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19/12/2009

Nostradamus

duhamel.1171620777.jpgComme moi, beaucoup d’entre-vous, en lisant jeudi dernier libération se sont subitement trouvés démunis et paumés. Au bas de la chronique si enrichissante de notre meilleur expert politique, je parle vous l’avez compris de Alain Duhamel, une terrible mention figurait. Je vous la livre tel quel. « La chronique d’Alain Duhamel reprendra le jeudi 7 janvier » nous disait Libé sans prendre la moindre précaution. Rendez-vous compte, pendant plus de vingt jours nous allons être nombreux à végéter pendant la trêve des confiseurs sans bénéficier des analyses les plus pointues.

La chose est d’autant plus terrible qu’avec un papier intitulé « Il y a foule au bal des prétendants socialistes » Alain Duhamel terminait 2009 avec un brio que l’on osait plus espérer. Le seul titre de ce billet de Duhamel résumait la difficulté de l’entreprise. Chapeau l’artiste !

Pour tout vous avouer, j’avais tout de même quelque appréhension dans la mesure où la dernière fois où l’expert avait passé en détail les socialistes pour pronostiquer qui pourrait être candidat aux dernières présidentielles, Duhamel avait juste oublié de citer le nom de Ségolène Royal. Que l’on se rassure. Cette fois-ci, au sommet de son art, Duhamel n’a oublié personne. L’œil du maître est toujours aussi exercé et je peux, sans je l’espère trahir le fécond esprit de cet analyste de la vie politique française vous dire qu’au « bal des prétendants socialistes » figurent, tout d’abord Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal mais aussi Manuel Valls (pour prendre date), Pierre Moscovici (le plus doué et le plus cultivé), Bertrand Delanoë et pourquoi pas DSK. Je sais cela vous en bouche un coin. Poussant encore plus loin le remue-méninge, Alain Duhamel, qui n’est pas du genre à la jouer défensive, se risque à un commentaire dont la portée historique devrait dépasser bien des lecteurs. Je vous la livre : « On peut penser que parmi ceux qui affichent leurs intentions, un tri se fera peu à peu ». Face à une telle puissance chacun doit admettre que Duhamel peut légitimement prendre une vingtaine de jours de vacances ce d’autant que, cerise sur la bûche de Noël, le plus fin limier de la vie politique française s’autorise à penser qu’il y a peut-être un « trop plein de prétendants ».

Avant de vous laisser réfléchir pendant tout ce week-end à tant de science, je voudrais tout de même faire valoir un bémol. Hier j’évoquais l’étonnante candidature de l’inrockuptible Mathieu Pigasse. Sachant que le nom du banquier de gauche n’est même pas évoqué par Duhamel, sans vouloir me transformer en supporter de Pigasse, je veux juste dire à ce sympathique candidat aux primaires que ses chances sont intactes. Ne pas figurer dans « ce bal des prétendants » inventorié par Alain Duhamel pouvant s’avérer le signe d’un authentique destin politique.

Lyon, le 19 décembre 2009

18/12/2009

Pigasse Président ?

14905457:jpeg_preview_medium.jpgIl y a une ou deux semaines de cela, Matthieu Pigasse, faisait l’objet d’un portrait dans « Le Point » qui, avouons-le, rendait le personnage plutôt sympathique. Repreneur des « Inrockuptibles » et néanmoins Directeur Général de la banque Lazard, on nous disait que le rachat de l’hebdo était destiné à servir de marche-pied à Pigasse pour rentrer dans la course à l’Elysée. Ancien de Bercy sous Fabius, proche de DSK, inspirateur des Gracques, pas fâché avec Royal, Matthieu Pigasse est tout à la fois l’ami des banquiers et le conseiller du bolivien Morales. Notre homme pèse paraît-il 15 millions de dollars mais distille à propos de notre président une formule qui ne souffre pas d’ambiguïté : « Nicolas Sarkozy est battable en 2012 à conditions d’être combattu. »

Personnage respecté mais étrange, Pigasse a au moins deux qualités. Il nous dit que « La vieille génération du PS incarne le passé » et écoute Antony and the Johnsons. Je ne sais pas si ses goûts musicaux qui semblent pourtant sûrs lui seront d’une grande utilité pour la castagne qui se prépare au sein du PS, mais il conviendrait que le banquier, s’il souhaite toujours d’ici un an figurer dans la compétition des primaires, se prépare sérieusement à cette échéance.

A ce propos, un de ses rivaux, Pierre Moscovici donnait, toujours dans ce numéros du « Point » quelques bons conseils à Pigasse. « Il faut qu’il commence modestement » conseillait Mosco. « Je ne prétends pas pouvoir diriger Lazard » poursuivait-il en concluant par un définitif, « Lui ne peut pas sérieusement penser être candidat à la présidentielle ».

Que Pigasse se rassure. S’il est certain que Moscovici ne peut avoir la moindre qualité pour diriger Lazard, il n’en a pas d’avantage pour être président de la république. Je suggère d’ailleurs à Pigasse d’envoyer à Moscovici quelques enregistrements d’Iggy Pop ou des Ramones. Le député de Montbéliard constatera ainsi que sur le terrain du rock and roll il a également quelques énormes lacunes.

Lyon, le 18 décembre 2009.

 
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