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04/01/2010

Ben année à tous

Ben.jpgD'ici deux mois, presque jour pour jour, s'ouvrira la très grande et historique rétrospective consacrée à Ben par le Musée d'Art contemporain de Lyon. Je le sais bien, pour beaucoup d'entre vous, Ben, à l'instar de "Clairefontaine" ou "Conquérant", est un fabricant d'objets pour scolaires avec ses trousses, ses carnets, agendas et cahiers, classeurs et autres plumiers. Avouons que la chose n'est pas totalement fausse mais autant être précis. Ben c'est aussi des housses pour Mp3, des réveils, des montres, des sacs à dos et des bérets plus occitans que basques. As de la démonstration de l'Art, Ben est un merchandiseur de première qui fait l'admiration de tous tant sa profondeur de gamme impressionne car de la clé USB au service en porcelaine (6 assiettes et un plat) pour tout juste 800 euros, il y a en a pour tout le monde. Ben s'adresse au budget limité comme à l'accro de la série elle-même limitée. Le niçois est donc un artiste stratège et notre Benjamin Vautier a fait un beau parcours depuis ces années cinquante finissantes alors qu'il attendait le chaland depuis sa petite boutique de la côte d'Azur.

Le 3 mars sur quelques 3000 m², les lyonnais vont donc pouvoir se pénétrer des formules du maitre dessinées avec ces fameuses lettres blanches à l'anglaise sur fond d'un noir définitif. Pourtant, comme dans le cochon, tout est bon dans le Ben et afin que vous puissiez monter en puissance pendant les mois de janvier et février, je vous suggère de fréquenter la prose électronique de l'artiste qui mèle stress, inquiétudes et propos plutôt sympathiques. De Thierry Raspail, le boss du MAC, Ben nous dit qu'il "parle vite et donne des ordres comme un commerçant grec essayant de convaincre un commerçant turc" à Georges Képénékian, notre adjoint à la culture et néanmoins médecin, qui reçoit les remerciements sincères de l'artiste pour "son ordonnance médicale. Depuis chaque fois que je bande, je pense à lui", vous pouvez tout savoir du cheminement de cette exposition. Même si le sexe (et le viagra) constituent des thématiques fortes au même titre qu'un désir profond d'exposer sa nudité en public, Ben nous parle aussi de ses introspections à propos de cette rétrospective. "J'ai peur de caler en route" écrit-il allant même, pris peut être d'un accès terrible de lucidité, à dire, "Arrête tout Ben". Un peu parano Ben n'hésite pas non plus à s'interroger sur un "Raspail qui serait un prédateur" et à nous inquiéter quand il déclare, "Je croyais l'espace trop grand, 3000 m², en vérité c'est trop petit, j'ai trop d'idées, il me faudrait presque le double".

J'en reste là pour aujourd'hui et je vais me ruer sur www.ben-vend-tout.com car sur le site il y a un sac en bandoulière vendu avec une ristourne de 5 euros et un "sac Ben" à 40 euros, cela ne se rate pas. Ben année à tous.

Lyon, le 4 janvier 2010.

26/07/2009

E comme « Electricité »

E 1.jpgPlus que quelques jours aux retardataires pour aller parcourir la rétrospective d’Alan Vega au Musée d’Art Contemporain de Lyon. En effet le 2 août cette première manifestation autour de l’œuvre plastique du fondateur de Suicide disparaîtra dans les abîmes de nos mémoires et la possibilité d’admirer « Infinite Mercy (Lyon Altarpiece),» l’installation créée pour l’occasion avec du matériel de récupération en partie pris dans les soutes du MAC, retournera peut-être dans les caves embouteillées du même Musée.

Artiste plasticien dont l’œuvre était restée jusqu’ici dans l’ombre, Alan Vega fort de son aura de rock’n’roll star de l’avant-garde, aura bénéficié à Lyon d’une véritable reconnaissance. Ses installations qui manient le plus souvent la fée électricité surabondante dans les rues new-yorkaise rejoint d’une certaine façon la musique parfois bricolée de cet Elvis de Brooklyn. Se situant dans une lignée particulièrement « allumée » de l’Arte Povera, l’œuvre plastique de Vega est encore pour quelques jours à portée de regard. Les fans ont donc encore quelque opportunité pour faire le détour par Lyon, les autres risquent de le regretter longtemps.

  • « Alan Vega, Infinite Mercy », Musée d’Art Contemporain, Cité Internationale, 81 quai Charles-de-Gaulle, Lyon 6ème www.mac-lyon.com et 04 72 69 17 17

Lyon, le 26 juillet 2009.

