Avertir le modérateur

06/06/2010

Melenchais ?

thumb_jean_luc_melenchon_3.jpgDemain, 7 juin, c’est le quatre-vingt-dixième anniversaire de la naissance de Georges Marchais dans un coin perdu du Calvados. Le petit mécano de l’usine Voisin, passé par Messerschmitt puis façonné par les très formatrices écoles de la CGT et du PCF jusqu’à être vingt-deux ans durant le responsable le plus important de l’un des principaux partis du pays, est aujourd’hui presque oublié. Oublié et disparu de notre vie politique, oublié des médias et vous verrez demain matin que rares seront les quotidiens à noircir quelques colonnes sur notre homme. Oublié surtout de ses camarades qui voient probablement dans Marchais tout ce qu’ils veulent oublier méprisant ainsi leur histoire et une trajectoire.

C’est en assistant médusé à la prestation de Mélenchon chez Ruquier que je me suis souvenu de Jojo. Chez les deux hommes il y a de toute évidence une sacré différence mais ils partagent le même goût de la démagogie et de la gouaille censée incarner les intérêts du peuple. Chez Marchais, comme chez Mélenchon, on a le même talent naturel favorisant l’envié statut de « bon client » à la télévision, la même esbroufe frisant le grossier mais aussi cette formidable présence susceptible d’intéresser tout le monde à des propos jugés dans le même temps comme des inepties. Bien entendu avec Mélenchon le compteur est très largement au dessus du baccalauréat et le QI stratosphérique. Alors que Marchais nous faisait très souvent pitié il est clair que l’ancien sénateur socialiste est quant à lui un excellent orateur doublé d’un animal politique au flair affirmé.

Mélenchon a aujourd’hui les yeux rivés sur la présidentielle, il se verrait bien candidat du Front de gauche. Il commence d’ailleurs à faire peur à un PCF qui commence à comprendre pourquoi ce passager sauvé de la noyade n’a fait pleurer personne au sein du Parti socialiste quand il a sauté dans le bouillon. Les communistes s’interrogent, beaucoup appréhendent négativement cette pièce rapportée aux allures d’aventurier qui leur rappelle probablement, en certaines occasions, les illusoires menées médiatiques d’un Marchais qui en avait fait beaucoup pour faire mousser Elkabbach et bien peu pour regonfler le Parti.

Le jour de ses obsèques, c’est la musique de Miles Davis, avec « Bitches brew », qui a accompagné Georges Marchais vers sa dernière demeure démontrant ainsi que lui au moins avait des goûts particulièrement sûrs en matière de musique.

Lyon, le 6 juin 2010.

16/12/2008

Pathétique

MARIE-GEORGES%20BUFFET.jpgMarie George Buffet a ressenti une « immense fierté » à l’issue du Congrès du PCF dimanche à la Défense. Mais de quoi peut elle être fière ? de sa réélection pour la quatrième fois à la tête d’un parti qui prend l’eau de toute part ? Car il n’y a vraiment qu’elle pour avoir connu quelque chose de grand ce week end. Ce congrès, en effet, n’aura ouvert aucune piste nouvelle ni la moindre avancée politique. A moins de considérer comme un grand moment pour la gauche l’accord avec la formation balbutiante de J.L Mélenchon dont le seul objectif réside dans l’improbable élection de ce dernier aux élections européennes. Pire, le PC sort plus divisé que jamais de ce congrès car ce n’est pas la formule langue de bois de l’ »Humanité » : l’unité sans unanimisme qui cachera la forêt de désaccords qui existent entre les tenants de la ligne officielle, les unitaires, les orthodoxes et les identitaires. En fait la lente agonie du PCF va se poursuivre à travers une ligne d’extrême gauche plurielle que la secrétaire nationale, élevée au biberon de la gauche plurielle, tente de prolonger alors que ce n’est plus à l’ordre du jour. Avec de tels objectifs et en ne laissant pas la main à le tête du Parti, Marie George Buffet étouffe toute velléité de sursaut de la part des communistes. La déclinaison en pente douce va se poursuivre jusqu’à toucher le fond. Certes l’ancienne ministre des sports n’aura fait qu’accompagner ce mouvement mais elle n’aura rien imaginer pour le stopper et au mieux l’inverser. Car il faut rendre à César ce qui revient à Georges Marchais, le véritable fossoyeur du PC. Arrivé à la tête d’un parti alors au cœur de la montée de l’union de la gauche, un parti qui avait pris le virage de la responsabilité et souhaitait s’affirmer comme parti de gouvernement il a tout bradé. Son ouvriérisme doublé d’une réelle inculture, sa délectation à jouer au clown à la télévision, son incapacité à tenir une ligne politique ont coupé à jamais ce parti d’un avenir politique. Il y avait dans les années quatre vingt les bases pour s’inscrire dans la perspective politique de la fin du siècle dernier, y compris après la chute du mur de Berlin. Il n’en a rien été. Ce rendez vous manqué ne se retrouvera qu’au prix d’une véritable révolution culturelle dont on n’a pas vu poindre la moindre amorce à la Défense. Alors la pratique de la méthode Coué adoptée par Marie George Buffet en devient pathétique car on sait très bien où cela conduit.

Philippe Dibilio

Lyon, le 16 décembre 2008.

06/07/2007

En forme, Mélenchon touche le fond

medium_jean_luc_melenchon_3.jpgDans le Marianne de la semaine, Jean-Luc Mélenchon signe une tribune avec ce sens légendaire du dévouement anti-libéral qui le caractérise. Cela me le rend en vérité pas du tout antipathique tant la mesure des propos ne me semble pas le point fort de notre sénateur.

En deux ou trois coups de cuillers à pot, il taille un costard à toute la social-démocratie internationale une force maléfique en réalité bien pire que la droite. D’ailleurs nous dit Mélenchon, elle remplace, comme en Angleterre, la droite (pas faux Jean-Luc, Blair a effectivement remplacé Thatcher), elle brise l’Etat social partout ailleurs (ah le bon temps d’Aznar et Berlusconi) et en Amérique du sud elle tire sur la foule.

Vous l’avez compris, Mélenchon est au sommet de sa forme. Une sorte de Chavez européen, un fidel des Yvelines l'Essonne, le Che au Sénat. Dans le deuxième temps de la démonstration, je me suis dit que notre Jean-Luc faiblissait en moulinant des généralités. En quelque sorte « chacun cherche sa niche ».

Pas du tout, comme une Laure Manaudou dans le final d’un 400 m (dernier paragraphe), Mélenchon met le paquet. En nous disant que les choses ne peuvent plus durer ainsi notre contributeur se révèle. Je cite, « mieux vaut le divorce que le mensonge s’il faut encore maquiller la réalité de nos contributions » nous indique notre anti-libéral. Cerise sur le gâteau, se prenant pour Oskar la fontaine, Jean-Luc Mélenchon nous propose « l’invention de la gauche d’après le communisme d’Etat et la social démocratie. »

Naviguant entre « retenez-moi ou je quitte le PS » et « si ca continue je fais mon Die Linke français », Jean-Luc Mélenchon trace sa route. Il est manifestement sur le point de mettre un premier pied en dehors du parti socialiste.

Si d’aventure le PCF vendait deux étages du Colonel Fabien, Jean-Luc Mélenchon serait bien capable dans les mois qui viennent de sous-louer un des deux étages restants.

 

Lyon, le 6 juillet 2007.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu