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27/10/2010

Stratégie de présence et d’influence ou mise à sac du politique ?

SAC.jpgLobbying !... Si en France, depuis 1995, les entreprises ne peuvent plus faire de dons aux partis politiques, en revanche c’est autorisé aux Etats-Unis. Mais aux Etats-Unis au moins, les affaires en question sont connues et publiées et l’on trouve sur les sites montants et bénéficiaires.

Comme le signalait Rue89, les entreprises françaises ne sont pas en reste pour arroser les candidats aux élections intermédiaires américaines. Il leur suffit pour cela de créer un comité d’action politique (Political Action Committee). Comme pour Obama ces élections risquent d’être difficiles, certains démocrates dénoncent les firmes étrangères qui interviennent de cette façon dans leur politique nationale. C’est le cas de certains fleurons français comme Areva, AXA, GDF Suez, Vivendi et autres Lafarge pour ne citer que les meilleurs donateurs parmi la douzaine d’entreprises citées et qui, pour la seule année en cours ont déjà versé plus de 625.000 $ et bien davantage depuis 2009 (voir Rue89). Que les « partisans » de tous bords se rassurent : 2/3 vont aux candidats démocrates et 1/3 aux républicains. Organisation actuelle du pouvoir oblige. Ouf !

S’il fallait une preuve nouvelle de l’intervention du système financier capitaliste dans les campagnes électorales…

Nous en France, nous sommes plus malins : nous créons des « premiers cercles » de donateurs dont la plupart sont des chefs de nos grandes entreprises et/ou de familles les contrôlant. Nous créons des micro-partis dont le Monde disait après enquête que : « le total des budgets des satellites du parti présidentiel atteint 4 938 451 euros. Une somme très supérieure à celle de l’ensemble des petits partis proche du PS, dont les budgets cumulés atteignent 796 964 euros ».

Et puisque nous en sommes à compter les points dans notre démocratie malmenée où les règles financières aveugles semblent supplanter les règles de la République issues de la Révolution et des Lumières, le rapprochement des comptes est éclairant :

- USA, Démocrates contre Républicains : gain 2 contre 1

- FRANCE, UMP contre PS : gain 6 contre 1

Espérons que le décompte des votes en 2012 soit inverse.

Qu’elles paraissent lointaines ces paroles d’Abraham Lincoln dans son premier message annuel au Congrès : « le capital est seulement le fruit du travail et il n’aurait jamais pu exister si le travail n’avait tout d’abord existé. »

Certainement parole de bolchevik !

Jean-Paul Schmitt

17/03/2010

Cuba libre

 

Cuba libre !.jpgDécidément Cuba ne me lâchera pas. Voici que, la semaine passée, un autre gréviste de la faim et de la soif, Guillermo Farinas, a pris le risque de laisser sa vie sur l’ile. Il n’est pas en prison comme Orlando Zapata Tamayo récemment : Cyberjournaliste de 48 ans, Guillermo est libre, mais à l’hôpital de Santa Clara. Déjà malade, il a entamé sa grève après la mort d’Orlando pour réclamer la libération de 26 prisonniers politiques, malades eux aussi, que le gouvernement cubain refuse de reconnaître comme tels les qualifiant de mercenaires à la solde de ces États Unis.

Les médias s’en émeuvent et l’UE en appelle au régime castriste.

Redoutable admonestation à ce gouvernement cubain qui accuse Farinas de délits de droit commun. Redoutable parce qu’elle met une fois de plus le régime face à la nécessaire évolution vers plus de droits humains pour les Cubains alors même que ses capacités à le faire sont très faibles : Raul le petit frère serait prêt à plus d’ouverture face au conservatisme de son frère ainé et du gouvernement en place. Rien ne bouge semble-t-il dans ce pouvoir congelé dans ses reflexes de défense face aux menées US et à l’embargo qui étouffe Cuba depuis 48 ans. Redoutable aussi car c’est la 23ème grève de la faim de Guillermo.

