènes qui sera à l’honneur avec l’écrivain Petros Markaris, le 1er mars Barcelone avec Juan Madrid et Andreu Martin puis Liège, ville natale de George Simenon.

Turin consacrait également ce week end au cinéma. A la cinémathèque Nationale, suite à des suggestions de l’équipe de « Quai du Polar », les deux derniers prix Jacques Deray étaient programmés ainsi que des films de Techiné, Lucas Belvaux mais aussi le déjà célèbre « 36 quai des orfèvres ».

Après la conférence, suite à un échange avec Raffaela Scalisi, Directrice des relations internationales de la ville de Turin, il se pourrait que l’édition 2008  de « Quais du Polar » fasse une place de choix à Turin en particulier en invitant Alessandro Perissinotto dont le premier éditeur en France était « La fosse aux ours » et dont le fidèle traducteur est un lyonnais par ailleurs professeur au lycée Lacassagne.

En matière de culture le potentiel d’échanges et de partenariat entre Lyon et Turin est très important. J’ai promis à mes interlocuteurs de les mettre en relation avec le festival des «  Nuits sonores » et Patrice Béghain est attendu d’ici quelques semaines à Turin pour signer une convention relative à Lyon 2013, année de la culture, manière utile et intelligente de valoriser notre réseau international puisque très certainement, après Genève et Turin, Barcelone constituera le trio de soutien à Lyon. 

Lyon, le 25 février 2007 – 23h30     

23:55 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Culture, romans, polar, festival, Turin, Lyon, Quais | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/02/2007

Lione, città del noir

medium_Turin-capitale_mondiale_du_livre_2_livre_.jpgJe pars cet après-midi pour Turin avec une délégation de l’association « Quais du Polar ». A l’invitation de la ville de Turin, nous allons en effet participer, dans le cadre de « Turin, capitale mondiale du livre » à un forum intitulé « La città del noir : Lione ».

Cette invitation est une véritable reconnaissance pour « Quais du Polar » et je saisie l’occasion pour saluer ici le groupe UMP à la ville de Lyon qui, il y a quelques semaines, a voté contre la subvention pour la troisième édition du festival. Un comportement politique rétrograde et stupide que je vous invite à populariser autour de vous.

Lors de ce forum, je dois intervenir en compagnie d’un représentant de « Quais du Polar », de  Alessandro Perissinotto (auteur turinois) mais l’essentiel est que DOA et Franck Thilliez, auteurs primés par « Quais du Polar » en 2005 et 2006 soient les invités d’honneur de la ville de Turin.

A partir de l’expérience de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur lancée en 1996 par l’UNESCO, le concept de capitale mondiale du livre a été lancé à Madrid en 2001. L’Union Internationale des éditeurs, la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothécaires et la Fédération Internationale des libraires sont depuis associés à cette manifestation prestigieuse.

Après Madrid, Alexandrie (2002), New Delhi (2003), Anvers (2004), Montréal (2005) c’est donc Turin qui cette année accueille un événement qui marque une volonté de soutien au livre et à la lecture. La prochaine édition se tiendra à Bogota en Colombie.

Fidèle à mes petites habitudes, je vais essayer de vous confier quelques billets pendant ce week-end turinois en espérant que la Déesse Wifi et les Dieux de l’internet veillent sur nous. 

Lyon, le 23 février 2007 – 11h45     

11:45 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Turin, livre, capitale, européenne, europe, polar, culture | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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