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09/09/2009

Subliminal soutien à Bongo

Subliminal Kouchner.jpgÀ peine Ali Bongo était-il devenu le vraisemblable président du Gabon et avant même la déclaration officielle des résultats, Paris rabâchait déjà son cantique. Le même toujours. Celui des jours noirs, qu’on chante autour des pseudo catafalques de la Françafrique. Prévisible, Kouchner barytone qu’il « condamne très fermement les atteintes à l’ordre public ». Normal. Des ressortissants français risquent d’être en danger.
Crânement et avec un effet du plus beau grégorien, les voûtes des Affaires Étrangères vibrent d’un « la France n’a pas eu de candidat, n’a défendu personne et n’est pas intervenue, jamais, jamais, jamais… Nous avons respecté complètement la neutralité nécessaire, c’est un pays souverain ».
Point d’orgue !

Silence. Méditation.

La France n’a pas eu de candidat. D’ailleurs, le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les relations avec les pays africains, (le Monde du 30 août 2009), ne disait rien d’autre quand il affirmait : « Au Gabon, la France n’a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c’est Ali Bongo. Or je suis un ami écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l’électeur comprendra »…

Subliminal quand tu nous tiens.
Subliminales, les interventions de l’État français : les mécanismes commerciaux et les enjeux financiers, y compris ceux des sociétés nationales suffisent à l’efficacité.
Subliminal, le pétrole (53% du PIB, 79% des recettes d’exportation du pays) : Total ne contrôle que 30% de sa production.
Subliminales, les ressources minières, manganèse en tête, exploité par Comilog : le Français Eramet, n’en contrôle que 66% aux côtés de l’État (attention, les Indiens et les Chinois guettent).
Subliminale l’exploitation des bois tropicaux dominée par le groupe français Rougier.
Subliminale la réception d’Ali Bongo par Nicolas Sarkozy et Claude Guéant en 2008 : à ne pas confondre avec un adoubement du fils prodigue.

Le père d’Ali, feu Omar Bongo, « ami fidèle de la France » selon Nicolas Sarkozy et grand dispensateur de mannes électorales devant l’Eternel ne disait-il pas : « La France sans le Gabon, c’est comme une voiture sans essence et le Gabon sans la France, c’est comme une voiture sans chauffeur » ?

Jean-Paul Schmitt

27/05/2009

Bingo

BingoBongo.jpg« Merci Omar, pour tes avis et tes conseils ».

Deux ans ont passé depuis cet amical échange franco-africain du 6 mai 2007, juste avant la fermeture des bureaux de vote tel que nous l’a rapporté le président du Gabon. Deux ans déjà. Deux ans seulement.

Mais Omar est malade. Son fils aussi qui se fait soigner en France. Alors, un peu de compassion, que diable.

« Merci Omar ».

« À ton service Nicolas ».

Omar, l’inamovible, a pratiqué tous les présidents français et celui-ci, il le pratiquait déjà lorsqu’il n’était encore que le maire de Neuilly. Omar, bienfaiteur des campagnes électorales françaises plus que des campagnes africaines, a su faire fructifier ses investissements. Son patrimoine immobilier croit infiniment plus vite que l’expansion économique du Gabon aux réserves d’or noir pourtant conséquentes.

Vie privée, vie publique. Afrique brûlée. Ronde des amis qui randonnent de sommets d’État en sommet d’État. Ronde des ONG dans les marigots, les Sahels, les bidonvilles et les camps.

En douce France, l’herbe est verte, les boubous exotiques et les affaires franco-africaines feutrées. La justice soupèse. Une petite juge, Françoise Desset, au vu du fléau - celui de sa balance – avait estimé qu’une enquête préliminaire pour « Biens Mal Acquis » (BMA) par les sieurs Omar Bongo Ondimba, Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville et Theodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale pouvait légitimement être ouverte.

Une première. L’affaire ferait grand bruit. Mais le parquet veillait. Un parquet flottant car il n’y a rien de plus désagréable que ces lames qui font du bruit. Le nôtre ne grince pas. Bien ciré, sur lui les critiques et les affaires glissent. Dommage qu’il ne nous laisse pas entendre les pas de danse des banques relevées par l’enquête préliminaire. Il ne nous reste plus qu’à imaginer leurs entrechats pour faire face à leurs obligations sur le non-blanchissement. Étonnant corps de ballet : BNP, Société Générale, Crédit du Nord… Banque de France même, par laquelle auraient transité d’importants virements destinés au fils du président de la Guinée- Équatoriale.

Bingo Bongo ! Le parquet s’oppose.

Jean-Paul Schmitt

 
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