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09/08/2010

N comme "Neverland"

N.jpg

Le pauvre Michael Jackson devrait encore rapporter quelques sous d’ici la fin de l’année puisque une sorte de jeu vidéo à mi chemin du karaoké devrait s’imposer pour les prochaines fêtes de noël. Cela étant, à mon sens, il y a pire. En l’occurrence « Neverland Lost », une exposition de photographies de Henry Leutwyler proposée à la Fnac Montparnasse il y a encore tout juste deux mois, qui fait également l’objet de l’édition d’un couteux album et qui, à mon sens, fleure bon le malaise. De quoi s’agit-il ?

Comme l’écrivait Next le très chic supplément de Libération, avec ces photographies présentées comme une collection d’objets personnels ayant appartenus à Jackson on a constitué une sorte de « mausolée d’un vieil enfant de 50 ans ». En vérité, c’est quelques temps avant de les voir partir aux enchères que Leutwyler a photographié, à Neverland, des objets qui seront miraculeusement rachetés par Jackson lui-même afin de bloquer leur vente. Tel un rapace, Leutwyler avait mitraillé comme un dingue ces objets entreposés et une fois Jackson passé dans l’au-delà, voilà que certains clichés apparaissaient. Si certains objets comme des meubles, bibelots ou tableaux ont le mérite, même s’ils n’offrent strictement aucun intérêt, de ne poser aucun problème, d’autres, à mon sens, frisent l’obscénité propre à toutes les reliques. Chemise de scène légèrement souillée par le fond de teint ou des escarpins de scène déformés inspirent un certain malaise. D’ailleurs Leutwyler dira que photographier ces reliques lui inspirait « une grande tristesse ».

Neverland.jpgGrand photographe, il paraitrait que ce bien triste personnage détient des photographies de l’harmonica de Dylan ou du révolver de Chapman l’assassin de Lennon. En y ajoutant les frusques de Bambi il s’apprête à nous sortir un nouvel ouvrage qui est destiné à recenser les objets mythiques de la culture pop. Pauvre Michael, pauvre Leutwyler.

Lyon, le 9 août 2010.

16/04/2010

Elvis vs Bambi

1921790222.jpgLe phénomène a beau être désormais habituel et planétaire, il n’en demeure pas moins imparable. A la question, comment peut-on mesurer la vraie place d’une star sur l’échelle de Richter de la dévotion, il suffit d’attendre tout simplement le passage de la grande faucheuse. Voyez Elvis, ils étaient un certain nombre, le King n’étant pas encore tout à fait froid, à nous prédire un avenir incertain et voire même l’oubli éternel pour le pensionnaire de Graceland. Erreur. En l’espace de quelques années, Elvis Presley est devenu plus populaire mort que vivant au point que sa gloire posthume n’a d’égal que son avenir éternel. Mieux, quelques allumés demeurent persuadés que le rockeur le plus adulé du monde est même vivant. Il est passé par ici, il repassera par là, certains croisant à l’occasion Presley au Fast Food, à la fête foraine ou au cinoche.

Ici à Madrid, point d’Elvis, mais au train où la rumeur se développe actuellement sur le web, à chaque fois que je passe devant le Corte Ingles je scrute la sortie m’attendant à voir débouler Mickael Jackson, poursuivi par les fans, les bras chargés d’achats. Soyons clair, si j’évoque aujourd’hui ces stars éternelles c’est avec le plus grand sérieux car depuis quelques semaines Bambi s’est lancé dans la mère des batailles, celle visant à contester la domination sans partage de Presley au pays des morts-vivants. Peu importe la manière dont Jackson est décédé, au diable le Docteur Murray et ses traitements de cheval, « Bambi est vi-vant ! » hurlent en chœur les fans les plus atteints, ceux acharnés qui refusent la mort du King of Pop en expliquant que Bambi est toujours parmi nous puisqu’il a été vu, lors de son propre enterrement, au Staples Center.

Vous l’avez compris, cette guerre se situe au sommet et l’affrontement entre le King et le King of Pop relègue loin, très loin, les Lennon, Freddy Mercury, Marilyn ou Jim Morrisson, les Sinatra, Tupac ou autres Jimi Hendrix. Avec ces deux là on change de dimension.