08/05/2009

Be-Bop-A-Lula

Alan Vega - MAC.jpgalan-vega-version-plastique-au-mac,370992.jpgAlan Vega, celui qui formait jadis « Suicide » avec Martin Rev, est de retour à Lyon. Pas un passage, comme celui lors des « Nuits Sonores » il y a trois ou quatre ans à l’occasion d’un show on va dire étonnant (pour être sympathique), mais bien pour une rétrospective au Musée d’Art Contemporain. En effet, même si la chose s’est perdue dans la légende du rock, Alan Vega n’est pas seulement ce destructeur haut en couleur du rockabilly synthétique, c’est aussi un artiste plasticien qui avec « the project of living artists » écuma l’underground new-yorkais des années soixante-dix. Le musicien allumé avait donc connu avec ses sculptures de lumière une certaine notoriété balayée par sa forte présence médiatique acquise plus tard dans le rock.

C’est donc vendredi prochain 15 mai qu’ « Infinite mercy » l’exposition qui lui est consacrée au MAC de Lyon sera inaugurée. Cette rétrospective sera visible jusqu’au 2 août ce qui donnera à nos amis d’ailleurs le temps nécessaire pour faire le voyage de Lyon afin d’aller à la rencontre de l’œuvre plastique de celui que le public français ne connaît souvent que pour sa cover de « Be-Bop-A-Lula ».

Ceux qui suivent Alan Vega depuis quelques décennies savent très bien que pour lui l’activité musicale était secondaire. Même au plus haut de la notoriété, Vega aimait souvent dire qu’il était avant tout un sculpteur. Malgré ses œuvres de néon, ses sculptures lumière saluées en 2002 pour son « Collision Drive » à la galerie Jeffrey Deitch de Soho, Vega demeure pour nous un artiste à découvrir. L’initiative du MAC de Lyon de confier à Mathieu Copeland les manettes de cette rétrospective est donc à saluer. D’ici quelques jours nous en saurons beaucoup plus sur un plasticien qui a toujours fait de la lumière et de la couleur un axe de travail prioritaire. Il était donc après tout bien normal que Lyon, ville lumière, accueille un jour Alan Véga. Voilà qui va être fait et semble-t-il bien fait.

  • Musée d’art contemporain de Lyon, « Infinite mercy », rétrospective Alan Vega, du 15 mai au 2 août 2009. (du mercredi au dimanche de 12h à 19h)info@mac-lyon.com. 04 72 69 17 17

Lyon, le 8 mai 2009.

Photo: Mathieu Copeland - DR

08/03/2009

Shelton

quintet.jpgLes anciens lecteurs d’Actuel, première génération, risquent d’avoir un coup de nostalgie et même le blues quand ils iront au Musée d’Art Contemporain de Lyon pour arpenter l’exposition consacrée à la BD. En effet, parmi les cinq auteurs qui investissent les lieux, il y a Stéphane Blanquet, Masse, Chris Ware et Joost Swarte mais aussi l’illustre Gilbert Shelton que la bande à Bizot accueillait régulièrement dans les pages de cet étrange fanzine sur quasi papier buvard qu’était alors Actuel.

Dessinateur mythique de la contre-culture des années soixante en compagnie de Crumb, Gilbert Shelton avec ses célèbres « Freak Brothers » est une figure marquante de l’underground américain. Véritables anti-héros, avant tout préoccupés de rechercher de la dope et de glander, les « Freak Brothers »  sont d’une certaine façon les grands frères des Simpson ou de Beavis and Butthead.

Shelton aime dire qu’il est exilé en France depuis l’élection de Ronald Reagan mais c’est dans son Texas natal que le virus des comics va frapper le gamin bien sage qu’il était alors. L’affaire va tourner mal au début des sixties puisque c’est depuis l’Université d’Austin que Shelton va passer la vitesse supérieure, non seulement en créant ses premiers héros dont paraît-il « Super-Phacochère » un réac habillé de collants moule-burnes et doté d’un groin télescopique, mais aussi en devenant un éditeur de Fanzines dont Janis Joplin était l’un des diffuseurs. On connait la suite, à la tête d’une œuvre conséquente, Gilbert Shelton est un auteur réédité maintes fois qui, à l’occasion, se produit au sein d’un groupe de rock avec le journaliste Bruno Blum.

Cette exposition intitulée « Quintet » est visible jusqu’au 19 avril prochain. Elle se veut, à juste titre, comme plus qu’une expo sur la BD, une véritable exposition d’artistes.

  • Musée d’Art Contemporain – 81, Quai Charles de Gaulle, Lyon 6ème

Renseignements au 04 72 69 17 17 et sur le site du musée.

Lyon, le 8 mars 2009

NB : L’affiche de « Quintet » est l’œuvre de Joost Swarte, l’un des artistes invités.

Photo:DR

 

 
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