Avertir le modérateur

17/09/2009

Le téléphone pleure

telephone.gifDidier Lombard, le PDG de France Telecom, ce patron qui parle de la vague de suicides qui touche son entreprise comme d’un effet « de mode » semble avoir une obsession : « Le retour à la normale ». La normale pour ce Monsieur Lombard c’est, je cite, convaincre les salariés « de bouger » et de subir « une certaine pression ». Pas de place chez France Telecom pour des gens incapables de « subir » semble vouloir nous dire Lombard.
En attendant la fin de cette « mode » qui frappe sa boite, Lombard veut bien faire quelques concessions afin que tout rentre dans l’ordre. Numéro vert, hotline, psychologues, suspension momentanée des mutations, voilà les remèdes de notre PDG qui semble avoir hâte d’en finir avec ce sale moment afin de stopper « l’effet de contagion ».
Lombard, contraint et forcé, fait donc une pause et avec son air de chien battu tente même de nous dire que son malheur de PDG est presque aussi grand que celui de ce technicien retrouvé suicidé qui, dans une ultime lettre, remettait en cause certaines méthodes mise en œuvre par l’entreprise.
Didier Lombard a une bonne tête, par ailleurs très probablement bien faite. C’est certainement un époux parfait, un grand-père épatant, un patron qui se consacre sans compter à son entreprise. Mais à soixante-sept ans, le PDG de France Telecom devrait songer immédiatement à faire valoir ses droits à la retraite étant donné cette formule inacceptable relative à la « mode » du suicide. Je suis surpris que personne n’exige son départ sans délais. Au terme de son point presse avec Darcos, le maintien de Didier Lombard à la tête de France Telecom étant devenu obscène, c’est désormais la première décision à prendre pour que s’effectue ce lent et long retour vers « la normale » pour cette entreprise qui se voulait jadis « l’opérateur de référence ».

Lyon, le 17 septembre 2009.

16/12/2008

Pathétique

MARIE-GEORGES%20BUFFET.jpgMarie George Buffet a ressenti une « immense fierté » à l’issue du Congrès du PCF dimanche à la Défense. Mais de quoi peut elle être fière ? de sa réélection pour la quatrième fois à la tête d’un parti qui prend l’eau de toute part ? Car il n’y a vraiment qu’elle pour avoir connu quelque chose de grand ce week end. Ce congrès, en effet, n’aura ouvert aucune piste nouvelle ni la moindre avancée politique. A moins de considérer comme un grand moment pour la gauche l’accord avec la formation balbutiante de J.L Mélenchon dont le seul objectif réside dans l’improbable élection de ce dernier aux élections européennes. Pire, le PC sort plus divisé que jamais de ce congrès car ce n’est pas la formule langue de bois de l’ »Humanité » : l’unité sans unanimisme qui cachera la forêt de désaccords qui existent entre les tenants de la ligne officielle, les unitaires, les orthodoxes et les identitaires. En fait la lente agonie du PCF va se poursuivre à travers une ligne d’extrême gauche plurielle que la secrétaire nationale, élevée au biberon de la gauche plurielle, tente de prolonger alors que ce n’est plus à l’ordre du jour. Avec de tels objectifs et en ne laissant pas la main à le tête du Parti, Marie George Buffet étouffe toute velléité de sursaut de la part des communistes. La déclinaison en pente douce va se poursuivre jusqu’à toucher le fond. Certes l’ancienne ministre des sports n’aura fait qu’accompagner ce mouvement mais elle n’aura rien imaginer pour le stopper et au mieux l’inverser. Car il faut rendre à César ce qui revient à Georges Marchais, le véritable fossoyeur du PC. Arrivé à la tête d’un parti alors au cœur de la montée de l’union de la gauche, un parti qui avait pris le virage de la responsabilité et souhaitait s’affirmer comme parti de gouvernement il a tout bradé. Son ouvriérisme doublé d’une réelle inculture, sa délectation à jouer au clown à la télévision, son incapacité à tenir une ligne politique ont coupé à jamais ce parti d’un avenir politique. Il y avait dans les années quatre vingt les bases pour s’inscrire dans la perspective politique de la fin du siècle dernier, y compris après la chute du mur de Berlin. Il n’en a rien été. Ce rendez vous manqué ne se retrouvera qu’au prix d’une véritable révolution culturelle dont on n’a pas vu poindre la moindre amorce à la Défense. Alors la pratique de la méthode Coué adoptée par Marie George Buffet en devient pathétique car on sait très bien où cela conduit.

Philippe Dibilio

Lyon, le 16 décembre 2008.

