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05/05/2010

Tonton flingueur

Collomb Flingueur.jpgÀ peine le PS commence-t-il à s’installer dans une espèce de paix des braves en arrêtant ses petites phrases assassines entre frères et sœurs de la famille et voila que Gégé les Gones, se mettant en tête de monter à la capitale, sort l’artillerie lourde.

Du gros calibre sans silencieux sur le pétard ! Et de plus, c’est dans le beau Monde, celui du 30 avril, qu’il canarde. Aux abris, Martine, Ségolène !

J’ai l’impression de voir un mauvais remake des Tontons Flingueurs et d’entendre ânonner les dialogues extraordinaires d’Audiard que Ventura, Blier et Blanche articulaient si savoureusement. Autant je ris à ceux du film de Lautner, autant quand Gégé s’y met, j’ai du mal à me dérouiller les zygomatiques. Au lieu de s’embarquer dans la énième guerre des gangs en prenant le risque de nous éparpiller façon puzzle, il devrait travailler la tirade de Blier dans la scène de la cuisine : « Non mais t’as vu ça ? En pleine paix, y chante et pis crac, un bourre-pif, mais il est complètement fou ce mec ! ».

Que Gégé veuille défendre un art de vivre à gauche à sa façon, on peut comprendre. Un art de vivre en ville qui n’est d’ailleurs pas si mal que ça (grâce à lui notamment), mais qu’a-t-il besoin de défourailler sur sa propre famille ? D’autant que les balles peuvent ricocher en retour à l’envoyeur : en matière de zigzag qu’il dénonce, on pourrait en énoncer quelques-uns de son fait. De Hollande à Moscovici, de son appui – tactique - à Ségolène qu’il a mise ensuite au frigo pour en sortir Peillon avant de le battre froid pour cause de lèse-lyonnaiserie, jusqu’à son actuel « retenez-moi ou je fais un malheur et vais aux primaires si DSK n’y va pas », la souplesse de ses déclarations est mise à rude épreuve.

Si tout le monde s’accorde sur le fait que son phrasé n’est pas celui d’Eva Perón ou d’un télévangéliste, on sait que le gone a du fond, alors pourquoi diable donner l’impression qu’il veut dézinguer pour empocher l’oseille ?

À moins qu’il ne peaufine un futur rôle. Celui de maître Folace alias Francis Blanche, dans la même scène de la cuisine avec sa célèbre réplique : « Touche pas au grisbi ! S… ! »

Jean-Paul Schmitt

04/11/2009

Le loup et le chien

Lefèbvre de garde.jpgC’est dit, Frédéric Lefèbvre prend la robe. Qu’il devienne bavard, peu me chaut, il l’est déjà trop. Que son phrasé un tantinet vulgaire et lourd aille se vidanger dans des prétoires d’où je suis absent, pas davantage. À chaque fois que je l’entends ou que je le vois, j’ai envie de hurler « taisez-vous enfin et disparaissez !» en me gendarmant pour ne pas crier un « la ferme et tire-toi! » qui ressemblerait par trop à son style.
D’autres plus connus que moi, n’ont pas de ces pudeurs. Il n’est que de voir et d’entendre quelques récentes déclarations à son propos. Elles vont du « Vous dites n’importe quoi » du journaliste Jean-Michel Aphatie sur RTL il y a quinze jours au « Crétin de service » de l’acteur Jacques Weber sur RMC la semaine passée, en passant par un « Frédéric Lefèbvre, qui paraît sorti de ‘réservoir dogs’ de Quentin Tarentino » de Pierre Moscovici. Je pense que ces francs parlers ne mesurent pas à leur juste valeur les pénibilités du dur métier de porte-parole. À lire sur le blog de l’excellent Maître Éolas l’article 1.3 du règlement intérieur national de la profession d’avocat - notamment le passage qui stipule qu’en toutes circonstances l’avocat respecte les principes « de délicatesse, de modération et de courtoisie » – il faut reconnaître la difficile conversion qu’il s’impose.
Messieurs les jurés, prenez donc en considération le poids de la charge qui incombe à l’accusé et la conversion dans laquelle il s’engage !
Non, Monsieur Apathie, Frédéric Lefèbvre ne dit pas n’importe quoi ! Il habille ses propos d’une simplicité qui lui permet de mieux se faire comprendre du peuple et dénoncer ceux qui complotent contre son maître.
Non, Monsieur Moscovici, Frédéric Lefèbvre ne paraît pas sortir de Réservoir dogs : il y tenait vraiment un rôle ! Comment pouvez-vous écrire dans votre blog que chez lui « l’excessif côtoie toujours l’insignifiant, le mur du grotesque – ou du çon, comme on dit au Canard Enchaîné » ?
Non, Monsieur Weber, Frédéric Lefèbvre n’est pas un troisième couteau ! D’ailleurs la vulgarité ne se niche pas que dans les mots : j’en connais qui à coups de charter vers l’Afghanistan ou de taille idiote, aveugle et comptable dans les moyens de la recherche et de l’éducation sont plus vulgaires encore. Non Monsieur Weber, la population ne pense jamais que les politiques qui la gouvernent actuellement la considèrent comme bête et imbécile ! Et vous vous trompez lourdement quand vous déclarez que « ce n’est pas un hasard si on prend le plus vulgaire, le plus c.., le plus effroyable qui soit pour parler à la population. La population est bête et imbécile donc il faut un bête et un imbécile pour leur parler ».
Il ne faut pas crier au loup car la tâche de chien de garde est digne de compassion. Relisez donc ces vers de la Fontaine quand le loup demande « Que me faudra-t-il faire ? » :
« Presque rien, dit le chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons,
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. »

