Avertir le modérateur

10/06/2010

Stupide ?

Il y a quelques semaines de cela, alors que Lady Gaga, au zénith, remplissait deux Bercy et que la pauvre Whitney Houston, à la ramasse, annulait le sien, le père Jagger, soixante six ans déjà sonnés, aguichait le Festival de Cannes comme un éternel jeune homme.

Communication tirée à quatre épingles, charmeur et cynique, le beau Mick a fait chavirer la croisette jetant au passage quelques miettes aux journalistes ébahis et en manque de véritables stars. « En ce temps là » leur a-t-il dit « nous étions jeunes, beaux et stupides, maintenant nous ne sommes que stupides ». Le temps dont il s’agit est l’été 1971. Les Rolling Stones, du côté de Villefranche-sur-Mer, sont de véritables réfugiés (fiscaux). De cette période sexe, drogue et blues, l’histoire retiendra deux choses, le mariage de Mick et Bianca à St Tropez et un album intitulé « Exile on Main Street » faisant suite au mythique « Sticky Fingers ». Sortes de sessions avinées sous haute influence des drogues les plus tendance ce double album n’est pas le meilleur du groupe mais contient cependant quelques pépites comme « Tumble Dice », « All Down the Blues » ou « Rocks Off » et le magnifique et countrisant « Sweet Virginia » sous influence de Gram Parsons lui-même sous influence des dites drogues.

C’est ce soir que France 5, après la ressortie de la version 2010 d’ »Exile » avec sa dizaine de bonus, propose « Stones in Exile » du britannique Stephen Kijak sorte de documentaire présenté dans le cadre de la quinzaine des Réalisateurs à Cannes lors de la dernière édition du Festival.

Comme vous pouvez vous en douter le toujours jeune et beau Mick n’est pas si stupide que cela et sa virée cannoise n’est en rien celle d’un retraité à la recherche d’une maison médicalisée pour y passer ses vieux jours. En ressortant « Exile » Universal et Jagger mettent le paquet et en multipliant les produits (coffret à plus de 100 euros, DVD de « Stones in exile » chez Eagle Vision) la PME Rolling Stones se remet en piste, une tournée « Exile on Main Street » n’étant pas à écarter un peu à l’instar de ce que font Brian Wilson ou Van Morrison. Tournée "Exile" ou pas, alors que les Stones devraient rejoindre d'ici la fin de l'année les studios pour nous infliger un énième album sans grand intérêt, Jagger a compris que l'avenir commercial du groupe résidait dans son glorieux passé. Pas si stupide que celà, le leader des Stones a  vu une nouvelle fois juste puisque il y a quelques semaines de cela "Exile on main street" était en tête des ventes en Angleterre chose inédite depuis des dizaines d'années. On pourrait bien entendu ne cesser de disserter sur les 10 inédits qui accompagnent cette nouvelle édition. Il n'empêche, et ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle, que cet "Exile" revu et corrigé, avec ou sans ses bonus a une tête pour figurer dans les dix meilleurs albums de l'année. Une façon de dire que hier comme aujourd'hui, Mick Jagger n'a jamais été stupide.

Dans toute cette affaire, ce qui m’inquiète le plus c’est qu’en 1972, année de sortie de « Exile on Main Street », on allait se tourner la dernière belle page de l’aventure des Rolling Stones. Il ne manquerait plus maintenant que Jagger nous reformate « Angie » l’an prochain afin de faire danser les baby-boomers dans les maisons de retraite pour que nous nous quittions, Jagger et moi, en très mauvais terme.

> « Exile on Main Street », CD, Universal

> « Stones in Exile », ce soir sur France 5 et disponible le 15 juin en DVD agrémenté de 90 minutes supplémentaires. (Eagle Vision)

Lyon, le 10 juin 2010.

