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25/10/2010

Le bleu et le rouge

334906.jpgPlutôt que de faire une fixation impuissante sur Claude Puel, les associations de supporters de l’olympique lyonnais devraient plutôt s’occuper de deux députés du coin, l’un étant UMP et s’appelant Philippe Meunier, l’autre communiste et se nommant André Gerin, ces deux-là venant de co-écrire une lettre contre l’ « OL Land » dont je suis l’un des nombreux destinataires. Nos deux « coco », ou plutôt nos deux compères, dénoncent avec appétit « ce foot business et tous ses excès qui n’en finissent plus » sans oublier de préciser, par précaution, leur attachement aux « valeurs du sport ».

Qu’un député bleu horizon également repérable par quelques taches brunes signe une missive avec un paléo-communiste n’est vraiment pas pour me surprendre ce d’autant que le second a déjà fait ses preuves en exécutant le même type de glissade avec son ami Eric Raoult. Ce qui est intéressant dans la démarche réside aussi dans des arguties qui jusqu’ici étaient la spécialité des discussions avinées dans certains rades de nos quartiers. En effet nos deux députés dénoncent aussi dans les quelques lignes de cette lettre aux relants démagogiques le « cash pour régler les commissions délirantes liées aux transferts » ainsi que « les salaires supérieurs à 400 000 euros par mois ».

Si cette nouvelle définition du front républicain enfantée par Meunier et Gerin ne fait pas dans la dentelle, nos deux clients poussent un peu loin le ballon au point d’exiger de la ville de Lyon l’agrandissement de son stade municipal de Gerland. On a connu plus élégance de la part de députés de la république mais surtout plus de compétence, sachant que ces deux-là ne sont pas, loin s’en faut, effrayés par leurs propres limites dépassées depuis belle lurette. Il n’empêche qu’au-delà du triste combat de Meunier et Gerin et bien loin du strict dossier de l’OL Land, le football professionnel est sur le point de rentrer dans une zone des tempêtes que nous ne mesurons encore qu’avec imperfection. Devenu spectacle, le football doit s’interroger sur la validité de son modèle économique. Largement sous perfusion des droits versés par les télévisions, le désengagement d'orange ne sera pas sans conséquences et il suffit de voir la sur-activité de Fréderic Thiriez pour la création d’une chaîne de la ligue sur la TNT pour s’en convaincre. Sur un autre registre, la suggestion intéressée du président de Canal Plus visant à diminuer le nombre de club de L1 va dans le même sens. A L’heure ou en Europe la mauvaise santé du football professionnel est sur le point de produire des facteurs de déstabilisation et voire même de véritables dépôts de bilan, ceux qui font profession de nous indiquer l’avenir devraient se montrer particulièrement actifs. Dans cette catégorie ne figurent ni Rama Yade, ni sa surveillante Bachelot, encore moins nos deux agents d’ambiance locaux, je veux parler de Meunier le bleu et Gerin le rouge.

Lyon, le 25 octobre 2010

Photo:DR

10:11 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : meunier, genin, football, stade, gerland, ol land, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/10/2008

Coup de bluff ?

Grand Stade.jpg« Si, pour des raisons politiciennes les premières grues n’étaient pas installées en 2010 je pourrais aller emmener ce projet (de Grand Stade) ailleurs ». Cette déclaration intempestive faite par Jean Michel Aulas quelques heures avant la rencontre OL Bayern relève-t-elle du coup de bluff ? On pourrait le penser si l’on s’en tient aux contorsions qu’ont engendré la reprise de ces propos sur le site de l’OL. Mais dans le contexte de tension qui monte autour de ce dossier d’OL land à Décines il faut peut-être y regarder de plus prêt.

Chacun, en effet, y va de sa petite musique pour mettre de l’huile sur le feu. Après Michel Noir qui affirme qu’il faut sauver le soldat Aulas  lequel serait en droit « d’en vouloir à Gérard Collomb de l’avoir conduit dans une telle impasse » c’est le « Progrès » qui sort un sondage, très aléatoire puisque fait auprès de ses lecteurs internautes, qui donne 76% d’avis opposés à l’implantation à Décines. Ce dossier, engagé de manière trop solitaire pas Gérard Collomb, n’a donc pas fini d’être confronté à des embûches ou autres soubresauts. Et cela, il est vrai, pourrait sensiblement agacer Jean Michel Aulas qui a du mal à comprendre et plus encore à admettre le fonctionnement des collectivités et leur mode  de décision. Il faut lui reconnaître que ce n’est pas d’une simplicité biblique. Pour lui en tout cas, c’est le maire qui lui a présenté ce terrain et lui a promis la construction du stade et de l’activité commerciale qui va avec. A partir de là il s’est engagé de manière forte, auprès de ses actionnaires, des autorités de la bourse. Il s’est aussi engagé dans le temps et c’est bien là que le bât blesse.

Le fait que la date de 2010 ait été avancée pour l’inauguration laisse planer un malaise sur le projet vu l’avancement des choses et même si aujourd’hui on parle de 2012 sans que personne puisse y mettre sa main à couper. Bref la tension monte et si, comme cela semble s’annoncer, l’enquête publique était relancée les nerfs seraient une nouvelle fois mis à rude épreuve.

Aussi on peut se poser la question de savoir jusqu’à quand ceux de Jean Michel Aulas tiendront-ils ? Avec cette forte phrase le président de l’OL a certainement voulu lancer un avertissement aux acteurs de ce dossier, ceux du Grand Lyon en particuliers qui sont en première ligne. Mais au-delà peut-on faire  comme si cette menace était totalement irréalisable ? Rien n’est moins sur. Les clubs de football ne sont plus l’apanage d’une municipalité ou d’une association locale ce sont aujourd’hui des affaires conduites comme des grandes entreprises et l’OL est la figure de prou de ce système en France. Alors, si Aulas veut importer cette société ou la vendre il peut le faire. Encore faut-il trouver acquéreur, certes, mais si les fonds de pensions connaissent une passe difficile les fonds souverains eux se portent bien. Alors l’OL et son stade à Dubai où Jean Michel Aulas intervient déjà, introduit par Gérard Collomb d’ailleurs, ce n’est pas impossible. Et puis comme le dit Cécilia ex-Sarkozy qui vit beaucoup sur place avec son nouveau mari : « on est à deux heures de l’Inde et à trois heures de la Chine » l’endroit où il faut être si on veut suivre le mouvement du monde des affaires et de la Jet Set.

Philippe Dibilio

Lyon, le 8 octobre 2008.

 
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