Jean-Paul Schmitt

25/07/2009

D comme « Davis (Miles) »

D 3.jpgCeux qui ont apprécié « Miles, l’autobiographie » signée Quincy Troupe et rééditée il y a environ deux ans ne doivent pas s’en tenir comme quitte. Un « Miles Davis », édité par le Castor Astral écrit par le même Quincy Troupe vient de sortir. Ce n’est en rien un digest ou un sous-produit de la célèbre biographie autorisée mais plutôt un prolongement nécessaire qui balise la fin des années quatre-vingt, Miles Davis rangeant définitivement sa trompette dans l’étui en 1991. Ce court ouvrage est donc à lire et en le parcourant on ne peut que se dire que, là-haut au paradis des musiciens géniaux, Miles doit continuer à emmerder tout le monde. Ici bas, le type était déjà pénible, limite tyran, et on se dit que dans le lounge douillet du secteur VIP du paradis des musicos, il y a probablement belle lurette que Miles Davis ne parle plus à personne. Qu’Hendrix l’évite, que Coltrane s’efforce de ne le croiser que par obligation, que Monk est aux abonnés absents. Seul peut-être Beethoven, toujours aussi sourd comme un pot, lui fait la conversation et Mozart, quant à lui, il est bien obligé de le fréquenter, même épisodiquement, ne serait-ce que pour récupérer de la dope ou des medocs.

Pourtant, à l’annonce de sa mort, dans ce coin du paradis, parmi tout ce beau monde, ils étaient nombreux et impatients à voir débarquer le trompettiste le plus génial du XXème

Siècle. Certains imaginaient déjà quelques jams fabuleuses et des fiestas mémorables. Malheureusement il faut le dire, là-haut comme jadis ici, Miles se comporte parfois comme un petit monstre et les moments de rencontres musicales sont toujours épatants mais toujours rares. Du côté filles ce n’est pas mieux à telle enseigne qu’elles préfèrent toutes faire les vocaux derrière Ike Turner plutôt que de croiser Davis. C’est dire !

[EDIT] Vous me direz que ce coin de paradis est toujours plus fréquentable que la direction nationale du PS qui ressemble de plus en plus à un enfer. Depuis que la pionne s'est embarquée dans une improbable offensive contre Valls, Solférino est en feu. Aux dernières nouvelles, Ségolène Royal s'imagine tenir un rôle de pompier, Jean-Marc Ayrault piloter un "Canadair". Quant à Moscovici, il aimerait sentir le souffre, mais fort de la possession d'une seule allumette son problème est de récupérer le grattoir piqué par Delanoë. Tout ce beau monde va aller se griller sur les plages. Si vous en rencontrez quelques-un(e)s, offrez-leur un sceau d'eau afin de les faire baisser en température.

