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23/06/2010

Oublier Buffet ?

Camembert Fabien1.jpgLe 18 juin Nicolas Sarkozy jouait à Londres « Plus gaulliste que moi tu meurs », histoire de coller son affiche par-dessus celle d’un amuseur concurrent qu’il rêve d’accrocher à un croc de boucher et dont la première était le 19 juin.

Plus intéressant : le 18 juin Marie-George Buffet rendait les rennes du PC devant un parterre où se pressaient ce qu’il est convenu d’appeler toutes les forces de gauche. Elle passait le relais à Pierre Laurent après une course d’obstacles assez longue et aussi décevante que le score de l’équipe de France face au Mexique.

Si le passage à la postérité de Marie-George - femme engagée et attachante - devait être mesuré à l’audience de son parti, il y a fort à parier que peu de gens se rappelleront d’elle. Il vaudrait sans doute mieux miser pour cela sur le souvenir qu’elle laissera comme féministe. Et retenir de son discours du 18 juin 2010 – un peu convenu tant les invités avaient hâte d’aller faire buffet (facile, je sais) – cette jolie formule : «Je ne veux pas parler du problème des femmes dans mon discours de départ. Car les femmes ne sont pas un problème, elles sont la moitié de la solution.».

Ce 18 juin-là je le retiens pour la femme engagée qui a créé l’AAAA2004 « Afganes, Afghans Après Athènes 2004 » (rien à voir avec une quelconque agence de notation ni avec l’AAAAA, Association Amicale des Amateurs d’Andouillete Authentique), une association de soutien aux femmes afghanes autour de la pratique du sport et qu’elle préside ; je le retiens pour la femme active dans la coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception et pour la femme debout des assises des droits des femmes…

Si « Oublier le cantal, ça peut être fatal » - pub fromagesque qui avait provoqué l’indignation de Marie-George et des Chiennes de garde – « Oublier Buffet, c’est peut être exagéré »…

Jean-Paul Schmitt

03/02/2010

Honorable légion

Légion sanglante.jpgLa France et son éminent président prennent pleinement la mesure de l’honorabilité des élites chinoises. Grâce en soit rendue à l’UMP, désormais parti frère de celui de Mao, depuis que Xavier Bertrand a signé en octobre 2009 un manifeste d’accord avec le PCC. Il est d’ailleurs question de rééditer en bleu le petit livre qui fit la joie des « mao » de tous poils de ma jeunesse.

À Pékin, dans la suite d’un processus bien rodé, Alain Bauer, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, conseiller officieux en matière de sécurité et d’anti-terrorisme de l’illustre révolutionnaire de la commune de Neuilly, ex rocardien et pote à Valls, vient de décorer de la légion d’honneur l’honorable He Bingsong, criminologue de son état.

Déjà habitués à ce que l’insigne ruban rouge, synonyme d’honneur ou de bravoure, orne la boutonnière de nombre de chanteurs et de sportifs, vous me direz peut-être qu’il vaut mieux l’accrocher au veston d’un criminologue qu’à celui d’un criminel comme Vladimir Poutine décoré en 2006. Sauf que le dénommé He Bingsong est aussi celui qui justifiait il y a peu la condamnation à mort d’Akmal Shaik, ce Britannique souffrant de troubles psychologiques arrêté en Chine pour trafic de stupéfiants et exécuté depuis. La « patrie des droits de l’homme » décore ce faisant un partisan chinois de la peine de mort qui vient juste de contribuer par ses affirmations à une exécution capitale.

Que ceux qui se nourrissaient encore de quelques illusions quant au cynisme de nos gouvernants sans complexes, apprécient et jeunent en signe de deuil. Ils se referont au moins des amis chez les Britanniques qui s’étaient émus du sort réservé en décembre dernier à leur compatriote. J’entends déjà fuser les habituels « incorrigible droit-de-l’hommiste naïf !».

Si on peut concevoir qu’un dialogue ininterrompu soit mené avec les États qui bafouent les droits des humains, des honneurs aussi indignement rendus à leurs élites sont inacceptables. Pourquoi ne pas honorer les résistants des droits de l’homme dans ce pays ? Parce qu’ils sont en prison ? Parce que cela mettrait en péril nos relations économiques ? Parce que des « agitateurs » menacent le parti frère ? Alors si, au nom de la réal politique, on refuse de donner la légion d’honneur à des avocats des droits civiques comme Chen Guangcheng, à des résistants comme Hu Jia, à des écrivains comme Liu Xiaobo tous emprisonnés, pourquoi la donner à des He Bingsong en 2010 ou, comme en 2007, à des Long Xinmin, ce haut responsable de la censure ?

Honneur, vous avez dit honneur ? Les temps électoraux viendront où l’image d’un petit timonier sera affichée sur nos dazibao municipaux. Souvenons-nous de lui rendre les honneurs. Les occasions ne sont pas légion.

Jean-Paul Schmitt

16/12/2008

Pathétique

MARIE-GEORGES%20BUFFET.jpgMarie George Buffet a ressenti une « immense fierté » à l’issue du Congrès du PCF dimanche à la Défense. Mais de quoi peut elle être fière ? de sa réélection pour la quatrième fois à la tête d’un parti qui prend l’eau de toute part ? Car il n’y a vraiment qu’elle pour avoir connu quelque chose de grand ce week end. Ce congrès, en effet, n’aura ouvert aucune piste nouvelle ni la moindre avancée politique. A moins de considérer comme un grand moment pour la gauche l’accord avec la formation balbutiante de J.L Mélenchon dont le seul objectif réside dans l’improbable élection de ce dernier aux élections européennes. Pire, le PC sort plus divisé que jamais de ce congrès car ce n’est pas la formule langue de bois de l’ »Humanité » : l’unité sans unanimisme qui cachera la forêt de désaccords qui existent entre les tenants de la ligne officielle, les unitaires, les orthodoxes et les identitaires. En fait la lente agonie du PCF va se poursuivre à travers une ligne d’extrême gauche plurielle que la secrétaire nationale, élevée au biberon de la gauche plurielle, tente de prolonger alors que ce n’est plus à l’ordre du jour. Avec de tels objectifs et en ne laissant pas la main à le tête du Parti, Marie George Buffet étouffe toute velléité de sursaut de la part des communistes. La déclinaison en pente douce va se poursuivre jusqu’à toucher le fond. Certes l’ancienne ministre des sports n’aura fait qu’accompagner ce mouvement mais elle n’aura rien imaginer pour le stopper et au mieux l’inverser. Car il faut rendre à César ce qui revient à Georges Marchais, le véritable fossoyeur du PC. Arrivé à la tête d’un parti alors au cœur de la montée de l’union de la gauche, un parti qui avait pris le virage de la responsabilité et souhaitait s’affirmer comme parti de gouvernement il a tout bradé. Son ouvriérisme doublé d’une réelle inculture, sa délectation à jouer au clown à la télévision, son incapacité à tenir une ligne politique ont coupé à jamais ce parti d’un avenir politique. Il y avait dans les années quatre vingt les bases pour s’inscrire dans la perspective politique de la fin du siècle dernier, y compris après la chute du mur de Berlin. Il n’en a rien été. Ce rendez vous manqué ne se retrouvera qu’au prix d’une véritable révolution culturelle dont on n’a pas vu poindre la moindre amorce à la Défense. Alors la pratique de la méthode Coué adoptée par Marie George Buffet en devient pathétique car on sait très bien où cela conduit.

Philippe Dibilio

Lyon, le 16 décembre 2008.

 
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