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17/08/2010

R comme "Rock and Roll"

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Depuis quelques temps, le monde du rock connaissait ses prix de tickets prohibitifs, son goût pour les places assises et parfois même numérotées, aujourd’hui les fans les plus friqués exigent d’occuper des places VIP pour assister au concert de leur idole. Il y a peu, le New York Times nous racontait l’histoire de fans qui pour 1750 dollars avaient droit, sur la tournée de Bon Jovi, à un siège au premier rang ainsi qu’une chaise pliante en métal noir dont le coussin était frappé d’un logo rouge et or aux armes du chanteur. Mieux, les répétitions du bébé chantant Justin Bieber sont à l’occasion facturées 350 dollars, pour 800 dollars Christina Aguilera pose pour une photo et pour 900 dollars on peut même dîner avec Les Eagles l’histoire ne disant pas si c’est au restau de l’Hôtel California.

Au terme de son excellent ouvrage « Culture d’en haut, culture d’en bas » sous-titré « l’émergence des hiérarchies culturelles aux Etats-Unis », Lawrence W. Levine, grand spécialiste de l’histoire culturelle, cite avec une certaine délectation Allan Bloom l’auteur à succès de « l’âme désarmée » un pensum réactionnaire qui, en son temps, s’en était pris à « la crise intellectuelle » qui, disait-il, minait le pays et à cette dégénérescence culturelle qui frappait en particulier la jeunesse. La musique classique, pratiquée par ceux qui avaient une bonne éducation, y était saluée, la musique rock symbole de la culture d’en bas, condamnée sans appel. D’ailleurs le réquisitoire de Bloom largement partagé par les élites faisait du rock une musique qui ne contenait « rien de noble, de sublime, de profond, de délicat, de savoureux ou même de décent ». Bloom assurait que la musique rock ne pouvait accueillir que ce qui était « changeant, grossier et immédiat », Bloom précisant que cela vérifiait l’intuition de Tocqueville sur « le caractère de l’art démocratique ». Le rock n’était donc qu’une « nourriture de pacotille pour les âmes », un « phénomène fangeux » bref une « descente aux enfers ».

41%2Br4HoHfxL._SL500_AA300_.jpgJe suis certain que s’il était encore parmi nous, Bloom réviserait sa position, le rock étant devenu parfois « une nourriture de pacotille pour les âmes bien nées ou les blaireaux les plus friqués ».

Lawrence W. Levine, « Culture d’en haut, culture d’en bas », La Découverte, 26 euros.

Lyon, le 17 août 2010.

23/10/2008

Esprits libres

Il est temps que je parle de la nouvelle formule mensuelle de « Lyon Capitale » puisque octobre va bientôt toucher à sa fin. Par ailleurs j’avais promis à quelqu’un de l’équipe de Lyon Cap de dire sur ce blog « tout le bien » ou « tout le mal » que je pensais du nouveau né. Allons-y !

Je ne sais pas si le bébé se porte bien, entendez par là de savoir si ses parents adoptifs seront en capacité de subvenir à ses besoins, mais je dois dire avec plaisir que le nouveau rejeton de la famille « Lyon Capitale » est un beau bébé, bien blond comme dans la publicité, avec sa bonne mine, un brin de surpoids, mais malgré quelques traits de caractère qui semblent congénitaux, un bambin qui fait plaisir à voir et donc à parcourir.

A lire certains articles, et c’est après tout bien normal, on pourra s’étouffer ou pouffer de rire notamment en lisant les propos de cet économiste qui, citant d’entrée Engels, taille un costard à la cité lyonnaise accusée d’usurper un titre de « cité internationale ».

Venant d’un professeur d’Université je dois vous confier que le coup est rude, sûrement pas bas, juste rude. D’ailleurs Lyon Capitale new look donne dans sa nouvelle formule largement la parole aux experts, thésards, autorités et personnalités les plus diverses. C’est après tout peut-être cela qui correspond aux propos du Directeur des Esprits libres, « pas de journalisme prêchi-prêcha fabriquant du prêt-à-penser, pas d’articles moralisateurs et donneurs de leçons ». Si demain les journalistes de Lyon Capitale avaient donc des douleurs au poignet cela serait peut-être plus le fait de tenir un micro qu’un stylo ? Nous verrons.

A propos du nouveau Directeur qui convoque pour l’occasion Victor Hugo et Abe Rosenthal, le boss du New York Times, je veux dire, mais c’est peut-être le fruit d’un bouclage stressant, qu’il aurait été opportun d’expliquer les épisodes manquants au lecteur entre l’ancienne formule hebdomadaire et la nouvelle mensuelle. De nous confier, pas nécessairement dans le détail, mais de nous confier tout de même quelques éléments sur le nouveau repreneur et ses perspectives. Tel sera probablement le sens de l’édito du numéro 672, sachant par ailleurs que pour une fois, Lyon Capitale n’a pas décidé de mettre la photo de son repreneur à la une. C’est déjà un signe de changement.

Beau mensuel, site internet qui percute non sans franchir parfois dangereusement la ligne jaune, critique élogieuse du dernier album de Calexico et pages sur Tanger qui, pour moi qui suis ce matin au Havre, fleurent bon l’exotisme, je dois vous dire qu’en apprenant que Lyon Capitale entendait être « indépendant », « fidèle à son concept de démocratie directe », initiateur de débats et du « partage de l’information » une formule s’impose, »Elle est pas belle la vie ? ».

  • > « Lyon Capitale », mensuel, 3 euros en kiosque.

Le Havre, le 23 octobre 2008

 
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