Cela étant, pour revenir à l'essentiel, ce petit bouquin de l’excellente collection « Castor music » est épatant et peut-être une belle lecture estivale sachant que les écouteurs de votre I Pod sur les oreilles, vous pouvez continuer à vous laisser bercer par ce grand maître, que certains disent ronchon, mais qui nous emporte à chaque fois avec son « Birth of the cool », « Kind of blue » ou « In a silent way ».

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05/07/2009

Haut niveau

melee.jpgC’est donc mardi prochain, dans deux jours, qu’au grand complet ( ?), réunis dans le même bus à l’instar des grandes équipes pro de football ou de rugby, que les membres du Bureau National du PS encadrés par leur secrétariat iront faire leur stage de remise en forme à Marcoussis haut-lieu de préparation de notre quinze national.

A l’instar des staffs des meilleures formations, ce séminaire d’étape destiné à « lancer «  le projet pour au final « changer de cap », sera placé sous le signe de la phosphorisation. Objectif, se qualifier en Champions-League présidentielle.

C’est donc un groupe conséquent qui, sous la houlette de sa capitaine, devra puiser au plus profond de lui-même l’énergie nécessaire à son rebond. En vérité dans la longue liste des sélectionnés nombre de forces centrifuges sont à l’œuvre. Certains chevaux légers comme Valls, Montebourg ou Moscovici sont déjà à la manœuvre pour occuper un hypothétique poste de demi-d’ouverture. D’autres, à la façon des Thuram ou Zidane rappelés jadis en catastrophe par Domenech, misent sur leur expérience de vieux grognard pour s’imposer. C’est le cas de François Hollande qui est subitement devenu sur-actif. Tout ce beau monde semble d’accord pour dénoncer le manque de travail et de forme d’une Ségolène Royal qui cette fois n’aura même pas besoin d’un certificat médical pour se faire porter pâle. Toujours sous contrat exclusif avec son club de Washington, Dominique Strauss-Kahn, qui vient de fêter en grande « pompe-people » son anniversaire, n’est toujours pas sélectionnable. Reste dans ce rassemblement du haut niveau socialiste le petit peuple de Solferino qui tentera, les uns au nom du couloir gauche, les autres persuadés que tout se passera dans l’axe, les derniers enfin, statistiques à l’appui, que l’avenir penchera à droite de faire valoir, non pas un projet mais un destin jusqu’ici chahuté.

Entre ceux qui y seront, ceux qui auraient préféré ne pas y être, ceux qui se félicitent de ne pas en être et ceux qui y étant préfèreront ne pas en être, ce stage de fin de saison risque d’accoucher d’une souris. De toute façon chacun s’accordera pour renvoyer les conclusions à celui de la rentrée prochaine, à La Rochelle, sous le regard câlin des caméras.

Lyon, le 5 juillet 2009.

Photo: DR

01/09/2008

Vu d'ici

1407425393.JPGVu d'ici, c'est à dire sur LCI, l'Université socialiste de la Rochelle pourrait se résumer en quelques plans diffusés en boucle par les télévisions depuis vendredi dernier. Ségolène Royal, peu taillée pour un rôle de provocatrice, ponctuant son discours par un énième « Aimez-vous » agrémenté cette fois là d’un « ou disparaissez ! », le tout sur fond de promotion du chabichou. Le nouvel, et pas forcément dernier attelage de Martine Aubry « surpris » par des dizaines de caméras dans un restaurant local, première occasion de figer l’image de sa nouvelle alliance et surtout unique opportunité de voir les bouclettes généreuses nichées sur la nuque de Laurent Fabius. Moscovici seul à la terrasse d’un rade une fois largué par la troïka Aubriste. Et aussi les lunettes de soleil profilées de Delanoë, la transpiration dominicale d’un Hollande qui veut bien retenir de ces dernière années que ce qui l’arrange et un Gérard Collomb, baptisé définitivement baron de province par une presse folle de clichés, tentant de ramener tout ce petit monde à la raison c'est-à-dire à un réformisme assumé d’une social-démocratie rénovée. Je voudrais enfin retenir de cette réunion de syndic de co-propriété la colère d’un Benoît Hamon martyrisé s’en prenant à Moscovici accusé de l’avoir empêché de faire le voyage de Denver pour assister au sacre de Obama.

