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20/10/2010

Embrasser le passé…

L'Origine du monde.jpgKiss the Past Hello fait scandale paraît-il. L’exposition du photographe Larry Clarck au Musée d’Art Moderne de Paris est interdite aux mineurs. Les « déviances » des adolescents de celui qui est aussi l’auteur de Ken Park font crier à la pornographie.

Curieuse époque. Et parfois sinistre dans son rejet de ce qui en fait est vital. Même nos amis Suisses s’y mettent : le musée des beaux-arts de Berne et le centre Paul Klee qui devaient exposer deux photos de Clarck dans l’exposition « Vice et Volupté » consacrée aux sept péchés capitaux viennent de décider d'exclure deux clichés jugés trop choquants.

Kiss the Past ?

Quel passé embrassons-nous et avec quel manque de confiance ? Faut-il que nous revenions aux excès de pudeur, à la pudibonderie de certains passés qu’on croyait révolus ? Si dans d’autres cultures que la nôtre la nudité n’est justifiée qu’en privé tout comme le dévoilement de la sexualité, faut-il désormais mettre au ban des musées des mineurs à cause de représentations que certains jugent pornographiques ? Les mêmes qui souvent se soucient comme d’une guigne de la violence de certains jeux de rôle qu’ils laissent au libre arbitre de leur mineur chéri ?

Je ne suis pas un fervent admirateur de Larry Clarck. Les grands adolescents à la mine havre qu’il met en scène se shootant devant son objectif ne sont pas ce que je préfère et j’ai admiré des œuvres d’art avec d’autres ambigüités, beaucoup plus fortes. Mais la censure des œuvres de Clarck me gêne bien plus que leur exposition. Les corps nus de son couple d’ados faisant l’amour dans une baignoire sont plutôt beaux, même si je leur préfère l’érotisme brûlant de l’origine du monde de Courbet. Quant à la leçon de guitare de Balthus, elle est infiniment plus forte, plus fiévreuse, plus provocante et plus mystérieuse. Là déjà, les pudibonds de service hurlaient à la pornographie et si le mot avait couru comme il court aujourd’hui ils auraient aussi hurlé à la pédophilie…

«  Aujourd’hui, l’érotisme dans l’art est la seule chose qui fasse encore sursauter les pantins… » écrivait Balthus en 1934. Parole d’actualité.

Jean-Paul Schmitt

Image: (c) Courbet : l’Origine du Monde

09/08/2010

N comme "Neverland"

N.jpg

Le pauvre Michael Jackson devrait encore rapporter quelques sous d’ici la fin de l’année puisque une sorte de jeu vidéo à mi chemin du karaoké devrait s’imposer pour les prochaines fêtes de noël. Cela étant, à mon sens, il y a pire. En l’occurrence « Neverland Lost », une exposition de photographies de Henry Leutwyler proposée à la Fnac Montparnasse il y a encore tout juste deux mois, qui fait également l’objet de l’édition d’un couteux album et qui, à mon sens, fleure bon le malaise. De quoi s’agit-il ?

Comme l’écrivait Next le très chic supplément de Libération, avec ces photographies présentées comme une collection d’objets personnels ayant appartenus à Jackson on a constitué une sorte de « mausolée d’un vieil enfant de 50 ans ». En vérité, c’est quelques temps avant de les voir partir aux enchères que Leutwyler a photographié, à Neverland, des objets qui seront miraculeusement rachetés par Jackson lui-même afin de bloquer leur vente. Tel un rapace, Leutwyler avait mitraillé comme un dingue ces objets entreposés et une fois Jackson passé dans l’au-delà, voilà que certains clichés apparaissaient. Si certains objets comme des meubles, bibelots ou tableaux ont le mérite, même s’ils n’offrent strictement aucun intérêt, de ne poser aucun problème, d’autres, à mon sens, frisent l’obscénité propre à toutes les reliques. Chemise de scène légèrement souillée par le fond de teint ou des escarpins de scène déformés inspirent un certain malaise. D’ailleurs Leutwyler dira que photographier ces reliques lui inspirait « une grande tristesse ».

Neverland.jpgGrand photographe, il paraitrait que ce bien triste personnage détient des photographies de l’harmonica de Dylan ou du révolver de Chapman l’assassin de Lennon. En y ajoutant les frusques de Bambi il s’apprête à nous sortir un nouvel ouvrage qui est destiné à recenser les objets mythiques de la culture pop. Pauvre Michael, pauvre Leutwyler.

Lyon, le 9 août 2010.

10/11/2007

Richard Bellia

medium_Richard_Bellia.jpg

« Un œil sur la musique – 1982/2007 » l’ouvrage du photographe Richard Bellia est enfin disponible. 260 pages, 2 kilos, le bébé se porte bien, il est même magnifique. Le tirage est limité et les librairies qui diffusent le bouquin ne sont pas légion. Avec certitude je peux vous dire que « Le bal des ardents » situé rue Neuve dans le 1er arrondissement fait partie du lot. On peut également contacter Richard Bellia sur : troischansonsflash@gmail.com.

C’est le cadeau de Noël des amateurs de rock et de photographie.

Lyon, le 10 novembre 2007.

 
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