A propos d’ailleurs de disparition, me voici subitement à m’inquiéter du sort de certains qui demeurent oubliés. Je pense aux Christine, Albanel et Boutin, aux Xavier, Darcos et Bertrand ou à ce cher Bernard Laporte qui, loin des sunlights du gouvernement, brûlent dans l’enfer du quotidien le plus banal. Une pensée pour eux en ce jour de Saint Benoît-Joseph.

Madrid, le 16 avril 2010.

03/01/2010

2009 en vrac

Installation de l’administration Obama - Conflit dans les Universités à propos du statut des enseignants-chercheurs - Suppression de la publicité sur l’audiovisuel public - grève générale à la Guadeloupe - Nouvelles plaques d’immatriculation - Disparitions de Alain Bashung et Michael Jackson - Violentes manifestations à Strasbourg lors du sommet de l’OTAN - Sortie en juin de l’album « Music for men » de Gossip ….

Lyon, le 3 janvier 2010.

20/12/2009

Hotte-rock

Led Zeppelin chris welch.jpgAlors que se termine la première décennie de ce nouveau siècle, 2009 ne devrait pas rester, en matière de musique, comme la plus inoubliable. D’ailleurs si par les temps actuels vous parcourez les linéaires de quelques anciens agitateurs culturels, à la recherche de cadeaux, vous risquez de vous rendre à l’évidence, mis à part quelques rogatons plus ou moins bien emballés, vous ne trouverez pas grand-chose. En fait, mis à part l’intégrale Miles Davis, amoureusement concoctée par Sony France pour le plus grand bonheur des fans et de Columbia, il n’y a pratiquement rien. Passons sur les Beatles, le énième show de McCartney, évitons le « Get yer ya-ya’s out » des stones qui frise à l’escroquerie, glissons sur les recyclages de Rod Stewart ou Michael Jackson, seule l’intégrale de Bashung mérité le détour à condition d’avoir découvert le génial alsacien au moment de sa disparition.

Au rayon nouveautés ce n’est pas vraiment mieux. La preuve, la seule oasis susceptible de nous abreuver est le disque de Julian Casablancas, « Phrazes For The Young » (Columbia), autant dire que c’est un peu juste. Sans trop se tromper on peut aussi piocher du côté de la musique un peu bancale d’un Tom Waits qui du fond de sa caverne hurle en direct live et même de Dylan qui chante Noël et, si tel est votre choix, vous prendrez bien soin d’écarter les enfants. Période de la nativité oblige, votre âme charitable pourrait également vous conduire à aider Leonard Cohen qui, sur la paille, propose son enregistrement à l’Ile de Wight et REM un dispensable « Live » à l’Olympia.

Si l’envie vous prenait d’offrir un livre, un seul choix s’impose, le formidable « Motown, Soul & glamour » de Florent Mazzoleni et Gilles Pétard pour le reste il s’agit de nids à poussière y compris le « Velvet Underground, un mythe new-yorkais » paru chez Rizzoli. Parmi la foultitude d’ouvrages consacrés à Led Zep qui aguichent depuis quelques semaines le passant, celui de Chris Welch, « The man who Led Zeppelin », enfin traduit par Rivage, vaut plus que le détour puisque consacré à Peter Grant le mythique et incroyable manager du groupe. 2009 qui s’achève était commémorative et sauf à avoir vécu au fond des bois, vous n’ignorez pas qu’elle était placée sous le signe de la « Woodstockmania ». Un seul bouquin mérite d’être sauvé des eaux boueuses du festival, « Retour à Woodstock » de Pete Fornatale traduit chez Naïve. Enfin, Grasset, a l’excellente idée de publier les chroniques de Laurent Chalumeau sous le nom de « En Amérique ». Allez-y les yeux fermés, c’est parfait.

  • Florent Mazzoleni et Gilles Pétard, « Motown, Soul & Glamour », Le Serpent à Plumes, 39,90 euros
  • Chris Welch, « The man who Led Zeppelin », Traduit par Hélène Hiessler, préface de Nick Kent, Rivage, 20 euros.
  • Pete Fornatale, « Retour à Woodstock », Traduit par Mickey Gaboriaud, Naïve, 25 euros.
  • Laurent Chalumeau, « En Amérique », Grasset, 20,90 euros.

Lyon, le 20 décembre 2009.

27/09/2009

La légende du mort-vivant

Yann Moix.jpgLes livres écrits, lus et relus, imprimés et diffusés en une poignée de semaines envahissent les rayonnages de nos librairies. Arrivés plus vite que le vaccin en pharmacie, ceux concernant par exemple la grippe sont déjà là. Cet été, alors que le « roi de la pop » était encore au réfrigérateur, ceux concernant la vie et l’œuvre de Michael Jackson, jouaient du coude en tête de gondole. Parmi ces ouvrages, celui de Yann Moix, intitulé « Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson » mérite que l’on s’y intéresse. C’est probablement le plus personnel du lot.

La rapidité de rédaction n’étant pas encore une qualité en littérature, mais cela ne devrait pas tarder à le devenir, nous passerons sur l’exploit, par ailleurs assez modeste, visant à écrire 150 pages en quinze jours portant ainsi le ratio à dix pages par 24 heures. Passons aussi sur l’exploit, cette fois-ci commercial, de Grasset nous refilant les dites 150 pages pour 13 euros, mais je m’égare. Revenons donc à Moix qui signe un de ces petits bouquins plutôt agréable à lire.

L’auteur est un fan, c’est donc à un livre de fan que le lecteur doit consacrer deux petites heures. L’auteur est aussi un esprit vif qui, autour d’un pitch en vérité aussi épais qu’un maxi-vinyl, nous trousse un texte pas si mal fichu que cela qui conjugue banalités et paradoxes, des évidences qui engendrent des curiosités et une sorte de littérature qui respire comme des mathématiques. Vous l’avez compris, ne comptez pas sur moi pour vous dire du mal de ce « Cinquante ans … ». Un bouquin qui nous livre le meilleur, comme au tout début à propos de considérations comparatives avec le Président Kennedy, mais aussi parfois le plus tarte, ce qui est le cas quand Moix se risque à évoquer Kerviel ou Dutroux.

En fait, la faiblesse du bouquin, et c’est toujours le cas à chaque fois qu’un fan décide d’écrire, c’est que Moix, qui proclame que « Maintenant qu’il est mort, Michael Jackson est vivant », en oublie de se rappeler que la disparition de Bambi était acquise depuis bien longtemps, j’évoque vous vous en doutez la mort artistique du chanteur. Contrairement à Kennedy dont Moix dit « que sa mort était supérieure à sa vie », on pourrait dire que concernant le même JFK, deux secondes avant sa mort, l’homme était encore vivant. Tel n’était vraiment pas le cas de Michael Jackson. Moix devrait pourtant savoir que les véritables mythes du rock and roll et de la pop ne prennent leurs racines que quand la mort frappe un artiste de son vivant.

  • > Yann Moix, « Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson », Grasset, 2009, 12,90 €.

Lyon, le 27 septembre 2009.

29/06/2009

Quelque chose de Michaël

michael-jackson.jpgNouveau Ministre de la Culture, l’une des premières déclarations de Frédéric Mitterrand me laisse presque sans voix. Qu’à donc dit notre Frédo national ? « Nous avons tous un Michaël Jackson en nous ». Certains diront que cette parole est autant définitive qu’obscure mais pour tout vous dire je suis toujours expectatif à la lecture de ce propos néo-ministériel me demandant dans la foulée, même inscrit au plus profond de l’âme du neveu, ce que Mitterrand peut bien avoir en commun avec Bambi. Comme dirait l’autre, « ça ne nous regarde pas ».

S’il n’avait pas été nommé ministre, Mitterrand détenait alors avec ce pauvre Jackson matière à faire un de ces docus aux envolées lyriques surfaites ponctué par une mort tragique presque aussi féconde que celles de Lady Diana et Marilyn réunies. Pensez-donc, s’il n’avait pas été ministre, un de ces jours, Mitterrand nous aurait probablement concocté avec sa façon si « old school » une histoire revisitée de la trajectoire de la star venue de l’Indiana. L’histoire du petit Jacko élevé à la dure et devenu enfant prodige puis déchu. Il nous aurait raconté en bon racoleur cathodique les coups reçus, les souffrances, les médocs avalés, Peter Pan, le caisson, les attouchements, les frais d’avocats et le passage imprévu de la grande faucheuse.

En vérité, dans son malheur, la dernière chance de ce pauvre Michaël est, ascension ministérielle oblige, d’échapper aux péroraisons signées Frédo. Avec un peu de chance notre documentariste, quand Mick Jagger ira prendre rendez-vous avec le diable, ne sera plus ministre. Il pourra ainsi nous raconter l’existence d’un fils de prof de gym devenu star planétaire envoûtant les foules par son ambigüité fascinante. On a tous quelque chose de Mick Jagger...

Lyon, le 29 juin 2009.

Photo: DR

 

27/06/2009

Bambi

Les nécros pleuvent, les clips de « Bad » ou « Billie Jean » tournent en boucle sur les télés du monde entier, les médias consultent leurs consultants qui consultent leurs fiches. Tout a pratiquement déjà été dit, écrit et montré sur Michaël Jackson.

Des dizaines de bouquins s’écrivent depuis hier matin. Ils viendront d’ici peu rejoindre les centaines déjà édités. Quand on évoque Jackson les mots convoquent immédiatement les chiffres. Chiffre de ventes de disques et vidéos, fortune amassée puis évaporée. Après sa mort, la planète entière mesure ce que l’on savait déjà. Avec Presley et les Beatles, Michaël Jackson figurait définitivement dans le cercle très fermé des rois de la pop. A la différence des autres, Jackson avait une particularité essentielle qui pourtant faisait sourire plus d’un, il était Noir. Le premier Noir à s’être imposé sur la sono mondiale. Producteur heureux de Michaël Jackson, Quincy Jones écrivait dans son autobiographie parue il y a maintenant huit ans de cela. « Michaël était le plus grand artiste du monde. On a écrit une page d’histoire, tous les deux. C’était la première fois qu’un jeune Noir gagnait les cœurs du monde entier, de huit à quatre-vingts ans. Ça faisait tomber bon nombre d’énormes barrières ». On connaît la suite …

Lyon, le 27 juin 2009.

13/07/2008

Happy birthday Quincy

quincy.jpg Demain le Festival de Jazz de Montreux fait la fête à Quincy Jones pour son 75ème anniversaire. Je sais bien qu’être l’ami de Eddie Barclay ou l’ancien producteur de Michael Jackson peut, en France, vous cisailler son homme pendant des siècles. Que les puristes passent donc leur tour et reviennent demain sur « De Lyon et d’ailleurs » car je vais dire du bien de Quincy.

Demain, le « Quincy’s 75th birthday celebration » du Montreux Jazz Festival va honorer l’un des personnages essentiels de la musique de ces cinquante dernière années. Pensez donc le type, trompettiste de son état, manque d’intégrer à l’âge de quinze ans l’orchestre de Lionel Hampton qu’il va finir par rejoindre à dix-huit. Il devient ensuite arrangeur de Dinah Washington, Cannonball Adderley pour aussitôt prendre la direction musicale de l’orchestre de Dizzy Gillespie. Après un premier séjour parisien ou il étudie auprès de Nadia Boulanger (et Eddie Barclay), Quincy retourne aux Etats-Unis. Vice-président de Mercury Records, producteur de Frank Sinatra, Tony Benett, il travaille par ailleurs avec Miles Davis, trousse des musiques de film, notamment le brillant « In the heat of the night » avec son ami Ray Charles. Entre temps il va croiser l’univers de ce que le jazz compte de meilleur et vingt ans plus tard taillera des écrins pour un Michael Jackson au sommet de son art (« Off the Wall », « Thriller », « Bad »).

Je m’épuise et j’arrête là car il vous suffit de lire l’autobiographie de Quincy Jones intitulée « Quincy par Quincy Jones » (Robert Laffont) pour vous convaincre de la place colossale de ce musicien et producteur dans la musique afro-américaine.

En 1989, « Back on the black » est la superproduction de Quincy qui, tel un road-movie musical de la musique noire américaine, nous entraîne dans une folle échappée belle allant du jazz au hip-hop.

Suite à la démission de Spielberg, Mister Jones vient d’accepter de prendre la direction artistique de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin, ce n’est de toute évidence pas le meilleur choix de sa vie. Me concernant je me souviendrais plutôt de son parcours avec Martin Luther King ou même Jessee Jackson. Happy birthday tout de même. 

Lyon, le 13 juillet 2008.

 
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