Pour celles et ceux d’entre vous qui n’étaient heure par heure, et je ne peux que les envier, en train de scruter notre rendez-vous charentais, sachez tout de même que de nouvelles énergies fédérées pour l’occasion entendent faire don de leurs corps au Parti Socialiste dans le cadre du Congrès actuellement en préparation.

Le frais et moderne Bertrand Delanoë, coaché par Jospin et Rocard, devrait faire alliance avec Hollande. Le monde est remarquablement bien fait puisque le premier qui souhaite succéder au second vient d’annoncer qu’être premier Secrétaire ce n’est pas automatiquement être candidat à la prochaine présidentielle. Une formule qui semble avoir été droit au cœur du second.

En face, et peut être demain avec le Maire de Paris, l’alliance Aubry-DSK-Fabius illustre assez bien le fait que ce qui compte en pareille conjoncture c’est la clarté et le débat de fond. Nos trois hiérarques qui partagent au moins en commun un TSS (« tout sauf Ségolène ») forment un équipage que certains militants devraient finir par qualifier d’obscène au cas où certains spécialistes de la gauche « hors-sol » du Parti décidaient de les rejoindre à brève échéance.

Du côté de Ségolène Royal, l’isolement semble pour l’heure tenir lieu d’orientation politique et sauf, dans les délais les plus brefs, à se ranger derrière la candidature de Pierre Moscovici et de « la ligne claire », tout porte à croire que bien des désirs se priveront d’avenir si un tel état de chose se perpétuait.

Au final, cette fin d’août Rochelaise n’est qu’un premier tour de piste dans ce grand bal des prétendants. Comme le disait François Hollande hier midi « nous avons besoin de tous au Parti socialiste ». C’est un fait, il est indéniable. Pour reprendre également les propos du même Hollande, si nous devons franchir une nouvelle étape nous devons aussi renouveler les pratiques, avouez qu’il y a de quoi se montrer inquiet.

Lyon, le 1er septembre 2008.

03/06/2008

Rayon layette

1691984279.jpgLes Français, paraît-il, parient sur une victoire de Delanoë si l’on consulte l’étude d’Opinionway / Le Figaro de la semaine passée. Les sondages relatifs à l’issue du Congrès de Reims pleuvent. Ils concernent souvent l’opinion des électeurs de gauche à propos de cette échéance et comme pour la campagne de désignation de notre candidate aux élections présidentielles certains instituts sondent même l’âme des militant(e)s socialistes ce qui m’étonne toujours dans la mesure où je ne m’explique pas comment l’on peut connaître le point de vue de ceux qui seront en situation de voter à l’automne prochain au sein du Parti Socialiste. Bref, tout ceci, si je me souviens bien de la nature des attaques qui visaient Ségolène Royal il y a deux ans, relève de ce que certains appellent la « démocratie d’opinion ». Bien entendu parmi les soutiens de Bertrand Delanoë on compte quelques spécimens qui à l’époque dénonçaient avec acharnement Ségolène Royal accusant la Présidente de Poitou-Charentes de s’en remettre à cette fameuse démocratie d’opinion qui bafouait alors la consultation démocratique interne au PS. Le pauvre Bertrand Delanoë n’est en rien responsable de tout cela mais il est amusant de constater que ce qui était néfaste il y a deux ans est devenu banal pour certains hiérarques soutiens du Maire de Paris.

Rappelez-vous il y a deux ans les mêmes s’en prenaient également à Ségolène Royal la désignant comme une chouchoute des côteries médiatiques. Actuellement le plan-média de Bertrand Delanoë n’est pas mal non plus et ceux qui voulaient estoubir à l’époque Ségolène ne semblent pas outrés par la couverture de Bertrand Delanoë dans les médias. Le pauvre Bertrand Delanoë n’est en rien un coupable en la matière mais il est cocasse de constater que si hier Royal était soutenue par la main invisible de la grande presse qui pesait alors de manière éhontée sur les militant(e)s du PS aujourd’hui il s’agit  d’un simple éclairage du débat. Amusant !

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