12/10/2008

Blues

Rolling stones lips.jpgMême si sur mon bureau, d’étonnants articles de presse s’accumulent, de quoi vous faire part un de ces jours de ma mauvaise foi, de retour de Brest et avant de repartir en déplacement professionnel en milieu de semaine prochaine, je vous propose aujourd’hui de jeter un œil sur quelques extraits sur ce fameux et sulfureux documentaire sur Les Rolling Stones, le mythique « Cocksucker blues » dont on nous parlait depuis des années et que le net nous rend disponible.
Attention, âmes sensibles s’abstenir car ce doc n’est pas une variante des cours de maintien et de savoir-vivre de la Baronne de Rothschild. Une fois dit que, parfois, ce « cocksucker » est pénible, moyen voire sans intérêt, je vous confirme tout de même qu’en le visionnant vous en saurez plus sur la vie des bêtes (de scène).
Toujours à propos des Stones et dans la même veine, le célèbre « A travers l’Amérique avec Les Rolling Stones » de Robert Greenfield jadis édité par les « Humanoïdes Associés » (collection Speed 17) et traduit par Philippe Paringaux est à nouveau proposé au public par les éditions « Le mot et le reste ». Filles évanouies, hystérie dingue, sexe et dope, nuits blanches, Jagger enfermé dans sa piaule à Saint-Louis, Truman Capote vêtu d’une veste en peau de buffle… tout y passe. Je sais bien que le handicap de ce « A travers l’Amérique… » c’est qu’il s’agit d’un livre vous savez ce truc avec des lettres imprimées sur du papier. C’est en tout cas plus qu’intéressant à parcourir en complément de ce « Cocksucker blues » dont vous trouverez la quasi intégralité sur le site youtube.com

Lyon, le 12 octobre 2008

29/09/2008

Naming

Alain_Fleisher.jpgIl y a parfois des petits détails qui nous interpellent sur le cours des choses. Voyez cette rentrée littéraire. Deux bouquins touillant réel et fiction se taillent un petit succès qui laisse prévoir le pire. Leur point commun, les Rolling Stones. Le premier s'intitule "Keith me" et le second "Petit déjeuner avec Mick Jagger". Au delà du fait qu'ils transpirent tous deux des procédés moisis sur une grosse centaine de pages, ces deux dispensables ouvrages truffés de références stoniennes à doses jamais homéopathiques ne peuvent que nous interroger sur le fait que deux éditeurs, à priori sérieux, puisqu'il s'agit de Stock et l'Olivier, prennent le risque en des temps si difficiles de jouer leur crédibilité dans de pareilles opérations. Demain si on nous proposait sur les étals de nos librairies un "chez Monop' avec David Bowie" ou "l'Amant du comptable de Yoko Ono" cela ne serait pas pour me surprendre.

Alors si vous aimez les noms, les vrais noms et que vous voulez vous perdre dans un bouquin, un vrai bouquin, plongez en apnée dans un vieux Filofax élimé pour vivre une véritable aventure littéraire, celle du "Carnet d'adresses" d'Alain Fleischer. De Avelle (Noëlle), femme oubliée dont seuls les noms et prénoms caressent encore les oreilles de l'auteur à Zvenigodsky, professeur d'arts graphiques, privé quant à lui malencontreusement de prénom, Fleisher nous entraîne dans un feuilletage mêlant souvenirs du réel et oublis comme ce Bonnemaison (Michel) qualifié par l'auteur de "Sans logis dans (sa) mémoire" ou ce Brieffel (Roby), copain de lycée qui convoque automatiquement le souvenir du vieux professeur Warguier qui à l'époque, déjà si abîmé par l'âge, faisait faire cinq fois de suite la même dictée d'allemand à ses élèves. La succession de noms de personnalités et d'anonymes dans ce répertoire est un vrai bonheur pour le lecteur devenu quasi voyeur de l'intimité de Alain Fleischer. Le "Carnet d'adresses" était ma délectation dominicale au point que le "Rock'n'roll" de François Bon est encore en souffrance. C'est dire!

  • > Alain Fleischer, "le Carnet d'adresses", le Seuil, 21 euros.

Lyon le 29 septembre 2008.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu