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29/10/2010

pendaison

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Depuis la liquidation physique et assez expéditive de Saddam on savait le nouvel Irak libéré encore très éloigné des standards démocratiques. Alors qu’il pensait mourir incarcéré après en avoir pris pour successivement 15 et 7 ans, l’ancien ministre des Affaires Etrangères de Saddam Hussein vient d’être condamné à mort à 74 ans passés. Depuis le début de la semaine, le compte à rebours est donc en marche. Tarek Aziz dispose désormais de moins de 30 jours pour faire appel.

Longtemps affublé de qualités de fin négociateur oriental, titulaire d’un brevet de compatibilité avec l’occident et surtout comme un homme « à part » dans l’appareil du Parti Baas puisque chrétien de rite Assyro-chaldéen, Tarek a longtemps joué au dandy au milieu du club de bouchers fédéré par la dictature. D’ailleurs, contrairement à la plupart de ses collègues, l’ex diplomate s’était rendu aux américains avant la fin des combats, en avril 2003, pensant ainsi pouvoir bénéficier de quelque mansuétude. Pour une fois un peu naïf, l’ancien ministre s’était retrouvé dans les mailles des filets du nouveau pouvoir remis en main propre par les G.I à la nouvelle justice de Bagdad. Canaille certifiée pur sucre, le sort de Tarek Aziz ne doit pourtant pas nous plonger dans l’indifférence. Puisque nous sommes opposés à la peine de mort à Paris comme à Bagdad la condamnation de Tarek Aziz nous est insupportable.

Par ailleurs, les méandres de la politique irakienne ne doivent pas nous faire perdre de vue que la pendaison promise à l’ex est le produit d’une vengeance du Parti Dawa et de la communauté Chiite, Tarek Aziz n’ayant pas été le dernier sous Saddam, à couvrir la liquidation de Mohammed Baqr Sadr il y a trente ans de cela. Pilier du régime de Saddam Hussein, artisan de la politique du dictateur, Tarek Aziz ne peut en aucune façon espérer que sa responsabilité puisse passer par pertes et profit. Pourtant le condamner à mort est une autre histoire ou plutôt la terrible reconnaissance d’un échec suite au pari engagé par l’Irak après la chute de Saddam. Une histoire qui touche à sa fin et au cours de laquelle Tarek Aziz sait qu’il ne pourra compter sur l’appui de ces nombreux occidentaux qui négociaient avec lui il y a trente ou quarante ans, une centrale nucléaire par ci, de l’armement par là.

Lyon, le 29 octobre 2010

Photo:DR

 
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