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18/02/2010

Récompenses

Mgr Gaillot.jpg« Le Parisien » du week end dernier nous rafraîchissait la mémoire sur le jeu des ambassadeurs que conduit, avec semble-t-il une certaine délectation, le Président de la République. Véritable variable d’ajustement dans le petit jeu politique des nominations et des attributions de prébendes, la fonction d’ambassadeur apparait à bien des égards pour ce qu’elle est, une récompense ou un dédommagement.

David Martinon, licencié de l’Elysée, devenu Consul Général à Los Angeles. Roger Karoutchi, licencié du gouvernement, ambassadeur auprès de l’OCDE. Gilles de Robien, représentant permanent de la France auprès de l’Organisation Internationale du Travail.

Brice Lalonde, ambassadeur chargé des négociations sur le climat. Valérie Hoffenberg, élue UMP et représentante pour le processus de paix au Proche-Orient. Eric Chevallier, compagnon de route de Bernard Kouchner, ambassadeur de France à Damas. Quant à Michel Rocard, ancien missionnaire sur la taxe carbone et le grand emprunt, n’oublions pas qu’il a rang d’ambassadeur de France chargé des négociations internationales sur les pôles Arctique et Antarctique.

Selon une note du cabinet de Bernard Kouchner, nous dit le Parisien, le nombre de diplomates non professionnels est passé de 2 à 21 entre 2001 et 2010. Pour moi qui entame une carrière de missionnaire au « Grand Lyon » je me dis que je pourrais éventuellement me retrouver, un de ces jours, à négocier, comme Michel Rocard, avec quelques pingouins n’en demandant pas tant. Sauf que me concernant, et à la différence de Rocard, je me retrouve, comme Monseigneur Gaillot, nommé évêque in partibus de partenia et ce pour l’éternité. L’éternité étant bien longue, il va peut-être falloir que je me résigne à l’écourter.

Lyon, 18 février 2010.

08/09/2009

Taxés

pollution.jpgQu’on se le dise, la nouvelle pensée unique est verte, couleur il est vrai devenue très « tendance » dans le monde politique. Pensée unique donc, car celui qui ne partage pas le dogme de la taxe carbone même en son for intérieur, est renvoyé au rang d’ignare voire de dangereux théoricien de la destruction de la Planète. Il a suffi que Ségolène ose dire que cette taxe, telle que proposée alors, soit injuste pour qu’elle subisse des assauts de toute part et aurait en d’autres temps risquée le bûcher. Et pourtant il est évident qu’une taxe généralisée frappe toujours les revenus les plus faibles. D’ailleurs celui qui a pondu ce projet est un récidiviste puisque Michel Rocard, c’est bien de lui dont il s’agît, nous a déjà gratifié de la CSG. Qu’importe donc si les émissions de CO2 se répartissent en 30% pour les transports, 30% pour les logements et 40% pour l’industrie la charge sera la même pour tous. Car bien sûr cette taxe est indispensable au nom d’un principe applaudi tant à gauche qu’à droite : il faut frapper au porte monnaie de chacun pour modifier les habitudes et les comportements en terme de pollution. Et qui n’a pas compris ça n’a rien compris à la vie. Il serait donc vain de contredire cette affirmation et je ne m’y risquerait pas de peur de déclencher les foudres des sachants. Je me hasarderais seulement à faire remarquer que malgré des augmentations pharamineuses, et la prochaine nous attend au premier octobre, la consommation de tabac a encore augmenté cette année. Mais ce doit être la fameuse exception qui confirme la règle. Sur le sujet de la taxe carbone en tout cas écologistes et gouvernement ne veulent voir qu’une seule tête et n’entendre qu’une seule voix. Si Ségolène, encore elle, évoque d’autres pistes comme, entre autre, le lancement d’une politique de fabrication de la voiture électrique l’icône de l’écologie, Nicolas Hulot, la renvoie dans ses cordes en affirmant que ce n’est pas ainsi qu’on réglera le problème ; ce qu’elle n’a pas dit mais qu’importe. Quand Martine Aubry demande que l’on travaille sur une version plus équilibrée c’est Fillon qui la propulse dans le camp des cancres qui ne comprennent en rien l’état du monde. Et si l’on lâche l’hypothèse selon laquelle le revenu de cette taxe pourrait servir à équilibrer le budget de l’Etat on devient carrément malhonnête. Bref un seul verdict s’impose : que les français soit taxés puisqu’on nous le dit c’est la seule méthode pour qu’ils comprennent quelque chose.