26/09/2008

Flytox

carre_lamouche_3.gifComme à son habitude, avec sa fougue, le patron et éditorialiste de Lyon Mag, Philippe Brunet-Lecomte, ne fait pas dans la retenue en publiant ces jours-ci, « La mouche », une sorte de journal destiné à rendre compte de « l’année de galère » qu’il vient de connaître. Vous vous en doutez, l’ouvrage est pour l’essentiel centré sur les agissements de ce Monsieur Latouche, PDG de Fiducial, qui désire croquer le magazine lyonnais sans jamais comprendre que la force d’un titre de presse c’est sa rédaction, celle de Lyon Mag étant disposée à résister.

D’entrée, Brunet-Lecomte nous explique les limites qu’il fixe à ses propos. Ici pas question « d’objectivité ». L’auteur n’hésitant pas à admettre que les siens peuvent engendrer de « l’injustice », une « totale absence de prudence » et parfois même du déraisonnable. Ce bouquin tonique et enlevé, chapitré de manière nerveuse, est un réquisitoire contre celui que l’équipe de Lyon Mag appelle « La Mouche » désignant ainsi le PDG de Fiducial accusé de tourner autour du mensuel lyonnais depuis des mois.

Cela étant Philippe Brunet-Lecomte s’évade aussi au fil des pages vers des jardins plus personnels parlant avec une certaine affection de sa rédaction et plus particulièrement des deux piliers que sont Lionel Favrot et Thomas Nardone. Il évoque aussi ses rencontres, ses amis et ses « ennemis », sa famille, ses avocats mais aussi maintes institutions et personnalités lyonnaises. Sorte d’objet littéraire pas totalement identifiable, à mi-chemin du journal et de la chronique, tantôt mouvement d’humeur, tantôt analyse journalistique froide et réaliste, cette « Mouche » a le mérite de faire le point sur cette année « horibilis » mais aussi d’inviter le lecteur à trabouler dans la vie publique lyonnaise. Ceux qui dévorent le blog de l’auteur et ses éditos à la hussarde retrouveront un Philippe Brunet-Lecomte offensif, ceux qui craignent au contraire ses envolées héroïques auront la possibilité de découvrir un auteur toujours aussi en verve mais parfois apaisé. C’est probablement là l’immense avantage des livres. Celui-ci est théoriquement disponible dans le réseau des diffuseurs de presse. N’hésitez pas tout de même à informer votre kiosque ou maison de la presse préféré de la parution de cette « Mouche » pas toujours disponible en rayon.

Lyon, le 26 septembre 2008.

19/09/2008

Heureux

francois Hollande.jpgDifficile d’écrire que rien ne va plus au P.S. mais force est d’admettre que ça ne va pas fort et que demain les choses pourraient aller encore plus mal. A quelques jours du dépôt des motions il faut dire que lassitude, soupirs et parfois même résignation dominent parmi nombre d’adhérents. Au milieu, mais pas forcément au centre de tout cela, il y en a un qui semble heureux, c’est François Hollande.
Certains d’entre vous, peu informés de la zoologie interne du Parti Socialiste, doivent se dire qu’il a bien raison d’être heureux. Pensez-donc, après plus de dix ans à la tête du PS, l’idée d’en finir avec tant de moments pénibles justifie le port ostentatoire du sourire. J’imagine même que vous êtes quelques-uns à ne pas hésiter comme moi à saluer un parcours plus qu’honorable et à lui souhaiter de pâturer quelques sous-bois corréziens à la recherche de cèpes en attendant des jours meilleurs. François Hollande est heureux, c’est un fait, mais sa satisfaction et sa motivation se nichent loin des forêts corréziennes. François Hollande est heureux parce qu’il se rêve toujours à la manœuvre aujourd’hui comme en 2012.
En rejoignant Bertrand Delanoë, l’homme qui sait murmurer aux oreilles de Jospin, Rocard et Vaillant, François Hollande a fait un choix que l’on connait bien dans le milieu du sport de haut niveau. Lui qui est passionné de football sait bien que le moment le plus difficile dans une carrière c’est de choisir le moment opportun pour la stopper. Ce moment crucial, vécu souvent comme un drame, on l’appelle « La petite mort ». Rien de macabre dans cette formulation qui a pourtant le mérite d’en dire long sur cette folle espérance qui consiste à penser que l’on est toujours au sommet de son art alors que la fatigue est bien installée dans les jambes.
Comme d’autres, j’ai toujours appuyé François Hollande, j’ai toujours salué son travail et fait valoir ses qualités et sa sympathique personnalité mais aujourd’hui, alors que son devoir est de se situer au-dessus de la mêlée, son comportement me peine sachant que si d’aventure son alliance avec Delanoë se trouvait majoritaire, cela en serait terminé de ses légitimes rêves Elyséens.
François Hollande mérite mieux qu’un avenir à la Jeannie Longo sûrement pas un sort à la Armstrong et par les temps qui courent il devrait s’inspirer plutôt d’un certain Yannick Noah.

Lyon, le 19 septembre 2008

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu