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12/08/2010

P comme "Perron de l’opéra"

P 1.jpgFumée de cigarette. Et jazz. Dedans et dehors. Notes tremblées qui montent à l’assaut de l’Hôtel de Ville où, écrasés de chaleur, on attend les vacances en triturant des dossiers. Des lambeaux de triples croches s’accrochent aux crépis des façades de la place. La mousse des bières fraiches chuchote du Count Basie. Sur la place Pradel le disque d’Ipousteguy, rayé d’eau, joue du Labbé : « permet m’amour penser quelque folie ». Les skates claquent sur les dalles et leurs raclements scandent des rythmes free.

Les amis se sont retrouvés sur le perron de l’opéra ce soir d’été. Discussions passionnées et sourires échangés. Un homme seul aux cheveux blancs rêve d’ailleurs enfouis dans les plis du temps. La lumière se teinte d’orange en s’infiltrant dans la trame des grands rideaux. Elle coule discrète entre les tables et dessine sur le sol les découpes dansantes de Matisse.

La mousse me dessine des lèvres blanches et amères. La lanterne rouge attend son heure.

Perron de l'opéra.jpg

Perron de l’opéra, acrylique sur toile, 50x65 cm

Jean-Paul Schmitt.

10/04/2010

Sur les quais

Quai du polar.jpgL’Original, Quai du Polar, Les Nuits Sonores, Les Assises Internationales du Roman qui viennent de dévoiler la liste de leurs invités, les évènements culturels mis en place lors du premier mandat de Gérard Collomb sont presque tous sur le point d’atteindre l’âge de raison. S’installer dans la durée est à coup sûr un défi majeur largement relevé par les associations porteuses de tels évènements.

A cet égard « Quais du Polar », en toute gratuité, propose aux lyonnais de se réunir, tout un weekend, autour de la culture la plus noire de la littérature et du cinéma avec des plaisirs renouvelés d’année en année, une reconnaissance populaire et des milieux de l’édition jamais prise à défaut. Comme chaque mois d’avril « Quais du Polar » va donc mobiliser entre le Palais du Commerce (Chambre de commerce, Lyon 2ème), l’Institut Lumière ou l’Amphi de l’Opéra une partie de la fine fleur des auteurs de littérature noire, rendre hommage à Hammett ou s’intéresser aux tueurs en série. Expos, conférences, projections, rencontres, visites et débats vont donc s’enchaîner pendant ces deux jours sans que véritablement la criminalité n’augmente à Lyon même si l’énigme de l’assassinat de Simon Lepic en préoccupera plus d’un comme l’augmentation sérieuse des hold-ups dans la ville.

Quant aux invités, la totalité d’un nuancier complexe allant du noir au gris très foncé est convoqué par le gang de « Quais du Polar » puisque le money-maker Maxime Chattam croisera les stars internationales que sont Ian Rankin, Don Winslow, Deon Meyer peintre de l’après apartheid Sud-Africain ou le très attendu Craig Johnson. Derrière la figure quasi légendaire de Patrick Raynal, l’ancien boss de la série Noire, Lyon accueille cette année des valeurs sûres comme Viviane Moore, Dominique Manotti dont la dernière descente dans un commissariat devrait irriter Hortefeux, sans oublier Tanguy Viel et l’exquis Franck Thilliez légitime invité à vie de « Quais du Polar ». Si l’évènement lyonnais a toujours dans le passé tendu la perche à une littérature noire et latine venue d’Italie, de Catalogne ou d’Espagne, notons cette année avec Alexandra Marinina, Vladimir Kozlov et Boris Akounine l’arrivée du polar russe et des quasi-polaires Johan Theorin (Suède), Stefan Mani (Islande) ainsi que du danois Leif Davidsen.

Avec sa librairie de 3000 références, ses 30 rencontres et ses 50 auteurs invités ce « Quai du Polar » 2010 devrait nous faire froid dans le dos, froid comme l’affiche nickel-chrome conçue par Extra qui fonctionne comme une sorte d’hommage graphique à Hitchcock et au meilleur de Otto Preminger.

Quai du Polar, du 9 au 11 avril, Palais du Commerce (Lyon 2ème, métro Cordelier), programme détaillé sur le site www.quaisdupolar.com

Lyon, le 10 avril 2010.

08/04/2010

Ziques d’avril

ReperkuSound.jpgLa petite rubrique « Agenda » n’y suffisant pas, voici quelques concerts qui méritent d’être signalés dans la métropole lyonnaise. Demain 9 avril, l’Orchestre National de Barbès occupe la scène de la salle Jean Dasté de Rive de Gier (04 77 83 07 32) et le lendemain, après un léger report, Rodolphe Burger est au Marché Gare (Lyon 2ème) quelques mois avant sa programmation dans la cour d’honneur du Palais des Papes pour le 64ème Festival d’Avignon. Après ce weekend chargé mais de qualité, je vous conseille l’abstinence façon d’être au top de votre forme mardi 20 avril pour assister au show du Brian Jonestown Massacre au CCO de Villeurbanne.

Retour dans la Loire le 24 avril, au Firmament de Firminy, avec Babylon Circus dont l'entrainante musique fait toujours merveille. Si la pratique du masochisme aura conduit certains à demeurer dans ce beau département pour assister le mardi suivant au spectacle d’Obispo au Zénith de Saint-Etienne, les autres préféreront être à Lyon le mercredi 28 avril à l’Auditorium pour le Ceccarelli Family Tour incluant Stéphane Belmondo et Art Mengo. Probablement conquis par les Ceccareli, les amateurs de jazz migreront le lendemain vers Vénissieux et son théâtre pour le grand retour à Lyon du pianiste Ahmad Jamal (04 72 90 86 68), cette séquence jazzy devant impérativement se terminer le 1er mai à l’Amphi de l’Opéra de Lyon (www.opera-lyon.com) avec le « Jazz, à la vie à la mort » de Jean Mereu, sa trompette et ses amis de l’ARFI (Association à la recherche du folklore imaginaire).

N’oubliez pas que dans la même période, Les Mediatones organiseront leur Reperkusound, la SMAC des Abattoirs de Bourgoin-Jallieu le Festival l’Electrochoc et que le Fil de Saint Etienne se risque avec bonheur à une belle programmation jazz (Jean-My Truong, Mederic Collignon). Bons concerts.

Lyon, le 8 avril 2010.

08/11/2009

Demandez le programme

Nous sommes le 8, il était donc temps de pointer dans l'agenda de novembre quelques concerts qui méritent le détour. Placebo hier au soir et Rammstein le 2/12, la Halle Tony Garnier va connaître un bon mois de novembre puisqu'elle accueille Massive Attack (16/11 20h, 44€), Muse (le 22/11, 20h, 44€) et Depeche Mode (23/11, 20h, 51€), mais reprenons dans l'ordre.

  • > 13 novembre, le duo Ceccarelli-Mazariello est à l'amphi de l'Opéra de Lyon à 20h30 16€. Attention, les mêmes se produisent le même jour, au même endroit à 12h30 et c'est gratuit.
  • > Les nombreux fans de Dominique A sont déjà possesseurs de leurs billets (20€). Les autres sont priés de se réveiller car cela risque d'être rapidement complet. C'est le 13 novembre, 20h30, à l'Epicerie moderne de Feyzin.
  • > Le 19/11, les Beatles se reforment au Kao (19h30) sous le pseudonyme de Revolver (20€). Les auditeurs de France Inter ne peuvent y échapper.
  • > Impossible d'échapper également au phénomène Carmen Maria Vega qui à l'occasion de la sortie de son 1er LP est en tournée nationale. Elle est ce soir au Kao 20h, 16€.
  • > Retour gagnant du Peuple de l'herbe dont "491" nous dit que son nouvel album est "grisant". Transbordeur 19h (parce que le concierge se couche très tôt), 24 €. A quand les gouters-concerts du Transbo ?

Pendant que nous y sommes, 3 dates à retenir. Le 28/11 les mythiques Marie et les Garçons se reforment pour un concert unique dans le cadre de l'exposition "So punk" organisée par l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne, cela sera au Marché Gare. A ne pas rater. Rammstein est donc en ville le 2/12 à la Halle, écartez les enfants ! Enfin, déjà vu cet été à Jazz à Vienne dans un autre dispositif, Marcus Miller (l'ancien bassiste de Miles Davis) est le 22/12 à l'Auditorium de Lyon. Bons concerts !

Dominique A - Hasta que el cuerpo aguante.
envoyé par CInq7. - Regardez la dernière sélection musicale.

Lyon, le 8 novembre 2009.

11/10/2009

Demandez le programme # 2

 

sophie-hunger.jpgLa saison musicale est repartie à bloc aux quatre coins de la métropole. Voici donc une très courte sélection parmi les centaines de concerts programmés.

  • 15 octobre. Sophie Hunger et Fink à l’Epicerie Moderne (Feyzin) - 15 euros. Les radins pourront se rendre en fin d’après-midi pour le show case de Fink à la FNAC PART DIEU (gratuit)

  • 16 octobre. Calvin Russell, son blues et sa bouteille de bourbon au théatre de Vénissieux - 30 euros.

  • 19 octobre. Louis Sclavis et Michel Portal dans le cadre de « Rhino jazz(s) » à Firminy – 28 euros.

  • 21 octobre. Isabelle Olivier Quintet, « My Foolish Harp », en résidence à l’amphi de l’Opéra de Lyon (1er arrondissement).

  • 23 octobre. Enfin le retour de Rachid Taha, au Kao (7ème arrondissement), 25 euros.

  • 24 octobre. Kasabian est au radiant (Caluire), 28 euros.

  • 25 octobre. Très attendu concert des belges de Ghinzu au Transbordeur,

  • 04 novembre, Patrick Watson à l’Epicerie Moderne (Feyzin)

  • 05 novembre, The Jim Jones Revue au Fil de St Etienne (15 euros). Séance de rattrapage le 7 novembre à la Tannerie de Bourg-en-Bresse.

  • 07 novembre. Placebo à la Halle Tony Garnier (7ème arrondissement)

Lyon, le 11 octobre 2009

Photo: DR

 

19/08/2009

R comme « Remuer »

1827014920.jpgRassurez-vous, je ne vais pas vous entretenir jogging, gym ou sports extrêmes voyez ce qui est arrivé au Président de la République. Une fois n’est pas coutume, parlons cuisine, parlons risotto. Ce plat parmi les plus simples, fait souvent peur. Par ailleurs il devient relativement rare dans les restaurants que l’on peut fréquenter, si ce n’est au quotidien, au moins de temps à autre.

Il fût un temps ou il arrivait, ici à Lyon, que « Les Muses » (Opéra de Lyon) se risquaient dans cette aventure en proposant un risotto généreusement accompagné de quelques calamars bien venus. C’est désormais de l’histoire ancienne. « L’Ouest » comme « Le Nord » y allaient également du leur agrémenté de Saint-Jacques mais aujourd’hui les gambas ont repris le pouvoir et ce à un prix presque prohibitif. Passons à l’essentiel.

C’est donc à la maison que l’on peut déguster un risotto, celui qui nous convient, sachant que l’inspiration tempérée par nos moyens permet de voir les choses avec simplicité puisque des légumes de saison permettront d’élaborer un plat familial qui doit savoir ne pas trop se la jouer.

La première opération, peut-être celle qui demande le plus d’effort et qui exige de ne pas trop se montrer radin, consiste à se procurer le riz qui convient. Arborio, dont le grain demeure solide ou Carnaroli, riche en gluten, font l’affaire. Le truc avec le risotto c’est qu’une fois que lardons, oignons ou tout autre ingrédient sont correctement revenus il est nécessaire de prendre sa respiration, de se concentrer et de ne plus penser qu’à ça. Il faut donc se lâcher, c'est-à-dire ajouter le riz jusqu’à ce qu’il devienne translucide. C’est en général à ce stade que l’avenir de notre risotto se joue et notre crédibilité avec. Une fois le riz dans la casserole pas question donc d’aller prendre l’apéro, de téléphoner ou d’entamer la lecture de l’Equipe. Il faut remuer. Sans cesse remuer et remuer encore, car tel est le secret d’un bon risotto. On déglace au blanc sec. On remue. On ajoute le bouillon après évaporation du vin, on remue encore. On rajoute à nouveau du bouillon, on remue et c’est au bout d’une petite quinzaine de minutes que l’on rajoute nos pois, fèves ou asperges, en mouillant et en remuant. Maintenant l’essentiel est fait. Retiré du feu, le riz est enfin dispo pour accueillir dans la joie son parmesan pour enfin se reposer. Avant de passer à table on offre à notre risotto quelques copeaux de parmesan découpés à l’économe. Il faut se remuer pour se régaler.

Hautes Pyrénées, le 19 août 2009.

30/06/2007

Eté 2007

medium_Tout_le_monde_dehors.jpg« Tout l’monde dehors ! » et ses 250 rendez-vous de l’été nous revient. Ce véritable marathon artistique propose aux lyonnais de passer l’été en douceur avec un foisonnement d’évènements festifs et culturels dans la plupart des quartiers de la ville. Même si je le fais souvent ici, vous proposer un parcours est une gageuse. En fonction de vos disponibilités n’hésitez pas à vous fier au site www.tlmd.lyon.fr qui vous permettra de planifier votre été lyonnais.

Vous avez par ailleurs remarqué que la 5ème saison de « Jazz au péristyle de l’opéra » bat son plein depuis le 11 juin jusqu’à début septembre. Du lundi au dimanche à 19h, 20h15 et 22h se succèdent des formations de jazz dont vous connaîtrez le nom en vous reportant au site.

Il y a quelques jours j’évoquais l’été au Musée d’Art Contemporain, sachez tout de même que la climatisation de nos musées est également bonne à prendre ce d’autant que « Lyon, l’esprit d’un siècle » vous accueille jusque début août au Musée des beaux-arts mais également au Musée de la Miniature (04 72 00 24 77) à Saint-Jean, au Musee africain sur le cours Gambetta, au Musée Urbain Tony Garnier dans le 8ème arrondissement sans oublier les balades urbaines (inscriptions au 04 72 10 30 30).

Lyon, le 30 juin 2007.

20/04/2007

Opéras Bonsaïs à Lyon

medium_festival-Opéra_de_Lyon.gifLe festival « Amour soupçon » qui est ouvert à l’Opéra National de Lyon depuis mardi dernier jusqu’au 5 mai a le mérite de proposer de très courts opéras présentés pour chaque soirée deux par deux. Béla Bartok, Francis Poulenc, Puccini, Bizet, Schiarino sont ainsi programmés en alternance.

Si aujourd’hui l’opéra de Lyon imagine un événement construit autour de ces « Opéras bonsaïs », il est utile de rappeler que l’opéra court émerge dans l’histoire dans des conjonctures et pour des raisons très différentes.

Si parfois ces pièces sont imaginées comme des compléments de programmation (Puccini), d’autres au contraire sont conçues comme de véritables formats en rupture esthétique avec l’air du temps(Milhaud) ou bien des modèles en réduction de l’opéra traditionnel (De Falla).

C’est dans les années post 68 que certains opéras de chambre proches du théâtre musical vont reprendre une certaine vigueur en particulier en s’adaptant aux impératifs de médias comme la radio mais aussi pour exister en dehors des grandes institutions traditionnelles.

Le festival lyonnais « Amour soupçon » a le grand mérite, en alliant qualité et originalité, de faire resurgir une réalité intéressante et parfois oubliée tout en faisant un clin d’œil à des spectateurs aussi infidèles car parfois aussi peu motivés que moi.

Lyon, le 21 avril 2007.

07:00 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Opéra, lyon, opéras, courts, bartok, puccini, bizet | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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