Philippe Dibilio

Photo: DR

29/04/2009

L’option zéro

Obamasarko.jpgGlobal Zero, une initiative lancée il y a quelques mois par cent personnalités politiques, militaires et civiles de toutes tendances politiques pour éliminer totalement les armes nucléaires dans le monde d’ici 2025.
Parmi les signataires : Jimmy Carter, Mikhaïl Gorbatchev, Michel Rocard, Hans Dietrich Genscher, Zbigniew Brzezinski. En janvier 2010, une réunion de 500 personnalités parmi lesquelles notamment Poutine et Obama devrait confirmer la démarche engagée.
Chiche !
Ce ne sera pas facile. Jugez-en, il s’agit de rien moins que de réduire massivement les arsenaux russes et américains qui représentent 96% des 27.000 armes nucléaires mondiales. Cela se ferait certes graduellement et jusqu’à zéro, mais concernerait également les armes nucléaires des autres états qui en possèdent. Enfin, cela impliquerait de mettre en place un système de contrôle international et une gestion, elle aussi internationale, du cycle du combustible nucléaire pour prévenir tout développement futur d’armes nucléaires.

La position française, issue de la théorie gaullienne de dissuasion du faible au fort, risque d’être un écueil réel à l’atteinte d’un tel objectif. Et ce ne sont pas les 18 points de la déclaration fourre-tout intitulée « Déclaration sur le renforcement de la sécurité internationale » des ministres européens des Affaires Étrangères de l’UE qui facilitera la solution ; résolution emmenée par la présidence française le 8 décembre 2008 au moment même où, le 9 décembre à Paris, Global Zero se lançait.
Les promoteurs de cette initiative ne s’y trompent pas. Ils tiennent la France pour un interlocuteur difficile. Nicolas Sarkozy y est d’ailleurs allé d’un petit couplet savamment savonnant affirmant que les propositions européennes se veulent « concrètes et réalistes ». Traduisez : celles de Global Zero ne le sont pas
Cette position de la France, avocate du désarmement – un désarmement limité qui ne dit pas son nom - n’est pas neuve. En 1999, Lionel Jospin affirmait dans la plus pure continuité : « la dissuasion nucléaire demeure un fondement essentiel de notre défense. »

Le sujet est important et ne peut se limiter ni à des réponses naïvement morales, ni à un rejet pur et simple, au nom de je ne sais quelle realpolitik, de ce qui pourrait être un grand progrès pour notre planète et tous ceux qui y vivent. Il mérite un vaste débat national. Ce temps de crise est-il opportun alors que les préoccupations concernant l’emploi et le pouvoir d’achat sont si prégnantes ?

Mais existe-t-il des moments privilégiés pour ce genre de débats ?
Je ne le pense pas.

Raison de plus pour les mener sans tarder.

Jean-Paul Schmitt

08/11/2008

Le grand (jeudi) soir ?

850-179e7a.jpgDans Le Monde 2, livré le lendemain du vote des adhérents socialistes, figure un entretien avec Michel Rocard qui ne peut que prêter à sourire. A la question « Qui souhaitez-vous voir accéder à la tête du Parti » l’ancien premier ministre répond « Bertrand Delanoë. D’abord parce que c’est un fervent européen et qu’il est le premier à avoir dit sans ambigüité qu’il était un socialiste libéral. Ensuite parce qu’il a directement présenté son projet aux adhérents sans magouiller pour faire signer tel grand responsable local en pensant que les membres du parti, localement, suivraient automatiquement leur chef. C’est au contraire la tactique qu’à choisie Martine Aubry. A mon avis cela risque de lui porter tort ». Vous connaissez la suite et chacun peut désormais prendre acte du résultat et Rocard profiter d’une retraire méritée.

Nul ne sait exactement de quoi sera faite la semaine qui s’annonce mais une chose est désormais certaine, appuyé par les Rocard, Jospin et autres Vaillant, exit Bertrand Delanoë qui vient ainsi de sonner le Tocsin d’un certain archeo-jospinisme. Exit aussi Jean-Luc Mélenchon dont on doit saluer la décision de quitter le parti. Adieu aussi aux vieilles lunes, aux autruches, à quelques donneurs de leçon et à bien des aveuglés.

Au soir du vote de jeudi les commentaires fusaient. Les uns voyant dans cette tempête militante une volonté de changement ou d’émancipation, les autres réaffirmant, ce qui est un des fondamentaux des défaites, le désir de continuer le combat. Il n’empêche que les socialistes, tous les socialistes, doivent se convaincre que ce vote, aussi important soit-il, ne règle en rien les questions soulevées lors de ce débat de Congrès. Comment remettre au travail PS ? Comment le rénover ? Comment et avec qui le diriger ? sont autant d’éléments qui continuent à être têtus et donc à s’imposer à vous alors qu’un contexte détérioré et aggravé s’offre aux Français. N’en déplaise à Bertrand Delanoë mais aussi à Martine Aubry la parenthèse présidentielle qu’ils souhaitaient ouvrir à Reims se referme avec ce vote militant. C’est donc bien d’un Congrès de rénovation et non de présidentialisation dont les socialistes, la gauche et les Français ont besoin. Espérons que désormais chacun en est persuadé.

Lyon, le 8 novembre 2008.

 

 
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