Il y a-t-il une soixantaine de détenus pour délit d’opinion à Cuba comme le dit Amnesty International ? Le chiffre de 200 donné par la dissidence, essentiellement réfugiée aux États Unis, est-il crédible ? Quoi qu’il en soit, il est fort peu probable qu’il n’y en ait aucun, comme l’affirment les dirigeants cubains qui montrent du doigt les droits de l’homme bafoués à Guantanamo et à Abou Graib.

En soulignant uniquement les manquements de Cuba, fait-on le jeu de tous ceux qui ont intérêt à démontrer que la révolution cubaine (ou ce qu’il en est advenu) a mis en place le pire des goulags ? Et faut-il alors noyer nos dénonciations dans je ne sais quel « Cuba est loin d’être le plus mauvais des élèves de la classe mondiale en matière de respect des droits de l’homme » comme l’affirmait le journaliste français Salim Lamrani, spécialisé dans les relations entre Cuba et les États Unis dans son livre « Double morale : Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme » (Paris, Editions Estrella, 2008) ? Non. Notre devoir est de réagir et de dénoncer, sans pour autant jouer les idiots utiles.

« Allons Raul, encore un pas : libère tes prisonniers d’opinion et évite que ce nouveau gréviste de la faim ne meure ! »

« Lorsque quelqu'un a décidé de mettre fin à ses jours et qu'il est très déterminé à le faire, qu'il soit en liberté ou en prison, […] aucune mesure ne l'empêchera ». Ce n’est pas la réponse de Raul. C’est celle d’un secrétaire d’Etat à la Justice français, Jean-Marie Bockel, à propos des 122 suicides dans les prisons françaises en 2009. Prisons où l’on compte annuellement près de 1000 tentatives de suicide et près de 1000 débuts de grève de la faim…

Hasta la libertad siempre !

Jean-Paul Schmitt

10/02/2010

Cuba un

Fidel+Castro.jpgCette semaine et la prochaine je suis dans la Cuba du presqu’après Fidel Castro. À La Havane où je loge en chambre d’hôte chez la charmante Migdalia, calle Santa Clara, en plein cœur de la vieille ville avant de partir sillonner les routes.

Je fais partie pour deux semaines des quelques deux millions et demi de touristes qui visitent l’ile annuellement et je m’apprête paraît-il à rencontrer des Québécois à chaque coin de rue. Curieux, l’accent du jeune pays lorsqu’il articule l’espagnol. Ombre !

Je pourrais vous la faire brève, façon Lang de bois : « mon sentiment est qu’aujourd’hui une page se tourne, un nouveau chapitre de l’histoire peut s’écrire. » (c’est le genre de poncifs que Jack nous a servi à son retour de chez le commandante Fidel où il est allé l’an passé sur commande de notre commandante à nous, histoire d’essayer de faire la nique à Obama et histoire aussi de conforter Bouygues et Alcatel sur l’ile). De crainte de vexer mes amis cubains, je ne pousserai pas la caricature aussi loin que notre éternel ministre de la culture qui affirmait alors « la richesse ça ne s'exprime pas qu'en tonnes de matériaux, Cuba dispose d'une énorme influence dans le monde grâce à sa musique, à sa matière grise et à sa chorégraphie ! ».

J’essaierai de vous raconter simplement – et à mon retour – les quelques sensations fortes que j’aurais eues de ce pays et de ses habitants pour beaucoup desquels il semblerait que Fidel soit aujourd’hui devenu le « compañero Fidel », un simple « soldat des idées » en quelque sorte pendant que son peu charismatique frangin Raul se donne du souci pour maintenir son radeau dans la mer des Caraïbes.

Je vous en dirai plus à mon retour. Hasta luego amigos !

Jean-Paul Schmitt

03/01/2010

2009 en vrac

Installation de l’administration Obama - Conflit dans les Universités à propos du statut des enseignants-chercheurs - Suppression de la publicité sur l’audiovisuel public - grève générale à la Guadeloupe - Nouvelles plaques d’immatriculation - Disparitions de Alain Bashung et Michael Jackson - Violentes manifestations à Strasbourg lors du sommet de l’OTAN - Sortie en juin de l’album « Music for men » de Gossip ….

Lyon, le 3 janvier 2010.

06/11/2009

L’élève Obama

obama.jpgDéception. Bilan mitigé. Aura en berne …. N’allez pas croire que tout ceci concerne Nicolas Sarkozy arrivé à mi-mandat. Non, ces jugements qui percent dans les éditos sanctionnent les premiers huit mois de Barack Obama et réunies en véritables « Conseils de classe » les rédactions rédigent le bulletin de ce piètre élève.

Reprenant le site PolitiFacts, le Monde utilise le nouveau « Obamètre » qui, paraît-il, mesure l’avancée des choses. Si vous allez faire un petit tour sur ce fameux « The Obameter : tracking Barack Obama’s Camparign » vous serez tout d’abord surpris par les encarts publicitaires de l’Eglise de Scientologie et vous constaterez que sur 515 promesses, 49 ont été tenues, 7 trahies, 14 au point mort et 128 en cours de discussion parlementaire. Pour en savoir plus il suffit de se reporter au site ou bien au Monde daté du 3 novembre.

Soyons au clair entre-nous. Obama n’a pas le rayonnement de Nicolas Sarkozy dans le monde ou autour de la méditerranée. Pas de comparaison possible entre l’un qui détruit les paradis fiscaux, tacles les patrons ripoux et est en osmose avec la classe ouvrière et l’autre qui est à genoux devant Wall Street, est incapable d’endiguer le chômage et qui a les miches face aux lobbies.

Pour s’en sortir Obama, au mercato d’hiver, devrait faire venir Besson pour une courte pige et en trois coups de cuiller à pot le « traître » remettrait dans l’axe l’électorat démocrate qui, comme les Français, veut débattre d’identité nationale. Cela étant, deux points noirs subsistent dans la politique diplomatique du président américain. Il s’agit de Cuba et de la Corée. Si Sarkozy acceptait de céder pendant quelques mois Jack Lang à Obama, je suis convaincu que les choses iraient mieux en novembre 2010 pour le second bulletin de l’élève Obama.

Lyon, le 6 novembre 2009.

20/07/2009

C comme « Chien »

C 1.jpgJe sais bien que dans l’actualité une nouvelle chasse l’autre et que la presse n’est pas très fortiche pour exercer un droit de poursuite. Prenez Bo, le chien de la famille Obama il faisait la une il y a quelques trois mois et depuis pratiquement plus rien le concernant. Ce chien d’eau portugais au pelage noir et aux pattes blanches offert par Ted Kennedy à Malia et Sasha Obama peut bien aujourd’hui pisser sur les poireaux et les laitues du jardin pédagogique de Michelle Obama oubien dévaster les fauteuils du bureau ovale. Pas de nouvelles. Ceinture. Une question me turlupine tout de même quant à ce Bo. C’est l’origine de son nom.

A l’époque, certains expliquaient qu’il s’appelait ainsi car les enfants Obama souhaitaient lui donner le nom du chat de leur petit cousin. D’autres, et je préfère les croire, disaient que le Président Obama voulait en baptisant Bo ce fameux chiot rendre hommage au pionner Bo Diddley disparu quelques mois auparavant. Les biographes officiels trancheront la question un de ces jours. En attendant on s’écoute Bo Diddley….

Lyon, le 20 juillet 2009.

29/04/2009

L’option zéro

Obamasarko.jpgGlobal Zero, une initiative lancée il y a quelques mois par cent personnalités politiques, militaires et civiles de toutes tendances politiques pour éliminer totalement les armes nucléaires dans le monde d’ici 2025.
Parmi les signataires : Jimmy Carter, Mikhaïl Gorbatchev, Michel Rocard, Hans Dietrich Genscher, Zbigniew Brzezinski. En janvier 2010, une réunion de 500 personnalités parmi lesquelles notamment Poutine et Obama devrait confirmer la démarche engagée.
Chiche !
Ce ne sera pas facile. Jugez-en, il s’agit de rien moins que de réduire massivement les arsenaux russes et américains qui représentent 96% des 27.000 armes nucléaires mondiales. Cela se ferait certes graduellement et jusqu’à zéro, mais concernerait également les armes nucléaires des autres états qui en possèdent. Enfin, cela impliquerait de mettre en place un système de contrôle international et une gestion, elle aussi internationale, du cycle du combustible nucléaire pour prévenir tout développement futur d’armes nucléaires.

La position française, issue de la théorie gaullienne de dissuasion du faible au fort, risque d’être un écueil réel à l’atteinte d’un tel objectif. Et ce ne sont pas les 18 points de la déclaration fourre-tout intitulée « Déclaration sur le renforcement de la sécurité internationale » des ministres européens des Affaires Étrangères de l’UE qui facilitera la solution ; résolution emmenée par la présidence française le 8 décembre 2008 au moment même où, le 9 décembre à Paris, Global Zero se lançait.
Les promoteurs de cette initiative ne s’y trompent pas. Ils tiennent la France pour un interlocuteur difficile. Nicolas Sarkozy y est d’ailleurs allé d’un petit couplet savamment savonnant affirmant que les propositions européennes se veulent « concrètes et réalistes ». Traduisez : celles de Global Zero ne le sont pas
Cette position de la France, avocate du désarmement – un désarmement limité qui ne dit pas son nom - n’est pas neuve. En 1999, Lionel Jospin affirmait dans la plus pure continuité : « la dissuasion nucléaire demeure un fondement essentiel de notre défense. »

Le sujet est important et ne peut se limiter ni à des réponses naïvement morales, ni à un rejet pur et simple, au nom de je ne sais quelle realpolitik, de ce qui pourrait être un grand progrès pour notre planète et tous ceux qui y vivent. Il mérite un vaste débat national. Ce temps de crise est-il opportun alors que les préoccupations concernant l’emploi et le pouvoir d’achat sont si prégnantes ?

Mais existe-t-il des moments privilégiés pour ce genre de débats ?
Je ne le pense pas.

Raison de plus pour les mener sans tarder.

Jean-Paul Schmitt

24/04/2009

24 avril

peter-gabriel854_MainPicture.jpgComme chaque 24 avril, la journée d’aujourd’hui est consacrée de part le monde à rendre hommage aux victimes du génocide des arméniens. Alors que grâce à l’action de franges de plus en plus élargies d’intellectuels et démocrates turcs la question de la reconnaissance du génocide des arméniens s’impose dans le débat public on mesure l’importance des manifestations qui visent à exiger une telle reconnaissance et la dénonciation de la négation.

Pour des raisons stratégiques, en apportant son soutien sans réserve à l’actuel gouvernement turc, le Président Obama semble avoir fait le choix, comme ses prédécesseurs, de passer par perte et profit le génocide de 1915. En recommandant que l’Europe fasse de l’intégration de la Turquie au sein de l’Union une question prioritaire, Obama n’est en rien, contrairement à ce que pensent Sarkozy et Villiers, en dehors de son rôle mais le nouveau Président américain aurait été particulièrement inspiré d’assortir son point de vue de quelques conditions liées à la démocratie, à la condition de la femme, à la place des minorités mais aussi, car c’est incontournable, à la reconnaissance du génocide des arméniens.

Comme chaque année, je m’efforce de faire valoir le point de vue de certains « Grands anciens » comme Jean Jaurès ou Justin Godard pour démontrer que cette « question arménienne » doit continuer à s’imposer y compris quand les grands de ce monde ne souhaitent pas l’inviter.

Assez récemment, le bi-mensuel « France-Arménie » se faisait l’écho des propos de Peter Gabriel quant à la reconnaissance du génocide. Voici l’essentiel d’une déclaration tout à fait en adéquation avec l’ensemble des combats menés jusqu’ici par l’ancien leader de Genesis.

« Lorsque j’ai composé la musique pour La Dernière tentation du Christ, j’ai découvert l’un des instruments les plus émouvants : le doudouk arménien. Je suis ensuite allé en Arménie à l’occasion de l’anniversaire du joueur de doudouk Djivan Kasparyan. Nous avons visité le Mémorial du Génocide consacré à plus d’un million d’Arméniens morts en 1915 » […] « Les Turcs nient le Génocide arménien et la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne l’ont pas reconnu mais j’espère qu’ils vont le faire. Il faut en parler afin que les Turcs acceptent les évènements du passé pour se libérer et avancer ».

Peter Gabriel

Lyon, le 24 avril 2009.

Photo: DR

18/03/2009

Obama l’Afghan

OBAMA.jpgAvec son crane rasé et son visage très souvent inexpressif, Gérard Chaliand est un spécialiste de la geo-politique connu et apprécié des Français. Très souvent invité à la télévision, à la tête d’une impressionnante bibliographie, Chaliand était l’invité, il y a peu, de Gilles Anquetil et François Armanet, journalistes au Nouvel Observateur.

Alors que le nouveau Président Obama souhaite engager son pays dans une présence encore plus active en Afghanistan, il est probablement utile de se pencher sur le concept de « guerre zéro mort » mis en avant par Gérard Chaliand. Echaudés, depuis le Vietnam, par des pertes en hommes politiquement inassumables, les Etats-Unis militent, depuis la première guerre en Irak, confortés par l’intervention au Kosovo, pour ce type de « guerre propre » et « sans mort ». Il est bon tout d’abord de rappeler, comme le fait Gérard Chaliand, que ces guerres « zéro mort » ne sont pas une réalité. C’est ainsi que la première guerre d’Irak, si elle s’est soldée par environ 70 morts du côté américain, n’en totalisait pas moins de 40 000 dans le camp opposé. Plus décisif, l’actuelle guerre en Irak enregistre, quant à elle, de très lourdes pertes parmi les GI démontrant ainsi que, malgré un désir de « guerre propre », le bilan est catastrophique. Au bout du compte, en Irak, comme en Afghanistan, la simple présence aérienne est un leurre. C’est « au sol » que se conduisent de telles opérations et les armées occidentales connaissent le prix à payer pour de tels choix.

Le Président Obama a beau considérer que la présence renforcée des troupes américaines en Afghanistan est essentielle, cela ne le dédouane pas d’une réflexion sur l’utilité politique de son choix et du « prix à en payer ». Obama est loin d’être un imbécile, il mesure bien la nécessité de déboucher, au terme du renforcement de la présence militaire en Afghanistan, sur des négociations dont il est juste de dire qu’elles ne sont pas envisageables pour l’heure. Comme le dit d’ailleurs Gérard Chaliand, nous sommes, loin d’une « guerre zéro mort » et « le temps ne travaille pas pour les occidentaux ». Dans ce type de guerre considérée par les militaires comme « asymétrique », il est clair que les talibans intègrent l’impossibilité pour les occidentaux d’utiliser les moyens technologiques les plus en pointe et, sont prêts à assumer des pertes par dizaines, par centaines et voire même par milliers. De ce point de vue de réajustement prévisible des relations avec Téhéran pourrait s’avérer porteur d’avenir pour une politique américaine fort heureusement moins manichéenne que celle de G.W.Bush.

Barack Obama devra donc prendre en considération l’ensemble de ces éléments, une « guerre propre à zéro mort » étant à l’évidence contradictoire avec les inévitables combats au sol, leurs tristes bilans mortuaires et au bout du compte une issue politique particulièrement incertaine.

Lyon, le 18 mars 2009

Photo:DR

18/12/2008

Palmes 2008 - # 1

The age of the understatement.jpgAvant de liquider 2008, il est plaisant de retenir quelques perles qui nous auront aidé à passer des zones de tempêtes et à penser à autre chose qu’à Sarkozy, à Lehmann Brothers et à ce funeste Congrès de Reims, vous savez ce truc dont Montebourg dit que c’est l’aboutissement de ses combats. Bref, à ces petits riens, en vérité peu nombreusarkx, qui laisseront quelques traces sympathiques mais centrifugées par la grande actualité avec en tête l’impensable victoire de Obama, ici à Lyon la magnifique réélection de Gérard Collomb sans oublier l’historique traversée de Paris par la flamme olympique chinoise.
Le meilleur disque, le plus lumineux et le plus dégoulinant de l’année et sans conteste à mettre à l’actif de The last shadow puppets, cache-sexe country cinématographique de l’Artic Monkeys Alex Turner et du Rascals Mils Kane. C’est vraisemblablement un truc sans lendemain mais à coup sûr le disque le plus voluptueux de l’année. Côté France, Alain Bashung et son « Bleu pétrole » épouvantent et surclassent l’ensemble de la production nationale. Au rang des rééditions il y a pléthore et du très bon au point que l’on peut s’interroger sur une musique qui brille parfois plus par ses « oldies » que par des nouveautés déjà faisandées le lendemain de leur sortie. Quitte à passer pour un vieux hippie, je veux remercier les camarades Sony et BMG d’avoir, probablement suite à une erreur manifeste de leur service marketing, ravivé notre mémoire musicale en ressortant le mythique « Pacific Ocean Blue » de Dennis Wilson.

Au cinoche, circulez il n’y a rien à voir. En cette année ch’tis, le style baraque à frites s’impose définitivement et on ne remerciera jamais assez l’adorable Dany Boon d’avoir assuré la promotion du service public postal qui en a bien besoin. Si je voulais être poseur, au rayon documentaire, je me devrais de porter au pinacle Raymond Depardon dont l’obsession paysanne semble être le dernier truc chic. Quitte à aggraver mon cas, ma palme ira donc à Julien Temple et son « Futur is unwritten » vu au CNP Terreaux en compagnie d’une poignée de spectateurs et dont j’ai oublié de parler sur ce blog tout comme d’ailleurs « Gomorra ». Demain place aux livres.

Lyon, le 18 décembre 2008.

19/11/2008

Et pendant ce temps là, la méditerranée

62471589uj4.jpg« Et pendant ce temps là, la Méditerranée joue avec les galets » déclamait une chanson de Gilbert Becaud, je crois, car il me souvient de l’écouter en un temps où je portais des culottes courtes pas seulement l’été au bord de la plage, un temps où la date de mon anniversaire passait « comme une lettre à la Poste » ce qui ne fût pas le cas ce week-end. Certes Reims se situe loin de la Méditerranée mais il s’y passait des choses qui n’ont pas ébranlé le rythme des océans et des mers réunies. On s’y est allégrement étripé au nom des valeurs de gauche, une gauche qui ces deux derniers siècles, ou presque, a fait vibrer le peuple au rythme des espoirs qu’elle portait et des actions qu’elle menait. On y chantait même des chansons révolutionnaires jusque dans les congrès. Deux siècles ou presque parce que le rêve s’est éteint en 1983 lorsque François Mitterrand à peine élu lui a imposé une real-politique qui l’a engoncée dans les travers de ce capitalisme dont le premier secrétaire du congrès d’Epinay avait juré du haut de la tribune que pour être socialiste il fallait rompre avec ce système. Bien sûr il est inutile de ressasser le passé car, comme le disait Héraclite : « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». Il n’en demeure pas moins que le PS d’aujourd’hui bégaye son histoire ce qui ne clarifie pas les choses. Car la question centrale qui se présente à lui et de savoir s’il s’engage dans un renouvellement du jeu politique national, ce qui suppose d’aller au bout du processus et afficher la perspective d’un bi-partisme à l’anglo-saxone plus proche du parti démocrate de Barak Obama que du parti socialiste de Jaurès. Dès lors il faut accepter de transformer les militants en supporters et s’adresser directement à eux en chuintant les processus de réflexion et de décisions toujours en vigueur. Un parti qui s’installe dans la société capitaliste avec la volonté de l’amender ; sans plus. Ou bien, maintenir valeurs et méthodes jusqu’alors en cours tout en affirmant plus clairement un discours de rupture. Le pire serait en tout cas un éternel compromis dont on a vu depuis onze ans qu’il ne menait qu’à l’impasse et pourtant c’est bien ce qui risque d’arriver, et pendant ce temps là, la Méditerranée continuera de jouer avec les galets.

Philippe Dibilio

Lyon, le 19 novembre 2008.

05/11/2008

Relisons Bakounine

De Villepin 1.jpgDans une interview au Journal du Dimanche de cette semaine Dominique de Villepin ressort ses accents gaulliens pour évoquer les conséquences d’une victoire d’Obama à l’élection présidentielle. Mais comme l’air du temps fait que le discours de gauche est fashion il ouvre son propos par cette formule : « relisons Bakounine ; nous sommes nos propres maîtres ». Sarko avec ses références à Jaurès apparaît là comme un pâle social-démocrate. Mais Villepin poursuit : « ce sentiment que le candidat démocrate est le candidat de la planète peut introduire une confusion. Obama est séduisant, mais n’allons pas réinventer l’atlantisme s’il était élu ! L’Amérique n’est plus le centre de l’Occident qui n’est plus le centre du monde. Obama défendra les intérêts de son pays qui ne sont pas exactement les nôtres. » Voilà une formule, en effet, qui colle particulièrement à l’actualité de ce temps de crise. Ce point de vue rappelle en creux la distance qu’il y a entre l’ancien premier ministre et l’actuel président plus attaché on le sait à poser ses bottes dans les traces du grand frère américain. Elle ramène aussi un peu de gaullisme en matière de politique étrangère au moment où, simultanément, la droite française redécouvre la nécessaire place de l’Etat pour réguler l’économie et où l’on reparle même d’un ministère du Plan qui pourrait être confié à Henri Guaino lors du prochain remaniement ministériel. Pour revenir à l’élection américaine, Dominique de Villepin affiche aussi un certain réalisme au sujet de Barak Obama. « Attention à la théâtralisation, à l’idéalisation d’un homme providentiel. Obama porte un espoir mais aussi des incertitudes. Il développe des thèmes sociaux qui renvoient à Roosevelt. Mais il est aussi choisi par des lobbies financiers : la moitié de son financement vient des grands groupes, de dollars venus de Goldman Sachs » Cette fois on croirait lire l’Humanité ; mais il n’empêche que l’analyse ne manque pas de pertinence et que la précaution affichée là mérite l’attention.

Philippe Dibilio.

Lyon, le 5 novembre 2008.

04/11/2008

D-Day

OBAMA.jpg

Je vous signale plusieurs RDV relatifs aux élections américaines à Lyon:

  • > Mardi 4 novembre, à partir de 20h30: Lyon Capitale, Jazz Radio et le restaurant-piano-bar Le Cintra s'associent pour vous faire vivre la soirée électorale américaine. Au programme : concerts, retransmission sur grand écran, tables rondes et interventions animées par des journalistes. Le Cintra, 42 rue de la Bourse, Lyon 2e.
  • > Mercredi 5 novembre en direct sur Lyon 1ère (90,2 FM) de 5h à 9h: Elections américaines vues de Lyon, tous les résultats, commentaires, analyses. Emission en direct, en public et en duplex avec Las Vegas réalisée en partenariat avec la Tribune de Lyon, TLM (Télé Lyon Métropole). Salons de l'Hotel Mercure Saxe-Lafayette, 29 rue de Bonnel - Lyon 3e.
  • > Mercredi 5 novembre à 20h30: "Les élections américaines, the day after", Université Lyon 2 avec la participation d'Olivier Richomme (Maître de conférences en civilisation américaine, Université Lyon 2), Romain Huret (Maître de conférences en civilisation américaine, Université Lyon 2) et Vincent Michelot (Professeur des universités à l'IEP de Lyon). En présence notamment d'Harry Sullivan, Consul Général des Etats-Unis d'Amérique.
  • > Jeudi 20 novembre à 18h30 "Soirée élections américaines": Conférence-débat avec Olivier Richomme et Yannick Mireur (Politologue, fondateur et rédacteur en chef de la revue Politique américaine) à la Bibliothèque de la Part-Dieu - 30 boulevard Vivier Merle. Entrée libre.

01/11/2008

Ils ne voteront pas Obama

citrouille.jpgDans quelques jours les Américains vont donc élire leur futur Président au terme d’une procédure électorale compliquée, parfois peu fiable et qui focalise l’attention sur certains Etats. Parmi ceux-là on compte la Floride dont chacun se rappelle l’importance lors des deux élections de Georges W Bush avec son lot de dysfonctionnements, de comptage et de recomptages. En ce jour de Toussaint je voudrais insister sur une particularité, souvent ignorée, de la Floride, celle de l’industrie des morts.
Je ne sais pas si les morts votent en Floride, en tout état de cause s’ils le font, soyons certains qu’ils ne voteront pas Obama. Grand réservoir de retraités venus des Etats-Unis et du Canada, la Floride est donc le premier exportateur de morts au point que les entreprises américaines de pompes funèbres bénéficient auprès des compagnies aériennes d’un avantage commercial désigné par la formule « programme morts fréquents ». L’affaire est simple. En faisant systématiquement appel à la même compagnie pour exporter leurs cercueils aux quatre coins de l’Amérique, les croque-morts de Floride bénéficient en échange de « miles » de la part des compagnies aériennes sur les vols intérieurs. Il faut dire qu’après leur trépas, les retraités yankees demeurent des acteurs importants de l’économie. Sachant que rapatrier un cercueil coûte entre 200 et 500 euros et qu’une compagnie comme Delta Airlines transporte environ 50 000 cadavres par an, on comprendra que la bataille est rude. En effet, premier exportateur de morts, la Floride réexpédie chaque année 23 000 morts sur les 170 000 résidents décédés et comme le dit le patron du fret sur Jet Blue, un seul cercueil rapporte autant qu’une demi-tonne de marchandises.
Comme vous le voyez, non contents d’être les victimes de la crise financière, bon nombre des électeurs de Mc Cain essayent d’apporter leur contribution à l’économie réelle une fois passés dans l’au-delà. C’était ma contribution en ce jour de Toussaint.

Lyon, le 1er novembre 2008.

31/10/2008

Obama mixtape

small_obama_image.jpgL’essentiel de ma journée va être consacrée à faire le voyage retour de Erevan. Difficile donc de m’embarquer dans de savantes dépressions sur l’actualité sachant que nul quotidien français, même avec retard, est disponible en Arménie. A propos de presse, je lisais à l’aller que la liste des artistes et en particulier des musiciens soutenant McCain était proche de la disette. Mis à part Burt Bacharach, quelques redneck de la country comme le rejeton de Hank Williams, l’impayable Ted Nugent, Pat Boone et, si je me souviens bien, l’ex-Nirvana Krist Novoselic supporter il fût un temps de Mitt Rommey, pas grand monde à se mettre sous la dent pour un McCain qui peut bien dénoncer les élites qui soutiennent Barrack Obama.

Dans l’autre camp il y a pléthore. Aux côtés des Sprinsteen, Mickael Stipe, Barbara Streisand, Paul Simon, Jackson Browne et autres Sheryl Crow la plupart des vedettes du Rap sont de sortie pour soutenir le candidat démocrate. C’est en vérité une grande première et clips de soutien, consignes de vote et appels pour s’inscrire sur les listes électorales convergent vers Obama même si de temps à autre le probable vainqueur démocrate se passerait bien d’intempestifs propos venant des milieux du hip-hop comme celui de Ludacris ayant traité Hillary Clinton de « bitch ». On ne se refait pas. Russell Simons et Green Lantern proposent un « Obama mixtape » qui cartonne sur le net. Cliquer ci-dessous pour l'écouter:


podcast

Erevan, le 31 octobre 2008

 

 
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